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Tennis: Serena remporte au courage sa première victoire de l'année à Toronto
Serena Williams lors d'un match contre Nuria Parrizas-Diaz lors du tournoi de tennis Open Banque Nationale à Toronto, le lundi 8 août 2022 (Photo, AP).
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Publié le Mardi 09 août 2022
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Tennis: Serena remporte au courage sa première victoire de l'année à Toronto
Soulagée, l'Américaine de 40 ans a assuré que cette victoire renforçait sa confiance après une longue période d'absence sur le circuit
Au prochain tour, elle affrontera la vainqueure du match Belinda Bencic - Tereza Matincova
Publié le Mardi 09 août 2022
TORONTO: L'Américaine Serena Williams a signé sa première victoire de l'année, six semaines après son retour manqué à Wimbledon, en battant Nuria Parrizas Diaz (N.57) en deux sets (6-3, 6-4) au premier tour du tournoi WTA 1000 sur dur de Toronto, lundi.
Battue d'entrée par la Française Harmony Tan le 28 juin dernier sur le gazon londonien, l'ex-N.1 mondiale a souffert face à l'Espagnole, mais a retrouvé des ressources pour s'imposer dans un match compliqué, en près de deux heures (1h57).
Soulagée, l'Américaine de 40 ans a assuré que cette victoire renforçait sa confiance après une longue période d'absence sur le circuit.
"Je suppose qu'il y a une lumière au bout du tunnel. Je me rapproche de la lumière", a-t-elle déclaré à l'issue de la rencontre. "J'ai hâte d'arriver à cette lumière. J'adore jouer, c'est génial, mais je ne peux pas faire ça pour toujours".
"Parfois, vous voulez seulement essayer de profiter du moment et faire du mieux que vous pouvez", a-t-elle ajouté.
Williams remporte ainsi sa première victoire depuis le 4 juin 2021 et son 3e tour victorieux à Roland-Garros 2021, signant son premier succès en 2022, elle qui, avant Wimbledon, n'était plus apparue sur le circuit depuis un an.
La championne aux 23 titres en Grand Chelem a remporté la première manche avec panache. Moins véloce, mais s'appuyant sur un service rapide comme à l'époque de sa splendeur, Williams a pris la mise en jeu de son adversaire à 4-3 avant de servir pour le gain du set qu'elle a conclu avec autorité.
Portée par un public énamouré, Williams a lâché des coups spectaculaires pour sauver une balle de break à 2-1 contre elle, s'attirant une énième ovation du public au terme d'un échange incroyable, au cours duquel les deux joueuses se sont rendues coup pour coup.
Jeu interminable
La suite a été un combat âpre, aucune des deux protagonistes ne voulant lâcher son service, avec toutefois un léger ascendant de l'Espagnole sur son illustre adversaire.
Chaque fois que cette dernière a semblé vaciller sur les retours bien sentis de Parrizas Diaz, la Floridienne a trouvé un coup décisif pour écarter le danger, comme dans ce 8e jeu interminable de la seconde manche. L'ex-N.1 mondiale désormais retombée à la 407e place mondiale, poussée dans ses retranchements, a dû sauver plusieurs balles de break pour enfin convertir son service (9 égalités).
Ce fut le tournant du match, car dans la foulée, elle a encore breaké pour s'ouvrir le chemin de la victoire sur sa propre mise en jeu, à la grande satisfaction du public de Toronto.
Au prochain tour, elle affrontera la vainqueure du match Belinda Bencic - Tereza Matincova prévu en fin de soirée à Toronto.
Autre multiple titrée en Grand Chelem, la Roumaine Simona Halep a balayé la Croate Donna Vekic 6-0, 6-2 pour se qualifier pour le second tour. L'ancienne N.1 mondiale n'a pas perdu de temps, concluant son match en 62 minutes sous un ciel menaçant.
Dernière gagnante de Wimbledon, la Kazakhe Elena Rybakina a pour sa part battu la Tchèque Marie Bouzkova 7-5, 6-7(3/7), 6-1.
La Lettone Jelena Ostapenko a écarté l'Ukrainienne Anhelina Kalinina 6-4, 6-2, tandis que la Tchèque Karolina Pliskova a pris le dessus sur sa compatriote Barbora Krejcikova 6-3, 6-4.
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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Arab News
Publié le 05 mai 2026
Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées
Publié le Mardi 05 mai 2026
Arab News
05 mai 2026
DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.
L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.
À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.
Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.
Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.
« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.
« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »
Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.
