Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
Short Url
Publié le Samedi 16 juillet 2022

Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
  • L'ouverture de l'espace aérien saoudien à tous les transporteurs s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030 qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional, a dit Al-Joubair à Arab News
  • Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe, déclare le ministre d'État aux affaires étrangères

DJEDDAH: Quelques heures après que le président américain Joe Biden est arrivé à Djeddah pour s'entretenir avec les dirigeants saoudiens, Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume, a jugé la visite très réussie.

Dans une entrevue approfondie accordée à Arab News vendredi soir, après une journée bien remplie de réunions entre la délégation du président américain et les responsables saoudiens, Al-Joubair a souligné l'importance de la relation historique qui lie les deux pays.

« Toute visite d'un président américain en Arabie saoudite est un succès. Il en est de même pour les visites d'un roi ou d'un prince héritier saoudien aux États-Unis », a indiqué Al-Joubair à Arab News.

« Les deux pays sont des alliés et des partenaires depuis huit décennies. Ils ont des intérêts considérables en jeu et des défis de taille qu'ils œuvrent à relever ensemble. »

1
Le roi Salmane a reçu Joe Biden au palais Al-Salam, vendredi. (SPA)

La visite de Biden «symbolise très clairement l'importance de la relation et l'importance que revêt le Royaume d'Arabie saoudite pour les États-Unis, ainsi que pour la paix et la sécurité mondiales», a ajouté Al-Joubair.

Vendredi après-midi, peu après sa rencontre bilatérale avec le roi Salmane, le président américain, accompagné de ses conseillers, s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ainsi que d'autres ministres lors d'un sommet qui a donné le ton des relations futures.

« Les deux pays travaillent en étroite collaboration en termes de sécurité énergétique, de lutte contre le changement climatique et de sécurité alimentaire pour les pays qui souffrent de pénuries. Ils conjuguent leurs efforts pour garantir la logistique des approvisionnements mondiaux », a expliqué Al-Joubair, citant de nombreux exemples de coopération [entre les États-Unis et le Royaume].

Le ministre saoudien a particulièrement tenu à mettre l'accent sur les nouveaux domaines de coopération tels que la technologie, les infrastructures et les services de santé.

« Les deux pays travaillent ensemble pour améliorer et faire progresser la connectivité grâce à la 5G et la 6G, ainsi que l'exploration de l'espace », a affirmé Al-Joubair. « Ils travaillent également ensemble pour faire face aux pandémies. Ils veillent à la mise en place d'un mécanisme qui permettra de gérer plus efficacement les futures pandémies.»

Ce même esprit de coopération s'applique aussi bien sur le plan diplomatique qu'humanitaire.

« Ils agissent ensemble sur le plan politique et militaire pour faire face à l'Iran, soutenir l'Irak et gérer les crises en Syrie, au Liban, en Israël, en Palestine, au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, en Libye et dans les pays du G5 Sahel », a poursuivi Al-Joubair.

« Ils collaborent également avec l'Afghanistan pour faire en sorte que le pays ne se transforme pas en un refuge pour les terroristes mais qu'il aille plutôt de l'avant et qu'il devienne un pays ordinaire où l'on peut mener une vie normale ».

Toutefois, la force de la relation américano-saoudienne, établie il y a huit décennies, va au-delà des intérêts et des défis communs. Elle repose en effet sur les principes partagés par les deux nations, a précisé le ministre.

« Nous voulons avoir la certitude que notre relation sera solidement ancrée dans notre volonté d'aller de l'avant au cours des 80 prochaines années ».

Quand il a été interrogé sur les raisons du scepticisme qui a précédé la visite de Biden en Arabie saoudite, Al-Joubair a répondu : «Les personnes sceptiques recherchent peut-être le théâtre ou la dramatisation. La réalité, cependant, est que cette relation est très solide. Elle est extrêmement importante et ne cesse de se développer ».

Effectivement, les visites réciproques des dirigeants américains et saoudiens sont une vieille tradition.

