Mohammed ben Zayed en France: «Un geste fort et symbolique» selon l’Élysée

Emmanuel Macron rencontre le cheikh Mohammed ben Zayed au palais Al Mushrif à Abu Dhabi (Photo, AFP).
Emmanuel Macron rencontre le cheikh Mohammed ben Zayed au palais Al Mushrif à Abu Dhabi (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Mohammed ben Zayed en France: «Un geste fort et symbolique» selon l’Élysée

  • Il s’agit de la première visite d’État de Ben Zayed depuis son élection à la présidence de son pays, le 14 mai dernier, et de la première visite d’État depuis 1991
  • Au-delà de la symbolique, cette visite intervient dans un contexte international et régional chargé, marqué par l’agression russe contre l’Ukraine et ses conséquences, ainsi que les négociations qui patinent sur le dossier iranien

PARIS : À plus d’un titre la visite d’État qu’effectuera le président des Émirats Arabes Unis, le cheikh Mohammed Ben Zayed Al Nahyan, en France le lundi (18 Juillet) revêt une importance particulière.

Il s’agit de la première visite d’État de Ben Zayed depuis son élection à la présidence de son pays, le 14 mai dernier, et de la première visite d’État depuis 1991, année où les présidents François Mitterrand et le cheikh Zayed étaient à la tête de leur pays respectifs.

C’est donc « un geste fort et symbolique » qui « témoigne à la fois de la force de notre partenariat et de la proximité de nos deux pays » affirme le palais de l’Élysée.

La réaffirmation de ce partenariat sera illustrée notamment par l’annonce lundi de la création du Conseil d’affaires franco-émirien qui sera présidé pour la partie française par Patrick Pouyanné, PDG du groupe TotalEnergies et par le ministre de l’industrie Sultan Al- Jaber pour la partie émirienne.

Au-delà de la symbolique, cette visite intervient dans un contexte international et régional chargé, marqué par l’agression russe contre l’Ukraine et ses conséquences, ainsi que les négociations qui patinent sur le dossier iranien.

Axes prioritaires

Ce contexte dicte à la visite ses axes prioritaires, même si l’Élysée soutient qu’il s’agit « en premier chef de réaffirmer le partenariat entre nos deux pays », qui a été illustré par la visite du président Emmanuel Macron début décembre dernier, dans le cadre de sa tournée dans le Golfe.

Au menu des pourparlers présidentiels qui se dérouleront au cours d’un déjeuner en tête à tête au Palais de l’Élysée figurent des questions de sécurité, avec la poursuite de la lutte contre le terrorisme, ainsi que des dossiers régionaux dans le prolongement de ce que l’Élysée qualifie de « dialogue régulier et approfondi » entretenu par les deux présidents.

Les discussions porteront également sur le dossier nucléaire iranien, et selon l’Élysée, même si les choses n’avancent pas, la position de la France reste inchangée, et « il faut absolument que les négociations aboutissent et qu’on revienne au JCPoA ».

Parallèlement indique-t-on de même source, les deux pays sont soucieux de travailler à la baisse de la tension régionale et « se retrouvent sur la nécessité d’avoir des instances de dialogue et de coopération régionale, pour faire baisser la tension ».

Processus de paix

Il sera également question du processus de paix au Moyen-Orient. À cet égard, la position de la France est claire et connue, selon l’Élysée : tout en soulignant l’importante dynamique des accords d’Abraham, la France ne s’inscrit pas dans l’approche d’une résolution du conflit israélo-palestinien  par l’exclusivement économique.

Pour ce qui est de la Syrie, et en référence à la visite récente aux EAU du président syrien Bachar El-Assad, mis au ban par la France, l’Élysée estime qu’il existe une différence d’appréciation désormais « de notoriété publique, mais qui n’empêche pas qu’on travaille ensemble ».

Le Liban quant à lui sera présent sur la table des discussions surtout que le président français « parle avec des dirigeants qui peuvent contribuer avec nous à faire avancer les choses » dans ce pays.

Partenariat énergétique et stratégique

La visite verra également la signature d’un partenariat énergétique stratégique global qui portera sur l’ensemble des aspects énergétiques, dont les énergies renouvelables et aussi des annonces sur la garantie de fourniture en hydrocarbures à la France.

