Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
  • L'ouverture de l'espace aérien saoudien à tous les transporteurs s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030 qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional, a dit Al-Joubair à Arab News
  • Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe, déclare le ministre d'État aux affaires étrangères

DJEDDAH: Quelques heures après que le président américain Joe Biden est arrivé à Djeddah pour s'entretenir avec les dirigeants saoudiens, Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume, a jugé la visite très réussie.

Dans une entrevue approfondie accordée à Arab News vendredi soir, après une journée bien remplie de réunions entre la délégation du président américain et les responsables saoudiens, Al-Joubair a souligné l'importance de la relation historique qui lie les deux pays.

« Toute visite d'un président américain en Arabie saoudite est un succès. Il en est de même pour les visites d'un roi ou d'un prince héritier saoudien aux États-Unis », a indiqué Al-Joubair à Arab News.

« Les deux pays sont des alliés et des partenaires depuis huit décennies. Ils ont des intérêts considérables en jeu et des défis de taille qu'ils œuvrent à relever ensemble. »

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Le roi Salmane a reçu Joe Biden au palais Al-Salam, vendredi. (SPA)

La visite de Biden «symbolise très clairement l'importance de la relation et l'importance que revêt le Royaume d'Arabie saoudite pour les États-Unis, ainsi que pour la paix et la sécurité mondiales», a ajouté Al-Joubair.

Vendredi après-midi, peu après sa rencontre bilatérale avec le roi Salmane, le président américain, accompagné de ses conseillers, s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ainsi que d'autres ministres lors d'un sommet qui a donné le ton des relations futures.

« Les deux pays travaillent en étroite collaboration en termes de sécurité énergétique, de lutte contre le changement climatique et de sécurité alimentaire pour les pays qui souffrent de pénuries. Ils conjuguent leurs efforts pour garantir la logistique des approvisionnements mondiaux », a expliqué Al-Joubair, citant de nombreux exemples de coopération [entre les États-Unis et le Royaume].

Le ministre saoudien a particulièrement tenu à mettre l'accent sur les nouveaux domaines de coopération tels que la technologie, les infrastructures et les services de santé.

« Les deux pays travaillent ensemble pour améliorer et faire progresser la connectivité grâce à la 5G et la 6G, ainsi que l'exploration de l'espace », a affirmé Al-Joubair. « Ils travaillent également ensemble pour faire face aux pandémies. Ils veillent à la mise en place d'un mécanisme qui permettra de gérer plus efficacement les futures pandémies.»

Ce même esprit de coopération s'applique aussi bien sur le plan diplomatique qu'humanitaire.

« Ils agissent ensemble sur le plan politique et militaire pour faire face à l'Iran, soutenir l'Irak et gérer les crises en Syrie, au Liban, en Israël, en Palestine, au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, en Libye et dans les pays du G5 Sahel », a poursuivi Al-Joubair.

« Ils collaborent également avec l'Afghanistan pour faire en sorte que le pays ne se transforme pas en un refuge pour les terroristes mais qu'il aille plutôt de l'avant et qu'il devienne un pays ordinaire où l'on peut mener une vie normale ».

Toutefois, la force de la relation américano-saoudienne, établie il y a huit décennies, va au-delà des intérêts et des défis communs. Elle repose en effet sur les principes partagés par les deux nations, a précisé le ministre.

« Nous voulons avoir la certitude que notre relation sera solidement ancrée dans notre volonté d'aller de l'avant au cours des 80 prochaines années ».

Quand il a été interrogé sur les raisons du scepticisme qui a précédé la visite de Biden en Arabie saoudite, Al-Joubair a répondu : «Les personnes sceptiques recherchent peut-être le théâtre ou la dramatisation. La réalité, cependant, est que cette relation est très solide. Elle est extrêmement importante et ne cesse de se développer ».

Effectivement, les visites réciproques des dirigeants américains et saoudiens sont une vieille tradition.

« Il y a eu des sommets entre les présidents américains et les rois saoudiens depuis l'époque du roi Abdelaziz et entre les présidents américains et les pays du CCG depuis 2015. Le premier sommet a eu lieu à Camp David avec le président Barack Obama ».

Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 
Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 

« Il y en a eu en 2017 avec le président Trump et il y en aura demain (samedi) avec le président Biden. Je ne peux donc pas expliquer le scepticisme, mais je peux vous garantir que tous les défis et tous les domaines que j’ai déjà mentionnés et dans lesquels nous travaillons ensemble se poursuivent sans interruption ».

La décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir pour la première fois son espace aérien aux vols commerciaux à destination et en provenance d'Israël a marqué un tournant vendredi. Biden a été le premier président américain à se rendre de l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, à l'aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah.

Pour commenter cette ouverture que Biden a qualifiée de « décision historique » vendredi, Al-Joubair a souligné que cette initiative s'inscrivait dans le cadre du programme de réformes sociales et économiques Vision 2030 du Royaume, qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional. 