« Il y a eu des sommets entre les présidents américains et les rois saoudiens depuis l'époque du roi Abdelaziz et entre les présidents américains et les pays du CCG depuis 2015. Le premier sommet a eu lieu à Camp David avec le président Barack Obama ».

Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 
Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 

« Il y en a eu en 2017 avec le président Trump et il y en aura demain (samedi) avec le président Biden. Je ne peux donc pas expliquer le scepticisme, mais je peux vous garantir que tous les défis et tous les domaines que j’ai déjà mentionnés et dans lesquels nous travaillons ensemble se poursuivent sans interruption ».

La décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir pour la première fois son espace aérien aux vols commerciaux à destination et en provenance d'Israël a marqué un tournant vendredi. Biden a été le premier président américain à se rendre de l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, à l'aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah.

Pour commenter cette ouverture que Biden a qualifiée de « décision historique » vendredi, Al-Joubair a souligné que cette initiative s'inscrivait dans le cadre du programme de réformes sociales et économiques Vision 2030 du Royaume, qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional. 

« L'Arabie saoudite cherche à diversifier son économie. Cela fait partie de la Vision 2030 », a annoncé Al-Joubair. « Parmi les domaines de diversification figurent les loisirs, le divertissement et les transports ». 

« L'Arabie saoudite peut devenir un hub naturel grâce à son emplacement entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe. 14% du trafic maritime mondial passe par la mer Rouge, et l'Arabie saoudite peut constituer une plaque tournante pour le transport aérien reliant ces trois continents ».

« Il est impossible pour un pays de devenir un hub à moins que les pays tiers n'aient le droit de survoler son territoire, conformément à la convention de Chicago de 1944. L'Arabie saoudite deviendra donc un hub aérien par défaut grâce à son emplacement géographique, tout comme elle peut devenir un hub pour le transport maritime ».

En effet, si l'Arabie saoudite désire devenir une destination mondiale pour les événements sportifs internationaux, « elle doit s'ouvrir au monde entier et ne peut exclure des pays de la participation à ces événements », a relevé Al-Joubair.

« Tout cela fait partie de la volonté du pays de devenir une destination pour les événements sportifs et récréatifs, ainsi qu'un centre de transport et de logistique reliant trois continents ».

Avant l'arrivée de Biden en Arabie saoudite, les observateurs s'attendaient à ce que la question de la production pétrolière occupe une place importante à l'ordre du jour du sommet, compte tenu de la flambée des prix mondiaux de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine et l'embargo occidental sur le pétrole et le gaz russes qui en a résulté.

« La politique de l'Arabie saoudite consiste à équilibrer les marchés de l'énergie, à vérifier qu’ils sont suffisamment approvisionnés et qu'il n'y a pas de pénuries », a expliqué Al-Joubair.

« Or, quand des perturbations surviennent sur les marchés à cause de facteurs géopolitiques ou à cause de dérèglements liés aux prix d'autres énergies – que ce soit le charbon ou le gaz naturel – et quand ces prix flambent et font monter en flèche le prix du pétrole brut, cela n'a vraiment rien à voir avec une pénurie de pétrole brut.»

« Quant au prix de l'essence aux États-Unis, il est dû au manque de capacité de raffinage. Les États-Unis n'ont pas construit de raffineries depuis plus de 40 ans et cela s'explique par l'environnement réglementaire qui a désormais abouti à l'existence de nombreux mélanges d'essence dans les différentes régions des États-Unis, ce qui complique l'approvisionnement en essence du marché américain », a-t-il ajouté.

Par conséquent, « l'augmentation de l'offre de pétrole brut aux États-Unis ne va pas résoudre le problème. Toutefois, en ce qui concerne la situation mondiale, la politique de l'Arabie saoudite est de travailler au sein de l'Opep et de l'Opep+ pour s'assurer que les marchés sont suffisamment approvisionnés et c'est ce qui a été fait ».