Selon l’Élysée la signature de cet accord aura lieu en présence des deux présidents, et portera la double signature du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et de la ministre de la Transition Énergétique Agnès Pannier-Runacher. Du côté émirien le signataire sera le ministre de l’Industrie Sultan Al-Jaber, également Envoyé pour le climat.

L’objectif de ce partenariat est d’identifier des projets d’investissements communs dans les domaines énergétiques en tous genres.

Parallèlement, l’Élysée affirme qu’un accord bilatéral sera finalisé sur des garanties de fournitures en quantité d’hydrocarbures, précisément le diesel « pour répondre aux besoins de la France et aux attentes des Français en termes de sécurité énergétique » dans le contexte de l’agression en Ukraine, qui à son tour fera l’objet de discussions entre les deux dirigeants.

Culture et espace

La coopération culturelle illustrée par le Louvre Abou Dhabi et la Sorbonne n’est pas en reste et sera étendue à de nouveau domaines comme la musique, de même que la coopération spatiale où les Émirats ont des ambitions tout comme la France. 

Ben Zayed arrive à Paris dimanche en fin d’après-midi et sera accueilli par Bruno Le Maire. La visite d’État débutera le lendemain avec l’arrivée du président émirien à l’Hôtel National des Invalides où il sera reçu par le ministre des Armées Sébastien Lecornu.

Selon le cérémonial habituel d’une visite d’État, Ben Zayed se rendra en cortège au Palais de l’Élysée où aura lieu le déjeuner en tête à tête avec Macron.

Dans l’après-midi il s’entretiendra avec le président du Sénat Gérard Larchet, avant d’être reçu le soir par le président français au Grand Trianon à Versailles pour un dîner d’État.

Le lendemain Ben Zayed s’entretiendra avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet puis il rencontrera la Première ministre Élisabeth Borne à l’hôtel Matignon avant d’être accompagné, pour son départ de Paris, par la ministre de l’Europe et des affaires étrangères Catherine Colonna.

 


Trump offre sa médiation à propos du mégabarrage sur le Nil

Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
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  • Donald Trump propose de relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre durablement le différend sur le partage des eaux du Nil lié au Grand barrage de la Renaissance
  • Le président américain met en garde contre tout contrôle unilatéral du Nil et appelle à une solution évitant un conflit armé

WASHINGTON: Donald Trump a offert sa médiation à l'Egypte et l'Ethiopie à propos du mégabarrage sur le Nil, le plus grand d'Afrique, dans une lettre adressée au dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi et rendue publique vendredi par la Maison Blanche.

"Je suis prêt à relancer la médiation américaine entre l'Egypte et l'Ethiopie afin de résoudre de manière responsable et définitive la question du partage des eaux du Nil", écrit le président américain dans ce courrier.

Il a ajouté qu'"aucun Etat dans la région ne devrait contrôler de manière unilatérale les ressources précieuses du Nil et, ce faisant, désavantager ses voisins".

Le dirigeant républicain a souligné qu'il espérait trouver une formule garantissant un approvisionnement en eau prévisible pour l'Egypte et le Soudan, et permettant à l'Ethiopie de vendre ou de fournir de l'électricité aux deux pays en aval.

Dans ce courrier, avec copie aux dirigeants saoudien, émirati, éthiopien et soudanais, M. Trump salue le rôle joué par l'Egypte dans le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

Et il dit "sincèrement espérer que cette dispute légitime à propos du GERD ne mènera pas à un conflit armé majeur entre l'Egypte et l'Ethiopie".

L'Ethiopie, après 14 ans de travaux, a officiellement inauguré en septembre son Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, plus grand ouvrage hydroélectrique d'Afrique, malgré les tensions générées avec l'Egypte en particulier, qui le qualifie de "menace existentielle", craignant un tarissement de sa principale source d'approvisionnement en eau.

Le GERD se trouve sur le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie et s'écoule jusqu'au Soudan, où il rencontre le Nil Blanc pour former le Nil. Le Nil Bleu fournit jusqu'à 85% des eaux du Nil.

Or l'Egypte et ses environ 110 millions d'habitants dépendent à 97% du Nil pour leurs besoins hydriques, notamment pour l'agriculture.

Le Soudan a également fait part de son inquiétude.

Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays - sous l'égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l'Union africaine - ont toutes échoué.


Les dernières sanctions américaines ciblent les réseaux de financement des Houthis, selon le Trésor

Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
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  • Depuis 2023, les Houthis ont lancé de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël

WASHINGTON : L’administration Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant les Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, ainsi que le transfert de produits pétroliers, d’armes et d’autres équipements dits à double usage, qui auraient financé le groupe.

