Dennis Ross insiste sur l'importance et la signification de la visite de Biden en Arabie saoudite

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Publié le Vendredi 15 juillet 2022

Dennis Ross insiste sur l'importance et la signification de la visite de Biden en Arabie saoudite

  • L'ancien négociateur de paix a déclaré que la rhétorique employée par les candidats à la présidence pendant leur campagne est souvent adaptée lorsqu'ils prennent leurs fonctions
  • Il a dit espérer que la visite du président américain «mettra en lumière les changements qui ont lieu en Arabie saoudite» et qui «pourraient créer un modèle dans la région»

CHICAGO: L'ambassadeur Dennis Ross, qui a servi de porte-parole pour la paix sous le président américain Bill Clinton, a déclaré mercredi à Arab News que le voyage du président, Joe Biden, en Arabie saoudite peut non seulement aider à relever les défis économiques de l'Amérique, mais aussi renforcer les bases de la paix entre les Palestiniens et les Israéliens.

Ross, William Davidson Distinguished Fellow au Washington Institute for Near East Policy (Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient), qui a également servi sous les présidents George H. W. Bush et Barack Obama, a affirmé que ce que les candidats à la présidence disent pendant leur campagne et ce qu'ils font réellement une fois qu'ils prennent leurs fonctions reflètent leurs besoins du moment, et que les critiques passées de Biden à l'égard de l'Arabie saoudite sont désormais éclipsées par l'importance du Royaume pour les besoins des Américains.

«Chaque président américain, lorsqu'il fait campagne, a tendance à faire des déclarations qui semblent répondre aux besoins du moment», a déclaré Ross lors d'une interview exclusive.

«De nombreux présidents pour lesquels j'ai travaillé étaient conscients de ce qu'ils disaient en campagne, puis ils ont été confrontés à la réalité des décisions et des choix qu'ils devaient faire. Ce que vous dites dans une campagne peut parfois limiter ce que vous pouvez faire.»

«Mais en fin de compte, les présidents prennent des décisions difficiles, ils sont confrontés à des dilemmes. Biden a pris la décision de se rendre en Arabie saoudite parce qu'il a compris que c'était une initiative importante pour les États-Unis en ce moment. Et je dirais même plus qu’en ce moment uniquement. Je dirais que nous sommes en compétition avec la Russie et la Chine pour déterminer la forme que prendra le système international. Quelles sont les règles du jeu? Qu'est-ce qui va façonner les normes? Si la Russie et la Chine définissent cela elles-mêmes, alors vous verrez des sphères d'influence où les grandes nations pourront dicter aux petites nations ce qu'elles peuvent faire.»

Il a poursuivi: «Le voyage en Arabie saoudite est important car les Saoudiens doivent faire partie de cette coalition plus large. Ils doivent faire partie d'un partenariat américain alors que nous essayons d'abandonner les combustibles fossiles. Cela va prendre quelques décennies.

«Si nous ne voulons pas que les prix du pétrole et de l'essence augmentent soudainement de façon spectaculaire, nous devons avoir plusieurs accords avec les Saoudiens. C’est important pour nous et je pense que le président en est conscient et c'est pourquoi il fait ce voyage.»

Ross a révélé que la visite de Biden pourrait avoir des retombées positives non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour la paix au Moyen-Orient et pour les Palestiniens.

«Je pense que ce voyage va permettre de réaliser plusieurs choses», a-t-il affirmé. «Il va rétablir les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et, je dirais même, des relations et un partenariat. Il est important de rétablir cela. Je crois qu'il y avait des tensions des deux côtés; ce n'était pas seulement d'un côté, c'était des deux côtés.»

«Toutefois, je pense que la relation va être remise sur des bases solides et cela est essentiel. Je pense que nous allons voir des accords émerger sur la 5G et les télécommunications. Je pense que nous allons voir des accords émerger sur l'avenir de l'énergie verte. C'est tout à fait dans l'intérêt des États Unis, mais c'est aussi tout à fait dans l'intérêt de l’Arabie saoudite.»

«Je crois que nous verrons des accords dans le domaine de la sécurité et de la défense. Je pense que nous verrons une approche beaucoup plus intégrée de la sécurité dans la région. Du point de vue saoudien, cela présente l'avantage d'intégrer davantage les États-Unis dans la région. Plus l'intégration de l'alerte aérienne précoce, de la défense antimissile est poussée, plus les États-Unis sont intégrés sous l'égide du Commandement central.»

