Ethiopie: Le Premier ministre accuse les rebelles oromo d'un nouveau massacre

Lundi matin, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un «cycle persistant de violences» tant de la part des forces de sécurité que des rebelles contre les civils en Oromia (Photo, AFP).
Lundi matin, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un «cycle persistant de violences» tant de la part des forces de sécurité que des rebelles contre les civils en Oromia (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

Ethiopie: Le Premier ministre accuse les rebelles oromo d'un nouveau massacre

  • Il a accusé l'OLA, qui combat le gouvernement fédéral en Oromia depuis 2018, d'avoir perpétré la tuerie «au cours de sa fuite»
  • Il n'était pas possible dans l'immédiat de vérifier cette information et d'obtenir des détails

ADDIS ABEBA: La région de l'Oromia, la plus vaste et la plus peuplée d'Ethiopie, a été le théâtre d'un nouveau massacre de civils, a annoncé lundi soir, sans donner de bilan, le Premier ministre Abiy Ahmed, accusant les rebelles de l'Armée de libération Oromo (OLA).

Il n'était pas possible dans l'immédiat de vérifier cette information et d'obtenir des détails, le réseau de télécommunications étant coupé dans la zone concernée, située dans l'extrême ouest de l'Ethiopie et frontalière du Soudan du Sud.

"Des citoyens vivant dans la zone administrative de Qellem Wollega, dans l'Etat régional de l'Oromia ont été massacrés", a tweeté M. Abiy sur son compte officiel, sans préciser la date des faits ou leur localisation exacte.

Il a accusé l'OLA, qui combat le gouvernement fédéral en Oromia depuis 2018 et est classée "organisation terroriste" par les autorités éthiopiennes, d'avoir perpétré la tuerie "au cours de sa fuite", après avoir été "écrasée par les forces de sécurité".

"Nous poursuivrons ce groupe terroriste jusqu'au bout et nous l'éradiquerons", a-t-il promis.

L'Association amhara d'Amérique (AAA), basée aux Etats-Unis, a indiqué dans un message à l'AFP que la tuerie avait commencé ce lundi vers 06H00 au Mender (village, en amharique) 20, situé dans le woreda (district) de Hawa Gelan et visait des Amhara, deuxième communauté ethno-linguistique du pays, minoritaire en Oromia.

"Un de nos enquêteurs a pu parler à trois témoins qui se cachaient dans une forêt proche", a précisé l'AAA, la tuerie "était en cours quand il leur a parlé vers midi; depuis 13H00 environ, le réseau est coupé".

Ramassage des cadavres

L'Amhara Media Corporation, média du gouvernement de la région de l'Amhara, a diffusé le témoignage anonyme d'un survivant du massacre, le situant également au village 20.

"Personne n'est venu à notre secours" durant la tuerie qui a commencé vers 05H00 et a duré plusieurs heures, a-t-il affirmé.

Les assaillants sont partis et "actuellement les corps sont en train d'être ramassés, jusqu'ici environ 300 ont été enlevés, mais ce n'est que le début, il reste beaucoup de gens non localisés", a-t-il ajouté.

La Commission éthiopienne des droits de l'Homme (EHRC), une institution publique mais statutairement indépendante, a dénoncé lundi soir "l'insécurité incessante dans la zone et ce qui s'apparente à une tuerie ethniquement ciblée".

Le chef de l'EHRC, Daniel Bekele, a appelé dans un communiqué à un "renforcement urgent des forces gouvernementales pour empêcher d'autres morts civiles".

Selon l'EHRC, les forces gouvernementales de sécurité semblent avoir atteint la zone, mais les habitants continuent de chercher refuge ailleurs.

Le 18 juin, des hommes armés avaient massacré des centaines de civils, en majorité amhara, dans le hameau de Tole, situé dans la zone de Ouest Wollega, voisine de celle Qellem Wollega, en Oromia.