« L'Arabie saoudite cherche à diversifier son économie. Cela fait partie de la Vision 2030 », a annoncé Al-Joubair. « Parmi les domaines de diversification figurent les loisirs, le divertissement et les transports ». 

« L'Arabie saoudite peut devenir un hub naturel grâce à son emplacement entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe. 14% du trafic maritime mondial passe par la mer Rouge, et l'Arabie saoudite peut constituer une plaque tournante pour le transport aérien reliant ces trois continents ».

« Il est impossible pour un pays de devenir un hub à moins que les pays tiers n'aient le droit de survoler son territoire, conformément à la convention de Chicago de 1944. L'Arabie saoudite deviendra donc un hub aérien par défaut grâce à son emplacement géographique, tout comme elle peut devenir un hub pour le transport maritime ».

En effet, si l'Arabie saoudite désire devenir une destination mondiale pour les événements sportifs internationaux, « elle doit s'ouvrir au monde entier et ne peut exclure des pays de la participation à ces événements », a relevé Al-Joubair.

« Tout cela fait partie de la volonté du pays de devenir une destination pour les événements sportifs et récréatifs, ainsi qu'un centre de transport et de logistique reliant trois continents ».

Avant l'arrivée de Biden en Arabie saoudite, les observateurs s'attendaient à ce que la question de la production pétrolière occupe une place importante à l'ordre du jour du sommet, compte tenu de la flambée des prix mondiaux de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine et l'embargo occidental sur le pétrole et le gaz russes qui en a résulté.

« La politique de l'Arabie saoudite consiste à équilibrer les marchés de l'énergie, à vérifier qu’ils sont suffisamment approvisionnés et qu'il n'y a pas de pénuries », a expliqué Al-Joubair.

« Or, quand des perturbations surviennent sur les marchés à cause de facteurs géopolitiques ou à cause de dérèglements liés aux prix d'autres énergies – que ce soit le charbon ou le gaz naturel – et quand ces prix flambent et font monter en flèche le prix du pétrole brut, cela n'a vraiment rien à voir avec une pénurie de pétrole brut.»

« Quant au prix de l'essence aux États-Unis, il est dû au manque de capacité de raffinage. Les États-Unis n'ont pas construit de raffineries depuis plus de 40 ans et cela s'explique par l'environnement réglementaire qui a désormais abouti à l'existence de nombreux mélanges d'essence dans les différentes régions des États-Unis, ce qui complique l'approvisionnement en essence du marché américain », a-t-il ajouté.

Par conséquent, « l'augmentation de l'offre de pétrole brut aux États-Unis ne va pas résoudre le problème. Toutefois, en ce qui concerne la situation mondiale, la politique de l'Arabie saoudite est de travailler au sein de l'Opep et de l'Opep+ pour s'assurer que les marchés sont suffisamment approvisionnés et c'est ce qui a été fait ».

« Je suppose que l'administration Biden est consciente de ce que nous avons fait. Il suffit de passer en revue l'année dernière pour constater que l'Arabie saoudite a pu augmenter sa production de pétrole de manière assez régulière ».

Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 
Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 

Afin de satisfaire les demandes du marché, l'Arabie saoudite « continuera à évaluer les besoins du marché en fonction desquels elle prendra les décisions adéquates ».

Se référant aux liens historiques d'amitié entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, notamment à l'envoi de troupes américaines dans la région en 1990 pour aider à repousser les forces irakiennes de Saddam Hussein du Koweït voisin, Al-Joubair a certifié que les mêmes principes de coopération en matière de sécurité s'appliquaient encore aujourd'hui.

« Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe. Il en est ainsi depuis que le président Franklin D. Roosevelt a rencontré le feu roi Abdelaziz ».

« Chaque président américain l'a clairement énoncé et nous en avons été témoins lors du déploiement de 500 000 soldats américains en 1990 pour protéger l'Arabie saoudite d'une incursion irakienne après l'invasion du Koweït, puis pour expulser Saddam Hussein du Koweït et libérer le pays ».

« (Le déploiement) de 500 000 soldats américains au Royaume et au Golfe (était) une preuve incroyable de l'engagement de l'Amérique à préserver la sécurité du Golfe. Les États-Unis sont le plus grand fournisseur de matériel militaire en Arabie saoudite et dans la plupart des pays du Golfe. Par ailleurs, les États-Unis ont la plus grande présence dans la région ».

« Les pays du CCG et nous avons des exercices conjoints, des transferts de technologie communs et des opérations communes avec les États-Unis. Nous essayons d'élargir, d'approfondir et de développer toutes ces activités afin de renforcer la sécurité de notre région ».

Cependant, Al-Joubair a insisté sur le fait que l'Arabie saoudite était un pays indépendant qui comptait, dans la mesure du possible, sur lui-même pour sa défense et ses capacités de dissuasion.

« L'Arabie saoudite n'a pas hésité à acquérir du matériel de défense de diverses sources, en fonction de ce qui convenait le mieux à ses forces armées ».