À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Festival Andaloussiyat 2026 — Une célébration des musiques arabo-andalouses du Maroc à l’Institut du monde arabe. (Photo: fournie)
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Arab News en français
Publié le 02 mai 2026
Le festival Andaloussiyat 2026 met à l’honneur les musiques arabo-andalouses marocaines à Paris à travers concerts, ateliers et conférences
La tradition Al Ala, emblématique du Maroc, illustre un patrimoine musical vivant transmis depuis des siècles
Publié le Samedi 02 mai 2026
Arab News en français
02 mai 2026
PARIS: L’Institut du monde arabe met en lumière un héritage musical séculaire à travers la deuxième édition du festival Andaloussiyat, organisée du 29 mai au 3 juin 2026. Après une première édition, ce rendez-vous s’inscrit dans un cycle de trois ans visant à explorer les richesses des musiques arabo-andalouses du Maghreb. Pour cette édition, le Maroc est à l’honneur.
Née dès le VIIIᵉ siècle de la rencontre entre les traditions musicales de l’Orient arabe et celles de la péninsule ibérique, la musique arabo-andalouse se distingue par sa profondeur poétique et sa complexité musicale. Au Maroc, elle trouve une expression particulièrement raffinée dans la tradition Al Ala, transmise de génération en génération par des maîtres musiciens et des orchestres prestigieux.
En partenariat avec l’Association des amateurs de la musique andalouse du Maroc (AAMAM), le festival réunit sur la scène parisienne des figures majeures de ce patrimoine vivant. Concerts, ateliers et conférences permettront au public de découvrir cette tradition dans toute sa richesse.
Le programme s’ouvre le 29 mai avec un concert d’Ali Rebbahi, suivi notamment par l’Association des Ambassadeurs de la Musique Andalouse Marocaine en France, les Haddarates de Chefchaouen, ainsi que l’Orchestre de Rabat dirigé par Mohamed Amine Debbi avec Bahaa Ronda. Le festival se clôturera le 3 juin avec une conférence consacrée à une anthologie de la musique Al Ala, suivie d’un concert de l’Orchestre Rawafid sous la direction d’Omar Metioui.
Au-delà des concerts, des ateliers de pratique animés par Qaïs Saadi offriront une immersion directe dans cet art musical. Avec Andaloussiyat, l’Institut du monde arabe confirme son rôle de passeur culturel entre les rives de la Méditerranée, célébrant une tradition toujours vivante.
Devant un amphithéâtre comble, l’historien palestino-américain Rashid Khalidi et le professeur émérite Henry Laurens ont échangé pendant près de deux heures, à l’invitation de l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), autour du thème « Écrire l’histoire de la Palestine ». (IMA)
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Arlette Khouri
Publié le 30 avril 2026
Ce que l’on appelle communément « conflit israélo-palestinien » est en réalité, selon Khalidi, une guerre coloniale inscrite dans la longue durée, dont les Palestiniens seraient la cible depuis plus d’un siècle
Dès les premières minutes, le ton est donné : Khalidi récuse l’idée d’un affrontement symétrique entre deux peuples. Selon lui, cette grille de lecture masque l’asymétrie du rapport de force entre les parties impliquées
Publié le Jeudi 30 avril 2026
Arlette Khouri
30 avril 2026
PARIS: Devant un amphithéâtre comble, l’historien palestino-américain Rashid Khalidi et le professeur émérite Henry Laurens ont échangé pendant près de deux heures, à l’invitation de l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), autour du thème « Écrire l’histoire de la Palestine ».
D’emblée, une grande complicité et une admiration réciproque se dégagent entre Laurens, spécialiste du monde arabe et auteur de l’ouvrage intitulé « Question juive, problème arabe », et Khalidi, de passage à Paris à l’occasion de la publication en français de « Cent ans de guerre contre la Palestine », paru aux États-Unis en 2020.
C’est ce lien personnel entre les deux intervenants qui a donné lieu à un dialogue fluide, dense mais sans concessions, qui ne se contente pas de revisiter l’histoire, mais propose un changement de regard.
Ce que l’on appelle communément « conflit israélo-palestinien » est en réalité, selon Khalidi, une guerre coloniale inscrite dans la longue durée, dont les Palestiniens seraient la cible depuis plus d’un siècle.
Dès les premières minutes, le ton est donné : Khalidi récuse l’idée d’un affrontement symétrique entre deux peuples. Selon lui, cette grille de lecture masque l’asymétrie du rapport de force entre les parties impliquées.
Il ne s’agit pas simplement d’une rivalité nationale entre deux peuples vivant sur une même terre, mais d’un projet d’implantation soutenu par des puissances extérieures, inscrit dans une logique coloniale classique.
Loin d’être un accident de l’histoire, ce processus répond à une dynamique structurée, progressive et profondément politique, dont le moment fondateur reste la Déclaration Balfour.
