Irak: célébration d'une fête religieuse chiite dans le Parlement occupé par les Sadristes

Les partisans pro-Moqtada Sadr, protestant contre la nomination d'un bloc rival au poste de Premier ministre, se rassemblent à l'intérieur du parlement irakien dans la zone verte de haute sécurité de la capitale Bagdad, le 31 juillet 2022, un jour après l'avoir pris d'assaut. (AFP)
Les partisans pro-Moqtada Sadr, protestant contre la nomination d'un bloc rival au poste de Premier ministre, se rassemblent à l'intérieur du parlement irakien dans la zone verte de haute sécurité de la capitale Bagdad, le 31 juillet 2022, un jour après l'avoir pris d'assaut. (AFP)
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Publié le Dimanche 31 juillet 2022

Irak: célébration d'une fête religieuse chiite dans le Parlement occupé par les Sadristes

  • Samedi, pour la deuxième fois en moins d'une semaine, des milliers de partisans de Moqtada Sadr ont envahi le Parlement pour protester contre un candidat au poste de Premier ministre proposé par leurs adversaires
  • Dimanche matin, des volontaires distribuaient de la soupe, des oeufs durs, du pain et de l'eau aux manifestants qui ont passé leur première nuit au Parlement

BAGDAD: Après leur première nuit passée dans le Parlement irakien, les partisans de l'influent leader Moqtada Sadr célèbrent dimanche le début d'une importante commémoration religieuse chiite, au lendemain d'une journée de manifestation à Bagdad dans un contexte de grave crise politique.

Samedi, pour la deuxième fois en moins d'une semaine, des milliers de partisans de Moqtada Sadr ont envahi le Parlement, dans la zone verte ultra sécurisée de Bagdad, pour protester contre un candidat au poste de Premier ministre proposé par leurs adversaires.

Le pays est secoué depuis les législatives d'octobre 2021 par de fortes tensions. Après des mois de tractations interminables et de querelles intestines, les grands partis n'ont toujours pas réussi à s'entendre sur la nomination d'un Président de la République ou d'un nouveau chef du gouvernement.

Dimanche matin, des volontaires distribuaient de la soupe, des oeufs durs, du pain et de l'eau aux manifestants qui ont passé leur première nuit au Parlement.

Des hauts-parleurs diffusaient les chants religieux traditionnels à l'occasion de Mouharram, le mois lunaire qui vient de débuter et durant lequel les chiites marqueront Achoura, commémoration du martyre de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et figure central du chiisme.

Dans les jardins, certains étaient assis sur des tapis en plastique à l'ombre des palmiers. D'autres ont dormi sur des matelas en mousse et sur des couvertures étalées sur le marbre des couloirs.

"Nous voulions le meilleur nous avons eu le pire: les politiciens qui siègent actuellement au Parlement ne nous ont rien apporté", fustige Abdelwahab al-Jaafari, travailleur journalier de 45 ans et père de neuf enfants.

«Gouvernement intègre»

Le Courant sadriste a lancé une intense campagne de pression contre ses adversaires, rejetant leur candidat au poste de chef du gouvernement.

Ancien ministre et ex-gouverneur de province âgé de 52 ans, Mohamed Chia al-Soudani a été choisi par le "Cadre de coordination".

Cette alliance de factions chiites pro-Iran englobe notamment la formation de l'ex-Premier ministre Nouri al-Maliki --ennemi historique de M. Sadr-- et les représentants du Hachd al-Chaabi, ex-paramilitaires intégrés aux forces régulières.

"L'objectif du sit-in dans le Parlement c'est la formation d'un gouvernement (...) avec des personnalités intègres qui servent le pays, étant donné que ces partis n'ont rien apporté au pays", lance Oum Hussein, 42 ans, parmi les manifestants.

Elle critique les adversaires de M. Sadr, et les accuse de choisir pour le poste de Premier ministre "des personnalités connues pour leur corruption", dit-elle.

Après le coup d'éclat des manifestants sadristes, les appels au dialogue et à la désescalade se sont succédés samedi dans l'ensemble du monde politique irakien.

Le président de la région autonome du Kurdistan d'Irak, dans le nord, a ainsi invité "les parties concernées à venir à Erbil (capitale du Kurdistan, ndlr), pour initier un dialogue ouvert et inclusif, et parvenir à un accord", selon un communiqué dimanche.

