Dennis Ross insiste sur l'importance et la signification de la visite de Biden en Arabie saoudite

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Publié le Vendredi 15 juillet 2022

Dennis Ross insiste sur l'importance et la signification de la visite de Biden en Arabie saoudite

  • L'ancien négociateur de paix a déclaré que la rhétorique employée par les candidats à la présidence pendant leur campagne est souvent adaptée lorsqu'ils prennent leurs fonctions
  • Il a dit espérer que la visite du président américain «mettra en lumière les changements qui ont lieu en Arabie saoudite» et qui «pourraient créer un modèle dans la région»

CHICAGO: L'ambassadeur Dennis Ross, qui a servi de porte-parole pour la paix sous le président américain Bill Clinton, a déclaré mercredi à Arab News que le voyage du président, Joe Biden, en Arabie saoudite peut non seulement aider à relever les défis économiques de l'Amérique, mais aussi renforcer les bases de la paix entre les Palestiniens et les Israéliens.

Ross, William Davidson Distinguished Fellow au Washington Institute for Near East Policy (Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient), qui a également servi sous les présidents George H. W. Bush et Barack Obama, a affirmé que ce que les candidats à la présidence disent pendant leur campagne et ce qu'ils font réellement une fois qu'ils prennent leurs fonctions reflètent leurs besoins du moment, et que les critiques passées de Biden à l'égard de l'Arabie saoudite sont désormais éclipsées par l'importance du Royaume pour les besoins des Américains.

«Chaque président américain, lorsqu'il fait campagne, a tendance à faire des déclarations qui semblent répondre aux besoins du moment», a déclaré Ross lors d'une interview exclusive.

«De nombreux présidents pour lesquels j'ai travaillé étaient conscients de ce qu'ils disaient en campagne, puis ils ont été confrontés à la réalité des décisions et des choix qu'ils devaient faire. Ce que vous dites dans une campagne peut parfois limiter ce que vous pouvez faire.»

«Mais en fin de compte, les présidents prennent des décisions difficiles, ils sont confrontés à des dilemmes. Biden a pris la décision de se rendre en Arabie saoudite parce qu'il a compris que c'était une initiative importante pour les États-Unis en ce moment. Et je dirais même plus qu’en ce moment uniquement. Je dirais que nous sommes en compétition avec la Russie et la Chine pour déterminer la forme que prendra le système international. Quelles sont les règles du jeu? Qu'est-ce qui va façonner les normes? Si la Russie et la Chine définissent cela elles-mêmes, alors vous verrez des sphères d'influence où les grandes nations pourront dicter aux petites nations ce qu'elles peuvent faire.»

Il a poursuivi: «Le voyage en Arabie saoudite est important car les Saoudiens doivent faire partie de cette coalition plus large. Ils doivent faire partie d'un partenariat américain alors que nous essayons d'abandonner les combustibles fossiles. Cela va prendre quelques décennies.

«Si nous ne voulons pas que les prix du pétrole et de l'essence augmentent soudainement de façon spectaculaire, nous devons avoir plusieurs accords avec les Saoudiens. C’est important pour nous et je pense que le président en est conscient et c'est pourquoi il fait ce voyage.»

Ross a révélé que la visite de Biden pourrait avoir des retombées positives non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour la paix au Moyen-Orient et pour les Palestiniens.

«Je pense que ce voyage va permettre de réaliser plusieurs choses», a-t-il affirmé. «Il va rétablir les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et, je dirais même, des relations et un partenariat. Il est important de rétablir cela. Je crois qu'il y avait des tensions des deux côtés; ce n'était pas seulement d'un côté, c'était des deux côtés.»

«Toutefois, je pense que la relation va être remise sur des bases solides et cela est essentiel. Je pense que nous allons voir des accords émerger sur la 5G et les télécommunications. Je pense que nous allons voir des accords émerger sur l'avenir de l'énergie verte. C'est tout à fait dans l'intérêt des États Unis, mais c'est aussi tout à fait dans l'intérêt de l’Arabie saoudite.»

«Je crois que nous verrons des accords dans le domaine de la sécurité et de la défense. Je pense que nous verrons une approche beaucoup plus intégrée de la sécurité dans la région. Du point de vue saoudien, cela présente l'avantage d'intégrer davantage les États-Unis dans la région. Plus l'intégration de l'alerte aérienne précoce, de la défense antimissile est poussée, plus les États-Unis sont intégrés sous l'égide du Commandement central.»

