Nucléaire: Des réacteurs abaissent leur production avec la chaleur, dérogations étendues

Les températures devraient grimper dans les 30 degrés Celsius cette semaine dans une grande partie de la France, réchauffant davantage les rivières qu'EDF utilise pour refroidir les réacteurs (Photo, Reuters).
Les températures devraient grimper dans les 30 degrés Celsius cette semaine dans une grande partie de la France, réchauffant davantage les rivières qu'EDF utilise pour refroidir les réacteurs (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 09 août 2022

Nucléaire: Des réacteurs abaissent leur production avec la chaleur, dérogations étendues

  • Chaque centrale a ses propres limites réglementaires de température de rejet de l'eau à ne pas dépasser
  • Les deux autres réacteurs de la centrale sont pour leur part en arrêt pour une maintenance programmée

PARIS: Plusieurs réacteurs nucléaires d'EDF ont été contraints d'abaisser leur production en raison des températures élevées des cours d'eau utilisées pour leur refroidissement, a indiqué l'entreprise vendredi, tandis que les dérogations environnementales dont bénéficient certains sites étaient étendues.

"Les conditions climatiques exceptionnelles actuelles se traduisent par une montée de la température de la Garonne qui a atteint 28 degrés", indique EDF.

"À la demande du gestionnaire de réseau d'électricité national (RTE), l'unité de production n°2 de la centrale de Golfech reste en production (puissance minimale)", poursuit le producteur d'électricité.

Cette puissance minimale correspond à environ 300 MW, contre 1.300 MW normalement. Le second réacteur de la centrale située dans le Tarn-et-Garonne est pour sa part en arrêt programmé.

Chaque centrale a ses propres limites réglementaires de température de rejet de l'eau à ne pas dépasser, afin de ne pas échauffer les cours d'eau environnants et d'en protéger la faune et la flore. Les centrales pompent en effet l'eau pour le refroidissement des réacteurs, avant de la rejeter.

Les arrêtés fixant les limites de rejet prévoient également des seuils plus élevés "en conditions climatiques exceptionnelles", comme c'est le cas actuellement à Golfech.

En outre, des dérogations temporaires peuvent encore relever les seuils, ce qui a été accordé à quatre centrales nucléaires, dont celle du Bugey (Ain), alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire.

"Les conditions climatiques exceptionnelles que nous connaissons depuis quelques jours se traduisent par une montée de la température du Rhône, qui a atteint plus de 25 degrés", constate EDF dans un point distinct sur la centrale du Bugey.

"Les unités de production n°2 et 5 ont été maintenues sur le réseau dans le respect des dispositions relatives aux situations climatiques exceptionnelles", indique le groupe.

Ces deux réacteurs ont "dû effectuer des baisses de charge", autrement dit réduire leur puissance, a précisé une porte-parole d'EDF à l'AFP.

Les deux autres réacteurs de la centrale sont pour leur part en arrêt pour une maintenance programmée.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a par ailleurs prolongé jusqu'au 11 septembre la dérogation environnementale, qui courait initialement jusqu’au 7 août, dont bénéficiaient quatre centrales pour qu'elles puissent continuer à fonctionner, a indiqué à l'AFP le ministère de la Transition énergétique.

"L’ASN a également autorisé, hier (jeudi), une cinquième autorisation de dérogation, concernant celle de Tricastin", a-t-on ajouté au ministère, qui doit encore avaliser formellement cette décision.

"Lorsque cette décision sera homologuée par l’État, les centrales de Bugey, Blayais, Golfech, Saint Alban et Tricastin bénéficieront d’une dérogation jusqu’au 11 septembre", a résumé la même source.

Les rejets feront l'objet d'un suivi "renforcé et quotidien" des effets sur la faune et la flore, tandis qu'EDF tirera un bilan à l'issue de la période, a souligné le ministère.

EDF avait prévenu qu'il pourrait être contraint d'abaisser sa production nucléaire ces prochains jours et même arrêter un réacteur de la centrale du Tricastin (Drôme) en raison des températures élevées des fleuves.