«Pouvoir de la rue»

Célèbre pour ses volte-face et coups d'éclat, M. Sadr maintient aujourd'hui la pression sur ses adversaires alors qu'il leur avait pourtant laissé la tâche de former un gouvernement, en faisant démissionner en juin ses 73 députés.

Initialement, le Courant sadriste qui représentait la première force au sein du Parlement de 329 députés avait pour ambition de nommer le Premier ministre et former un gouvernement, notamment avec ses alliés sunnites et kurdes. Mais il s'est avéré incapable de rassembler la majorité nécessaire au sein de l'hémicycle.

Désormais "le message que Sadr envoie à ceux qui sont impliqués dans la formation du gouvernement est qu'il a le pouvoir de la rue", résumait récemment à l'AFP Renad Mansour, du centre de réflexion Chatham House.

"Il espère utiliser ce pouvoir pour contrecarrer les tentatives de ses adversaires de former un gouvernement", disait-il.

Un porte-parole de la diplomatie européenne a appelé dimanche toutes les parties "à la retenue pour éviter plus de violences".

"Nous invitons les forces politiques à résoudre les problèmes via un dialogue politique constructif", selon un communiqué.


Le Conseil des ministres saoudien condamne les attaques iraniennes et affirme le droit du Royaume à se défendre

La session du Conseil des ministres, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence. (SPA)
La session du Conseil des ministres, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence. (SPA)
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  • Les ministres ont également salué la performance des défenses aériennes du Royaume qui ont intercepté et détruit des missiles

RIYAD : Le Conseil des ministres d’Arabie saoudite a fermement condamné mardi les attaques iraniennes visant le Royaume, les États du Golfe et d’autres pays de la région, affirmant qu’elles menacent la sécurité régionale et violent le droit international.

La session du Conseil, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence, a réaffirmé le droit de l’Arabie saoudite de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Les ministres ont également salué la performance des défenses aériennes du Royaume qui ont intercepté et détruit des missiles et des drones ayant tenté de viser des sites et des installations dans le pays.

Le prince héritier a informé le Conseil des récents entretiens téléphoniques qu’il a eus avec les dirigeants de plusieurs pays dans le cadre de consultations en cours sur les évolutions régionales et leurs répercussions sur la stabilité régionale et internationale.

Dans une déclaration à l'agence de presse saoudienne, le ministre de l’Information Salmane bin Yousef Al-Dossari a indiqué que le Conseil avait également examiné les efforts de l’Arabie saoudite pour renforcer la coordination et la coopération avec ses partenaires du Golfe et du monde arabe afin de faire face aux défis régionaux actuels.

Le Conseil a salué les déclarations issues des récentes réunions entre le Conseil de coopération du Golfe et l’Union européenne, ainsi que celles de la Ligue arabe, qui ont condamné les attaques iraniennes. 

Le Conseil a également évoqué la prochaine Journée du drapeau saoudien, célébrée le 11 mars, la décrivant comme un symbole de l’histoire du Royaume, de son identité nationale et de ses principes fondateurs.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth et sa banlieue

La fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth, le 10 mars 2026. (AFP)
La fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth, le 10 mars 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, visant des infrastructures du Hezbollah Depuis début mars, près de 500 personnes ont été tuées et environ 760.000 déplacées au Liban. Depuis début mars, près de 500 personnes ont été tuée
  • Pour la deuxième fois depuis le début de la guerre début mars, le centre de la capitale a été touché, un appartement dans la zone d'Aïcha Bakkar ayant été frappé

BEYROUTH: Israël a mené mercredi de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, bastion du Hezbollah pro-iranien, alors que son offensive a fait quelque 760.000 déplacés au Liban.

Pour la deuxième fois depuis le début de la guerre début mars, le centre de la capitale a été touché, un appartement dans la zone d'Aïcha Bakkar ayant été frappé, a indiqué l'agence officielle Ani.

Cet organe a par ailleurs fait état d'un "raid violent" sur la banlieue sud de la capitale, régulièrement visé depuis dix jours. Des images en direct d'AFPTV ont montré des colonnes de fumée s'élevant des sites touchés.

L'armée israélienne avait annoncé plus tôt une vague de frappes sur Beyrouth, disant cibler "des infrastructures du Hezbollah".

Près de 500 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, selon des chiffres officiels.

Et au moins 759.300 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée début mars en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

La représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing, a averti mardi à Genève que "le nombre de personnes déplacées continue d'augmenter".