« Je suppose que l'administration Biden est consciente de ce que nous avons fait. Il suffit de passer en revue l'année dernière pour constater que l'Arabie saoudite a pu augmenter sa production de pétrole de manière assez régulière ».

Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 
Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 

Afin de satisfaire les demandes du marché, l'Arabie saoudite « continuera à évaluer les besoins du marché en fonction desquels elle prendra les décisions adéquates ».

Se référant aux liens historiques d'amitié entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, notamment à l'envoi de troupes américaines dans la région en 1990 pour aider à repousser les forces irakiennes de Saddam Hussein du Koweït voisin, Al-Joubair a certifié que les mêmes principes de coopération en matière de sécurité s'appliquaient encore aujourd'hui.

« Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe. Il en est ainsi depuis que le président Franklin D. Roosevelt a rencontré le feu roi Abdelaziz ».

« Chaque président américain l'a clairement énoncé et nous en avons été témoins lors du déploiement de 500 000 soldats américains en 1990 pour protéger l'Arabie saoudite d'une incursion irakienne après l'invasion du Koweït, puis pour expulser Saddam Hussein du Koweït et libérer le pays ».

« (Le déploiement) de 500 000 soldats américains au Royaume et au Golfe (était) une preuve incroyable de l'engagement de l'Amérique à préserver la sécurité du Golfe. Les États-Unis sont le plus grand fournisseur de matériel militaire en Arabie saoudite et dans la plupart des pays du Golfe. Par ailleurs, les États-Unis ont la plus grande présence dans la région ».

« Les pays du CCG et nous avons des exercices conjoints, des transferts de technologie communs et des opérations communes avec les États-Unis. Nous essayons d'élargir, d'approfondir et de développer toutes ces activités afin de renforcer la sécurité de notre région ».

Cependant, Al-Joubair a insisté sur le fait que l'Arabie saoudite était un pays indépendant qui comptait, dans la mesure du possible, sur lui-même pour sa défense et ses capacités de dissuasion.

« L'Arabie saoudite n'a pas hésité à acquérir du matériel de défense de diverses sources, en fonction de ce qui convenait le mieux à ses forces armées ».

« Nous partageons des programmes importants avec les États-Unis. ‘Nous’ désigne le CCG. Ces programmes impliquent le travail sur les systèmes de défense contre les missiles balistiques, sur les opérations de déminage et avec les forces spéciales ».

« Plusieurs programmes ont été établis ou lancés après le sommet de 2015 entre les États-Unis et le CCG à Camp David, à la suite duquel une déclaration conjointe finale énumérant tous les éléments a été publiée. Tous ces programmes sont actuellement en cours de réalisation ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: écoles et administrations fermées à Alep, accrochages intermittents

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
Short Url
  • Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien
  • L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté

DAMAS: Les écoles, les administrations et l'aéroport sont restés fermés mercredi à Alep, la grande ville du nord de la Syrie où des accrochages sporadiques opposent les forces gouvernementales et kurdes, au lendemain de violences qui ont fait neuf morts, selon les médias officiels.

Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien.

"C'était une ville fantôme cette nuit, aucune activité, les magasins fermés, les rues plongées dans le noir en raison des coupures de courant", a raconté à l'AFP Abdel Karim Baqi, un homme de 50 ans qui a fui avec sa femme le quartier kurde d'Achrafieh pour se réfugier chez des proches.

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté.

Le représentant de l'autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, a déclaré à l'AFP que "des efforts sont en cours pour calmer la situation, car l'escalade n'est dans l'intérêt de personne".

Il a ajouté que les deux quartiers kurdes d'Achrafieh et cheikh Maqsoud étaient "encerclés" et démenti tout bombardement depuis ces zones, soulignant qu'elles sont tenues par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) "qui ne disposent que d'armes légères".

Face aux violences, les autorités avaient décidé mardi soir de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de la deuxième ville de Syrie et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements de mardi "nous ont rappelé la guerre. Nous n'avons nulle part où fuir", a déclaré à l'AFP Joud Serjian, une mère de famille de 53 ans habitant le quartier syriaque d'Alep.

