Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

Al-Joubair: La visite de Biden est un succès et Washington s’engage à assurer la sécurité du Royaume

Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume. (Photo, Arab News)
  • L'ouverture de l'espace aérien saoudien à tous les transporteurs s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030 qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional, a dit Al-Joubair à Arab News
  • Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe, déclare le ministre d'État aux affaires étrangères

DJEDDAH: Quelques heures après que le président américain Joe Biden est arrivé à Djeddah pour s'entretenir avec les dirigeants saoudiens, Adel al-Joubair, ministre d'État aux Affaires étrangères du Royaume, a jugé la visite très réussie.

Dans une entrevue approfondie accordée à Arab News vendredi soir, après une journée bien remplie de réunions entre la délégation du président américain et les responsables saoudiens, Al-Joubair a souligné l'importance de la relation historique qui lie les deux pays.

« Toute visite d'un président américain en Arabie saoudite est un succès. Il en est de même pour les visites d'un roi ou d'un prince héritier saoudien aux États-Unis », a indiqué Al-Joubair à Arab News.

« Les deux pays sont des alliés et des partenaires depuis huit décennies. Ils ont des intérêts considérables en jeu et des défis de taille qu'ils œuvrent à relever ensemble. »

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Le roi Salmane a reçu Joe Biden au palais Al-Salam, vendredi. (SPA)

La visite de Biden «symbolise très clairement l'importance de la relation et l'importance que revêt le Royaume d'Arabie saoudite pour les États-Unis, ainsi que pour la paix et la sécurité mondiales», a ajouté Al-Joubair.

Vendredi après-midi, peu après sa rencontre bilatérale avec le roi Salmane, le président américain, accompagné de ses conseillers, s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ainsi que d'autres ministres lors d'un sommet qui a donné le ton des relations futures.

« Les deux pays travaillent en étroite collaboration en termes de sécurité énergétique, de lutte contre le changement climatique et de sécurité alimentaire pour les pays qui souffrent de pénuries. Ils conjuguent leurs efforts pour garantir la logistique des approvisionnements mondiaux », a expliqué Al-Joubair, citant de nombreux exemples de coopération [entre les États-Unis et le Royaume].

Le ministre saoudien a particulièrement tenu à mettre l'accent sur les nouveaux domaines de coopération tels que la technologie, les infrastructures et les services de santé.

« Les deux pays travaillent ensemble pour améliorer et faire progresser la connectivité grâce à la 5G et la 6G, ainsi que l'exploration de l'espace », a affirmé Al-Joubair. « Ils travaillent également ensemble pour faire face aux pandémies. Ils veillent à la mise en place d'un mécanisme qui permettra de gérer plus efficacement les futures pandémies.»

Ce même esprit de coopération s'applique aussi bien sur le plan diplomatique qu'humanitaire.

« Ils agissent ensemble sur le plan politique et militaire pour faire face à l'Iran, soutenir l'Irak et gérer les crises en Syrie, au Liban, en Israël, en Palestine, au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, en Libye et dans les pays du G5 Sahel », a poursuivi Al-Joubair.

« Ils collaborent également avec l'Afghanistan pour faire en sorte que le pays ne se transforme pas en un refuge pour les terroristes mais qu'il aille plutôt de l'avant et qu'il devienne un pays ordinaire où l'on peut mener une vie normale ».

Toutefois, la force de la relation américano-saoudienne, établie il y a huit décennies, va au-delà des intérêts et des défis communs. Elle repose en effet sur les principes partagés par les deux nations, a précisé le ministre.

« Nous voulons avoir la certitude que notre relation sera solidement ancrée dans notre volonté d'aller de l'avant au cours des 80 prochaines années ».

Quand il a été interrogé sur les raisons du scepticisme qui a précédé la visite de Biden en Arabie saoudite, Al-Joubair a répondu : «Les personnes sceptiques recherchent peut-être le théâtre ou la dramatisation. La réalité, cependant, est que cette relation est très solide. Elle est extrêmement importante et ne cesse de se développer ».

Effectivement, les visites réciproques des dirigeants américains et saoudiens sont une vieille tradition.

« Il y a eu des sommets entre les présidents américains et les rois saoudiens depuis l'époque du roi Abdelaziz et entre les présidents américains et les pays du CCG depuis 2015. Le premier sommet a eu lieu à Camp David avec le président Barack Obama ».

Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 
Joe Biden a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA) 

« Il y en a eu en 2017 avec le président Trump et il y en aura demain (samedi) avec le président Biden. Je ne peux donc pas expliquer le scepticisme, mais je peux vous garantir que tous les défis et tous les domaines que j’ai déjà mentionnés et dans lesquels nous travaillons ensemble se poursuivent sans interruption ».

La décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir pour la première fois son espace aérien aux vols commerciaux à destination et en provenance d'Israël a marqué un tournant vendredi. Biden a été le premier président américain à se rendre de l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, à l'aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah.

Pour commenter cette ouverture que Biden a qualifiée de « décision historique » vendredi, Al-Joubair a souligné que cette initiative s'inscrivait dans le cadre du programme de réformes sociales et économiques Vision 2030 du Royaume, qui vise à faire de l'Arabie saoudite un hub touristique régional. 

« L'Arabie saoudite cherche à diversifier son économie. Cela fait partie de la Vision 2030 », a annoncé Al-Joubair. « Parmi les domaines de diversification figurent les loisirs, le divertissement et les transports ». 