Il a ajouté que plus il y aura d'intégration entre les pays de la région en termes de sécurité et de   défense, et pas seulement avec les États-Unis, plus la charge pourra être partagée.

«Ainsi, notre rôle, qui va être plus ancré dans la région, est également plus durable en conséquence», a souligné Ross. «C'est une relation qui répond aux besoins des deux parties et je pense que nous allons voir cela émerger de ce voyage.»

Il a fait l'éloge des changements et des développements récents dans le Royaume inaugurés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane.

«L'Arabie saoudite se transforme de manière à répondre aux besoins non seulement de l'Arabie saoudite, mais aussi de manière à créer un modèle dans la région, du moins pour les Arabes qui n'ont jamais eu de modèle de développement réussi. C'est tout à fait dans notre intérêt», a signalé Ross.

«La raison pour laquelle nous avons vu tant de troubles et de conflits est précisément due au fait que les extrémistes des deux côtés, qu'ils soient nationalistes radicaux ou islamistes radicaux, ont dit: “Nous avons la réponse à l'échec de ces États à progresser.” Et ils ne l'ont pas fait, par définition. Voici un nouveau modèle, au moins pour un État plus grand.»

Il a déclaré que certains États régionaux moins peuplés se sont engagés dans un processus de transformation, mais il a ajouté: «Ici, vous avez un État arabe plus grand qui entreprend une approche fondamentale de la modernisation. Et s'il y parvient, il envoie au reste de la région le message qu'il existe une autre voie. Il y a eu aussi une promotion de la tolérance religieuse.»

Ross a souligné le choix récent de Mohammed al-Issa, un religieux modéré, pour prononcer le sermon de l'Eid al-Adha comme un exemple important de la manière dont l'Arabie saoudite change sa dynamique dans le but d’améliorer le monde.

«Nous avons vu Mohammed al-Issa prononcer le sermon de l'Eid», a-t-il affirmé. «Voici quelqu'un qui a fait un voyage à Auschwitz et qui met l'accent sur le respect des autres croyances et la promotion des dialogues interreligieux. Certains l'ont clairement attaqué à cause de ce qu'il représente et de ce qu'il défend, et c'est à lui que le prince héritier a demandé de faire le sermon.

«Cela en dit long sur les changements en cours en Arabie saoudite. J'espère que cette visite, et certains des résultats probables de cette visite en termes d'accords dans le domaine de la haute technologie et dans le domaine des énergies renouvelables, j'espère que certains de ces résultats mettront en lumière les changements qui ont lieu en Arabie saoudite et qui ont reçu beaucoup moins d'attention qu'ils n'auraient dû.»

L'Arabie saoudite est à l'origine d'un large éventail d'évolutions et de changements sociaux qui, selon Ross, prennent du temps à se réaliser pleinement, mais qui peuvent contribuer à saper les messages extrémistes qui alimentent la violence dans le monde.

La transformation d'une société, que ce soit sur le plan culturel, politique ou social, ne se fait pas comme si l'on appuyait sur un interrupteur et que tout changeait soudainement, a-t-il ajouté.

«Il faut que ce soit un processus», a expliqué Ross. «Vous avez affaire à des activités humaines. Il y a un changement de génération et il faut du temps pour créer des habitudes et des normes différentes. Mais nous assistons à une transformation assez remarquable en termes de rapidité.»

«Je visite l’Arabie saoudite depuis 1991. J'ai écrit un article dans le Washington Post lorsque je m’y suis rendu en 2016, et j'ai dit que c'était un pays différent de celui que je connaissais. C'est à cause de ce que vous voyez à l'extérieur.»

«Le pays est complètement différent dans le sens où je suis stupéfait par le fait qu'il y a un endroit à Riyad appelé UWalk. Et lorsque vous allez sur cette promenade, vous voyez un grand nombre de Saoudiens marcher et vous visitez des cafés et des restaurants où les femmes sont maîtres d'hôtel et serveuses. Il y a un mélange complet d'hommes et de femmes.»

Ross a révélé qu'il était impressionné par la réalité des changements qu'il a constatés dans la société saoudienne.

«J'ai vu deux femmes, j'appelle cela, en quelque sorte, le nouvel emblème de la nouvelle Arabie saoudite, j'ai vu deux femmes marcher, bras dessus, bras dessous», a-t-il dit. «L'une des femmes était complètement voilée. La seule chose que l'on voyait était ses yeux. Elle marchait bras dessus bras dessous avec une femme complètement occidentalisée: Pas de couvre-chef, pas de foulard, ses cheveux étaient teints de façon à ce qu'ils ressortent. Pourquoi était-ce important? Parce que cela montrait qu'elles étaient à l'aise l'une avec l'autre. Pour moi, c'est quelque chose d’extraordinaire.»