Aucun bilan officiel n'a été publié, mais Billene Seyoum, une porte-parole du Premier ministre, a indiqué le 30 juin à la presse que 338 victimes avaient d'ores et déjà été identifiées.

Les autorités et des survivants ont attribué ce massacre à l'OLA qui a démenti, mettant en cause une milice progouvernementale. La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, a demandé aux autorités éthiopiennes une enquête "impartiale et approfondie".

Lundi matin, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un "cycle persistant de violences" tant de la part des forces de sécurité que des rebelles contre les civils en Oromia, "pris au piège" d'une "violente campagne gouvernementale de contre-insurrection" contre l'OLA.

Le conflit dans le nord de l'Ethiopie, qui oppose depuis novembre 2020 le gouvernement aux rebelles de la région du Tigré, éclipse ces violences en Oromia, où "règne une impunité généralisée", selon l'organisation.


Argentine: Des milliers de personnes manifestent à Buenos Aires pour le pouvoir d'achat

Manifestation sur la place Plaza de Mayo devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires (Photo, AFP).
Manifestation sur la place Plaza de Mayo devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires (Photo, AFP).
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  • Parmi leurs revendications figurent une hausse drastique du salaire minimum
  • Les organisations de gauche radicale dénoncent la timidité des mesures sociales du gouvernement

BUENOS AIRES: Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi à Buenos Aires, s'apprêtant pour une partie d'entre elles à camper la nuit devant la présidence, pour réclamer une hausse des salaires, à la veille de l'annonce de l'indice d'inflation pour juillet qui devrait rogner encore le pouvoir d'achat.

Les manifestants, à l'appel d'organisations situées à la gauche du gouvernement (centre gauche) d'Alberto Fernandez, ont convergé, sans incidents, vers la Plaza de Mayo, siège de la présidence, et du ministère de l'Economie dans une rue adjacente.

A la tombée de la nuit, quelques centaines de tentes étaient dressées sur la place ou à même la chaussée, des petits feux ou barbecues improvisés en musique, par les manifestants qui demandent à être reçus par le nouveau ministre de l'Economie Sergio Massa depuis une semaine.

Les organisations de gauche radicale dénoncent la timidité des mesures sociales du gouvernement, plus soucieux selon elles de rassurer les marchés financiers que d'amortir le choc inflationniste pour les couches défavorisées.

Parmi leurs revendications figurent une hausse drastique du salaire minimum, de 45.540 pesos (325 dollars au change officiel) à 105.000 pesos (744 dollars), la valeur estimée du panier alimentaire pour une famille de quatre pour se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté.

Ils réclament aussi une prime de 20.000 pesos (143 dollars) pour les retraités, les autoentrepreneurs vulnérables, les travailleurs précaires.

"Le ministre (Massa) s'est adressé aux marchés, aux pouvoirs économiques, mais n'a apporté aucune réponse aux secteurs populaires sur la façon d'atténuer un processus inflationniste sans fin", a dénoncé Eduardo Belliboni, dirigeant du Polo Obrero, une des principales organisations au coeur de la manifestation.

Le rassemblement, qui fait suite des mobilisations similaires ces dernières semaines, intervient à la veille de la publication de l'indice d'inflation pour juillet, qui selon les prévisions de plusieurs économistes, pourrait être, autour de 7%, le plus élevé de l'année en cours.

L'économie argentine, notoirement instable, a vécu un mois de juillet particulièrement fébrile, avec la démission surprise du ministre de l'Economie depuis deux ans Martin Guzman, un bref intérim de Silvina Batakis, et des efforts à ce jour vains du gouvernement pour enrayer une inflation à 36,2% pour le premier semestre, 64% sur les douze derniers mois.

Le ministre Massa a annoncé mercredi un coup de pouce (+15,53%) pour les retraites, les allocations familiales, malgré l'objectif de discipline budgétaire auquel s'est engagée l'Argentine dans le cadre de son accord, en mars, avec le FMI pour le refinancement de sa dette.


Le leader nord-coréen proclame une «victoire éclatante» contre la Covid

Des habitants de la capitale nord-coréenne se promènent le long de la rue Sungri à Pyongyang le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
Des habitants de la capitale nord-coréenne se promènent le long de la rue Sungri à Pyongyang le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Depuis le 29 juillet, Pyongyang n'a signalé aucun nouveau cas de Covid-19
  • La Corée du Nord s'est longtemps vantée de sa capacité à se prémunir du virus

SEOUL: Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a proclamé mercredi une "victoire éclatante" sur la Covid-19, après presque deux semaines sans aucun cas officiellement enregistré.

Présidant une réunion avec des personnels de santé et des scientifiques, Kim Jong Un s'est félicité de cette "victoire (...) dans la guerre contre la maladie pandémique maligne", selon l'agence de presse officielle KCNA.

"La victoire remportée par notre peuple est un événement historique qui a montré une fois de plus au monde la grandeur de notre État, la ténacité indomptable de notre peuple et les belles coutumes nationales dont nous sommes fiers", a ajouté le dirigeant nord-coréen, cité par l'agence.

La Corée du Nord, l'un des premiers pays au monde à fermer ses frontières en janvier 2020 après l'apparition du virus dans la Chine voisine, s'est longtemps vantée de sa capacité à se prémunir du virus.

Pyongyang a annoncé son premier cas de coronavirus le 12 mai et Kim Jong Un a pris personnellement en main la lutte contre l'épidémie.

Depuis le 29 juillet, Pyongyang n'a signalé aucun nouveau cas.

La Corée du Nord a enregistré près de 4,8 millions d'infections depuis la fin avril, avec seulement 74 décès, soit un taux de létalité officiel de 0,002%, selon KCNA.

Les hôpitaux du pays sont notoirement sous-équipés, avec peu d'unités de soins intensifs et aucun traitement ou vaccin contre le coronavirus n'est disponible, selon les experts.

La Corée du Sud voisine, qui dispose d'un système sanitaire performant et d'un fort taux de vaccination au sein de sa population, affiche par comparaison un taux de mortalité de 0,12%, selon les chiffres officiels.


Mali: Le gouvernement confirme le bilan de 42 soldats tués à Tessit, deuil national de 3 jours

Des manifestants à Ouagadougou soutiennent l'armée au pouvoir (Photo, AFP).
Des manifestants à Ouagadougou soutiennent l'armée au pouvoir (Photo, AFP).
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  • Le gouvernement a annoncé un deuil national de trois jours en hommage aux victimes civiles et militaires
  • Le secteur de Tessit est situé du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale non contrôlée par l'Etat

BAMAKO: Le gouvernement de transition au Mali a annoncé mercredi un deuil national de trois jours après avoir confirmé la mort dimanche de 42 soldats maliens lors d'une attaque attribuée à des jihadistes dans le nord-est du pays, près des frontières du Burkina Faso et du Niger, un assaut au cours duquel l'armée a "neutralisé 37 terroristes".

L'armée a "réagi vigoureusement à une attaque complexe et coordonnée" à Tessit au cours de laquelle elle a eu "42 morts et 22 blessés" dans ses rangs, faisant aussi état de "37 terroristes neutralisés" et plusieurs de leurs équipements "abandonnés" lors de "plusieurs heures de combat", selon ce nouveau bilan publié par le gouvernement dans un communiqué transmis à l'AFP. Le précédent bilan faisait état de 17 soldats et 4 civils tués.

Le gouvernement a annoncé un deuil national de trois jours "en hommage aux victimes civiles et militaires lors de l'attaque terroriste perpétrée à Tessit", dans un communiqué distinct.

Le secteur de Tessit, situé du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale non contrôlée par l'Etat, est fréquemment le théâtre d'affrontements et d'attaques.

La localité et son camp militaire ont déjà souvent été attaqués par le passé. En mars 2021, 33 soldats avaient été tués dans une embuscade tendue par des combattants du groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) tandis qu'ils effectuaient une relève.