Il a ajouté que plus il y aura d'intégration entre les pays de la région en termes de sécurité et de   défense, et pas seulement avec les États-Unis, plus la charge pourra être partagée.

«Ainsi, notre rôle, qui va être plus ancré dans la région, est également plus durable en conséquence», a souligné Ross. «C'est une relation qui répond aux besoins des deux parties et je pense que nous allons voir cela émerger de ce voyage.»

Il a fait l'éloge des changements et des développements récents dans le Royaume inaugurés par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Salmane.

«L'Arabie saoudite se transforme de manière à répondre aux besoins non seulement de l'Arabie saoudite, mais aussi de manière à créer un modèle dans la région, du moins pour les Arabes qui n'ont jamais eu de modèle de développement réussi. C'est tout à fait dans notre intérêt», a signalé Ross.

«La raison pour laquelle nous avons vu tant de troubles et de conflits est précisément due au fait que les extrémistes des deux côtés, qu'ils soient nationalistes radicaux ou islamistes radicaux, ont dit: “Nous avons la réponse à l'échec de ces États à progresser.” Et ils ne l'ont pas fait, par définition. Voici un nouveau modèle, au moins pour un État plus grand.»

Il a déclaré que certains États régionaux moins peuplés se sont engagés dans un processus de transformation, mais il a ajouté: «Ici, vous avez un État arabe plus grand qui entreprend une approche fondamentale de la modernisation. Et s'il y parvient, il envoie au reste de la région le message qu'il existe une autre voie. Il y a eu aussi une promotion de la tolérance religieuse.»

Ross a souligné le choix récent de Mohammed al-Issa, un religieux modéré, pour prononcer le sermon de l'Eid al-Adha comme un exemple important de la manière dont l'Arabie saoudite change sa dynamique dans le but d’améliorer le monde.

«Nous avons vu Mohammed al-Issa prononcer le sermon de l'Eid», a-t-il affirmé. «Voici quelqu'un qui a fait un voyage à Auschwitz et qui met l'accent sur le respect des autres croyances et la promotion des dialogues interreligieux. Certains l'ont clairement attaqué à cause de ce qu'il représente et de ce qu'il défend, et c'est à lui que le prince héritier a demandé de faire le sermon.

«Cela en dit long sur les changements en cours en Arabie saoudite. J'espère que cette visite, et certains des résultats probables de cette visite en termes d'accords dans le domaine de la haute technologie et dans le domaine des énergies renouvelables, j'espère que certains de ces résultats mettront en lumière les changements qui ont lieu en Arabie saoudite et qui ont reçu beaucoup moins d'attention qu'ils n'auraient dû.»

L'Arabie saoudite est à l'origine d'un large éventail d'évolutions et de changements sociaux qui, selon Ross, prennent du temps à se réaliser pleinement, mais qui peuvent contribuer à saper les messages extrémistes qui alimentent la violence dans le monde.

La transformation d'une société, que ce soit sur le plan culturel, politique ou social, ne se fait pas comme si l'on appuyait sur un interrupteur et que tout changeait soudainement, a-t-il ajouté.

«Il faut que ce soit un processus», a expliqué Ross. «Vous avez affaire à des activités humaines. Il y a un changement de génération et il faut du temps pour créer des habitudes et des normes différentes. Mais nous assistons à une transformation assez remarquable en termes de rapidité.»

«Je visite l’Arabie saoudite depuis 1991. J'ai écrit un article dans le Washington Post lorsque je m’y suis rendu en 2016, et j'ai dit que c'était un pays différent de celui que je connaissais. C'est à cause de ce que vous voyez à l'extérieur.»

«Le pays est complètement différent dans le sens où je suis stupéfait par le fait qu'il y a un endroit à Riyad appelé UWalk. Et lorsque vous allez sur cette promenade, vous voyez un grand nombre de Saoudiens marcher et vous visitez des cafés et des restaurants où les femmes sont maîtres d'hôtel et serveuses. Il y a un mélange complet d'hommes et de femmes.»

Ross a révélé qu'il était impressionné par la réalité des changements qu'il a constatés dans la société saoudienne.