« L'Arabie saoudite peut devenir un hub naturel grâce à son emplacement entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe. 14% du trafic maritime mondial passe par la mer Rouge, et l'Arabie saoudite peut constituer une plaque tournante pour le transport aérien reliant ces trois continents ».

« Il est impossible pour un pays de devenir un hub à moins que les pays tiers n'aient le droit de survoler son territoire, conformément à la convention de Chicago de 1944. L'Arabie saoudite deviendra donc un hub aérien par défaut grâce à son emplacement géographique, tout comme elle peut devenir un hub pour le transport maritime ».

En effet, si l'Arabie saoudite désire devenir une destination mondiale pour les événements sportifs internationaux, « elle doit s'ouvrir au monde entier et ne peut exclure des pays de la participation à ces événements », a relevé Al-Joubair.

« Tout cela fait partie de la volonté du pays de devenir une destination pour les événements sportifs et récréatifs, ainsi qu'un centre de transport et de logistique reliant trois continents ».

Avant l'arrivée de Biden en Arabie saoudite, les observateurs s'attendaient à ce que la question de la production pétrolière occupe une place importante à l'ordre du jour du sommet, compte tenu de la flambée des prix mondiaux de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine et l'embargo occidental sur le pétrole et le gaz russes qui en a résulté.

« La politique de l'Arabie saoudite consiste à équilibrer les marchés de l'énergie, à vérifier qu’ils sont suffisamment approvisionnés et qu'il n'y a pas de pénuries », a expliqué Al-Joubair.

« Or, quand des perturbations surviennent sur les marchés à cause de facteurs géopolitiques ou à cause de dérèglements liés aux prix d'autres énergies – que ce soit le charbon ou le gaz naturel – et quand ces prix flambent et font monter en flèche le prix du pétrole brut, cela n'a vraiment rien à voir avec une pénurie de pétrole brut.»

« Quant au prix de l'essence aux États-Unis, il est dû au manque de capacité de raffinage. Les États-Unis n'ont pas construit de raffineries depuis plus de 40 ans et cela s'explique par l'environnement réglementaire qui a désormais abouti à l'existence de nombreux mélanges d'essence dans les différentes régions des États-Unis, ce qui complique l'approvisionnement en essence du marché américain », a-t-il ajouté.

Par conséquent, « l'augmentation de l'offre de pétrole brut aux États-Unis ne va pas résoudre le problème. Toutefois, en ce qui concerne la situation mondiale, la politique de l'Arabie saoudite est de travailler au sein de l'Opep et de l'Opep+ pour s'assurer que les marchés sont suffisamment approvisionnés et c'est ce qui a été fait ».

« Je suppose que l'administration Biden est consciente de ce que nous avons fait. Il suffit de passer en revue l'année dernière pour constater que l'Arabie saoudite a pu augmenter sa production de pétrole de manière assez régulière ».

Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 
Plusieurs mémorandums d'accord ont été conclus vendredi, à l'issue d'une réunion de travail entre la délégation du président Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane et des responsables saoudiens. (Reuters) 

Afin de satisfaire les demandes du marché, l'Arabie saoudite « continuera à évaluer les besoins du marché en fonction desquels elle prendra les décisions adéquates ».

Se référant aux liens historiques d'amitié entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, notamment à l'envoi de troupes américaines dans la région en 1990 pour aider à repousser les forces irakiennes de Saddam Hussein du Koweït voisin, Al-Joubair a certifié que les mêmes principes de coopération en matière de sécurité s'appliquaient encore aujourd'hui.

« Les États-Unis sont toujours engagés à préserver la sécurité de l'Arabie saoudite et du Golfe. Il en est ainsi depuis que le président Franklin D. Roosevelt a rencontré le feu roi Abdelaziz ».

« Chaque président américain l'a clairement énoncé et nous en avons été témoins lors du déploiement de 500 000 soldats américains en 1990 pour protéger l'Arabie saoudite d'une incursion irakienne après l'invasion du Koweït, puis pour expulser Saddam Hussein du Koweït et libérer le pays ».

« (Le déploiement) de 500 000 soldats américains au Royaume et au Golfe (était) une preuve incroyable de l'engagement de l'Amérique à préserver la sécurité du Golfe. Les États-Unis sont le plus grand fournisseur de matériel militaire en Arabie saoudite et dans la plupart des pays du Golfe. Par ailleurs, les États-Unis ont la plus grande présence dans la région ».

« Les pays du CCG et nous avons des exercices conjoints, des transferts de technologie communs et des opérations communes avec les États-Unis. Nous essayons d'élargir, d'approfondir et de développer toutes ces activités afin de renforcer la sécurité de notre région ».

Cependant, Al-Joubair a insisté sur le fait que l'Arabie saoudite était un pays indépendant qui comptait, dans la mesure du possible, sur lui-même pour sa défense et ses capacités de dissuasion.

« L'Arabie saoudite n'a pas hésité à acquérir du matériel de défense de diverses sources, en fonction de ce qui convenait le mieux à ses forces armées ».

« Nous partageons des programmes importants avec les États-Unis. ‘Nous’ désigne le CCG. Ces programmes impliquent le travail sur les systèmes de défense contre les missiles balistiques, sur les opérations de déminage et avec les forces spéciales ».

« Plusieurs programmes ont été établis ou lancés après le sommet de 2015 entre les États-Unis et le CCG à Camp David, à la suite duquel une déclaration conjointe finale énumérant tous les éléments a été publiée. Tous ces programmes sont actuellement en cours de réalisation ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.