Avec le soutien du Royaume-Uni à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine, cette déclaration transforme une aspiration politique en projet réalisable. Khalidi insiste : sans cet appui impérial, le mouvement sioniste n’aurait pas pu s’imposer de cette manière. Il rappelle les démarches antérieures de Theodor Herzl auprès des grandes puissances, restées infructueuses, jusqu’à ce que Chaim Weizmann obtienne le soutien britannique.
Les deux historiens convergent pleinement : le rôle des puissances étrangères est central, hier comme aujourd’hui. (Arlette Khouri)
À cette lecture, Henry Laurens n’oppose pas un refus, mais une mise en perspective. Il propose de remonter à 1908, moment charnière où émergent à la fois une conscience politique palestinienne et les premières tensions ouvertes autour de la présence sioniste.
Laurens insiste sur un point fondamental : le conflit est international dès l’origine. Il ne se joue pas seulement sur le territoire de la Palestine mandataire, mais aussi dans les capitales européennes, au sein des institutions internationales et, plus tard, dans les équilibres de la guerre froide.
Sur ce point, les deux historiens convergent pleinement : le rôle des puissances étrangères est central, hier comme aujourd’hui. La période du mandat britannique illustre parfaitement cette imbrication, notamment à travers la répression des révoltes palestiniennes — en particulier celle de 1936-1939 — menée en grande partie par les forces britanniques.
Pour Khalidi, cela confirme que la guerre n’oppose pas seulement deux acteurs locaux, mais qu’elle met en jeu une alliance entre projet sioniste et puissance impériale.
Laurens souligne pour sa part un aspect lié au langage : la Déclaration Balfour ne mentionne pas les Palestiniens en tant que peuple, évoquant simplement des « communautés non juives ». De même, le mandat britannique parle des « indigènes », un vocabulaire qui traduit une invisibilisation politique caractéristique des contextes coloniaux. Selon lui, le peuple palestinien, en tant que sujet politique, mettra des décennies à être reconnu comme tel, y compris dans le monde arabe.
Les deux historiens s’accordent également à souligner la coexistence de ruptures et de continuités. Les accords d’Oslo, par exemple, apparaissent comme un moment charnière.
Pour Khalidi, ils constituent à la fois une rupture — avec la reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP — et l’aboutissement d’un processus engagé dès les années 1970, lorsque les dirigeants palestiniens prennent acte de l’impossibilité d’une solution militaire régionale.
Cette tension entre continuité et rupture se retrouve dans l’analyse des événements les plus récents. Le 7 octobre 2023 marque, selon Khalidi, une rupture par l’ampleur de la violence et le nombre de victimes, tout en s’inscrivant dans une logique ancienne de confrontation.
Double regard
Ce double regard permet d’éviter les simplifications et rappelle que, si rien n’est totalement nouveau, rien n’est strictement identique non plus.
Ainsi, la figure de l’ancien président palestinien Yasser Arafat illustre bien cette complexité. À la fois acteur de la lutte et artisan de compromis, il incarne une période où un certain équilibre interne était encore possible. Sa disparition marque une rupture majeure.
Laurens souligne qu’il était sans doute le seul capable d’éviter une guerre civile palestinienne. Celle-ci éclatera quelques années plus tard, opposant notamment le Hamas à l’Autorité palestinienne, accentuant la fragmentation déjà profonde des rangs palestiniens.
Cette fragmentation constitue l’un des obstacles majeurs à l’écriture d’une histoire cohérente. À ce propos, Khalidi insiste sur l’absence d’archives nationales centralisées, conséquence directe de la dispersion du peuple palestinien.
L’historien doit alors recomposer le récit à partir de sources éparses : archives familiales, témoignages, documents internationaux. Il évoque aussi, plus personnellement, le recours à sa propre expérience — une démarche inhabituelle dans son parcours académique, mais rendue nécessaire par les lacunes documentaires.
Enfin, l’échange s’ouvre sur le présent et ses évolutions. Khalidi observe un changement notable dans l’opinion publique occidentale, en particulier aux États-Unis, où les mobilisations étudiantes, les débats académiques et les campagnes de boycott ont contribué à transformer le regard porté sur la Palestine.
Mais cette évolution s’accompagne, selon lui, d’une réaction tout aussi forte : une restriction croissante de la liberté d’expression, qu’il n’hésite pas à comparer au climat du maccarthysme.
Le dialogue s’achève sur une question plus large : que révèle la question de la Palestine pour le monde contemporain ?
Pour Khalidi, elle constitue l’un des derniers avatars d’une histoire coloniale que l’on croyait révolue. Pour Laurens, elle reflète un conflit profondément inscrit dans les dynamiques internationales.