«J'ai vu deux femmes, j'appelle cela, en quelque sorte, le nouvel emblème de la nouvelle Arabie saoudite, j'ai vu deux femmes marcher, bras dessus, bras dessous», a-t-il dit. «L'une des femmes était complètement voilée. La seule chose que l'on voyait était ses yeux. Elle marchait bras dessus bras dessous avec une femme complètement occidentalisée: Pas de couvre-chef, pas de foulard, ses cheveux étaient teints de façon à ce qu'ils ressortent. Pourquoi était-ce important? Parce que cela montrait qu'elles étaient à l'aise l'une avec l'autre. Pour moi, c'est quelque chose d’extraordinaire.»

«Donc, oui, je vois une Arabie saoudite très différente. Chaque pays a ses pires aspects... et oui, il y a des problèmes et nous devons les soulever. Mais une relation est une voie à double sens et cette visite du président Biden est l'occasion de remettre la relation sur de bonnes bases et de réaliser que nous avons des enjeux communs les uns avec les autres.»

«Il s'agit d'une relation qui reflète les besoins et les intérêts des deux parties et je suis convaincu que les résultats de ce voyage seront que nous allons être en mesure de poursuivre ces besoins et intérêts beaucoup plus efficacement maintenant.»

Ross, qui a joué un rôle essentiel dans les efforts du président Clinton pour négocier la paix entre les Palestiniens et les Israéliens dans les années 1990, a avisé que ces deux sociétés sont plus sceptiques à l'égard des efforts de paix aujourd'hui. La normalisation des relations entre le monde arabe et Israël, a-t-il affirmé, peut aider à sortir de l'impasse qui maintient Palestiniens et Israéliens enfermés dans un cycle de violence et de conflit.

«Même si vous aviez un gouvernement israélien de gauche, vous n'avez aucune capacité du côté palestinien pour négocier un résultat», a-t-il affirmé. «La première chose à faire est de rétablir la croyance dans le sens de la possibilité. Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites à partir de la base.

«C'est ici que la sensibilisation des Arabes à Israël devient un élément très utile afin de changer l'équation. Nous sommes dans une impasse totale entre Israéliens et Palestiniens, mais nous avons un nouvel élément dans l'équation, à savoir les accords d'Abraham; le processus de normalisation.»

«Les pays arabes ne voient pas seulement les avantages de la relation avec Israël en termes de sécurité, mais aussi les besoins en matière de sécurité de l'eau, de sécurité alimentaire, de sécurité sanitaire et de cybersécurité. Israël est à la pointe dans toutes ces technologies, c'est un leader mondial dans toutes ces technologies. Les États arabes, les dirigeants arabes, ne vont pas se priver de ce qui est dans leur intérêt, parce qu'ils perçoivent que les dirigeants palestiniens ne sont pas capables de bouger.»

Ross a fait valoir que les accords de normalisation fournissent aux pays arabes un moyen de pression qu'ils peuvent utiliser pour encourager une évolution vers un accord de paix définitif pour les Palestiniens.

«La sensibilisation des pays arabes à Israël peut également être utilisée pour amener les Israéliens à se rapprocher des Palestiniens», a-t-il assuré. «Lorsque les Émirats ont pris la décision de normaliser complètement leurs relations, ils sont venus voir l'administration Trump et ont dit: “Nous allons entièrement normaliser nos relations, mais le prix à payer est qu'Israël n'annexe pas le territoire qui lui a été attribué dans le cadre du plan de paix de Trump.” Ils ont donc créé une liaison à flux inversés.

«Les Palestiniens ne veulent aucune normalisation avant la fin de l'occupation, mais les pays arabes ne sont pas prêts à se priver de ce qui est dans leur intérêt. Mais ils peuvent utiliser leurs relations pour dire “Parfait, nous allons faire ce pas, mais nous voulons vous voir faire le pas suivant.”

«Dans le cas des EAU, ils ont fait quelque chose qui a empêché l'annexion. Ils ont évité une situation négative. Mais les États arabes peuvent en fait demander une action positive, en disant “Bon, nous faisons ce pas vers vous, voici ce que nous aimerions vous voir faire envers les Palestiniens.” C'est une façon de sortir de l'impasse.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
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  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le président turc Erdogan arrive en Arabie saoudite

Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
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  • Erdogan doit rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane
  • Il a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed ben Abdulrahmane bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad

RIYAD: Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé mardi à Riyad pour une visite officielle en Arabie saoudite.