Des baisses de production pour ces raisons interviennent régulièrement en période estivale, même si cette année, elles sont intervenues beaucoup plus tôt que d'habitude - dès le mois de mai.

EDF relativise la portée de ces événements, soulignant que depuis 2000, les pertes de production ont représenté en moyenne 0,3% de la production annuelle du parc.


Darmanin lance la procédure de fermeture d'une mosquée «radicale» dans le Bas-Rhin

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin après une réunion des ministres à l'Elysée, à Paris, le 7 septembre 2022. (Photo, AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin après une réunion des ministres à l'Elysée, à Paris, le 7 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • Gérald Darmanin a lancé mercredi la procédure de fermeture administrative d'une mosquée à Obernai (Bas-Rhin), accusée de faciliter «la diffusion d’une idéologie radicale»
  • La procédure, formellement engagée par la préfète du Bas-Rhin, prévoit une phase contradictoire de dix jours pendant laquelle l'association gestionnaire de la mosquée peut faire valoir ses observations

PARIS: Gérald Darmanin a lancé mercredi la procédure de fermeture administrative d'une mosquée à Obernai (Bas-Rhin), accusée de faciliter "la diffusion d’une idéologie radicale", a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur. 

L'imam de la mosquée, arrivé en 2017, est "connu pour se livrer à un prosélytisme radical dans le Bas-Rhin depuis une douzaine d’années", a assuré la place Beauvau, confirmant une information du Figaro. 

Il manifeste "une hostilité évidente envers la société française, multiplie les propos provocateurs et hostiles aux valeurs républicaines et encourage les fidèles dans cette vision radicale", ajoute le ministère de l'Intérieur. 

La procédure, formellement engagée par la préfète du Bas-Rhin, prévoit une phase contradictoire de dix jours pendant laquelle l'association gestionnaire de la mosquée peut faire valoir ses observations, avant une éventuelle fermeture, dont la durée ne peut excéder six mois. 

L’association gestionnaire de ce lieu de culte est par ailleurs accusée de "cautionner" les "propos" et les "agissements" de cet imam, "qui n'ont jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation ou modération" de sa part. 

"Ces deux dernières années, 23 lieux de cultes séparatistes ont été fermés", a tweeté Gérald Darmanin. 

Selon le ministère de l'Intérieur, la France compte 2 623 mosquées et salles de prières. 

Sur ce total, une centaine, soupçonnées de séparatisme, ont été mises sous surveillance, ce qui a permis le lever les doutes pour une trentaine d'entre elles. 

Le reste, qui représente une cinquantaine de lieux de culte musulman, reste sous la surveillance du ministère. 


Lancement mi-octobre de formations sur l'environnement pour les députés

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance), à Louan-Villegruis-Fontaine, le 6 septembre 2022. (Photo, AFP)
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance), à Louan-Villegruis-Fontaine, le 6 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est à l'origine de ces formations qui ont aussi pour but d'«améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux dans le travail parlementaire»
  • Composé de 14 députés de tous bords et présidé par Mme Braun-Pivet elle-même, il se réunira pour la première fois le 6 octobre

PARIS: Les députés vont être formés aux enjeux de la transition écologique, avec un premier rendez-vous fixé au 19 octobre, afin qu'ils disposent "d'un socle de connaissances partagées", a indiqué mercredi la présidence de l'Assemblée nationale. 

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est à l'origine de ces formations qui ont aussi pour but d'"améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux dans le travail parlementaire", selon un communiqué. 

Une conférence inaugurale, suivie d'ateliers thématiques, se tiendront le 19 octobre, avec la participation de la paléo-climatologue et membre du GIEC Valérie Masson-Delmotte, de l'écologue Philippe Grandcolas et de l'économiste du climat Céline Guivarch. 

Cette rencontre "ne sera qu’une première étape d’un cycle de formations", de sorte que "la formation des députés, mais aussi des personnels et collaborateurs travaillant dans l’institution, s’inscrive dans la durée", poursuit la présidence de l'Assemblée. 

