Des stéréotypes éculés et dangereux déforment la perception occidentale du monde arabe

Une nouvelle enquête met en évidence le fossé entre les perceptions occidentales du monde arabe et la réalité de la région (Photo, AFP).
Une nouvelle enquête met en évidence le fossé entre les perceptions occidentales du monde arabe et la réalité de la région (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Des stéréotypes éculés et dangereux déforment la perception occidentale du monde arabe

  • L’étude du Tony Blair Institute for Global Change a été publiéé à la veille du voyage du président Biden au Moyen-Orient
  • Deux enquêtes ont révélé un large fossé entre les perceptions occidentales et la réalité de la situation dans la région

LONDRES : Les pays du Moyen-Orient sont « rétrogrades », inamicaux, voire hostiles aux nations occidentales, et ne partagent pas leurs valeurs ou leurs aspirations.

Telles sont les opinions inquiétantes et dépassées des habitants de quatre pays occidentaux – le Royaume-Uni, les États-Unis, la France et l'Allemagne – interrogés dans un nouveau sondage réalisé pour le Tony Blair Institute for Global Change.

Le même sondage, cependant, révèle qu'en fait, les Arabes d'Arabie saoudite, d'Égypte, d'Irak, du Liban et de Tunisie «respectent profondément les États-Unis et leurs valeurs de liberté, d'innovation et d'opportunité ».

YouGov a mené des entretiens en ligne entre le 20 et le 28 mars auprès de 6 268 adultes dans quatre pays occidentaux ; aux États-Unis (1 418), au Royaume-Uni (1 780), en France (1 065) et en Allemagne (2 005).

Zogby Research Services, quant à lui, a mené des entretiens en face à face entre le 17 mars et le 7 avril auprès de 4 856 adultes dans cinq pays arabes : Égypte (1 043), Irak (1 044), Liban (857), Arabie saoudite (1 043) et Tunisie ( 869).

Publié à la veille de la visite du président américain Joe Biden en Arabie saoudite, l'enquête est opportune ainsi que le rapport qui l'accompagne « Think Again : Inside the Modernization of the New Middle East ». Tous deux soulignent le fossé entre les perceptions occidentales de la région et la réalité.

Tony Blair, ancien Premier ministre britannique et fondateur et président exécutif de l'Institut Blair, a déclaré que les résultats du sondage montrent que « les gens à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, en particulier les jeunes, veulent des sociétés qui soient religieusement tolérantes, économiquement entreprenantes et en paix avec leurs voisins. »

« Les dirigeants engagés dans ces réformes sont soutenus ; ceux qui veulent exploiter les différences religieuses ou tribales ne le sont pas. Et pratiquement dans tous les pays étudiés, les opinions de l'Occident, en particulier des États-Unis, de l'Europe et du Royaume-Uni, sont étonnamment positives. »

Malheureusement, a-t-il ajouté : « Les perceptions occidentales sont à la traîne. Nous considérons toujours la région comme arriérée et irrémédiablement hostile envers nous. »

«Et, bien qu'il existe bien sûr des preuves de ces attitudes dans certaines parties du Moyen-Orient, les sondages montrent qu'ils ne représentent pas la majorité. »

Le risque pour l'Occident, a-t-il averti, était que « notre idée fausse et dépassée de ce que pensent vraiment les gens de la région nous amène à nous rétracter au moment même où il y a une opportunité pour nous de nous associer à la région, au profit non seulement de la région elle-même, mais pour notre propre sécurité. »

Le rapport de l'institut indique que l'évolution sociale en Arabie saoudite est un exemple de « la vision partagée du nouveau Moyen-Orient pour le changement », mais conclut que cette vision et les progrès qu'elle a déjà apportés n'ont jusqu'à présent pas réussi à s'inscrire dans la conscience occidentale.

Plus de la moitié des personnes interrogées en Occident estiment que les habitants du Moyen-Orient ne partagent pas les mêmes valeurs qu'eux, telles que le soutien à la politique laïque, le respect de la différence et la liberté d'expression.

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Les perceptions occidentales du monde arabe sont très éloignées de la réalité (Photo, AFP).

Aucun d’entre eux, ajoute le rapport, « ne pensent-ils qu'il s'agit d'une région tournée vers l'avenir, caractérisée par l'espoir, associant plutôt le Moyen-Orient à un conflit insoluble et à l'extrémisme violent ».

Mais du point de vue des gens qui y vivent, le sondage révèle que « le nouveau Moyen-Orient est un endroit totalement différent ».