Erdogan doit rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Il a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman ben Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad, ainsi que par de hauts responsables saoudiens, dont le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdulaziz bin Ayyaf, et le ministre du Commerce, Majid Al-Qasabi.


La FINUL  condamne l'utilisation «inacceptable» de produits chimiques alors que les frappes israéliennes s'intensifient

Joseph Aoun et Felipe VI. (Fourni)
Joseph Aoun et Felipe VI. (Fourni)
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  • Le ministère de l'Environnement et la mission de l'ONU s'inquiètent des effets potentiels d'une substance non identifiée répandue par Israël sur les terres agricoles dans les zones frontalières
  • Lors de sa visite en Espagne, le président Joseph Aoun demande à la communauté internationale d'exercer des pressions sur Israël pour qu'il cesse ses attaques contre le Liban et de conclure des accords sur le déploiement des forces de maintien de la paix

BEYROUTH: Une personne a été tuée et huit autres blessées par des frappes israéliennes au nord et au sud du fleuve Litani lundi, alors que les hostilités contre le Liban s'intensifient. Les autorités israéliennes ont déclaré que les frappes visaient "l'infrastructure militaire du Hezbollah", mais des zones résidentielles ont également été touchées, causant des dommages aux bâtiments et aux quartiers.

L'escalade s'est déroulée alors que des rapports indiquaient que les forces israéliennes avaient répandu des substances chimiques dans des zones situées le long de la ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël, y compris sur des terres agricoles libanaises, ce qui a suscité la condamnation de la force intérimaire des Nations unies au Liban et du ministère libanais de l'environnement.

Le ministère a qualifié l'incident d'"anéantissement environnemental visant à saper la résilience des habitants du Sud-Liban".

Lundi, un drone israélien a frappé une voiture à Ansariyeh, dans la zone de Zahrani du district de Sidon, et a tué le commandant de terrain du Hezbollah, Abbas Ghadboun, selon les messages du groupe annonçant et déplorant sa mort.

Le ministère libanais de la santé a déclaré que quatre civils avaient été blessés au cours de l'incident. Israël a déclaré que son opération dans la région avait visé "un terroriste du Hezbollah".

Par ailleurs, quatre personnes ont été blessées lorsqu'une frappe aérienne a touché un véhicule à Al-Qlailah. L'armée israélienne a ensuite émis des avertissements d'évacuation à l'intention des habitants de Kfar Tebnit et d'Ain Qana, leur ordonnant de quitter deux bâtiments et la zone environnante parce que des frappes contre "l'infrastructure militaire du Hezbollah" étaient prévues. Les habitants ont déclaré qu'une dizaine de bâtiments résidentiels dans chaque ville avaient été endommagés par les frappes aériennes qui ont suivi.

Dans un autre incident, un drone a touché une voiture près de l'université de Phénicie, sur l'autoroute Zahrani-Tyre.

Ces dernières frappes font suite à une série d'attaques menées au cours des dernières 24 heures. Dimanche soir, un homme appelé Ali Al-Hadi Al-Haqani a été tué par une frappe de drone à Harouf, dans le district de Nabatieh. Un autre drone a touché la voiture d'Ali Daoud Amis, originaire d'Ebba, sur la route d'Al-Dweir. L'armée israélienne aurait déclaré qu'il était membre du Hezbollah et qu'il avait été tué.

L'armée israélienne a également mené des activités terrestres le long de la frontière tôt ce lundi, y compris une infiltration signalée dans la périphérie d'Ayta ash-Shaab, au cours de laquelle des explosifs ont été placés dans une maison qui a été détruite par la suite. Les forces ont également tiré des rafales de mitrailleuses en direction de la périphérie de Yaroun.

Les autorités israéliennes ont déclaré que les frappes visaient des membres et des installations du Hezbollah. Elles ont accusé le groupe de violer l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et de tenter de reconstituer ses capacités militaires. Les violations israéliennes de l'espace aérien libanais se sont étendues lundi jusqu'à la périphérie de Baalbek, dans l'est du pays.

En ce qui concerne les produits chimiques non identifiés largués par des avions israéliens dans des zones situées le long de la Ligne bleue, la Force intérimaire des Nations unies a déclaré avoir été informée par l'armée israélienne qu'elle prévoyait de mener une opération aérienne pour larguer ce qu'Israël a décrit comme une substance non toxique. La FINUL a indiqué que ses soldats de la paix avaient reçu l'ordre de garder leurs distances et de rester à couvert, ce qui a entraîné l'annulation de plus de dix opérations.

