Bilan de la présidence française de l'UE: cinq choses à savoir

Une photographie prise le 15 février 2022 montre des drapeaux de l'UE et des membres de l'Union européenne flottant près du Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France (Photo, AFP).
Une photographie prise le 15 février 2022 montre des drapeaux de l'UE et des membres de l'Union européenne flottant près du Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Bilan de la présidence française de l'UE: cinq choses à savoir

  • Six paquets de sanctions ont été adoptés en un temps record depuis février
  • Les Européens ont pour la première fois décidé de réduire drastiquement leur dépendance aux énergies fossiles russes

BRUXELLES: La guerre en Ukraine a dominé les six mois de la présidence française mais ce qui aurait pu freiner ses priorités a joué un rôle d'accélérateur pour plusieurs dossiers comme la défense, la transition énergétique ou les migrations.

Cinq choses à savoir sur les dossiers marquants de cette présidence avant le passage de relais vendredi à la République tchèque.

Energie: frapper Moscou au portefeuille 

Six paquets de sanctions ont été adoptés en un temps record depuis février. Et les Européens ont pour la première fois décidé de réduire drastiquement leur dépendance aux énergies fossiles russes afin de tarir les sources de revenus du Kremlin. Paris a été à la manoeuvre pour forger des compromis, multipliant les réunions à Bruxelles avec le souci d'afficher l'unité des 27 face à Moscou.

Les importations de charbon doivent cesser en août et un embargo dans les six mois sur l'essentiel des livraisons de pétrole a été décrété en juin. Pour le gaz russe, plus difficile à remplacer que l'or noir, des achats en commun sont envisagés ainsi qu'un engagement à diversifier les approvisionnements.

Réfugiés ukrainiens: unité inédite 

Les Vingt-Sept se sont mobilisés avec une unité et une rapidité rares pour l'accueil des réfugiés d'Ukraine. Une semaine après le lancement de l'offensive russe, l'UE leur a accordé un statut de protection temporaire jamais utilisé jusque-là, qui leur ouvre des droits en matière de logement, d'emploi, de protection sociale, de santé et d'éducation.

La réaction a suscité des accusations d'inégalité de traitement entre réfugiés. Mais cette cohésion des 27 sur un sujet aussi sensible a aussi relancé l'espoir de débloquer la difficile réforme de la politique d'asile européenne.

Une avancée a été réalisée en juin quand 21 Etats membres de l'UE ou associés ont adopté un mécanisme -volontaire et temporaire- prévoyant des relocalisations de demandeurs d'asile ou une contribution financière aux pays du bassin méditerranéen. Les 27 se sont mis d'accord en même temps sur un renforcement du contrôle des personnes aux frontières extérieures.

Réarmer l'Europe face aux menaces 

Pour la première fois dans leur histoire, les pays de l'UE ont décidé de se doter d'une force militaire d'intervention rapide de 5 000 combattants capable de mener des "opérations de combat". Elle doit être opérationnelle d'ici 2025 pour agir là où l'Otan ne peut pas intervenir.

Les membres de l'UE se sont par ailleurs engagés lors d'un sommet à Versailles en mars à "augmenter substantiellement leurs dépenses de défense" afin d'"accroître leur capacité d'agir de manière autonome". Ils ont entrepris un réarmement massif et veulent européaniser les achats de matériels qui leur font défaut (drones, chars, systèmes de défense anti-aériens et anti-missiles).

Déforestation, plan climat: des négociations accélérées 

La France en avait fait "une priorité": les Vingt-Sept se sont accordés cette semaine pour bannir l'importation dans l'UE de six produits (soja, boeuf, huile de palme, bois, cacao, café) lorsqu'ils contribuent à la déforestation -mais sans inclure le caoutchouc ni d'autres écosystèmes menacés. Des négociations en accéléré après la proposition de la Commission dévoilée en novembre 2021.

La présidence française a aussi obtenu à l'arraché un compromis sur les textes-clés du plan climat de l'UE: la fin de la vente des automobiles à moteur thermique en 2035 -en dépit des vives résistances de l'Italie et de l'Allemagne-, la réforme du marché carbone et le fond social climatique, surmontant les divergences entre "frugaux" (Allemagne, pays scandinaves...) et Etats d'Europe de l'Est et du Sud.

Victoire sur les géants de la tech, échec sur la fiscalité 

L'UE a conclu au printemps une législation historique pour ramener l'ordre dans le Far West de l'Internet et s'attaquer enfin aux excès de pouvoir des grandes plateformes du numérique, comme Facebook (Meta), Google ou Amazon. Le commissaire français Thierry Breton, qui a piloté le projet avec la vice-présidente de l'exécutif européen Margrethe Vestager, a réussi à contrer le lobbying intense des géants américains pour boucler le projet en un an et demi, une performance pour un dossier de cette ampleur.

Le plan en deux volets (DSA et DMA) inclut des mesures d'une fermeté inédite, qui seront mises en oeuvre à l'échelle européenne et pourraient faire école. Il contraint les plateformes à supprimer les contenus illégaux en ligne et à coopérer avec les autorités, mettant fin aux zones de non droit sur internet. Il réprime aussi les pratiques anti-concurrentielles et doit aider l'UE à faire  émerger des champions européens.

La présidence française a en revanche échoué à faire transposer dans le droit européen l'impôt minimum de 15% sur les bénéfices des multinationales, une de ses priorités. Elle s'est heurtée à l'opposition de la Pologne puis celle de la Hongrie sur ce dossier nécessitant l'unanimité.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.


Narcotrafic: pour Amine Kessaci, il faut «protéger» les personnes menacées mais aussi leur «permettre de vivre»

Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
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  • Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête
  • Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection

PARIS: Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai.

Sans critiquer le dispositif de protection existant, il appelle le gouvernement à "aller plus loin" pour "accompagner" les personnes protégées dans leur quotidien, qu'il s'agisse d'études, d'emploi ou de logement.

Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête.

Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection.

Les écologistes ont fait adopter mi-février à l'Assemblée un texte visant à mieux protéger les personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée. Les sénateurs écologistes comptent le reprendre le 7 mai lors d'une journée réservée.

Ce texte "est né uniquement par l'histoire de mon petit frère (...) Mehdi, assassiné pour rien, parce qu'il était mon petit frère", explique Amine Kessaci.

Membre du parti Les Ecologistes, candidat à Marseille sur la liste du maire sortant Benoît Payan, Amine Kessaci a rappelé avoir été exfiltré début février d'un meeting à Aix-en-Provence, face à une menace imminente.

Il a salué jeudi les "policières et policiers" qui ont réagi "avec un calme absolu". "C'est important, quand beaucoup leur jettent tous les maux de la société" qu'on "leur reconnaisse ça".

S'il estime qu'une personne menacée en France "est protégée", le militant de 22 ans considère que la protection ne peut se limiter à la sécurité physique, et doit permettre de poursuivre des études, d'avoir un emploi et un logement. "On a besoin de tout ce qu'il y a à côté".

Ex-veilleur de nuit dans un foyer, il souligne que le service chargé de sa protection, habitué à protéger des personnalités comme des ministres, a fait face à la nécessité nouvelle de protéger des personnes ayant une vie étudiante ou professionnelle classique.

Il explique avoir dû déménager trois fois depuis sa mise sous protection. "J'ai dû me débrouiller", dit-il.

Il a lancé un appel au gouvernement afin qu'il s'empare du texte écologiste et l'amende, précisant avoir déjà eu des échanges avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.