Hôtellerie : le coworking, gadget ou source de revenus pérenne ?

Certains comme le Pullman tour Eiffel, proposent même «des espaces de coworking, voire des bureaux privatisés pour des entreprises qui veulent s'y installer pour quelques mois» (Photo : Wikipédia)
Certains comme le Pullman tour Eiffel, proposent même «des espaces de coworking, voire des bureaux privatisés pour des entreprises qui veulent s'y installer pour quelques mois» (Photo : Wikipédia)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Hôtellerie : le coworking, gadget ou source de revenus pérenne ?

  • «Il y a un vrai besoin d'offres de coworking, partout en France : nous croyons à ce marché-là, qui commence à bien se développer dans notre réseau»
  • Certains comme le Pullman tour Eiffel, proposent même «des espaces de coworking, voire des bureaux privatisés pour des entreprises qui veulent s'y installer pour quelques mois»

PARIS : Enchaîner réunions et rendez-vous professionnels... dans un lobby d'hôtel, avant de piquer une tête dans la piscine et de boire un cocktail au bar : depuis la crise sanitaire, l'hôtellerie veut attirer une nouvelle clientèle, d'indépendants ou de salariés en télétravail, avec des espaces dédiés.

Avec la crise sanitaire est né le désir de travailler là où l'on souhaite vivre plutôt que vivre là où il y a du travail, et d'avoir "un pied en ville et un pied à la campagne", notait fin 2021 KPMG dans son dernier rapport annuel sur le secteur hôtelier.

Ces aspirations tendent à développer une société de "bi-résidence" où le salarié travaille alternativement au siège de l'entreprise dans "les grands centres urbains" et "dans des +tiers lieux+, au sein des petites villes et des zones non-urbaines", observait-il.

Fort de ce constat, le sixième groupe hôtelier mondial Accor a développé via sa filiale commune du groupe de construction Bouygues Immobilier, Wojo, une offre de "coworking", soit des espaces de travail partagés, réservables via une application, dans 370 de ses 1 600 hôtels en France.

"La transformation du monde du travail s'est accélérée à la puissance dix avec la crise, qui a généralisé le télétravail et poussé les entreprises à flexibiliser leurs espaces de travail", constate Stéphane Bensimon, président de Wojo.

Dans les services, "tout le monde est un peu nomade et il faut une alternative au travail à la maison, un réseau d'espaces de travail à proximité de chez soi, où être seul ou retrouver des collègues", dit-il.

"Quoi de mieux qu'un hôtel pour installer son bureau ? Il y a un accueil généralement souriant et agréable 24h/24, 7 jours sur 7, une offre de restauration, bar, salle de sport voire piscine, des salles de réunion à la demande...", affirme M. Bensimon.

De son côté, le groupe Best Western propose avec sa marque myWO tantôt du coworking classique, des espaces fermés réservables et même des services de "team building".

Testées dans 23 de ses hôtels aujourd'hui, ces offres seront proposées dans les 310 hôtels de l'enseigne en avril 2023.

«Lieu de vie»

"Il y a un vrai besoin d'offres de coworking, partout en France : nous croyons à ce marché-là, qui commence à bien se développer dans notre réseau", dit à l'AFP Olivier Cohn, directeur général de Best Western.

Nées pendant la crise sanitaire pour continuer à attirer une clientèle d'affaires et pallier la raréfaction des séjours d'affaires, ces nouvelles offres sont "nécessaires parce que dans beaucoup d'hôtels on se retrouve avec des espaces un peu vides, un peu froids, en pied d'immeuble", dit à l'AFP Stéphane Botz, expert de KPMG.

Des plateformes indépendantes comme MyLobby se créent aussi, pour valoriser les espaces communs des hôtels.

Certains comme le Pullman tour Eiffel, proposent même "des espaces de coworking, voire des bureaux privatisés pour des entreprises qui veulent s'y installer pour quelques mois. C'est très nouveau", détaille M. Bensimon.

Cela apporte aux hôtels un "revenu complémentaire, à faible coût : ces travailleurs vont consommer au bar, au restaurant... et cela fait de l'hôtel un lieu de vie du quartier", souligne M. Bensimon. Mais les hôteliers doivent "se remettre en cause parce que ça n'est plus du tout la même clientèle que celle des voyageurs : là c'est une clientèle de proximité", dit-il.

Autre tendance apparue avec la crise, le développement du "bleisure" – contraction de "business" et "leisure" – qui mêle voyage d'affaires et loisirs. "Le télétravail a incité un certain nombre de personnes à associer le loisir au travail, en prolongeant son séjour d'affaires, dans les capitales régionales ou des destinations balnéaires comme La Baule, Biarritz, Deauville…", décrit M. Botz.

Réactifs, les hôteliers proposent des offres adaptées : "Work Hubs" chez Club Med qui promet "l'accès Internet haut débit gratuit, des collations gastronomiques et du café" ,"Work from Hyatt" ou encore "Work anywhere" de Marriott Bonvoy.

Mais depuis avril, bonne nouvelle : on observe aussi en France "un véritable retour des clientèles étrangères", dit M. Botz, tandis que des salons tels que Vivatech "ont lieu et font le plein", ce qui remplit les hôtels. A nouveau.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.