A Chypre, un été sans touristes russes

Une photo aérienne montre une vue de touristes à la piscine de l'hôtel Napa Mermaid dans la station balnéaire chypriote d'Ayia Napa, l'une des principales destinations touristiques de l'île méditerranéenne, le 21 juillet 2022. (Photo par Etienne Torbey / AFP)
Une photo aérienne montre une vue de touristes à la piscine de l'hôtel Napa Mermaid dans la station balnéaire chypriote d'Ayia Napa, l'une des principales destinations touristiques de l'île méditerranéenne, le 21 juillet 2022. (Photo par Etienne Torbey / AFP)
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Publié le Dimanche 31 juillet 2022

A Chypre, un été sans touristes russes

  • L'an dernier, malgré les mesures anticovid en vigueur, 520.000 Russes étaient venus sur l'île, soit un peu plus du quart du nombre total de touristes
  • Les sanctions occidentales contre la Russie privent désormais les Russes de vols directs vers Chypre, pays membre de l'UE situé à quatre heures d'avion de Moscou

AYIA NAPA, Chypre :  A Ayia Napa, populaire station balnéaire de Chypre, la fête a repris ses droits après deux ans de pandémie, mais sans le flot de touristes russes, naguère deuxième contingent de visiteurs après les Britanniques, un vide difficile à combler.

«Cette année, nous attendions 800.000 touristes russes» (comme en 2019, ndlr), explique Haris Loizides, responsable de l'Association hôtelière de Chypre. Un seuil désormais impossible à atteindre car sur les six premiers mois de l'année, seuls 17.000 touristes russes sont venus sur l'île méditerranéenne, selon les statistiques officielles.

Le marché russe «a été anéanti du jour au lendemain» à la suite des sanctions imposées par l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine par Moscou, constate Christos Angelidis, président de l'Association panchypriote des directeurs d'hôtels.

Nicosie et Moscou entretiennent des liens politiques et culturels étroits, mais quand la Russie a envoyé des troupes en Ukraine, le Parlement chypriote a adopté à l'unanimité une résolution condamnant l'invasion.

Les sanctions occidentales contre la Russie privent désormais les Russes de vols directs vers Chypre, pays membre de l'UE situé à quatre heures d'avion de Moscou. «Personne n'était préparé» à cela, poursuit-il.

Selon le ministère du Tourisme, l'absence de visiteurs russes pourrait représenter un manque à gagner de 600 millions de dollars.

«Il y a eu de nombreuses tentatives de la part de différents secteurs pour encourager les touristes d'autres pays à venir, par exemple les Allemands, les Polonais, les Italiens et les Français», souligne Charis Papacharalambous, porte-parole de l'Association des agents de voyage chypriotes (ACTA).

Mais il est «très difficile de combler le grand vide» laissé par les touristes russes, dit-il.

- Impossible à remplacer -

En 2019, avant le début de la pandémie de Covid-19, le secteur clé du tourisme représentait 15% du PIB et 20% des 3,9 millions de touristes étaient des Russes.

La destination chypriote est prisée de longue date par les Russes, dont quelque 18.000 y résident, en particulier dans la ville côtière de Limassol, surnommée aussi «Limassolgrad» ou encore «Moscou-sur-Méditerranée».

L'an dernier, malgré les mesures anticovid en vigueur, 520.000 Russes étaient venus sur l'île, soit un peu plus du quart du nombre total de touristes.

Le tourisme à Chypre se porte malgré tout mieux cette année que l'an dernier avec 1,2 million de visiteurs accueillis sur l'île de janvier à juin, (près de cinq fois plus que l'an dernier) qui viennent pour nombre d'entre eux se prélasser sur les plages de sable blanc et profiter des fêtes nocturnes, notamment à Ayia Napa.

«Notre hôtel se porte bien, mais ce n'est pas le cas des autres établissements, qui avaient une clientèle exclusivement russe», ajoute M. Angelides, également directeur de l'hôtel Napa Mermaid.

Mais si globalement la fréquentation touristique a rebondi sur les six premiers mois de l'année par rapport à 2021, elle reste inférieure de 25% par rapport à la même période en 2019, avant la pandémie.

Sur les premiers mois de 2022, les touristes britanniques ont représenté un peu plus de 40% des visiteurs, suivis des Israéliens (7,3%), des Polonais, des Allemands, des Suédois et des Grecs.

«Nous avons quelque peu limité les dégâts, mais il est impossible de remplacer le grand nombre de clients» russes, ajoute M. Angelides. Et l'impact de leur absence pourrait encore s'aggraver car nombre d'entre eux choisissaient de venir sur l'île pendant l'arrière saison.

L'invasion de l'Ukraine avec la flambée des prix de l'électricité a également pénalisé le secteur hôtelier de ce pays où les climatiseurs tournent à plein régime en été avec des températures qui dépassent régulièrement les 35 degrés à l'ombre.

«La climatisation fonctionne à fond» et les factures d'électricité atteignent «des montants astronomiques», souligne M. Loizides qui réclame l'aide de Bruxelles: «L'UE doit remédier à cette situation et aider les entreprises, surtout à un moment où l'inflation fait rage».


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.