Dans l'optique d'une "Assemblée verte et vertueuse", Mme Braun-Pivet a aussi mis sur pied un groupe de travail chargé de proposer "des pratiques environnementales exemplaires" au sein de l'institution. 

Composé de 14 députés de tous bords et présidé par Mme Braun-Pivet elle-même, il se réunira pour la première fois le 6 octobre. Le groupe de travail doit se pencher sur des "mesures immédiates" pour "éviter des coupures énergétiques cet hiver", ainsi que sur un "plan de transition énergétique à moyen et long terme" d'ici fin février 2023, afin de réduire les consommations de 60% d’ici 2042. 

Enfin, un "plan de transition écologique" devra être remis d'ici juin 2023, sur la réduction des déchets, le verdissement du transport des députés, personnels et collaborateurs, et encore sur la promotion d'une alimentation saine et durable. 

"Il y a encore beaucoup à faire en termes de réduction de la consommation (énergétique), même si beaucoup a été fait avec une baisse de 30% ces dix dernières années", soulignait la titulaire du perchoir dans Le Parisien lundi, en relevant qu'"une partie des bâtiments (de l'Assemblée) est classée monument historique, ce qui ne facilite pas le travail". 


Retraites: «ce que s'apprête à faire le président est une folie», dit Ruffin

Député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, acronyme de "Nouvelle Union Populaire Ecologique et sociale", François Ruffin réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 19 juillet 2022. (AFP)
Député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, acronyme de "Nouvelle Union Populaire Ecologique et sociale", François Ruffin réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 19 juillet 2022. (AFP)
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  • «Je vais essayer d'être solennel: je pense que ce que s'apprête à faire le président de la République est une folie» a déclaré le député de la Somme sur le plateau de franceinfo
  • «La retraite, c'est l'injustice au-dessus des autres», a-t-il encore argumenté, évoquant «des gens qui se demandent comment déjà, ils vont pouvoir bosser jusqu'à 60 ans»

PARIS: Le député LFI François Ruffin a estimé mercredi que la réforme des retraites voulue et annoncée par le président Emmanuel Macron était "une folie" dans un pays "épuisé" et "exaspéré" par deux ans de Covid-19, l'inflation et la  "fatigue démocratique".

"Je vais essayer d'être solennel: je pense que ce que s'apprête à faire le président de la République est une folie", a déclaré le député de la Somme sur le plateau de franceinfo quelques heures avant la tenue d'un dîner décisif de la majorité, autour du président, sur ce sujet.

"Quand on a eu deux ans de crise Covid, qu'on a un peuple qui est épuisé, qui est exténué, qu'il (Emmanuel Macron, NDLR) a été réélu finalement sans élan, sans enthousiasme, qu'il a une majorité de raccroc à l'Assemblée nationale (...), qu'on s'apprête à ne pas savoir si on va pouvoir payer nos factures, qu'on a une crise d'inflation, que les salaires ne suivent pas", a-t-il énuméré, rappelant des sondages montrant qu'une large majorité des Français ne souhaitent pas une réforme.

Niant l'utilité même de la réforme, il a estimé qu'"on installe du ressentiment dans le cœur des gens".

"La retraite, c'est l'injustice au-dessus des autres", a-t-il encore argumenté, évoquant "des gens qui se demandent comment déjà, ils vont pouvoir bosser jusqu'à 60 ans".

Le président Macron reçoit mercredi soir avec Élisabeth Borne les principaux chefs de la majorité, divisés sur la manière de mener cette réforme, afin de décider de la méthode: amendement, texte ad hoc ou budget rectificatif de la Sécurité sociale.

La décision finale est attendue "d'ici la fin de la semaine".

Promesse de campagne la réforme, qui devrait notamment reculer l'âge légal de départ à la retraite, doit permettre selon l'exécutif de conduire le régime à l'équilibre et de dégager des marges de manœuvres pour financer l'éducation, la santé ou la transition énergétique.