«Donc, oui, je vois une Arabie saoudite très différente. Chaque pays a ses pires aspects... et oui, il y a des problèmes et nous devons les soulever. Mais une relation est une voie à double sens et cette visite du président Biden est l'occasion de remettre la relation sur de bonnes bases et de réaliser que nous avons des enjeux communs les uns avec les autres.»

«Il s'agit d'une relation qui reflète les besoins et les intérêts des deux parties et je suis convaincu que les résultats de ce voyage seront que nous allons être en mesure de poursuivre ces besoins et intérêts beaucoup plus efficacement maintenant.»

Ross, qui a joué un rôle essentiel dans les efforts du président Clinton pour négocier la paix entre les Palestiniens et les Israéliens dans les années 1990, a avisé que ces deux sociétés sont plus sceptiques à l'égard des efforts de paix aujourd'hui. La normalisation des relations entre le monde arabe et Israël, a-t-il affirmé, peut aider à sortir de l'impasse qui maintient Palestiniens et Israéliens enfermés dans un cycle de violence et de conflit.

«Même si vous aviez un gouvernement israélien de gauche, vous n'avez aucune capacité du côté palestinien pour négocier un résultat», a-t-il affirmé. «La première chose à faire est de rétablir la croyance dans le sens de la possibilité. Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites à partir de la base.

«C'est ici que la sensibilisation des Arabes à Israël devient un élément très utile afin de changer l'équation. Nous sommes dans une impasse totale entre Israéliens et Palestiniens, mais nous avons un nouvel élément dans l'équation, à savoir les accords d'Abraham; le processus de normalisation.»

«Les pays arabes ne voient pas seulement les avantages de la relation avec Israël en termes de sécurité, mais aussi les besoins en matière de sécurité de l'eau, de sécurité alimentaire, de sécurité sanitaire et de cybersécurité. Israël est à la pointe dans toutes ces technologies, c'est un leader mondial dans toutes ces technologies. Les États arabes, les dirigeants arabes, ne vont pas se priver de ce qui est dans leur intérêt, parce qu'ils perçoivent que les dirigeants palestiniens ne sont pas capables de bouger.»

Ross a fait valoir que les accords de normalisation fournissent aux pays arabes un moyen de pression qu'ils peuvent utiliser pour encourager une évolution vers un accord de paix définitif pour les Palestiniens.

«La sensibilisation des pays arabes à Israël peut également être utilisée pour amener les Israéliens à se rapprocher des Palestiniens», a-t-il assuré. «Lorsque les Émirats ont pris la décision de normaliser complètement leurs relations, ils sont venus voir l'administration Trump et ont dit: “Nous allons entièrement normaliser nos relations, mais le prix à payer est qu'Israël n'annexe pas le territoire qui lui a été attribué dans le cadre du plan de paix de Trump.” Ils ont donc créé une liaison à flux inversés.

«Les Palestiniens ne veulent aucune normalisation avant la fin de l'occupation, mais les pays arabes ne sont pas prêts à se priver de ce qui est dans leur intérêt. Mais ils peuvent utiliser leurs relations pour dire “Parfait, nous allons faire ce pas, mais nous voulons vous voir faire le pas suivant.”

«Dans le cas des EAU, ils ont fait quelque chose qui a empêché l'annexion. Ils ont évité une situation négative. Mais les États arabes peuvent en fait demander une action positive, en disant “Bon, nous faisons ce pas vers vous, voici ce que nous aimerions vous voir faire envers les Palestiniens.” C'est une façon de sortir de l'impasse.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A la frontière libanaise, l'armée syrienne se renforce et découvre des tunnels attribués au Hezbollah

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  • Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée
  • La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre

AL-QUSAYR: A la frontière avec le Liban, l'armée syrienne a renforcé son déploiement, en pleine guerre au Moyen-Orient: des blindés sont positionnés derrière des barricades de sable et ses soldats ratissent des tunnels qu'ils disent avoir été utilisés par le Hezbollah.

La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre.

Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée.

"En ratissant les zones frontalières", elle a découvert "un réseau de tunnels reliant les deux pays et servant au trafic d'armes et de drogues", déclare à l'AFP le responsable des postes entre la Syrie et le Liban, Mohammad Hammoud.

Selon un commandant syrien, ces tunnels ont servi au Hezbollah.

