Neuf manifestants anti-putsch tués au Soudan

Des manifestants participent à rassemblement contre le régime militaire en avril 2022 (Photo, Reuters).
Des manifestants participent à rassemblement contre le régime militaire en avril 2022 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Neuf manifestants anti-putsch tués au Soudan

  • Neuf manifestants ont été abattus par les forces de sécurité dont un mineur d'après des médecins sur place
  • Depuis le coup d'Etat du 25 octobre 2021, 111 manifestants ont été tués et des milliers d'autres blessés par les forces de l'ordre

KHARTOUM: Neuf manifestants ont été tués jeudi à Khartoum où des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé au cri de "le peuple veut la chute du général Abdel Fattah al-Burhane", l'auteur du putsch qui a plongé en octobre le pays dans la violence et une grave crise économique.

Si chaque semaine les Soudanais manifestent pour réclamer que le pouvoir soit rendu aux civils, jeudi est la journée la plus meurtrière depuis des mois et l'une de celle qui a le plus mobilisé.

Neuf manifestants ont été abattus par les forces de sécurité, six au moins - dont un mineur - par des balles tirées "dans la poitrine", "la tête" ou "le dos", ont rapporté des médecins, dénonçant aussi des tirs de grenades lacrymogènes à l'intérieur d'hôpitaux.

Dès mercredi soir, alors que de petits cortèges appelaient ici et là les Soudanais à défiler, un jeune manifestant avait été tué d'une "balle dans la poitrine" à Khartoum, selon ces médecins.

Depuis le coup d'Etat du 25 octobre 2021, 111 manifestants ont été tués et des milliers d'autres blessés par les forces de l'ordre qui, selon l'ONU tirent régulièrement à balles réelles sur la foule.

"Même si on doit tous mourir, les militaires ne nous gouverneront pas", scandait jeudi la foule, tandis que le bloc civil des Forces pour la liberté et le changement (FLC) estimait que "comme prévu, les putschistes ont déchaîné leur violence".

Avant d'ajouter: "les défilés de jeudi ont prouvé que la révolution n'est pas morte". Huit mois après le putsch qui a plongé l'un des pays les plus pauvres au monde dans le marasme, les manifestants continuent de réclamer que l'armée rende le pouvoir aux civils.

Internet coupé

Le 30 juin est une journée symbolique pour ce grand pays d'Afrique de l'Est: il marque l'anniversaire du coup d'Etat qui a porté le dictateur Omar el-Béchir au pouvoir en 1989.

C'est par ailleurs en juin 2019 qu'ont eu lieu des rassemblements monstres ayant poussé les généraux à intégrer les civils au pouvoir après avoir écarté Béchir.

Les manifestants veulent donc réitérer cet exploit et forcer le pouvoir militaire à donner les rênes du pays aux civils.

Comme à chaque appel à manifester, internet et le téléphone ont été inaccessibles toute la journée avant d'être de nouveau rétablis en partie en soirée alors que certains cortèges s'éparpillaient, tandis que les grands axes étaient quadrillés par les forces de sécurité, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Outre Khartoum et ses banlieues, des manifestants ont aussi manifesté à Wad Madani (sud), au Darfour (ouest) et dans plusieurs villes de l'Est côtier, ont rapporté des témoins.

Avant les manifestations, l'émissaire de l'ONU Volker Perthes avait martelé que "la violence doit cesser" et plusieurs ambassades avaient réclamé que "plus aucune vie ne soit perdue".

Mais les capitales étrangères peinent à faire pression sur des généraux qui sont au pouvoir au Soudan quasiment sans interruption depuis l'indépendance en 1956.

Le 25 octobre 2021, quand le chef de l'armée, le général Burhane, a brutalement mis fin au fragile partage du pouvoir en faisant arrêter ses partenaires civils, la communauté internationale a coupé son aide - 40% du budget du Soudan.

Soudan du Sud: L'ONU avertit que le temps presse pour concrétiser l'accord de paix

L'envoyé de l'ONU au Soudan du Sud a averti jeudi que le temps presse pour la mise en oeuvre intégrale du fragile accord de paix dans ce pays.

Les rivaux politiques du Soudan du Sud ont signé cet accord en 2018 mais peinent toujours à tirer un trait sur une guerre civile de cinq ans qui a fait près de 400.000 morts dans le pays le plus jeune du monde.

"Ma principale préoccupation est que la fin de la période de transition approche à grands pas, mais les progrès dans la mise en œuvre de l'accord de paix ont été lents", a déclaré Nicholas Haysom, envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU et chef de la mission de l'ONU au Soudan du Sud (MINUSS).

A "huit mois" de la fin de la période de transition, "la fenêtre d'opportunité" pour mettre en oeuvre les principaux points de l'accord"se ferme", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Juba, appelant les dirigeants rivaux à faire les "compromis" nécessaires.

