La star du tennis Ons Jabeur «dynamise le sport dans les pays arabes et africains»

La superstar tunisienne du tennis Ons Jabeur «est sous pression, mais joue à merveille, et son style convient à une surface comme le gazon», selon un analyste sportif. (AFP)
La superstar tunisienne du tennis Ons Jabeur «est sous pression, mais joue à merveille, et son style convient à une surface comme le gazon», selon un analyste sportif. (AFP)
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

La star du tennis Ons Jabeur «dynamise le sport dans les pays arabes et africains»

  • Beaucoup de talent mais une évolution nécessaire, selon le spécialiste émirati du tennis Khalid al-Ali
  • Un commentateur expérimenté partage ses réflexions sur les prétendants au titre de Wimbledon cette année

DUBAÏ: Quelques heures seulement avant que la superstar du tennis tunisien Ons Jabeur ne commence son tournoi de Wimbledon 2022 contre la Suédoise Mirjam Bjorklund, elle a été classée numéro deux mondiale, le plus haut classement de sa carrière.
C'était aussi le plus haut classement jamais enregistré pour des joueurs de tennis africains ou arabes, hommes ou femmes.
Pour le spécialiste du tennis émirati Khalid al-Ali, Jabeur et d'autres joueuses d'Afrique du Nord contribuent à rehausser l’image et la popularité du tennis comme jamais auparavant.
«Vous pouvez diviser le monde arabe en deux, sachant que les pays du Maghreb, comme la Tunisie, le Maroc et l'Algérie, en sus de l'Égypte, sont à un stade avancé dans le tennis», a-t-il affirmé. «À part Ons, il y a le joueur égyptien Mayar Sherif, qui a fait partie du classement dans les années soixante. C'est aussi la preuve que le tennis féminin est plus développé à l'heure actuelle que le tennis masculin, où personne n'a atteint ces niveaux.»
En tant que passionné de tennis, Al-Ali apprécie, en particulier à cette période de l'année, les traditions établies qui sont chères à Wimbledon, et l'intense rivalité sur le court pour les titres masculins et féminins, qui semble cette année se teinter d’un éventuel changement politique.
«Le tournoi de Wimbledon, qui a commencé en 1877, possède un héritage extrêmement riche, a-t-il affirmé. Les traditions telles que les vêtements blancs et l'absence de panneaux publicitaires autour des courts ont été maintenues jusqu'à présent. Des changements auront cependant lieu cette année. Les joueurs avaient l'habitude d'entrer sur le terrain par le côté, mais cette année, il y a une nouvelle tradition, et ceux-ci feront leur entrée par le milieu du terrain.»
«De plus, c'est la première fois que le court central de Wimbledon sera ouvert à l'entraînement avant le début du tournoi. Traditionnellement, personne n'était autorisé à marcher sur le terrain central avant le premier match officiel. Ce sont donc deux nouveautés.»
Mais le plus grand changement cette année a lieu au niveau des joueurs.
«Pour la première fois en vingt-quatre ans, Roger Federer ne participera pas au tournoi», a indiqué Al-Ali. Cela fait donc la différence dans cette édition, tout comme l'interdiction de la participation aux joueurs russes. Pour cette raison, l'ATP a retiré tous les points qui auraient été attribués, considérant que la politique interfère avec le sport.»
En l'absence de Federer, les yeux se tourneront inévitablement, une fois de plus, vers le champion en titre, Novak Djokovic, et Rafael Nadal, désormais classés troisième et quatrième mondiaux.
«Djokovic a remporté les trois derniers tournois et, logiquement, sur gazon, il figure en tête», a confié Al-Ali. «Après comme toujours, Nadal, même quand on ne le considère pas comme favori, s'impose sur un tournoi comme on l'a vu à Roland Garros. Avant Roland Garros, il avait perdu à Rome face au Canadien Denis Shapovalov.»
«Il y avait des doutes sur le fait que ce serait son dernier tournoi, car son corps ne peut plus supporter plus de blessures. Mais il l’a gagné, et maintenant il est très confiant, espérant réaliser un exploit que Novak a presque réussi mais n'a pas pu concrétiser. C'est le Golden Grand Slam, le fait de remporter les quatre tournois majeurs la même année. Il a déjà gagné en Australie et à Roland Garros. Il entre à Wimbledon habité par son rêve.»
«L'année dernière, Djokovic a remporté l'Open d'Australie, puis Roland Garros et Wimbledon, et a participé à l'US Open avec l’espoir de réaliser un exploit que seul Rod Laver, le joueur australien, avait accompli. Il l'a fait à deux reprises, une fois avant d’être un jouer professionnel, ce qui ne lui a pas permis d’entrer dans le livre des records, mais il est revenu accomplir cet exploit après la Seconde Guerre mondiale.»
Djokovic a perdu la finale de l'US Open en deux sets face à Daniil Medvedev. Ce revers et l'épisode déplaisant de l'Open d'Australie – lorsqu'il a été détenu parce qu'il n'avait pas été vacciné contre la Covid-19 – ont porté un coup dur à son moral.