Cette action cible 21 personnes et entités ainsi qu’un navire, incluant certaines sociétés-écrans présumées au Yémen, à Oman et aux Émirats arabes unis, a indiqué l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor dans un communiqué.

« Les Houthis menacent les États-Unis en commettant des actes de terrorisme et en attaquant des navires commerciaux transitant par la mer Rouge », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des actions précédentes du Trésor pour faire pression sur les « vastes réseaux de génération de revenus et de contrebande des Houthis, qui permettent au groupe de maintenir sa capacité à mener des activités régionales déstabilisatrices », y compris les attaques en mer Rouge.

Le point central du nouveau paquet de sanctions est Janat Al Anhar General Trading LLC, l’un des nœuds financiers les plus sensibles du réseau extérieur des Houthis.

Bien que la société soit enregistrée aux Émirats, selon des sources consultées par Al-Masdar Online, elle fonctionne pratiquement comme une chambre de compensation pour les transferts d’argent du marché noir liés aux Houthis. Elle traite des fonds utilisés par des commerçants affiliés au groupe pour acheter des marchandises de contrebande, des pièces détachées, du matériel et même des cargaisons liées à l’armement en provenance de Chine et d’autres pays.

Janat Al Anhar relie un réseau de commerçants à Sanaa à des circuits financiers externes aux Émirats et au-delà, permettant aux Houthis de gérer des flux financiers parallèles hors du système bancaire officiel et à l’abri de la surveillance.

Janat Al Anhar est le nouveau nom commercial d’Abu Sumbol General Trading LLC après sa désignation en 2024 pour soutien à Sa’id Al-Jamal, facilitateur financier des Houthis basé en Iran.

Les sociétés émiraties Al Sharafi Oil Companies Services et Adeema Oil FZC, détenues par Waleed Fathi Salam Baidhani, ainsi qu’Arkan Mars Petroleum DMCC, ont également été désignées comme facilitatrices majeures pour le pétrole et le gaz au profit des Houthis.

« Ces sociétés reçoivent un soutien financier du gouvernement iranien et maintiennent des liens avec des ressortissants iraniens », note le Trésor.

Également sanctionnée, Alsaa Petroleum and Shipping FZC (Alsaa), détenue par le ressortissant iranien Imran Asghar, facilite les transactions financières entre le gouvernement iranien et les sociétés pétrolières affiliées aux Houthis. Alsaa a également agi comme société-écran pour effectuer des paiements et examiner des transactions pour Arkan Mars Petroleum DMCC.

Le Trésor américain a aussi désigné New Ocean Trading FZE (New Ocean) comme agent d’une société yéménite qui se procurait du matériel militaire pour les Houthis.

« New Ocean a importé des dispositifs de communication, des systèmes techniques et de contrôle, des ordinateurs, de l’électronique, du matériel de forage, des matériaux industriels et électriques et des systèmes énergétiques vers les zones contrôlées par les Houthis au Yémen », précise l’agence américaine.

« New Ocean a fourni des services logistiques et financiers à l’importateur de pétrole Houthi Arkan Mars Petroleum Company en tant qu’expéditeur d’une cargaison de carburant entre Sharjah (Émirats) et Ras Isa (Yémen).

« Suite à cette action, tous les biens et intérêts dans les biens des personnes désignées ou bloquées, situés aux États-Unis ou en possession ou sous contrôle de ressortissants américains, sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC. »

« De plus, toute entité possédée, directement ou indirectement, à hauteur de 50 % ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est également bloquée. Sauf autorisation par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou exemption, la réglementation de l’OFAC interdit généralement toutes les transactions par des ressortissants américains ou aux États-Unis impliquant des biens ou intérêts de personnes bloquées. »

Depuis 2023, les Houthis ont mené de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens face à la guerre israélienne à Gaza.

L’influence régionale de Téhéran a été affaiblie par les attaques israéliennes contre ses proxies, y compris les Houthis au Yémen.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le roi Salmane d’Arabie saoudite quitte l’hôpital après des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite a quitté vendredi soir l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le souverain y avait effectué des examens médicaux, avait indiqué plus tôt l’Agence.

Selon le communiqué, les résultats des examens se sont révélés « rassurants ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com