Un réseau britannique de blanchiment d’argent a utilisé le «sosie de Kim Kardashian» pour faire passer de l’argent aux EAU

L’enquête de la National Crime Agency sur Tara Hanlon, 30 ans, a débuté en octobre 2020 lorsqu’elle a été empêchée d’embarquer sur un vol de Heathrow à Dubaï. (NCA)
L’enquête de la National Crime Agency sur Tara Hanlon, 30 ans, a débuté en octobre 2020 lorsqu’elle a été empêchée d’embarquer sur un vol de Heathrow à Dubaï. (NCA)
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Publié le Vendredi 29 juillet 2022

Un réseau britannique de blanchiment d’argent a utilisé le «sosie de Kim Kardashian» pour faire passer de l’argent aux EAU

  • Abdalla Alfalasi dirigeait un plan de transport d’argent liquide dans des valises à bord d’avions
  • National Crime Agency : «Ce réseau a fait sortir des sommes astronomiques du Royaume-Uni»

LONDRES: Dans le cadre de la plus grande affaire de blanchiment d’argent de l’histoire du Royaume-Uni, un réseau de 36 personnes, dont un «sosie de Kim Kardashian» et d’autres femmes britanniques occupant des emplois de bureau, a été impliqué dans le transport clandestin d’argent liquide vers les Émirats arabes unis (EAU).

La National Crime Agency (NCA) a découvert le plan, qui consistait à envoyer de l’argent provenant de tout le Royaume-Uni dans des appartements du centre de Londres afin de compter les billets et de les ranger dans des valises. Chacune de ces valises contenait jusqu’à 500 000 livres sterling (1 livre sterling = 1,19 euro) et pesait environ 40 kg.

Les valises étaient remplies de rince-bouche et de cintres pour éviter que les liasses ne soient détectées par les appareils à rayons X, et pulvérisées avec des substances telles que du café et des désodorisants pour masquer l’odeur et distraire les chiens renifleurs des aéroports.

Elles étaient ensuite transportées par le réseau de passeurs, qui voyageaient en classe affaires avec l’argent nécessaire pour bénéficier de franchises de bagages supplémentaires, étaient payés jusqu’à 8 000 livres sterling par voyage pour leurs services et détournaient pour eux-mêmes au moins 10% de l’argent transporté.

Parmi eux, Tara Hanlon, 30 ans, chargée de recrutement, et Nicola Esson, 55 ans, professionnelle de la communication. Cette dernière a effectué trois voyages à Dubaï entre août et septembre 2020, enregistrant 19 valises d’argent liquide pesant près d’une demi-tonne au total.

Mme Hanlon, décrite comme «sosie de Kim Kardashian» par certains médias britanniques, a été arrêtée à Dubaï en 2020 alors qu’elle tentait de rentrer à Londres avec plusieurs valises contenant, selon elle, des tenues pour des «vacances entre filles».

Un mois plus tard, un autre passeur, le Tchèque Zdenek Kamaryt, 39 ans, a été arrêté à bord d’un vol Heathrow-Dubaï avec 1,3 million de livres sterling en espèces dans ses bagages.

Quant à Mohammed Ilyas, il a été détenu après avoir déclaré aux douanes de Dubaï quatre valises contenant environ 1,5 million de livres sterling en espèces. L’une d’elles, renfermant 431 360 livres sterling, a disparu et a été découverte par la UK Border Force.

Au total, 104 millions de livres sterling ont été acheminés en l’espace d’un an. Une partie de l’argent liquide a été convertie en cryptomonnaies et blanchie par le biais d’opérations aurifères en Afrique.

C’est l’arrestation de Mme Hanlon qui a déclenché l’enquête, laquelle a finalement abouti à la localisation du chef du groupe, Abdalla Alfalasi, arrêté dans un appartement londonien appartenant à une société offshore enregistrée dans le territoire britannique de Gibraltar.

Il s’est avéré qu’il avait effectué de nombreux voyages entre Londres et Dubaï au cours de la période allant de novembre 2019 à mars 2020, transportant lui-même 6 millions de livres sterling en espèces.

Sa signature a été découverte sur des documents se rapportant apparemment à une société appelée Omnivest Gold Trading, qui servait de couverture à des déclarations d’espèces.

S’exprimant devant la cour d’Isleworth, le procureur Julian Christopher, conseiller de la reine, a précisé qu’Alfalasi avait demandé à la Britannique Michelle Clarke de recruter les passeurs, qui étaient «généralement des jeunes, attirés par l’argent».

Tara Hanlon a été condamnée à 34 mois de prison en 2021, tandis que Nicola Esson et Mohammed Ilyas seront condamnés dans le courant de l’année.

M. Alfalasi, 47 ans, a été condamné à neuf ans et sept mois de prison pour avoir envoyé à Dubaï de l’argent acquis par des activités criminelles.

«Il est certain que vous étiez responsable d’un vaste réseau, mais vous n’étiez pas le seul responsable. Vous faisiez partie des responsables principaux, mais il est évident que d’autres personnes étaient impliquées», a dit le juge Simon Davis à M. Alfalasi.