«Il a toutefois de grandes chances de contre-attaquer à Wimbledon», a affirmé Al-Ali. «Parmi les favoris figureront également Stefanos Tsitsipas, Matteo Berrettini, qui a remporté deux tournois sur gazon cette année, et qui a été le finaliste perdant de Wimbledon l'an dernier contre Djokovic. Vous pouvez limiter le carré gagnant à ces joueurs.»
«Andy Murray est de retour avec une “wild card” car son classement n’est pas assez élevé», a ajouté Al-Ali. Physiquement, il n'est peut-être pas prêt, mais jouer devant son public pourrait le voir se surpasser.»
Chez les femmes, Wimbledon accueille de nouveau la grande Serena Williams qui, avec 23 titres du Grand Chelem, espère toujours égaler le record féminin de 24 titres détenu par Margaret Court.
«Serena Williams revient aussi avec une “wild card” après une longue absence, a précisé Al-Ali. Elle a joué en double avec Ons Jabeur à Eastbourne, où elles ont atteint la demi-finale, mais Ons a dû se retirer à cause d’une blessure. C'était une blessure légère, mais elle ne voulait pas l'aggraver avant Wimbledon.»
«Williams avait l'air plus lente et n'était pas la Serena à laquelle nous sommes habitués. Mais elle a encore des coups qui conviennent au gazon et pourrait éventuellement se classer parmi les favorites.
«Bien sûr, la numéro un mondiale, Iga Swiatek, fait partie des favorites, tout comme la joueuse suisse Belinda Bencic. Et puis il y a le retour de Petra Kvitova qui a gagné à Eastbourne et a été deux fois championne de Wimbledon.»
«Dans le tennis féminin, il y a toujours des surprises», selon Al-Ali.
Jabeur, bien qu’actuelle numéro deux mondiale, est classée troisième à Wimbledon. Le commentateur émirati a de grands espoirs pour elle malgré le haut niveau des attentes.
«Elle a atteint les quarts de finale l'année dernière, ce qui était sa meilleure performance dans un Grand Chelem», a affirmé Al-Ali. «Elle subit beaucoup de pression, mais elle joue à merveille et son style convient au jeu sur gazon. Nous pourrions bien la voir en finale.»
Sa qualification pour les matchs du tableau, et sa multitude de fans dans le monde arabe – sans parler de son statut d’héroïne – continuera de la pousser en avant. Pour Al-Ali, on espère que ses accomplissements, et ceux d'autres joueurs et joueuses arabes africains, s'étendront un jour au reste du Moyen-Orient.
«La situation géographique joue toujours un rôle, que ce soit dans le sport ou dans tout autre domaine», a-t-il indiqué. «Proximité, coûts, mentalité, être au cœur de ce sport. C'est un sport qui a commencé en France et qui a ensuite été organisé par les Anglais. Il y réside un certain art de vivre et beaucoup de sacrifices pour les joueurs, surtout les joueuses. Les Marocains, les Algériens, les Tunisiens et les Égyptiens excellent toutefois dans ce sport. Et bien sûr, l’importance de la population est un facteur non négligeable. Ils ont eu accès à ce sport plus tôt que dans cette région.»
Aux Émirats arabes Unis et dans le Conseil de coopération du Golfe, la popularité du tennis augmente continuellement, grâce au nombre croissant d'événements qui s’y déroulent, a-t-il précisé.
«Fort heureusement, les choses s'améliorent ici. Tous les meilleurs joueurs du monde viennent à Dubaï, de sorte que la popularité de ce sport a augmenté», selon Al-Ali. «Ce que fait Ons est similaire à ce qui s'est passé en Chine. La Chine est un vaste et important pays, mais le tennis n'est devenu populaire qu'après que Li Na a remporté deux tournois du Grand Chelem, Roland Garros et l'Open d'Australie. Après cela, le pays a commencé à s’y intéresser.»
«Nous espérons donc qu'avec Ons Jabeur, et après la progression des trois Marocains Karim Alami, Hicham Arazi et Younes el-Aynaoui, d'autres viendront encore», a-t-il ajouté. «Il y a le Jordanien Abdullah Shelbayh qui joue au niveau junior à Wimbledon, et qui y a remporté le tournoi en double. Il s'entraîne à l'académie de Rafael Nadal et j'ai beaucoup d'espoir pour lui.»
Avec le soutien et le financement appropriés, Al-Ali est certain que l'avenir verra davantage de joueurs de tennis arabes suivre les traces de Jabeur.
«Nous sommes toujours optimistes», a-t-il confié. «Nous avons une belle académie à Fujairah, créée par cheikh Mohammed ben Rashid al-Maktoum, où je siège au conseil d'administration. Quand Ons Jabeur était junior, elle y a joué dans un tournoi après son entrée dans les rangs de l'ITF, et Alexander Zverev a également gagné à Fujairah.»
«Nous ne sommes pas étrangers à l'organisation des meilleurs tournois de cette région. Nous devons maintenant introduire des programmes de développement, mais nous n'avons pas de programmes clairs pour l’instant. Il y a aussi un manque d'égalité dans le financement entre les sports. Nous devons nous assurer que les sports individuels comme le tennis bénéficient d’un soutien, tout comme le football.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.


