Au Soudan, les manifestants défient la répression après une journée sanglante

Une femme sert du thé à un manifestant soudanais dans le sud de la capitale Khartoum le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
Une femme sert du thé à un manifestant soudanais dans le sud de la capitale Khartoum le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Au Soudan, les manifestants défient la répression après une journée sanglante

  • Plusieurs centaines de manifestants ont scandé «vengeance» en brandissant des photos des victimes de la répression
  • La plupart des victimes de jeudi dont un mineur ont été mortellement touchées par balles

KHARTOUM: Sous les tirs de grenades lacrymogènes, des centaines de Soudanais ont manifesté vendredi à Khartoum contre le pouvoir militaire, au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le début de l'année.

"Nous sommes sortis dans la rue spontanément en réaction aux violences d'hier", explique à l'AFP Chawqi Abdelazim, qui manifeste dans la capitale soudanaise.

C'est à Khartoum que les forces de sécurité ont tué jeudi, selon des médecins, neuf manifestants qui réclamaient le retour des civils au pouvoir dans un pays sous la coupe des généraux quasiment toujours depuis son indépendance en 1956.

Les protestataires avaient crié par dizaines de milliers "Le peuple veut la chute de Burhane" dans la capitale, en banlieue mais aussi dans diverses villes du pays.

Vendredi, pour le deuxième jour consécutif, dans le centre de Khartoum et dans sa banlieue nord-est, la foule maintenait la pression sur le général Abdel Fattah al-Burhane, le chef de l'armée auteur d'un putsch le 25 octobre dernier qui a plongé le pays dans la crise politique et économique.

Plusieurs centaines de manifestants ont scandé "vengeance" en brandissant des photos des victimes de la répression qui a fait, depuis ce coup d'Etat, 113 morts et des milliers de blessés, selon des médecins pro-démocratie.

Jeudi était une journée symbolique au Soudan car elle marquait l'anniversaire du coup d'Etat ayant porté au pouvoir le dictateur Omar el-Béchir et d'un sit-in ayant forcé l'armée à partager le pouvoir avec les civils après son éviction en 2019.

Balles réelles et «impunité»

La plupart des victimes de jeudi dont un mineur ont été mortellement touchées par balles, ce qui a provoqué une volée de condamnations de la communauté internationale qui depuis huit mois ne parvient ni à convaincre les généraux de cesser de tirer sur la foule ni à faire venir les civils à la table de négociations avec ces mêmes militaires.

L'ambassade américaine a dit avoir "le coeur brisé par ces morts tragiques", tandis que l'ONU et l'Union africaine (UA) ont condamné "l'usage excessif de la force par les forces de sécurité et l'impunité" dont elles bénéficient.

L'ambassade de Norvège, à la manoeuvre au Soudan avec Washington et l'ancienne puissance coloniale britannique, a condamné "des tortures, des violences sexuelles et des traitements inhumains" notamment des manifestants et militants détenus par dizaines.

"L'impunité doit cesser", a-t-elle martelé, alors qu'aucun membre des forces de l'ordre n'a jusqu'ici dû répondre d'aucune mort --ni celles des manifestants anti-putsch ni même celles des plus de 250 morts de la "révolution" qui a mis fin en 2019 à 30 ans de dictature d'Omar el-Béchir.

Après le règne sans partage de ce général soutenu par les islamistes, l'armée avait été forcée d'accepter de partager le pouvoir avec des civils. Mais le 25 octobre 2021, le général Burhane, a brutalement mis fin à cette transition en faisant arrêter ses partenaires civils, libérés depuis.

En rétorsion, la communauté internationale a coupé son aide qui représentait 40% du budget du Soudan. Ces sanctions n'ont pas fait plier les militaires --quasiment toujours aux commandes depuis l'indépendance en 1956-- mais ont fait plonger l'économie avec l'effondrement de la livre soudanaise et une inflation dépassant tous les mois les 200%.

La police soudanaise a, elle, commenté vendredi les évènements de la veille, accusant les protestataires de violences et d'incendies et faisant état de plus de 200 blessés dans les rangs des forces de l'ordre.

Vendredi malgré tout, dans la banlieue nord-est de Khartoum, les manifestants ont érigé des barricades et barré des routes avec des pneus enflammés, tandis que d'autres ont convergé vers le palais présidentiel sous les grenades lacrymogènes, point de ralliement des anti-putsch, ont rapporté des journalistes de l'AFP.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.