Arrestation tendue d'une diplomate sénégalaise: «inacceptable» selon le Canada

La ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly prend la parole à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain au Centre Sheraton à Montréal, le 3 août 2022. (Photo par Alexis Aubin / AFP)
La ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly prend la parole à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain au Centre Sheraton à Montréal, le 3 août 2022. (Photo par Alexis Aubin / AFP)
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Publié le Dimanche 07 août 2022

Arrestation tendue d'une diplomate sénégalaise: «inacceptable» selon le Canada

  • La police canadienne a fait mardi «une descente au domicile» de la diplomate sénégalaise lors de laquelle elle a «exercé» sur elle «une violence physique et morale humiliante», selon Dakar
  • Dakar dénonce un «acte raciste» et violent, le Canada promet «une enquête approfondie» face à un incident «inacceptable»

OTTAWA : La police canadienne était dans l'embarras samedi après l'arrestation tendue, et contraire aux règles internationales, d'une diplomate sénégalaise en banlieue d'Ottawa, Dakar dénonçant un «acte raciste» et violent, le Canada promettant «une enquête approfondie» face à un incident «inacceptable».

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères avait indiqué vendredi avoir convoqué la veille la chargée d'affaires de l'ambassade du Canada à Dakar pour «dénoncer vigoureusement et condamner fermement un acte raciste et barbare».

«Nous sommes extrêmement préoccupés par le traitement présumé d'une diplomate sénégalaise par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG)», a réagi le ministère canadien des Affaires étrangères dans un communiqué. «Ce qui s'est passé est tout simplement inacceptable.»

La police canadienne a fait mardi «une descente au domicile» de la diplomate sénégalaise lors de laquelle elle a «exercé» sur elle «une violence physique et morale humiliante», selon Dakar.

«Le Canada prend très au sérieux ses obligations en vertu de la Convention de Vienne», a insisté le gouvernement de Justin Trudeau, rappelant que cette convention régit depuis plus de 60 ans les relations diplomatiques et «prévoit un certain nombre d'immunités, y compris contre toute forme d'arrestation».

En fin de journée samedi, le gouvernement du Québec - province où s'est déroulé l'incident - a annoncé l'ouverture d'une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI, la police des polices québécoises) après «une intervention policière qui soulève des questions» contre «la Premier conseiller (sic) de l'Ambassade du Sénégal au Canada».

- Ambulance dépêchée -

La police de Gatineau, banlieue québécoise de la capitale fédérale canadienne, avait reconnu vendredi soir l'altercation, survenue mardi alors qu'un huissier de justice «muni d'une ordonnance devant être exécutée» avait demandé le concours des forces de l'ordre.

«Malgré le rappel du statut de diplomate de la victime et de l'inviolabilité de son domicile, les éléments de la police canadienne l'ont menottée et sauvagement tabassée, au point qu'elle a eu du mal à respirer, ce qui a conduit à son évacuation par ambulance à l'hôpital», selon les autorités sénégalaises.

La police canadienne a assuré de son côté avoir préalablement confirmé que «le document judiciaire était bel et bien valide et que l'officier de justice ayant autorisé l'ordonnance judiciaire avait été informé que la personne avait un statut diplomatique».

Puis, a ajouté le SPVG, «faisant face à une personne agressive et refusant de collaborer, les policiers sont intervenus» pour ramener le calme, mais c'est alors qu'«une policière a été frappée au visage et blessée».

«Les policiers ont donc décidé de procéder à l'arrestation» de la diplomate. Mais elle «a résisté» et «blessé par morsure un deuxième policier».

La diplomate sénégalaise «a alors été amenée au sol pour être maîtrisée», puis détenue «à l'arrière du véhicule de patrouille, sous supervision d'une policière, le temps que le huissier exécute son ordonnance», mais à «aucun» moment la diplomate «n'a mentionné avoir été blessée ou avoir des douleurs», a souligné la police canadienne.

Pourtant, quelques minutes plus tard, une ambulance a été dépêchée auprès de la diplomate, a reconnu la police, sans plus de détails.

- «Enquête approfondie» -

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a indiqué avoir remis une «note de protestation» aux autorités canadiennes.

Il «exige» qu'une enquête soit «diligentée et que «des poursuites soient menées contre les auteurs de cette agression inadmissible».

«Le Canada continuera de coopérer pleinement avec le Sénégal pour remédier à cette situation regrettable», a assuré Ottawa.

«Nous travaillons assidûment avec les différents paliers de gouvernement concernés et attendons une enquête approfondie», a indiqué le gouvernement canadien, notant que la cheffe de la diplomatie canadienne Mélanie Joly est «en contact avec son homologue sénégalaise», Aïssata Tall Sall.

Le Sénégal «se réserve le droit d'exercer toute autre action appropriée», a averti Dakar.

Le Sénégal est l'un des principaux partenaires du Canada en Afrique de l'Ouest et le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'entretient régulièrement avec le président sénégalais Macky Sall, leur dernier échange remontant à fin juin.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.