Liban: Menace de grève après le raid d'une juge controversée sur la banque centrale

La juge libanaise Ghada Aoun s'adresse à la presse à Beyrouth, mardi 19 juillet 2022 (Photo, AP).
La juge libanaise Ghada Aoun s'adresse à la presse à Beyrouth, mardi 19 juillet 2022 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 20 juillet 2022

Liban: Menace de grève après le raid d'une juge controversée sur la banque centrale

  • Des représentants furieux des employés de banque ont ensuite annoncé une grève de trois jours pour protester contre le raid
  • La politique monétaire du gouverneur de la banque centrale a été en partie accusée d'avoir contribué à l'effondrement économique et à la crise monétaire du Liban

BEYROUTH: Les forces de sécurité libanaises ont perquisitionné mardi les bureaux et le domicile du gouverneur de la banque centrale du Liban, Riad Salamé, en raison de liens avec des accusations d'enrichissement illicite et de blanchiment d'argent.

Le procureur général du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, qui dirige l’affaire contre le banquier, s’est jointe aux gardes qui ont pénétré les locaux de la banque, rue Hamra à Beyrouth, dans l’espoir d’arrêter Salamé.

Le raid a toutefois pris fin après que le juge du parquet de Beyrouth, Raja Hamouche, a demandé aux agents de la sécurité de l'État de quitter le bâtiment.

Des représentants furieux des employés de banque ont ensuite annoncé une grève de trois jours pour protester contre le raid.

Selon Ghada Aoun, qui a porté les accusations contre Salamé en mars, «on nous a dit que le gouverneur de la banque centrale n'était pas là, et le procureur général de la cour de cassation ne nous a pas répondu.»

L'incident a suscité des critiques dans certains milieux, et une source judiciaire a révélé que «la juge Aoun n'a aucun pouvoir à Beyrouth. Elle est juge au Mont-Liban et elle n'a pas le droit d'outrepasser ses pouvoirs.»

Au même moment, les forces de sécurité ont également fait une descente au domicile de Salamé dans le quartier de Rabieh au Mont Liban. Le gouverneur n'était présent sur aucun des lieux.

La politique monétaire du gouverneur de la banque centrale a été en partie accusée d'avoir contribué à l'effondrement économique et à la crise monétaire du Liban.

Salamé a affirmé que «l'État a emprunté de l'argent à la banque centrale et a promis de mettre en œuvre des réformes mais ne l'a pas fait». Il a tenu les politiciens responsables «de ce qui se passe».

Il ne s'est cependant pas présenté pour interrogatoire devant la juge Aoun à cinq reprises, estimant que les poursuites du juge faisaient «partie d'un processus systématique visant à ternir» sa réputation.

D’après une déclaration publiée en son nom, «un juge ne peut pas être à la fois un ennemi et un arbitre. Des raisons politiques se cachent derrière le procès intenté contre lui.»

La juge Aoun a refusé d'être informée d'une action en justice déposée par les avocats de Salamé contre elle au début de l'année, demandant son retrait de l'affaire. Elle l'a déjà poursuivi à cinq reprises et lui a imposé une interdiction de voyager.

En mars, elle a arrêté son frère, Raja Salamé, pour l'interroger sur des «soupçons de blanchiment d'argent, de détournement de fonds, d'enrichissement illicite et de contrebande d'importantes sommes d'argent à l'étranger».

Pendant ce temps, les employés en colère de la banque centrale, ont condamné le raid de mardi.

Abbas Awada, chef du syndicat des employés de la banque, a averti que «la dignité de la banque et de ses employés est au-dessus de tout, et nous refusons d'être traités de cette manière milicienne.»

Il a par la suite annoncé une grève de trois jours, «afin de laisser les gens rationnels intervenir et protéger l'institution».

Un communiqué du syndicat des employés a déclaré que «la juge Ghada Aoun et son personnel de sécurité sont entrés dans la banque sans procédure régulière, ce qui a porté atteinte à la dignité de la banque et de ses employés.»

Le syndicat a appelé le ministre de la Justice, le président du Conseil judiciaire suprême et le procureur général du Liban à «mettre fin aux actions inappropriées de la juge Ghada Aoun, qui s'écartent de tous les principes juridiques... afin que nous n'annoncions pas une grève ouverte».

Il a également appelé les personnes concernées à «protéger l'institution de la banque centrale et ses employés, d'autant plus qu'il s'agit de la seule institution fonctionnant à plein régime au Liban malgré les circonstances difficiles».

 «Nous ne défendons pas le gouverneur Salamé, mais l'institution en tant qu'entité. S'il y a une institution propre dans ce pays, c'est la banque centrale.»

Le Premier ministre désigné, Najib Mikati, a déclaré qu'il regrettait «la manière dont sont traités les dossiers judiciaires sensibles liés à la stabilité monétaire du pays, faisant des ravages».

«Je l'ai dit avant et je le dis maintenant, nous ne défendons personne, mais nous tenons à un système judiciaire équitable et non discrétionnaire tout en assurant la réputation financière du Liban sur le plan international», a-t-il avisé.

«Ce qu'il faut, c'est résoudre cette affaire par un accord politique préalable sur un nouveau gouverneur de la banque centrale, et laisser l'affaire suivre son cours juridique approprié par la suite», a-t-il estimé.

Le député libanais Marwan Hamadé a qualifié le raid de «folklorique et de frimeur», ajoutant qu'«un état de folie entoure le mandat du président et son entourage, ne faisant que provoquer la dévastation, la destruction et la faillite du pays».

 «N'est-ce pas le président actuel qui a dit que “nous allons en enfer”? C'est la seule vérité qu'il a dite tout au long de son mandat», a-t-il réagi.

Le président, Michel Aoun, cherche à nommer un nouveau gouverneur de la banque centrale avant la fin de son mandat en octobre, dans le cadre de sa demande permanente d'une enquête criminelle sur ses opérations financières.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
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  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com