Spectre de la famine

Ces sanctions financières n'ont pas fait plier le général mais ont fait plonger l'économie: la livre soudanaise s'est effondrée et l'inflation dépasse tous les mois les 200%.

Pire encore, le spectre de la famine se profile: un tiers des 45 millions de Soudanais souffrent d'"insécurité alimentaire aiguë", potentiellement mortelle, et d'ici septembre, ce chiffre devrait atteindre selon l'ONU 50%.

Début juin déjà, l'ONG Save the Children annonçait le décès lié à la faim de deux enfants.

En outre, la spirale des violences dans le pays en guerre depuis des décennies a repris son cycle infernal: au Darfour, des centaines de personnes sont mortes dans des affrontements pour la terre et l'eau et la répression des manifestations fait chaque semaine des morts ou des blessés.

Malgré les pressions étrangères, les FLC, colonne vertébrale du gouvernement limogé lors du putsch, refusent de rejoindre le "dialogue national" proposé par l'armée et l'ONU.

Elles posent comme condition préalable à toute discussion le retour au partage du pouvoir entre civils et militaires qui, outre la politique, dominent largement l'économie du pays, riche en or et en ressources naturelles.


Victoire de Pascal Werhlein et Porsche lors de la première journée du Diriyah E-Prix

Pascal Werhlein de l’équipe TAG Heuer Porsche est passé de la neuvième à la première place, remportant les deux premières courses au Diriyah E-Prix. (FIA Formila E)
Pascal Werhlein de l’équipe TAG Heuer Porsche est passé de la neuvième à la première place, remportant les deux premières courses au Diriyah E-Prix. (FIA Formila E)
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  • Werhlein semblait le plus rapide sur la piste alors qu’il se frayait un chemin jusqu’à l’avant
  • Le retour de la Formule E à Diriyah marque une étape révolutionnaire puisqu’elle donne la priorité à la durabilité et change le paradigme de l’industrie du sport

DIRIYAH : Pascal Wehrlein de l’équipe TAG Heuer Porsche est passé de la neuvième à la première place, remportant les deux premières courses au Diriyah E-Prix, suivi de Jake Dennis de l’Avalanche Andretti Formula E, arrivé en deuxième position après avoir débuté en 11e .

Werhlein semblait le plus rapide sur la piste alors qu’il se frayait un chemin jusqu’à l’avant.

Il a pris la tête au 30e  tour au virage 16, avec Sam Bird dans une Jaguar TCS Racing, incapable de retenir la 99X Electric Gen3 de Werhlein.

Le pilote et la voiture semblaient dominants pour une deuxième course consécutive. Ce fut en effet une victoire émouvante pour le jeune homme de 28 ans, qui a une fois de plus accordé des crédits à son équipe par la qualité monumentale du travail accompli.

Dans l’Avalanche Andretti à moteur Porsche, Jake Dennis s’est battu jusqu’à la dernière seconde mais n’a pas pu battre son homologue d’usine Porsche, qui lui, a fait de son 50e  départ en Formula E sa deuxième victoire.

Sam Bird était ravi de monter sur le podium pour la première fois depuis sa victoire à New York lors de la saison 7 – qualifiant cela de « mini-victoire » pour lui et Jaguar après une saison 8 difficile pour le Britannique - la seule saison durant laquelle il n’a pas réussi à réclamer de victoires « en argent ».

Sebastien Buemi est parti en pôle position et a terminé quatrième. Il s’agit de son meilleur résultat depuis la finale de la saison 6 à Berlin.

René Rast de NEOM McLaren Forumla E Team a commencé et termine cinquième après une longue bataille au milieu des positions qui reçoivent des points. Il a également l’auteur du tour le plus rapide.

Nick Cassidy a placé deux voitures Envision Racing dans le top six. Jean-Éric Vergne s’est battu de la 12e position pour DS PENSKE, terminant juste devant Jake Hughes dans une McLaren. André Lotterer et Mitch Evans complètent le top 10 – ce dernier chutant de la 6e position sur la grille.

Cela laisse donc Dennis en tête du classement à seulement un point sur Werhlein – 44 à 43 points – tandis qu’Avalanche Andretti a conservé l’avantage de ses équipes sur TAG Heuer Porsche, 58 à 49 points, avec Envision Racing en troisième.