Par exemple, « une majorité écrasante soutient le programme de modernisation saoudien et d'autres similaires qui réforment les institutions, libéralisent la société et diversifient l'économie ».

De même, « la majorité s'oppose aux mouvements religieux régressifs et à leur rôle dans la politique ».

Le rapport fait notamment l’éloge du programme de modernisation de l’Arabie saoudite, défendu par le prince héritier Mohammed ben Salmane dans le cadre du plan Vision 2030 pour l’avenir de la nation, mais également du « programme de transformation le plus complet, axé sur la région, depuis la période postcoloniale ».

De la libéralisation des lois et des politiques du pays à la diversification de l'économie, 73 % des personnes interrogées dans la région ont déclaré qu'elles soutenaient ces mesures de transformation, dont 89 % des citoyens Saoudiens

L'enquête révèle beaucoup de choses sur la nature changeante de la société saoudienne, y compris l'influence décroissante des autorités religieuses.

En effet, la réforme de l'éducation et le rôle de la religion sont des questions clés pour presque toutes les personnes interrogées dans les cinq pays de la région : 77 % des Irakiens, 73 % des Saoudiens, 71 % des Tunisiens et 65 % des Libanais pensent que l'éducation et les pratiques religieuses de leur pays nécessitent une réforme.

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Le rapport a fait l'éloge de l'Arabie saoudite pour ses nombreux programmes de modernisation (Photo, AFP).

«Ce qui est clair», indique le rapport, « c'est que les gens veulent un gouvernement laïc et pragmatique, et non un leadership lié à des idéologies islamistes dépassées et destructrices.

"Aujourd'hui, une écrasante majorité de 75 % conviennent que les mouvements religieux politisés sont préjudiciables à la région."

Ce chiffre est encore plus élevé en Arabie saoudite, à 80 %.

Les autorités, les législateurs et les érudits religieux saoudiens, indique le rapport, "ont travaillé à moderniser les droits des femmes, le système judiciaire et les lois sur la censure tout en levant les restrictions sociales, y compris les lois sur la ségrégation sexuelle".

La modernisation et la diversification de l'économie sont considérées comme une « grande priorité » pour la majorité des Saoudiens, dont 60 % identifient la technologie et l'innovation, et 44 % le tourisme comme les secteurs les plus aptes à générer des emplois.

Un nombre toujours plus croissant de personnes interrogées dans le Royaume préfèrent que leurs enfants aient des compétences technologiques plutôt qu'une éducation religieuse.

Le rapport souligne que la réflexion - et l'action - du gouvernement saoudien sur l'avenir du pays  est en phase avec les opinions de ses citoyens alors que l’Arabie Saoudite s'efforce de libérer le potentiel des secteurs non pétroliers.

En 2021, par exemple, il y a eu une augmentation de 54% du financement des startups par rapport à 2020 et 33 milliards de dollars investis dans les technologies de l'information et de la communication. Le rapport souligne également qu'il existe désormais plus de 300 000 emplois dans le secteur technologique saoudien.

Le Congrès mondial de l'entrepreneuriat a classé le paysage économique et réglementaire du Royaume comme le meilleur environnement pour la création d'entreprises sur 45 pays.

En ce qui concerne les droits des femmes, par une marge de deux contre un, une majorité de Saoudiens conviennent que les femmes devraient avoir les mêmes droits en matière d'emploi que les hommes dans les secteurs privé et public.

La Vision 2030 prévoit que les femmes représenteront au moins 30 % de la main-d'œuvre d'ici 2030, tandis que la participation économique des femmes dans le Royaume est passée de 19,4 % en 2017 à plus de 33 % en 2020.

Tous ces développements, conclut le rapport, sont populaires en Arabie saoudite. Il est tout aussi important, selon le Blair Institute, qu'ils soient soutenus par l'Occident - et par les États-Unis en particulier.

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Malgré la réputation qu’elle a d’être rétrograde, la région est dynamique et tournée vers l'avenir (Photo, AFP).

Reflétant une histoire d'amitié et de collaboration économique et militaire qui remonte à la rencontre historique du président Franklin D. Roosevelt en février 1945 à bord de l'USS Quincy sur le canal de Suez avec le roi Abdulaziz, fondateur de l'Arabie saoudite, « les Saoudiens considèrent les États-Unis comme leur partenaire à l’international. Un choix assumé malgré des décennies de croyance, en occident, en l’idée selon laquelle l'antiaméricanisme progresse.

Les interrogés saoudiens à l'enquête ont donné leurs appréciation sur le pays avec lequel il serait l’Arabie Saoudite aurait le plus intérêt à nouer une alliance entre la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni, mais 66% ont déclaré qu'ils aimeraient le plus que leur pays s'associe aux États-Unis.

"Alors que le Royaume et son peuple progressent dans la transformation de la société et de l'économie", indique le rapport, "le moment est venu pour les États-Unis et leurs alliés d'investir dans l'avenir du pays".

Le rapport note également comment l'Arabie saoudite parvient habilement à équilibrer la préservation et la promotion de son propre patrimoine avec un rapprochement avec la culture occidentale - pour le plus grand épanouissement de la jeunesse. 

Dans « l'Arabie saoudite autrefois conservatrice », dit-il, « Vision 2030 donne la priorité à l'expression culturelle avec trois objectifs: promouvoir la tolérance, le professionnalisme, la discipline, la justice et la transparence ; préserver le patrimoine et l'histoire et la culture arabes et islamiques ; et préserver et promouvoir l'identité nationale afin de la transmettre aux générations futures.

Il y a aussi « des implications commerciales... . Adoptant une approche globale, l'Arabie saoudite recherche des partenaires internationaux pour ses festivals, ses arts et ses musées, le secteur de la culture devant générer 20 milliards de dollars, créer 100 000 emplois et contribuer à 3 % du produit intérieur brut d'ici 2030. »

Dans le même temps, "les festivals de musique et les événements sportifs internationaux capitalisent sur les changements au Moyen-Orient".

Le rapport cite le festival MDLBeast Soundstorm de l'année dernière, qui s'est déroulé dans le désert à l'extérieur de Riyad et a attiré un public mondial de plus de 700 000 personnes.

Cet événement parrainé par l'État "a vu de jeunes hommes et femmes se mélanger ouvertement, porter des vêtements non conventionnels et profiter des performances de musiciens occidentaux populaires tels que David Guetta - une apparition qui a provoqué un grand intérêt parmi la jeunesse saoudienne. Les événements sportifs, dont la Formule 1... attirent également un public mondial.

Le rapport souligne que, dans le cadre de sa « transformation culturelle » nationale, l'Arabie saoudite a mis en place un nouveau régime de visas pour encourager les artistes internationaux à visiter le pays. Elle a, par ailleurs, un programme de résidence pour permettre aux artistes de s'installer de façon permanente.

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Des coureurs participent au Tahrir Youth Marathon, en soutien aux manifestations anti-gouvernementales en cours, dans la capitale irakienne Bagdad (Photo, AFP).


"L'objectif est d'accroître la liberté d'échange culturel et de soutenir les plans du Royaume pour accélérer le secteur des arts et de la culture."

Dans sa préface au rapport, James Zogby, directeur général de la société de sondage internationale Zogby Research Services, qui a réalisé l'enquête pour l'institut Blair, déclare que les perceptions occidentales du monde arabe « sont trop souvent façonnées par des stéréotypes négatifs et des manifestations anecdotiques justifiant des opinions d’hostilité– plutôt que par la réalité.

En conséquence, ajoute-t-il, "notre compréhension de qui sont les Arabes et de leurs valeurs et aspirations passe trop souvent à côté de son objet".

Les décideurs politiques et les analystes politiques occidentaux "parlent des Arabes, mais ils envisagent rarement d'écouter les Arabes afin de bien comprendre leur vie, leurs besoins et leurs espoirs pour l'avenir".

L'une des conséquences en a été « la simplification excessive d'une région complexe, qui a conduit à des catastrophes politiques coûteuses. Constatant ce décalage en étant toujours induit en erreur par des attitudes engendrées par des perceptions négatives, certaines voix en Occident plaident désormais pour un désengagement dans la région.

Zogby avait ce message pour les décideurs politiques occidentaux et les experts politiques. « Vérifiez vos préjugés et écoutez ce que les Arabes nous disent sur ce qu'ils veulent.

«Comme me disait ma mère, 'Si tu veux que les autres t'entendent, tu dois d'abord les écouter.»

«Grâce à l'institut, des voix arabes vous parlent. Écoutez ce quelles ont à dire».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Législatives en Algérie: abstention record, le FLN en tête

L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
  • L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie
  • Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat

ALGER: L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi.

Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir, a remporté 90 sièges et arrive en tête du scrutin, a précisé Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), lors d'une conférence de presse.

L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie.

Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat.