« Nous partageons des programmes importants avec les États-Unis. ‘Nous’ désigne le CCG. Ces programmes impliquent le travail sur les systèmes de défense contre les missiles balistiques, sur les opérations de déminage et avec les forces spéciales ».

« Plusieurs programmes ont été établis ou lancés après le sommet de 2015 entre les États-Unis et le CCG à Camp David, à la suite duquel une déclaration conjointe finale énumérant tous les éléments a été publiée. Tous ces programmes sont actuellement en cours de réalisation ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


En Egypte, «la fille du bus» qui a filmé son harceleur insultée et menacée en ligne

Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective. (AFP)
Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective. (AFP)
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  • Mariam Shawky crie, mais personne n'intervient. Un passager, chapelet à la main, lui ordonne même de s'asseoir et de se taire. Un autre finit par enlacer l'homme pour le faire asseoir
  • Les images devenues virales ont, au delà de quelques mots de soutien, surtout engendré une avalanche de commentaires vindicatifs encouragés par certaines personnalités publiques

LE CAIRE: Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective.

Lundi, la comédienne âgée d'une vingtaine d'années diffuse une vidéo tournée dans un bus bondé du Caire, pour dénoncer un homme qu'elle accuse de l'avoir traquée et harcelée plusieurs fois près de son lieu de travail.

"Cette fois, il est monté derrière moi dans le bus (...) et s'est permis des propos déplacés", dit sur son compte Tiktok celle que les médias ont surnommée "la fille du bus" - et qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Elle espère un instant être soutenue par les passagers... "mais les gens se sont rangés de son côté".

Ses images montrent des hommes au fond du bus la toiser tandis qu'elle interpelle son harceleur. Lui, sourire en coin, la traite de "poubelle" et raille sa tenue : "c'est quoi ces vêtements que tu portes?", avant de s'approcher et d'esquisser un geste violent.

Mariam Shawky crie, mais personne n'intervient. Un passager, chapelet à la main, lui ordonne même de s'asseoir et de se taire. Un autre finit par enlacer l'homme pour le faire asseoir.

"Le premier à te tuer" 

Les images devenues virales ont, au delà de quelques mots de soutien, surtout engendré une avalanche de commentaires vindicatifs encouragés par certaines personnalités publiques.

"Elle porte un piercing (...) c'est évident ce qu'elle cherche", lance le chanteur Hassan Shakosh.

"Je serai le premier à te tuer", promet un internaute. "Si on t'éliminait, personne ne te pleurerait", assène un autre.

La séquence ravive une question qui tourmente la société égyptienne depuis des années.

En 2010, le film de Mohamed Diab "Les femmes du bus 678", consacré au harcèlement en Egypte, avait fait le tour du monde. Dans une étude de l'ONU en 2013, 99,3 % des Egyptiennes disaient avoir enduré au moins une forme de harcèlement, plus de 80 % être régulièrement importunées dans les transports.

La même année, de vastes manifestations contre les violences sexuelles avaient secoué la capitale égyptienne. En 2014, une loi punissant le harcèlement de rue a été adoptée.

Mais depuis, les changements sont peu visibles. L'application de la loi de 2014 reste opaque - les autorités n'ont jamais donné de chiffres de condamnations.

En 2022, l'affaire de l'assassinat filmé de Nayera Achraf, une étudiante tuée par un homme dont elle avait repoussé les avances, avait révolté, et là aussi saturé les réseaux sociaux. Le coupable avait été condamné à mort et exécuté.

A l'époque, "certains exigeaient sa libération", rappelle Nadeen Ashraf, activiste égyptienne pour les droits des femmes.

"Réputation de l'Egypte" 

Dans le cas de "la fille du bus", les autorités ont réagi - même si la société d'autobus a nié tout incident dans un communiqué rediffusé par le ministère des Transports.

Au lendemain de la publication de Mariam Shawky, "l'individu apparaissant dans les vidéos a pu être identifié et interpellé", a annoncé le ministère de l'Intérieur.

"Confronté aux faits", il "a nié avoir commis l'infraction ou avoir rencontré auparavant la victime".

Selon la presse locale, il a été relâché sous caution de 1.000 livres égyptiennes (environ 17 euros), avant d'être détenu à nouveau pour une affaire antérieure de détournement de fonds.

Son avocat a demandé une expertise psychiatrique de la jeune femme. "La réputation de l'Egypte a été salie", a accusé Me Ali Fayez sur Facebook. Ces images disent "au monde entier qu'il y a des harceleurs en Égypte, et que les hommes égyptiens encouragent le harcèlement, le défendent et se taisent".

L'affaire révèle surtout "un problème systémique et structurel" ; un délit "comme celui-ci n'est jamais pris au sérieux", note Nadeen Ashraf pour l'AFP.

Et sa "première justification est toujours liée à l'apparence des femmes".

Elle porte le voile ? "On dira que ses vêtements sont trop serrés". Elle n'en porte pas ? "On parlera de ses cheveux". Et "même si elle est en niqab", on critiquera "son maquillage" aux yeux, énumère-t-elle. "Il y aura toujours quelque chose".


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.