Au cours de la guerre civile en Syrie (2011-2024), Alep avait connu des combats entre les rebelles et les forces du président Bachar al-Assad avant qu'il ne reprenne le contrôle de la cité en 2016.

Les affrontements ont éclaté mardi alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre de l'accord signé en mars, qui était censé intégrer avant fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.


Yemen: Turki Al-Malki affirme qu' Aidrous Al-Zubaidi s'est enfuit vers une destination inconnue

La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
Short Url
  • Aidrous Al-Zubaidi ne parvient pas à monter à bord d'un avion à destination de l'Arabie saoudite
  • Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud

RIYAD : Le porte-parole officiel de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidrous Al-Zubaidi, s'était enfui vers une destination inconnue.

Le général de division Al-Malki a annoncé que le 4 janvier 2026, le commandement des forces conjointes de la coalition a informé Al-Zubaidi qu'il devait se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures pour rencontrer le président du Conseil de direction présidentielle (PLC) de la République du Yémen, Rashad Mohammed Al-Alimi, et le commandement des forces de la coalition afin d'aborder les raisons de l'escalade et des attaques menées par les forces affiliées au CST contre les gouvernorats de Hadhramaut et d'Al-Mahra.

Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud, et a affirmé sa participation active pour garantir le succès de la conférence.

En conséquence, Al-Zubaidi a informé le Royaume de son intention d'être présent le 6 janvier, et la délégation s'est rendue à l'aéroport.

Cependant, le départ du vol IYE 532 de Yemenia Airways, prévu à 22 h 10 et transportant la délégation, a été retardé de plus de trois heures. Le gouvernement légitime et la coalition ont reçu des informations indiquant qu'Al-Zubaidi avait déplacé une importante force armée, comprenant des véhicules blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions, des camps de Jabal Hadid et Al-Solban vers Al-Dhale' vers minuit.

Par la suite, le vol susmentionné a été autorisé à décoller, transportant un grand nombre de dirigeants du STC, à l'exception du chef du conseil, Aidrous Al-Zubaidi, qui s'était enfui vers une destination inconnue.

Il a quitté les membres et les dirigeants du STC sans donner aucune information sur l'endroit où il se trouvait. Cela s'est produit après qu'il ait distribué des armes et des munitions à des dizaines d'éléments à Aden, dirigés par Mu'min Al-Saqqaf et Mukhtar Al-Nubi, dans le but de créer des troubles à Aden dans les heures à venir.

Cela a incité les Forces du Bouclier national et la coalition à demander au vice-président du Conseil de direction présidentiel, Abdul Rahman Al-Mahrami (Abu Zara'a), d'imposer la sécurité, d'empêcher tout affrontement à Aden, d'épargner aux habitants toute perturbation, de protéger les vies et les biens, et de coopérer avec les Forces du Bouclier national.

Les forces de la coalition ont surveillé les mouvements des unités militaires susmentionnées lorsqu'elles ont quitté les camps et pris position dans un bâtiment situé près du camp d'Al-Zand, dans le gouvernorat d'Al-Dhale'. À 4 heures du matin, les forces de la coalition, en coordination avec les forces gouvernementales légitimes et les Forces du bouclier national, ont lancé des frappes préventives limitées afin de perturber ces forces et de contrecarrer les tentatives d'Al-Zubaidi d'intensifier le conflit et de l'étendre à Al-Dhale'.

Le commandement des forces conjointes de la coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen affirme qu'il travaille avec le gouvernement yéménite et les autorités locales à Aden pour soutenir et maintenir les efforts de sécurité et faire face à toute force militaire qui prendrait pour cible des villes et des civils. Le commandement exhorte tous les habitants à rester à l'écart des camps d'Aden et d'Al-Dhale', à éviter tout rassemblement de véhicules militaires pour leur propre sécurité et à fournir des informations aux agences de sécurité concernant tout mouvement militaire suspect.


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Short Url
  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.