Le «merci» musical d'un violoniste syrien à son village d'accueil provençal

Le violoniste syrien Bilal Al Nemr pratique à Vauvenargues, dans le sud de la France, le 29 juin 2022. Il a tenu à remercier les habitants pour leur accueil en organisant un festival de musique dans ce village d'à peine 1 000 habitants du 1er au 3 juillet. (Photo, AFP)
Le violoniste syrien Bilal Al Nemr pratique à Vauvenargues, dans le sud de la France, le 29 juin 2022. Il a tenu à remercier les habitants pour leur accueil en organisant un festival de musique dans ce village d'à peine 1 000 habitants du 1er au 3 juillet. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

Le «merci» musical d'un violoniste syrien à son village d'accueil provençal

  • Au pied de la montagne Sainte-Victoire résonneront les notes classiques des compositeurs allemands Beethoven et Mendelssohn, mais aussi des mélodies arabes, comme la sonate syrienne numéro 2 en la mineur du musicien d'origine irakienne Solhi Alwadi
  • Repéré par un professeur, Bilal Al Nemr entre au conservatoire Solhi Alwadi puis gagne un concours international qui lui permet, à l'âge de 13 ans, de venir à Aix-en-Provence continuer ses études

VAUVENARGUES, France : Il voulait «remercier» Vauvenargues, pittoresque village des Bouches-du-Rhône, tout près d'Aix-en-Provence, d'avoir accueilli ses parents fuyant la guerre en Syrie: Bilal Alnemr, 25 ans, violoniste virtuose formé à l'académie de Daniel Barenboïm y organise ce week-end un festival.

Au pied de la montagne Sainte-Victoire peinte par Cézanne, près du château où est enterré Pablo Picasso, résonneront les notes classiques des compositeurs allemands Ludwig van Beethoven (1770-1827) et Félix Mendelssohn (1809-1847) mais aussi des mélodies arabes, comme la sonate syrienne numéro 2 en la mineur du musicien d'origine irakienne Solhi Alwadi(1934-2007), interprétées par des solistes de renom et le Nouvel orchestre symphonique du pays d'Aix-en-Provence.

La musicienne Wahed Bouhassoun, qui a souvent accompagné Jordi Savall, y interprétera aussi à l'oud des chansons poétiques de la région des parents de Bilal, dans le sud de la Syrie.

«Mes parents sont arrivés en France avec deux valises en 2016, cinq ans après le début de la guerre, Vauvenargues s'est transformé en lieu d'accueil merveilleux. J'avais envie d'utiliser mon langage qui est la musique classique pour rendre à ce village de 1.000 habitants ce qu'il a donné à ma famille, en y organisant un festival avec de grands artistes», raconte à l'AFP Bilal Alnemr qui a terminé l'Académie Barenboïm-Saïd à Berlin.

Lui est arrivé en France en premier grâce à son talent pour le violon. Ses parents n'étaient pas musiciens: mère comptable et père maçon ayant aussi travaillé au Liban comme maître-nageur.

«Quand mon père était petit, une fille jouait de l’accordéon et le professeur l’a présentée comme quelqu'un d’extraordinaire», raconte-t-il. Un jour, le père de Bilal a voulu essayer un violon posé sur une table chez un cousin mais ne put en faire sortir aucun son. «Plus tard, au Liban, il a écouté un morceau de violon à la radio et il a dit: +Je n’ai pas réussi à faire du violon, mais mon fils en jouera+».

Bébé, Bilal reçoit à Damas un jouet en forme de violon. Puis, son père lui offre ce bel instrument à cordes. Il trouve alors un cours dans une école de musique, dans une cave. «J'ai gagné un petit concours, le prix c'était un walkman bleu que j'ai toujours». Repéré par un professeur, il entre au conservatoire Solhi Alwadi puis gagne un concours international.

- «Belle histoire» -

Des professeurs français lui proposent en 2010, à l'âge de 13 ans, de venir à Aix-en-Provence continuer ses études. Un an plus tard, avec la guerre en Syrie, c'est «la séparation»; pendant des années il ne voit plus sa famille. Seul, l'inquiétude au ventre pour ses proches à Damas,

Bilal travaille d'arrache-pied: il est à 07H00 au lycée pour faire une heure de violon, enchaîne les cours puis répète des heures le soir.

Il décroche un bac scientifique avec mention, entre au Conservatoire à Paris et réussit à faire venir sa sœur, puis ses parents.

«Ils venaient d'arriver en France, encore un peu déboussolés; nous avions un logement qui se libérait à Vauvenargues, nous l'avons mis à disposition, des habitants l'ont meublé», se souvient le maire Philippe Charrin.

Six ans plus tard, sa mère travaille à l'école du village et son père est agent responsable de la déchetterie. «Ils sont complètement intégrés, c'est extraordinaire», s'émerveille M. Charrin.

Bilal lui, a joué aux côtés de musiciens prestigieux comme Daniel Barenboïm, Renaud Capuçon ou Hélène Grimaud. Il a obtenu la nationalité française en 2021 en tant que personnalité contribuant au rayonnement culturel. «Et il nous fait ce cadeau, ces Rencontres musicales de Vauvenargues: on avait donné un peu et on reçoit beaucoup, c'est une belle histoire», dit le maire.

D'ex-professeurs de collège de Bilal assisteront aux concerts. Des élèves gardés par sa mère viendront à l'atelier d'éveil musical. Bilal, qui commence à réaliser son rêve de devenir un soliste international, reste fidèle à sa base, de l'amour de son pays natal syrien à celui pour son village d'accueil français et pour tous ceux qui l'ont aidé sur son chemin: «Je suis comme un arbre, plus je monte vers le haut, plus mes racines s'enfoncent».


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
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  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.