"La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien, et cherchent refuge à Beyrouth, au Mont-Liban, dans la région du nord du Liban et dans certaines parties de la Békaa", a-t-elle expliqué.

Dans l'immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés fuyant les bombes.

"Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors", sur le front de mer, a raconté mardi à l'AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.

Mardi après-midi, de violentes frappes avaient déjà visé le sud de la capitale, pilonné depuis neuf jours.

Des images de l'AFPTV ont montré un nuage de fumée se dégager de ce quartier, qui abrite en temps normal entre 600.000 et 800.000 habitants.

Dans le sud du Liban, l'armée israélienne a également frappé mardi le secteur de Tyr, après avoir exhorté la population à évacuer.

Selon Ani, le maire et un conseiller municipal de la ville de Jwaya, près de Tyr, ont été tués.

Des raids "successifs" sur la ville de Qana, également près de Tyr, ont fait cinq morts et cinq blessés, selon le ministère de la Santé mercredi.

Près de la frontière avec Israël, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d’Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué.

L’Ani a également fait état d'"affrontements entre le Hezbollah (...) et une force ennemie en périphérie de la localité d'Aitaroun", dans ce secteur.

Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d'évacuer une vaste zone du sud, s'étendant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.

Les derniers habitants d'un village chrétien frontalier avec Israël, Alma Al-Chaab, qui avaient résisté aux avertissements israéliens, ont été évacués mardi par les Casques bleus, selon une source de l'ONU et un correspondant de l'AFP.

"83 personnes sont parties, personne n'est resté parce qu'ils se sentaient en danger", a indiqué à l'AFP le maire du village, Chadi Sayah.

La plaine orientale de la Békaa, un bastion du Hezbollah frontalier de la Syrie, est également pilonnée par l'armée israélienne.

Mardi, les présidents libanais, Joseph Aoun, et syrien, Ahmad al-Chareh, sont convenus de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident frontalier, a annoncé la présidence à Beyrouth.

La Syrie avait dénoncé dans la nuit des tirs d'artillerie du Hezbollah pro-iranien vers son territoire.


L’Arabie saoudite intercepte des missiles balistiques visant la base aérienne Prince Sultan

Plusieurs missiles balistiques visant l’Arabie saoudite ont été interceptés. (REUTERS)
Plusieurs missiles balistiques visant l’Arabie saoudite ont été interceptés. (REUTERS)
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  • Le Conseil des ministres saoudien a fermement condamné mardi les attaques iraniennes visant le Royaume

RIYAD : L’Arabie saoudite a abattu sept missiles balistiques, a annoncé le ministère de la Défense tôt mercredi.

Six des missiles visaient la base aérienne Prince Sultan, tandis qu’un autre a été intercepté alors qu’il se dirigeait vers la Province orientale.

Cinq drones ont également été abattus alors qu’ils se dirigeaient vers le champ pétrolier de Shaybah, dans le Rub al-Khali (le Quart Vide).

Onze autres drones ont été détruits à Al-Kharj, Hafar Al-Batin et dans d’autres zones de la Province orientale, a indiqué le ministère.

La guerre, lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, s’est intensifiée, affectant la stabilité régionale et déclenchant une crise énergétique mondiale.

Mardi, le Conseil des ministres saoudien a fermement condamné les attaques iraniennes visant le Royaume, les États du Golfe et d’autres pays de la région, affirmant qu’elles menacent la sécurité régionale et violent le droit international.

La session du Conseil, présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane par visioconférence, a réaffirmé le droit de l’Arabie saoudite de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Le Brent a atteint un niveau historique de 120 dollars le baril lundi avant de redescendre à 90 dollars mardi.

Amin Nasser, directeur général de Saudi Aramco, le premier exportateur mondial de pétrole, a déclaré aux journalistes : « Les conséquences pour les marchés pétroliers mondiaux seraient catastrophiques, et plus la perturbation se prolongera… plus les conséquences pour l’économie mondiale seront graves. »

La Maison-Blanche a déclaré que les prix de l’essence chuteront une fois que les objectifs des États-Unis dans la guerre seront atteints.

Le conflit pourrait se prolonger pendant des mois, malgré les propos du président américain Donald Trump affirmant qu’il pourrait toucher à sa fin. Mais les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré qu’il prendra fin lorsqu’ils en décideront. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com