Selon Ian Truby, inspecteur chargé des enquêtes de la NCA, «ce réseau de blanchiment d’argent a fait sortir des sommes astronomiques du Royaume-Uni». «L’argent liquide est l’élément vital des groupes criminels organisés, et ils le réinvestissent dans des activités telles que le trafic de drogue, qui alimente la violence et l’insécurité dans le monde entier. L’interruption de l’approvisionnement de cet argent illicite constitue une priorité pour la NCA et ses partenaires», ajoute-t-il.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


UE-Ukraine: Zelensky invité à un sommet des 27, attendu jeudi à Bruxelles

Cette photo prise et publiée par le service de presse présidentiel ukrainien le 3 février 2023 montre le président du Conseil européen Charles Michel (à gauche) et le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) debout lors d'un sommet UE-Ukraine à Kyiv (Photo, Service de presse présidentiel ukrainien/AFP).
Cette photo prise et publiée par le service de presse présidentiel ukrainien le 3 février 2023 montre le président du Conseil européen Charles Michel (à gauche) et le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) debout lors d'un sommet UE-Ukraine à Kyiv (Photo, Service de presse présidentiel ukrainien/AFP).
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  • Plusieurs sources européennes ont fait état d'une possible visite de Zelensky à Bruxelles jeudi
  • Si elle était confirmée, il s'agirait de la première visite du président ukrainien dans la capitale de l'UE depuis le début de l'offensive militaire russe

BRUXELLES; Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été invité à participer à "un futur sommet" des Vingt-Sept, a annoncé lundi un porte-parole du président du Conseil européen Charles Michel, sans autres détails, alors que plusieurs sources font état de sa possible venue à Bruxelles jeudi.

Charles Michel "a invité (Volodymyr) Zelensky à participer en personne à un futur sommet (de l'UE). Pour des raisons de sécurité, aucune information supplémentaire ne sera divulguée", a indiqué sur Twitter un porte-parole du dirigeant européen, Barend Leyts.

Or, plusieurs sources européennes ont fait état auprès de l'AFP d'une possible visite de M. Zelensky à Bruxelles jeudi, à l'occasion d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept.

Si elle était confirmée, il s'agirait de la première visite du président ukrainien dans la capitale de l'UE depuis le début de l'offensive militaire russe contre son pays le 24 février 2022.

M. Zelensky pourrait intervenir en personne devant les eurodéputés: une source au Parlement européen a fait part de "la probabilité que se tienne une session plénière extraordinaire jeudi 9 février en présence de Volodymyr Zelensky".

Deux autres sources parlementaires ont confirmé cette information, sous couvert de l'anonymat.

Le dirigeant ukrainien bénéficie d'une "invitation permanente" à Bruxelles, s'était contenté d'indiquer plus tôt lundi le porte-parole de Charles Michel.

La présidence ukrainienne n'a pas non plus confirmé cette visite qui soulève des questions de sécurité.


Somalie: 10 morts dans des affrontements au Somaliland

Des membres de la force militaire somalienne soutenant les dirigeants de l'opposition anti-gouvernementale sont stationnés dans une rue de Mogadiscio, le 25 avril 2021 (Photo, AFP).
Des membres de la force militaire somalienne soutenant les dirigeants de l'opposition anti-gouvernementale sont stationnés dans une rue de Mogadiscio, le 25 avril 2021 (Photo, AFP).
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  • Le ministre de l'Intérieur du Somaliland, Mohamed Kahin Ahmed, a accusé des milices alliées aux chefs coutumiers d'avoir attaqué des camps militaires
  • La localité, Las Anod, est revendiquée à la fois par le Somaliland et par la région semi-autonome du Puntland, loyale à Mogadiscio

MOGADISCIO: Plus de 10 personnes ont été tuées lors d'affrontements entre des milices armées loyales au gouvernement somalien et des forces de la République autoproclamée du Somaliland, dans une ville disputée de cette région (nord), ont annoncé lundi plusieurs sources.

La localité, Las Anod, est revendiquée à la fois par le Somaliland et par la région semi-autonome du Puntland, loyale à Mogadiscio.

Quelques heures avant les affrontements de lundi, des chefs coutumiers du territoire de Sool, où se trouve Las Anod, avaient publié une déclaration s'engageant à soutenir "l'unité et l'intégrité de la République fédérale de Somalie", exhortant les autorités du Somaliland à retirer leurs forces de la région.

Le ministre de l'Intérieur du Somaliland, Mohamed Kahin Ahmed, a accusé des milices alliées aux chefs coutumiers d'avoir attaqué des camps militaires.

"Vers 5h30 ce matin, des forces armées" munies de "mortiers et grenades propulsées par des roquettes ont attaqué des camps des forces armées nationales", a dit M. Ahmed à des journalistes.

"Les assaillants impliqués dans les combats font partie de forces qui ont été organisées par des chefs coutumiers", a-t-il ajouté.