"L'abstention n'est pas une spécificité algérienne", a commenté M. Khelfane, en comparant la situation à celle des "vieilles démocraties" d'Europe, d'Amérique et d'Asie et en se félicitant d'élections "transparentes".

Le scrutin avait été précédé par une campagne terne, qui s'est tenue en pleine Coupe du monde de football et par de grandes chaleurs.

Les dernières législatives, en 2021, déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Mais progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis reconduit en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.


Liban: quatre morts dans une frappe israélienne dans le sud

 Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
  • La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule"
  • Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer

BEYROUTH: Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule" au retour d'une visite d'inspection du domicile familial à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'Ani.

Le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington a permis l'entrée en vigueur d'un précaire cessez-le-feu au Liban à partir du 21 juin, avant la signature le 26 juin à Washington d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d'une "paix durable".

Cet accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Contesté par le Hezbollah, l'accord ne fixe pas de calendrier pour le retrait israélien, sans quoi un retour des déplacés dans les localités frontalières reste en suspens.

Et le désarmement du Hezbollah que l'accord pose comme préalable au retrait israélien est une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis, laissant des analystes sceptiques.

Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans la zone, pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière, et poursuit ponctuellement ses frappes, notamment dans les environs de Nabatiyé, disant viser le Hezbollah. Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer.

M. Aoun a souligné "l'importance de faire pression sur Israël pour qu'il se retire des zones qu'il occupe dans le sud", puisque "le maintien de (cette) occupation sape la légitimité de l'Etat, empêche le déploiement de l'armée et (...) une paix juste et durable", selon un communiqué de la présidence.

Depuis le 22 juin, plus de 600.000 déplacés libanais sont rentrés chez eux, sur plus d'un million, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais le retour dans des dizaines de localités méridionales, notamment celles proches de la frontière, largement détruites par les forces israéliennes, reste en attente.


Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.  Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem. Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
  • "Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas
  • L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah

GAZA: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé lundi avoir dissous ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après presque 20 ans de pouvoir, ouvrant la voie à un comité technocratique chargé d'administrer le territoire.

"Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, ajoutant qu'il avait "décidé de dissoudre le comité afin de faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG)".

Le NCAG a été créé par le "Conseil de Paix", mis en place par le président américain Donald Trump, lors des négociations qui ont abouti au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025.

L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah, la formation du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, basé à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Quelques mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque sanglante sur le sol israélien du 7 octobre 2023, le mouvement s'était dit prêt à se retirer du pouvoir à Gaza au profit d'une autre direction palestinienne.

Depuis, de nombreux scénarios ont été évoqués, mais, sur le terrain, la situation patine. L'un des principaux points d'achoppement reste le désarmement du Hamas, ce dernier affirmant qu'il ne le concédera que dans le cadre d'une initiative politique palestinienne, ce qu'Israël rejette.

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.

Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire.

Le NCAG, dirigé par le Palestinien Ali Shaath, est basé au Caire depuis plusieurs mois, Israël s'étant, selon certaines informations, opposé à son déploiement dans ce territoire dévasté par la guerre.

"Symbolique" 

Pour Mkhaimar Abusada, politologue gazaoui interrogé par l'AFP, la décision du Hamas reste avant tout "Symbolique".

"Le problème n'est pas la dissolution de son comité gouvernemental, mais l'acceptation de son désarmement (...) c'est toujours le principal point de blocage", a-t-il ajouté.

"Du point de vue du Hamas, cette annonce permet de cocher plusieurs cases", a expliqué à l'AFP une source diplomatique ayant participé à certaines des discussions au Caire.

"Elle montre que le mouvement fait avancer le processus tout en mettant l'accent sur ce qu'il présente comme le non-respect par Israël de ses engagements", a-t-elle ajouté.

La première phase du cessez-le-feu a permis la libération des derniers otages israéliens retenus par le Hamas en échange de Palestiniens emprisonnés par Israël.

Le passage à la deuxième phase, qui devait prévoir le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, est toutefois au point mort depuis plusieurs mois.

Les forces israéliennes ont, au contraire, renforcé leur présence dans l'enclave, tandis que la gouvernance de Gaza après la guerre reste un point d'achoppement.

Israël exclut tout retour du Hamas au pouvoir, mais rejette également, à ce stade, une reprise directe de l'administration de Gaza par l'Autorité palestinienne.

Le Hamas comme Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Au moins 1.072 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l'entrée en vigueur de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne affirme avoir perdu cinq soldats et un contractuel à Gaza sur la même période.