La FINUL a indiqué que ses patrouilles n'ont pas pu mener leurs activités normales le long d'environ un tiers de la Ligne bleue, et que ses opérations n'ont pas pu reprendre avant plus de neuf heures. Les soldats de la paix ont aidé l'armée libanaise à prélever des échantillons dans les zones touchées afin de déterminer les niveaux de toxicité.

La FINUL a déclaré que l'opération israélienne était "inacceptable" et contraire aux dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée par le Conseil en 2006 dans le but de résoudre le conflit qui opposait cette année-là Israël et le Hezbollah.

Elle a ajouté que de telles "actions délibérées et planifiées" limitaient non seulement la capacité des soldats de la paix à remplir leur mandat, mais mettaient aussi potentiellement en danger leur santé et celle des civils.

La mission de l'ONU s'est également inquiétée des effets possibles de la substance sur les terres agricoles et de la manière dont elle pourrait, à long terme, affecter le retour des civils dans leurs foyers et leurs moyens de subsistance dans les zones touchées.

Elle a indiqué que ce n'était pas la première fois qu'Israël larguait des substances non identifiées à partir d'un avion sur le territoire libanais et a réaffirmé que les survols israéliens constituaient des violations de la résolution 1701.

"Toute activité qui met en danger les civils et les soldats de la paix est un sujet de grave préoccupation", a déclaré la FINUL. "Nous appelons à nouveau l'armée israélienne à mettre fin à de telles actions et à coopérer avec les forces de maintien de la paix pour soutenir la stabilité que nous nous efforçons tous d'atteindre.

Le ministère libanais de l'environnement a déclaré avoir reçu des rapports de la municipalité d'Aita Al-Shaab et des villages voisins selon lesquels des avions israéliens avaient pulvérisé des substances soupçonnées d'être des pesticides.

La ministre de l'environnement, Tamara El-Zein, a déclaré avoir contacté le commandant de l'armée libanaise, le général Rodolphe Heikal, pour demander que des échantillons soient prélevés sur les sites pulvérisés afin de déterminer la nature des substances et de prendre les mesures qui s'imposent.

Si les substances s'avèrent toxiques, a ajouté Mme El-Zein, l'incident s'inscrira dans un contexte plus large. Elle a indiqué qu'environ 9 000 hectares de terres libanaises avaient été brûlés par Israël, à l'aide de phosphore blanc et de munitions incendiaires, au cours du dernier conflit avec le Hezbollah. Elle a qualifié ces actions de "destruction environnementale visant à saper la résilience des habitants du sud sur leur propre terre et à saper les fondements de leurs moyens de subsistance".

Au cours de cette visite, il a déclaré au Premier ministre espagnol Pedro Sanchez que le Liban "attache une grande importance" à la participation de l'Espagne à la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris, qui vise à renforcer le soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure.

Le Liban cherche à encourager les pays qui fournissent des troupes à la FINUL à maintenir la présence de leurs forces de maintien de la paix dans le sud du Liban dans le cadre d'accords bilatéraux après la fin du mandat de la FINUL en décembre. Le palais présidentiel a déclaré que M. Aoun a reconnu l'importante contribution de l'Espagne aux opérations de maintien de la paix et a discuté avec M. Sanchez de la volonté du pays de maintenir la présence de ses troupes au Sud-Liban au-delà de cette date.

M. Sanchez a déclaré que toute décision sur la prolongation du déploiement espagnol après le départ des soldats de la paix de l'ONU serait prise après des discussions avec les partenaires de l'UE, et a ajouté que l'Espagne soutenait les mesures prises par les autorités libanaises pour renforcer la sécurité et la stabilité du pays.

M. Aoun a exprimé l'espoir que l'Espagne travaille avec l'UE pour faire pression sur les autorités israéliennes afin qu'elles mettent fin aux attaques contre le Liban et qu'elles appliquent les termes de l'accord de cessez-le-feu, dans le plein respect des dispositions de la résolution 1701.

Le président libanais a également souligné la nécessité de "nettoyer les zones où l'armée libanaise est déployée de la présence armée" d'autres groupes, et d'étendre l'autorité de l'État sur ces territoires. L'armée a besoin "d'équipements, de véhicules et de fournitures militaires pour pouvoir accomplir ses tâches", a-t-il ajouté.