Le retour de la Formule E à Diriyah, une destination historique et culturelle en Arabie Saoudite, marque une étape révolutionnaire puisqu’elle donne la priorité à la durabilité et change le paradigme de l’industrie du sport.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Maroc rouvre son ambassade en Irak après 18 ans d'absence

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. (Photo, AFP)
Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. (Photo, AFP)
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  • L'ambassade du Maroc à Bagdad avait fermé ses portes en 2005 et la chancellerie avait été transférée en Jordanie en raison de "la dégradation des conditions sécuritaires" en Irak
  • A l'automne 2005, deux employés marocains de l'ambassade avaient été enlevés par la branche irakienne d'Al-Qaïda, puis portés disparus, un drame ayant provoqué une vive émotion dans leur pays

BAGDAD:Le ministre des Affaires étrangères du Maroc a rouvert samedi à Bagdad l'ambassade du royaume en Irak après 18 ans d'absence, un déplacement "historique" marquant le début d'une coopération accrue, ont espéré les chefs de la diplomatie des deux pays.

L'ambassade du Maroc à Bagdad avait fermé ses portes en 2005 et la chancellerie avait été transférée en Jordanie en raison de "la dégradation des conditions sécuritaires" en Irak, selon le ministère des Affaires étrangères marocain.

L'Irak a connu près de deux décennies de conflits et de violences meurtrières après l'invasion emmenée par les Etats-Unis qui renversa Saddam Hussein en 2003.

Reçu samedi par le chef de la diplomatie irakienne Fouad Hussein, son homologue Nasser Bourita a estimé en conférence de presse que la réouverture de l'ambassade était un "signal fort", venant illustrer "la confiance du Maroc dans le nouvel Irak".

A l'automne 2005, deux employés marocains de l'ambassade avaient été enlevés par la branche irakienne d'Al-Qaïda, puis portés disparus, un drame ayant provoqué une vive émotion dans leur pays.

Mais après des années de violences confessionnelles et la montée en puissance des groupes jihadistes, l'Irak a renoué ces dernières années avec une relative normalité.

M. Bourita a salué une "visite historique", rappelant qu'il s'agissait de "la première d'un ministre des Affaires étrangères (marocain) depuis environ un quart de siècle".

Evoquant le début "d'une nouvelle ère" dans les relations entre les deux pays, M. Hussein a dit vouloir encourager "la coopération commerciale et économique dans tous les domaines", alors que les relations économiques sont actuellement "quasi-inexistantes".

Le ministre irakien a également apporté le "soutien" de l'Irak à "l'unité territoriale du royaume du Maroc et aux efforts onusiens pour arriver à une solution définitive concernant la question du Sahara" occidental, un territoire que se disputent le Maroc et le Front Polisario.


Inquiétudes après une nouvelle attaque à Jérusalem-Est: l'Arabie saoudite met en garde

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'adresse à des passants alors qu'il se rend sur les lieux d'une attaque signalée dans un quartier de colons à Jérusalem-Est annexée par Israël, le 27 janvier 2023.  (Photo par AHMAD GHARABLI / AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'adresse à des passants alors qu'il se rend sur les lieux d'une attaque signalée dans un quartier de colons à Jérusalem-Est annexée par Israël, le 27 janvier 2023. (Photo par AHMAD GHARABLI / AFP)
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  • L'Arabie saoudite a mis en garde contre les dangers d'une nouvelle escalade entre Palestiniens et Israéliens
  • Depuis 48 heures, les appels à apaiser les tensions se multiplient à l'étranger, et le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est attendu pour une visite à Jérusalem et Ramallah en début de semaine

BEYROUTH: Au lendemain de la mort de sept personnes abattues par un Palestinien de 21 ans près d'une synagogue à Jérusalem-Est, la nouvelle attaque perpétrée samedi par un enfant palestinien de 13 ans, à proximité d'un site archéologique populaire pour les juifs, a suscité des réactions inquiètes à travers le monde.

L'Arabie saoudite a mis en garde contre une nouvelle escalade dangereuse de la situation entre Palestiniens et Israéliens.

Depuis 48 heures, les appels à apaiser les tensions se multiplient à l'étranger, et le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est attendu pour une visite à Jérusalem et Ramallah en début de semaine.

Le président américain, Joe Biden, a fustigé la veille une «atroce attaque terroriste», selon un communiqué de la Maison Blanche.

La Jordanie, pays arabe voisin ayant signé un traité de paix avec Israël, a condamné l'attaque de vendredi soir, a appelé samedi à prendre «des mesures urgentes pour arrêter la dangereuse escalade».

De son côté, la diplomatie russe s'est déclarée samedi "profondément préoccupée" et a appelé toutes les parties à la "retenue maximale", après les attentats perpétrés à Jérusalem-Est.

"Les derniers évènements confirment avec toute évidence la nécessité de relancer un dialogue constructif palestino-israélien et de renoncer aux actions unilatérales", souligne le communiqué.

Selon Moscou, "on ne peut mettre fin aux violences répétitives que dans le cadre d'un processus de négociations se basant sur les principes du droit international", ajoute-t-il.