Londres analysera la boîte noire après le crash d'un avion libyen, selon Tripoli

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
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  • "Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale
  • Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara

TRIPOLI: Le Royaume-Uni a accepté d'analyser la boîte noire de l'avion qui s'est écrasé en Turquie le 23 décembre avec à son bord une délégation militaire libyenne, faisant huit morts dont le chef d'état-major libyen, a annoncé jeudi le gouvernement de Tripoli.

"Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara.

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage.

Une demande d'analyse a été "faite à l'Allemagne qui a exigé l'assistance de la France" pour examiner les enregistreurs de l'avion, a précisé M. al-Chahoubi à l'AFP.

"Cependant, la Convention de Chicago stipule que le pays analysant la boîte noire doit être neutre. La France étant un pays constructeur de l'appareil dont l'équipage était français, elle n'est pas habilitée à participer. En revanche, le Royaume-Uni a été accepté par la Libye et la Turquie", a-t-il précisé à l'AFP.

Deux Français faisaient partie des membres d'équipage de l'avion, un Falcon 50.

Après un entretien mardi avec l'ambassadeur britannique à Tripoli, le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher al-Baour, avait évoqué une "demande conjointe, soumise par l'Etat libyen et la République de Turquie au Royaume-Uni, pour obtenir un soutien technique et juridique en vue de l'analyse de la boîte noire".

"Le Royaume-Uni a annoncé son accord, en coordination entre le ministère libyen des Transports et les autorités turques", a ajouté le ministre lors du point presse.

"Il n'est pas possible à ce stade de prévoir le temps nécessaire à la lecture des données de la boîte noire" car cela dépendra de son état, a-t-il souligné.

L'enquête "se poursuit dans le cadre d'une coopération libyo-turque et avec une participation technique internationale", a précisé le ministre, en ajoutant que les conclusions seraient publiées "dès qu'elles seront connues".

 


Israël confirme interdire d'accès à Gaza 37 ONG étrangères dont MSF et Oxfam

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
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  • Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture
  • Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG

JERUSALEM: Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture. Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG.

"Les licences des organisations ont expiré et il leur est interdit d'acheminer de l'aide. Elles ont deux mois pour retirer leurs équipes", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

D'ici le 1er mars, "si elles daignent nous soumettre les documents qu'elles ont refusé de nous fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande", a ajouté Gilad Zwick.

Dans un communiqué, le ministère a affirmé que cette "exigence" visait à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires" étrangères.

"L'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas", a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.

Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale à l'approche de l'échéance - mercredi minuit heure locale - imposée aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations.

Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, dont Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou Oxfam.

"Marginaliser les acteurs humanitaires" 

Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir obtenu d'Israël "des garanties et des clarifications" concernant cette demande "préoccupante". Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l'AFP les "actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires".

A Gaza, les employés locaux sont "épuisés" et leurs collègues étrangers "leur apportent un degré additionnel d'aide et de sécurité. Leur présence est une protection", a-t-elle fait valoir, confirmant le refus de l'ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. "On a proposé des alternatives, elles ont refusé".

Mercredi, l'Union européenne a exigé la levée des "obstacles" à l'aide humanitaire.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a lui estimé que "de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza", où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.

La question de l'aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.

En 2024, Israël avait déjà interdit à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

"Alignement politique" de l'aide 

Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de "dangereux précédent", dénonçant un "mépris du droit international humanitaire" et une "multiplication des obstacles" à l'aide.

Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui jugé que la radiation des ONG "sape l'action humanitaire (...), met en danger le personnel et les communautés et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide".

"Subordonner l'aide à un alignement politique (...) exiger la divulgation de données personnelles sensibles (...) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes" à leurs droits, ajoutent ces signataires d'un communiqué commun.

Selon le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d'aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Mais seuls 100 à 300 transportent de l'aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies.