Dans le sud du Liban, un incendie désastreux dans une usine de tapis

(Photo : Capture d’écran d’une vidéo montrant l’incendie à Zefta, au sud du Liban)
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Publié le Samedi 09 juillet 2022

Dans le sud du Liban, un incendie désastreux dans une usine de tapis

  • L'incendie de cette usine est l'un des plus grands incendies que le Liban ait connu dans une zone circonscrite, et le plus dangereux en termes d'opérations d'extinction
  • L'usine était considérée comme l'une des plus grandes fabriques de tapis du Moyen-Orient

BEYROUTH : La saison estivale est arrivée au Liban, et avec elle l’augmentation des risques d'incendies dangereux, à l’ombre d’une crise économique dramatique qui réduit considérablement les moyens de l’État de faire face aux catastrophes.  

Dans la ville de Zefta, au sud du pays, un incendie désastreux a envahi une usine de tapis depuis vendredi soir sans que la Défense civile aidée par des volontaires ne parvienne à le maîtriser. 

Les toits de l'immense bâtiment sont sur le point de s'effondrer en raison de la forte chaleur à l'intérieur, et les civils ont été évacués de la zone par l'armée. L'incendie à l'intérieur de l'usine, qui contient des dizaines de tonnes de marchandises et de matériaux stockés, est extrêmement difficile à éteindre, en raison de la présence de grandes quantités de dérivés pétroliers hautement inflammables, utilisés dans la fabrication de tapis et de moquettes.

L'usine était considérée comme l'une des plus grandes fabriques de tapis du Moyen-Orient. Selon les premières estimations, les pertes se montent à plusieurs millions de dollars. Deux cents familles dépendant des emplois de l’usine se retrouvent privées de leur moyen de subsistance. 

L'incendie de cette usine est l'un des plus grands incendies que le Liban ait connu dans une zone circonscrite, et le plus dangereux en termes d'opérations d'extinction.

Ce matin, un hélicoptère de l'armée libanaise a tenté de contribuer au processus d'extinction. Il a pu éteindre les feux dans les espaces ouverts, effectuant plusieurs rondes. Cependant, l'intensité du feu au rez-de-chaussée du bâtiment a limité les effets de l’opération.

En parallèle, des éléments de la brigade des pompiers de l'armée, malgré des capacités limitées, oeuvrent en continu avec des dizaines d'équipes de la Défense civile de multiple centres, à maîtriser l’incendie.

Des équipes de l'Union des municipalités de la banlieue sud et d'Iqlim al-Tuffah, de la défense civile des camps palestiniens de Sidon et de Tyr, de l'Autorité sanitaire islamique et des scouts du message islamique, des dizaines de volontaires dans les opérations de lutte contre les incendies, et la Croix-Rouge libanaise en particulier, ont aussi pris part dans l'extinction du feu.

Ces derniers restent prêts à intervenir, sachant que plusieurs pompiers, ayant perdu connaissance,  ont été transférés vers les hôpitaux.

Les camions de pompiers ont également fait face à des difficultés pour se procurer de l'eau, de nombreux puits et sources d'eau étant inexploitables par manque de fuel. 

Des dizaines de véhicules de lutte contre l'incendie se sont, à cet effet, dirigés vers Saïda pour remplir leurs réservoirs, tandis que des dizaines de propriétaires de tracteurs agricoles et de camions-citernes de Zefta et des villes voisines se sont portés volontaires pour assurer le transport d’eau.

Des unités du bataillon espagnol opérant dans le cadre des forces de la FINUL ont quitté les lieux de l'incendie, après avoir passé toute la nuit à tenter de l'éteindre.

Le gouverneur de Nabatiyeh, Dr. Hassan Fakih, a suivi les opérations de lutte contre l'incendie sur le terrain, et a rencontré le maire de Zefta Ali Hamza et les superviseurs de la brigade de pompiers. 

Avec cette malheureuse tragédie à la veille d'Al Adha, les Libanais ne peuvent s'empêcher de se demander combien de temps ils devront vivre des situations aussi critiques, à l’ombre d’un État incapable d’assurer leur sécurité.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.