Le ministère de la Défense a autorisé mercredi un journaliste de l'AFP à documenter le déploiement des renforts militaires, pour la première fois depuis qu'ils ont été dépêchés il y a un mois dans ces zones, où des bulldozers jaunes érigent des barricades de sable.

Le correspondant a observé au moins cinq tunnels. L'un d'eux s'ouvre dans le sous-sol d'une maison, avec des marches en béton menant à des passages étroits et sombres.

D'autres, dans des zones montagneuses et escarpées, disposent du courant électrique et de systèmes de ventilation sur tout le tronçon.

Dans l'une des maisons, subsistent encore sur le mur une vieille photo de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et une autre du commandant militaire iranien Qassem Soleimani.

L'est du Liban, de l'autre côté, est un bastion du Hezbollah.

Le mouvement chiite, qui était intervenu aux côtés des forces gouvernementales syriennes contre les rebelles lors de la guerre civile (2011-2024), s'était emparé en 2013 de la ville clé de Qousseir.

Il a évacué cette région à la hâte lors de la chute du président Bachar al-Assad, renversé fin 2024 par une coalition islamiste hostile à l'organisation libanaise.

Depuis, ses routes d'approvisionnement à partir de la Syrie ont été coupées et les autorités libanaises et syriennes tentent de combattre la contrebande à travers la frontière poreuse.

 

- Pas d'engagement militaire -

 

Israël a par le passé bombardé des points de passage, dans le but de couper les voies d'approvisionnement du Hezbollah.

Le correspondant de l'AFP a vu des sites endommagés par d'anciennes frappes, dont des bâtiments détruits à proximité de l'un des tunnels.

Des soldats syriens patrouillent à pied la zone et un autre surveille de loin un poste de l'armée libanaise.

Damas avait annoncé le 4 mars, peu après le début de la guerre dans la région, que l'armée avait renforcé son déploiement le long des frontières avec le Liban et l'Irak.

La mission des forces déployées est de "contrôler la sécurité aux frontières", indique Mohammad Hammoud.

Selon une source diplomatique, "le gouvernement syrien a subi des pressions pour intervenir au Liban afin de neutraliser la menace du Hezbollah dans la région", ce qu'il refuse jusqu'à nouvel ordre de faire.

"L'armée syrienne n'a aucune intention d'agir militairement, sa mission se limitant actuellement à la surveillance des frontières", a affirmé mercredi à l'AFP une source militaire syrienne.

Les renforts incluent des canons, des blindés, des automitrailleuses et des soldats d'infanterie, a-t-elle précisé.

Bien que se tenant à l'écart des hostilités, la Syrie n'a pas été à l'abri de tensions.

Elle a dénoncé le 10 mars des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, tirés à partir du Liban.

Les présidents libanais et syrien, Joseph Aoun et Ahmad al-Chareh, avaient alors décidé de mieux "contrôler" leur frontière.

"Tant que la Syrie n'est pas directement visée par une partie, elle restera à l'écart du conflit", a répété mardi le président syrien, en visite à Londres. "Quatorze ans de guerre, cela suffit".

 


L'armée israélienne signale quatre attaques iraniennes en six heures

Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
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  • Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites
  • Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué jeudi contrer quatre salves de tirs de missiles venus d'Iran, dont deux survenues après un discours du président américain Donald Trump qui a promis de frapper durement l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines.

Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites.

Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes.

Selon les médias israéliens, les dégâts observés sur une zone particulièrement étendue résultent de l'utilisation de munitions à fragmentation, qui explosent en vol, dispersant des sous-munitions.

Iran et Israël s'accusent mutuellement d'utiliser des bombes à fragmentation.

Près de six heures seulement après avoir signalé la première attaque, l'armée israélienne a de nouveau - et pour la quatrième fois - indiqué avoir "identifié des missiles lancés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël". "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a-t-elle écrit sur Telegram.

Dans un court message publié peu après, les autorités israéliennes ont autorisé les habitants à "quitter les abris dans l'ensemble du pays", a indiqué l'armée sur Telegram.

Aucun bilan immédiat n'a été publié concernant d'éventuelles victimes ou dégâts suite aux dernières attaques.

Dans le nord d'Israël, des sirènes d'alerte ont également retenti tôt jeudi matin pour avertir d'attaques en provenance du Liban.

Dans différents communiqués, le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir visé avec des roquettes des positions israéliennes dans les zones frontalières et avoir attaqué avec des drones un village israélien.

Aucune victime ni dégât n'a été rapporté par les autorités israéliennes.

 


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.