Le ministre russe des Affaires étrangères salue la position arabe «équilibrée» sur le conflit en Ukraine

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’adresse aux représentants permanents auprès de la Ligue arabe au Caire, le 24 juillet 2022. (Ministère russe des Affaires étrangères/AFP)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’adresse aux représentants permanents auprès de la Ligue arabe au Caire, le 24 juillet 2022. (Ministère russe des Affaires étrangères/AFP)
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Publié le Mardi 26 juillet 2022

Le ministre russe des Affaires étrangères salue la position arabe «équilibrée» sur le conflit en Ukraine

  • M. Lavrov a atterri au Caire samedi, pour le début de sa tournée en Afrique qui comprend également l’Éthiopie, l’Ouganda et la République démocratique du Congo
  • Dans une chronique publiée dans les journaux des quatre pays inclus dans sa tournée, M. Lavrov félicite l’Afrique pour sa résistance face à ce qu’il qualifie de «tentatives de l’Occident d’imposer un ordre mondial unipolaire»

LE CAIRE: Dans un discours prononcé devant la Ligue arabe au Caire, le ministre russe des Affaires étrangères a salué la «position équilibrée, juste et responsable» des États membres sur le conflit entre son pays et l’Ukraine. 

Sergueï Lavrov a également fait part de la détermination de la Russie à approfondir la coopération et le commerce avec les États arabes. 

Concernant l’Ukraine, il déclare: «L’Otan n’a pas le droit d’étendre sa sécurité aux dépens des autres, en particulier de la Russie.» 

M. Lavrov nie que le conflit soit à l’origine de la crise alimentaire mondiale, rejetant plutôt la faute sur la pandémie de Covid-19, la sécheresse et les sanctions occidentales sur la nourriture, les engrais et les céréales russes. 

Avant son discours, il s’est entretenu avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et les représentants des vingt-deux nations qui composent le bloc. M. Aboul Gheit affirme que M. Lavrov et lui ont discuté de l’Ukraine, de la Syrie et de la Palestine. 

M. Lavrov a atterri au Caire samedi, pour le début de sa tournée en Afrique qui comprend également l’Éthiopie, l’Ouganda et la République démocratique du Congo. 

Selon Reuters, M. Lavrov s’est rendu en République du Congo lundi. C’est la deuxième étape de sa tournée africaine visant à renforcer les liens de Moscou avec un continent qui a refusé de se joindre à la condamnation et aux sanctions occidentales concernant l’invasion par la Russie de l’Ukraine. 

Dans une chronique publiée dans les journaux des quatre pays inclus dans sa tournée, M. Lavrov félicite l’Afrique pour sa résistance face à ce qu’il qualifie de «tentatives de l’Occident d’imposer un ordre mondial unipolaire». 

«Nous apprécions la position africaine réfléchie quant à la situation en Ukraine et dans la région», écrit-il, ajoutant que les pays africains avaient subi des pressions occidentales «sans précédent» pour se joindre aux sanctions. 

En République du Congo – une ancienne colonie française productrice de pétrole au nord de la République démocratique du Congo nettement plus grande –, M. Lavrov a rendu visite au président, Denis Sassou-Nguesso, dans sa résidence de la ville d’Oyo, à 400 km de la capitale, Brazzaville. 

M. Sassou-Nguesso est au pouvoir depuis 1979, avec une interruption de cinq ans, entre 1992 et 1997. 

Dans un communiqué, la porte-parole de M. Lavrov déclare qu’il s’agit de la première visite d’un ministre des Affaires étrangères russe ou soviétique dans le pays. 

Elle soutient que les liens amicaux remontent à l’ère soviétique et que huit mille citoyens congolais avaient étudié en Russie. 

M. Lavrov était attendu en Ouganda, où le président, Yoweri Museveni, est connu pour ses liens solides avec des alliés occidentaux et ses relations amicales avec Moscou. 

Il s’est rendu en Russie au moins deux fois depuis 2010. 

Dans un communiqué annonçant la visite de M. Lavrov, le bureau de M. Museveni précise qu’il veut «des relations bilatérales plus fortes, en particulier dans les domaines de la défense et de la sécurité, ainsi que de la coopération économique et technique». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

 


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.