"La mort de 10 personnes a jusqu'à présent été confirmée", a dit à l'AFP un chef coutumier, Hirsi Farah Magan. "J'ai vu les cadavres de trois enfants et de leur mère tués dans la frappe d'un mortier contre leur maison".

Un autre chef coutumier, Mohamed Cheikh Adan, a dit au téléphone à l'AFP avoir la confirmation du décès de "13 personnes, dont six civils, avec des enfants parmi eux".

Muse Bihi, le président du Somaliland dont l'administration se trouve à Hargeisa, à environ 380 km à l'ouest, a convoqué une réunion de son gouvernement lundi après-midi, pour évaluer la situation à Las Anod.

Le gouvernement est ouvert "au dialogue et à la médiation" mais n'hésitera pas à intervenir "contre tout groupe armé ayant l'intention de créer de l'instabilité", selon une déclaration diffusée à l'issue de la réunion.

"L'armée nationale de la République du Somaliland a réussi aujourd'hui à déjouer une attaque terroriste contre une base militaire", a-t-il assuré, sans plus de détails. "Nous appelons tous les chefs coutumiers, les savants, les hommes d'affaires, les femmes, les jeunes... à contribuer au retour de la paix dans la ville", a-t-il ajouté.

Le contrôle de Las Anod, ville située sur un axe commercial, a changé de mains plusieurs fois ces dernières décennies.

En janvier, des manifestations, déclenchées par le meurtre fin 2022 d'un politicien local, ont secoué la ville, où les partis d'opposition et des groupes de défense des droits humains accusent les forces du Somaliland d'avoir tué plusieurs manifestants.

Ancien protectorat britannique, le Somaliland imprime sa propre monnaie, délivre ses passeports et élit son gouvernement, mais l'absence de reconnaissance internationale le maintient dans l'isolement.

Cette région, relativement stable par rapport au reste de la Somalie, est secouée depuis plusieurs mois par des violentes manifestations et des crises politiques.

En août, des manifestants ont été tués lors de manifestations antigouvernementales, et en octobre, une décision du conseil des sages de prolonger le mandat du président après le report des élections a provoqué un tollé de l'opposition.


Burkina: 25 morts dans l'attaque djihadiste présumée de samedi dans le nord

Le Burkina Faso est secoué depuis 2015 par des attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, et leurs affrontements avec les forces armées (Photo, AFP).
Le Burkina Faso est secoué depuis 2015 par des attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, et leurs affrontements avec les forces armées (Photo, AFP).
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  • Un précédent bilan donné dimanche par deux habitants avait fait état d'au moins douze morts
  • Un habitant avait précisé que les hommes armés «ont ciblé le commissariat de police, la mairie et une école»

OUAGADOUGOU: Au moins 25 personnes, dont 22 civils et 3 policiers, ont été tuées dans une attaque de djihadistes présumés dans le nord du Burkina Faso samedi, selon un nouveau bilan annoncé lundi par le gouverneur de la région du Sahel.

"La commune de Bani dans la province du Séno (nord) a été la cible d'une violente attaque perpétrée par des groupes armés terroristes", a expliqué le gouverneur et lieutenant-colonel Rodolphe Sorgho, dans un communiqué.

"Le bilan provisoire de cette attaque ignoble et barbare fait état de vingt-cinq personnes tuées dont vingt-deux civils et trois policiers, des blessés et des dégâts matériels", a-t-il précisé.

Un précédent bilan donné dimanche par deux habitants avait fait état d'au moins douze morts.

M. Sorgho a affirmé dans le communiqué que des actions pour sécuriser "la localité sont en cours" et invite la population à "plus de collaboration pour qu'ensemble nous puissions venir à bout de l'hydre terroriste".

Dimanche, un habitant avait précisé que les hommes armés "ont ciblé le commissariat de police, la mairie et une école". "Des concessions (habitations) et une mosquée ont été touchées par les tirs des assaillants avant la riposte de forces de défense et de sécurité", avait-il ajouté.

Un deuxième habitant avait lui indiqué que "des hommes à moto" ont "attaqué la ville" avec "plusieurs cibles", en redoutant un bilan plus lourd au vu du nombre de portés disparus et de blessés.

"Plusieurs individus armés ont été neutralisés dans la riposte et la traque qui a suivi", avait de son côté indiqué une source sécuritaire.

Samedi également dans la région de l'Est, six soldats ont été tués dans l'explosion d'une bombe artisanale, selon deux sources sécuritaires.

"Des éléments du détachement militaire de Diapaga effectuaient une mission de patrouille" lorsque leur véhicule "a sauté sur une mine sur l'axe Diapaga-Partiaga", avait précisé l'une d'elles.

Le Burkina Faso est secoué depuis 2015 par des attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, et leurs affrontements avec les forces armées. Les violences ont fait des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d'un coup d'Etat militaire le 30 septembre 2022 - le deuxième en huit mois - s'est donné pour objectif "la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes".