En Ukraine, les musiciens canalisent patriotisme et colère dans des chants guerriers

La directrice de la programmation de la radio NRJ Julia Vinnychenko (G) et la DJ Yana Manuilova répondent aux journalistes de l'AFP lors de son émission à la radio NRJ à Kyiv le 30 avril 2022. Alors que les forces ukrainiennes combattent les envahisseurs russes, les musiciens du pays ont repris le flambeau pour canaliser le bouillonnement colère et un élan de patriotisme dans des hymnes de guerre émouvants. (AFP).
La directrice de la programmation de la radio NRJ Julia Vinnychenko (G) et la DJ Yana Manuilova répondent aux journalistes de l'AFP lors de son émission à la radio NRJ à Kyiv le 30 avril 2022. Alors que les forces ukrainiennes combattent les envahisseurs russes, les musiciens du pays ont repris le flambeau pour canaliser le bouillonnement colère et un élan de patriotisme dans des hymnes de guerre émouvants. (AFP).
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Publié le Jeudi 02 juin 2022

En Ukraine, les musiciens canalisent patriotisme et colère dans des chants guerriers

  • La musique a joué un rôle non négligeable dans l'image de la lutte contre l'armée russe, avec par exemple un ode aux drones de fabrication turque
  • Sur les ondes, les stations de radio qui passaient jadis des top 40 diffusent désormais des chansons patriotiques vantant la bravoure des défenseurs du pays

KIEV: Le message de la dernière chanson d'Arsen Mirzoyan, "Mon Pays", est simple: rester en Ukraine et se battre. "Je ne suis plus effrayé, je n'existe plus sans toi et si c'est mon pays, alors c'est le mien", dit cette ballade.

Les paroles sont sorties du fond du coeur de ce chanteur de rock ukrainien, qui a écrit la chanson alors qu'il se trouvait au front pendant la bataille pour Kiev, dans les premiers jours de l'invasion russe.

"Je voulais renforcer les sentiments de ceux qui hésitaient entre rester et fuir. Je voulais soutenir ceux qui ont décidé de rester à Kiev", raconte-t-il à l'AFP en montrant sur son téléphone des photos de cadavres, d'équipement russe détruit et de concerts improvisés.

Alors que la guerre contre les forces de Moscou est entrée dans son troisième mois, les musiciens ukrainiens se sont donné pour mission de canaliser la colère et l'élan patriotique de la population dans des hymnes émouvants.

La musique a joué un rôle non négligeable dans l'image de la lutte contre l'armée russe, avec par exemple un ode aux drones de fabrication turque, terreurs du champ de bataille, ou encore des remixes de chansons folk sur TikTok, sur fond de chars détruits.

Des musiciens de genres très différents allant du black metal au groupe Kalush Orchestra qui a remporté l'Eurovision contribuent à ce phénomène.

"La victoire est très importante pour l'Ukraine", avait lancé aux journalistes le leader de Kalush Orchestra, Oleg Psiouk, après la compétition.

« Besoin de forces »

D'autres musiciens ont laissé leurs instruments pour prendre les armes, à l'exemple du groupe de rock Antytila, revenu brièvement en mai à Kiev pour jouer une reprise de "Stand by Me" avec Bono et The Edge, du groupe irlandais U2, dans le métro de la capitale ukrainienne.

Sur les ondes, les stations de radio qui passaient jadis des top 40 diffusent désormais des chansons patriotiques vantant la bravoure des défenseurs du pays et des ballades sur la brutalité de la guerre.

"Nous comprenons qu'il s'agit d'une guerre longue et nous avons besoin de forces", explique Ioulia Vinnychenko, directrice de la programmation sur la radio NRJ à Kiev. Le slogan de la station a été changé pour "d'humeur pour la victoire".

"Toutes les chansons sont liées à la guerre d'une manière ou d'une autre. Il s'agit de différentes humeurs -- la mélancolie, la tristesse, la douleur, la soif de victoire", explique la DJ Iana Manouïlova à propos des morceaux qu'elle sélectionne pour son émission matinale sur NRJ.

"Je suis très impressionnée par la rapidité avec laquelle les artistes ukrainiens ont réagi à la guerre en termes de créativité", ajoute-t-elle, décrivant un phénomène qui semble s'être produit du jour au lendemain.

D'autres musiciens sont passés de compositions sur la fête et la romance à des chansons ultra-agressives vantant l'esprit de combat ukrainien.

L'un des exemples les plus célèbres est Max Barskih, qui connaissait le succès avant la guerre avec des chansons faites pour les "bars à narguilés", selon Danylo Khomoutovsky, cofondateur de la radio Aristocrats à Kiev.

Le dernier tube de Barskih, "Don't fuck with Ukraine" ("N'emmerde pas l'Ukraine"), s'écarte radicalement de ses précédentes compositions. Ce morceau a servi de cri de ralliement populaire, avec des arrangements vocaux traditionnels et une ligne de basse lourde qui a été facilement adoptée par l'armée ukrainienne et les fans.

Hymnes guerriers

"Je pense que la scène a changé", constate Danylo Khomoutovsky, expliquant que la plupart des artistes évitaient la politique par le passé et commencent désormais à aborder des sujets plus sérieux dans leurs chansons.

"Ils ont commencé à agir comme s'ils avaient la responsabilité d'influencer d'autres personnes -- des centaines, des milliers, des millions", ajoute-t-il.

De nombreuses chansons de guerre véhiculent un air de triomphalisme, malgré les récents progrès militaires apparents de l'armée russe dans l'Est du pays.

Et même au milieu des destructions de la guerre, la fête continue pour une partie des Ukrainiens.

Lors d'un concert donné mercredi dans la banlieue de Kiev, le groupe Ocheretyanyi Kit s'est produit au sommet d'un char russe calciné et a interprété une nouvelle chanson intitulée "Javelin", en l'honneur de ce type de missile tiré à l'épaule et fourni par les Etats-Unis.

"On ne peut pas chanter de chansons d'amour en ce moment. Ce n'est pas important", s'est justifié le chanteur du groupe, Serguiï Tiagnyriadno.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.