La France promet un effort sans précédent depuis vingt ans sur la dépense publique

Bruno Lemaire arrive à l'hôtel Matignon à Paris (Photo, AFP).
Bruno Lemaire arrive à l'hôtel Matignon à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 22 juillet 2022

La France promet un effort sans précédent depuis vingt ans sur la dépense publique

  • L'exécutif prévoit ainsi de réduire fortement le rythme d'augmentation de la dépense publique en volume à 0,6%
  • Pour atteindre son objectif, le gouvernement veut concentrer l'effort sur l'Etat, avec une baisse de 0,4% de dépenses

PARIS: Du jamais vu depuis vingt ans: afin de tenir son engagement de ramener le déficit sous les 3% en 2027, le gouvernement entend contenir nettement la dépense publique durant le quinquennat et cela malgré un contexte économique "incertain" à court terme.

"Nous réaffirmons le sérieux budgétaire de la France", avec "un redressement des comptes publiques qui fait partie des priorités de notre majorité", a défendu le ministre de l'Economie Bruno Le Maire en présentant à la presse les perspectives économiques et financières de la France durant le quinquennat.

Il a notamment confirmé l'ambition affichée par Emmanuel Macron d'une "baisse de la dette publique à compter de 2025" et de revenir "sous les 3% de déficit en 2027", contre 5% attendu en 2022.

Ces prévisions sont contenues dans le programme de stabilité (pstab) que l'exécutif transmet chaque année à la Commission européenne, habituellement au printemps mais avec quelques mois de retard cette année.

L'exécutif prévoit ainsi de réduire fortement le rythme d'augmentation de la dépense publique en volume à 0,6% par an en moyenne sur la durée du quinquennat.

Un objectif ambitieux, comme le reconnaît Bruno Le Maire qui constate que ce serait "le taux d'augmentation le plus faible depuis vingt ans", puisque selon les chiffres de Bercy la progression des dépenses publiques a atteint 2% par an sur les vingt dernières années et 1,2% par an sur les dix dernières.

D'autant plus que l'argent public coule à flot depuis deux ans pour faire face à la crise sanitaire et maintenant aux conséquences de la guerre en Ukraine, en particulier l'inflation.

Pour atteindre son objectif, le gouvernement veut concentrer l'effort sur l'Etat, avec une baisse de 0,4% de dépenses sur le quinquennat en moyenne par an, et sur les collectivités locales qui devront réduire leurs dépenses de fonctionnement de 0,5% sur la période.

A l'inverse, afin de financer les promesses du président de la République en faveur de l'hôpital et de la santé, les dépenses sociales augmenteront de 0,6% sur le quinquennat en moyenne par an.

"Au total, ce pstab présente des choix politiques clairs: maîtriser la dépense publique (et) refus d'une politique d'austérité, puisque nous ne baissons pas la dépense publique de manière drastique", défend Bruno Le Maire.

1,4% de croissance en 2023

La nouvelle réalité à l'Assemblée nationale, avec une majorité relative pour le camp présidentiel, pourrait toutefois rendre difficile l'atteinte de ces objectifs, en particulier l'effort demandé aux collectivité locales, au moment où les députés tentent déjà de faire compenser par l'Etat l'augmentation de la rémunération des fonctionnaires.

"Il faudra que chacun soit placé devant ses responsabilités", répond-on à Bercy, où on ironise sur ceux qui prétendent vouloir réduire les déficits simplement en luttant contre la fraude sociale ou fiscale.

"Il nous semble qu'au regard des attentes de la population, ce sont l’Etat et les collectivités locales qui doivent contribuer" à cet effort de rétablissement des comptes publics, argue-t-on à Bercy.

En février dernier, la Cour des comptes jugeait que la volonté de ramener le déficit sous les 3% en 2027 était "incertaine", mais à Bercy on continue de défendre un scénario "réaliste et volontariste" et promet de détailler les pistes d'économies à l'automne dans la loi de programmation des finances publiques.

Outre cet effort sur les dépenses et des baisses d'impôts bien moins importantes que les plus de 50 milliards du précédent quinquennat, l'exécutif compte aussi sur les réformes à venir (retraites, assurance-chômage, formation professionnelle) et sur le plan d'investissement France 2030 pour stimuler l'économie et atteindre le "plein emploi", soit 5% de chômage en 2027.

"Un des fils directeurs du pstab est la valorisation du travail, dénominateur commun de toutes les réformes", insiste M. Le Maire.

