Syrie: craintes d'une «catastrophe» humanitaire après un veto russe

La fermeture du dernier couloir d'acheminement de l'aide depuis la Turquie vers les zones tenues par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie serait une "catastrophe" pour des millions de personnes, selon un responsable de l'aide de l'ONU. (AFP)
La fermeture du dernier couloir d'acheminement de l'aide depuis la Turquie vers les zones tenues par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie serait une "catastrophe" pour des millions de personnes, selon un responsable de l'aide de l'ONU. (AFP)
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Publié le Samedi 09 juillet 2022

Syrie: craintes d'une «catastrophe» humanitaire après un veto russe

  • La Russie a mis son veto vendredi à un projet de résolution prolongeant d'un an l'autorisation d'aide humanitaire transfrontalière à la Syrie sans l'aval de Damas, Moscou n'acceptant qu'une extension de six mois
  • Ce veto incarne «la politique de siège et de famine à laquelle la Russie recourt à travers la Syrie»

BAB AL-HAWA : Les habitants du nord-ouest assiégé de la Syrie ont mis en garde samedi contre une "catastrophe" humanitaire à la suite d'un veto russe au Conseil de sécurité de l'ONU qui menace de mettre fin à l'aide transfrontalière nécessaire à leur survie.

La Russie a mis son veto vendredi à un projet de résolution prolongeant d'un an l'autorisation d'aide humanitaire transfrontalière à la Syrie sans l'aval de Damas, Moscou n'acceptant qu'une extension de six mois.

Ce veto incarne "la politique de siège et de famine à laquelle la Russie recourt à travers la Syrie", a dénoncé à l'AFP Mazen Allouche, responsable au passage frontalier de Bab al-Hawa à la frontière syro-turque.

Le non-renouvellement de l'autorisation constituerait "un prélude à une famine incontrôlable et menacerait directement la sécurité alimentaire de plus de quatre millions de personnes vivant" dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-il ajouté.

L'autorisation transfrontalière expire dimanche et les habitants de la province d'Idleb, qui abrite en majorité des déplacés vivant dans la pauvreté, sont de plus en plus inquiets.

"Ils savent très bien que la plupart des habitants du Nord, dépendent de ces aides", s'est indigné Abdel Salam Youssef. Le veto russe est "une catastrophe pour moi", a ajouté ce déplacé originaire du sud d'Idleb.

Le dispositif transfrontalier de l'ONU est en vigueur depuis 2014 et vient en aide à plus de 2,4 millions de personnes dans la région d'Idleb sous contrôle de groupes jihadistes et des rebelles.

Plus de 4.600 camions d'aide transportant principalement de la nourriture ont traversé le point de passage de Bab al-Hawa cette année, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Ce passage, le seul que l'ONU est autorisée à utiliser, permet d'éviter les zones contrôlées par le régime syrien.

Samedi il était fermé en raison de l'Aïd al-Adha, la fête musulmane qui marque la fin du pèlerinage à La Mecque (hajj), a indiqué un correspondant de l'AFP sur place.

"J'espère que le Conseil de sécurité se réunira à nouveau bientôt et s'accordera sur la voie à suivre", a déclaré samedi à l'AFP Mark Cutts, coordinateur adjoint régional de l'ONU pour la Syrie.

Environ 13,4 millions de Syriens avaient besoin d'aides l'année dernière, contre 11,1 millions en 2020, selon l'Ocha.

Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, près d'un demi-million de personnes ont été tuées et environ la moitié de la population d'avant-guerre a été déplacée.


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com