Mais à court terme, le gouvernement s'attend tout de même à un ralentissement de l'économie l'an prochain, avec une croissance prévue à 1,4%, après 2,5% en 2022, une inflation toujours élevée à 3,3% et un déficit public qui stagnerait à 5% du PIB, du fait du contexte "incertain", lié notamment à la guerre en Ukraine et à la situation aux Etats-Unis et en Chine.

La croissance devrait ensuite accélérer à 1,6% en 2024, puis 1,7% en 2025 et 2026, et enfin 1,8% en 2027.


France: jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie

Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
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  • L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés
  • Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières

PARIS: La justice française rend lundi son jugement à l'encontre du cimentier Lafarge et huit anciens responsables du groupe accusés de financement du terrorisme pour avoir payé des groupes jihadistes afin qu'ils laissent tourner une usine au milieu de la guerre en Syrie

Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", avait fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.

L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.

"On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis?", a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. "On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire."

Décortiquant échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal correctionnel de Paris s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes Etat islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.

Pour le Pnat, les versements aux entités classées comme "terroristes" ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros.

"Ahurissant de cynisme" 

Ce système prévoyait le versement d'argent pour, d'une part, financer l'acquisition d'intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et, d'autre part, assurer des "paiements de sécurité" et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les barrages dans la région.

Si les prévenus ont soutenu avoir été victimes de "racket", le terme a fait tiquer la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez, plusieurs messages internes à Lafarge faisant plutôt état de "négociations" ou d'"accords".

"Il y avait cette conviction que (la guerre) n'allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines décisions qui ont été prises", a expliqué Bruno Pescheux, l'un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 à l'été 2014.

"Cette crise était un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu'on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n'est jamais venue", a-t-il dit.

A l'audience, les deux procureures du Pnat ont souligné "l'absence totale d'adhésion à l'idéologie jihadiste" des prévenus, mais noté leur "absence de reconnaissance" et de "regrets" sur les faits.

Elles ont requis à l'encontre de la société Lafarge l'amende maximale de 1,125 million d'euros ainsi qu'une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d'euros.

Contre l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie mordicus avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire.

Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu'il a "donné des directives claires" pour maintenir l'activité de l'usine, "un choix purement économique, ahurissant de cynisme".

Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya est finalement évacuée par Lafarge dans l'urgence et l'impréparation la plus totale le 18 septembre 2014 face à l'avancée de l'EI. Le lendemain, elle tombe aux mains des jihadistes.

Particularité de ce dossier, des victimes des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et ses environs se sont constituées parties civiles, voyant dans cette affaire l'un des "rouages" des attaques qui ont ensanglanté la France les années suivantes.

 


Macron: Paris et Londres organiseront une «conférence» en vue d'une «mission multinationale pacifique» à Ormuz

La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
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  • "Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X
  • Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations

PARIS: La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron.

"Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X. Autrement dit, cette mission n'a pas vocation à être intégrée directement dans les efforts des Etats-Unis dans le détroit.

Aucun effort ne doit être ménagé pour parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie.

Un règlement qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 13, 2026

Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et censé entrer en vigueur lundi.

Keir Starmer a lui dit ne pas soutenir ce blocus.

Dans son message sur X, le président français a appelé à ne ménager "aucun effort" pour "parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie", "qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité".

"Pour y parvenir, toutes les questions de fond doivent être traitées en leur apportant une réponse durable, aussi bien s’agissant des activités nucléaires et balistiques de l’Iran que de ses actions déstabilisatrices dans la région, mais aussi pour permettre la reprise, le plus rapidement possible, d’une navigation libre et sans entrave dans le détroit d’Ormuz et faire en sorte que le Liban retrouve le chemin de la paix dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", a-t-il insisté.

 


Grenoble: un homme tué par balles, le troisième en une semaine

Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
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  • La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville

LYON: Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police.

Les coups de feu ont été tirés vers 01H15 place André Malraux, dans le quartier Hoche, près d'un point de deal connu de la ville, a précisé cette source.

La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville. Une femme de 26 ans qui se trouvait à ses côtés a été légèrement touchée à un bras, "victime collatérale" des tirs, selon le parquet.

Le 8 avril, un homme de 27 ans avait été tué par balles sur un point de deal dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique. Il avait été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et des violences.

Grenoble et certaines de ses banlieues sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue.