INTERVIEW : Cambridge Medical se concentre sur la rééducation post-pandémique

Illustration par Luis Grañena
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Publié le Lundi 02 novembre 2020

INTERVIEW : Cambridge Medical se concentre sur la rééducation post-pandémique

  • Le PDG émirati d’un groupe de cliniques explique pourquoi l’Arabie saoudite est le prochain arrêt de sa stratégie d’expansion au Moyen-Orient
  • Cette coopération entre Cambridge et les autorités médicales des Émirats arabes unis se poursuit depuis la première vague du virus

Vers la fin de ma conversation sur Zoom avec Howard Podolsky, président directeur général du Cambridge Medical and Rehabilitation Center, j’ai laissé entendre qu’il parlait beaucoup plus comme le Dr. Anthony Fauci, le conseiller de santé publique américain, que comme le président Trump.

« Je suis médecin dans l’âme. Il suffit d’être intelligent et de suivre la science », lance M. Podolsky, ce qui montre clairement ce qu’il pense du grand débat concernant la manière de réagir à la pandémie de Covid-19. « D’un point de vue politique et pandémique, cela me fend le cœur de voir toute cette folie aux États-Unis », déplore-t-il.

M. Podolsky travaille dans le secteur médical au Moyen-Orient depuis 2012. Il observe l’évolution de la pandémie dans la région et dans le monde d’un œil expert depuis le début de l’année, tout en gérant l’entreprise qui a joué un grand rôle dans l’allègement de la pression sur le secteur de la santé publique aux Émirats arabes unis dans sa lutte contre le virus.

Cambridge est un centre spécialisé dans le domaine médical post-aigu qui fournit des soins et des traitements de rééducation pour des maladies à long terme à des patients de tous les groupes d'âge ayant des besoins cliniques différents.

Ce centre était d’une importance cruciale lorsque les cas montaient en flèche et que les hôpitaux étaient menacés d’être submergés au début du printemps. De nombreux patients atteints de Covid-19 avaient urgemment besoin de soins intensifs et nécessitaient souvent des respirateurs, mais la capacité maximale des hôpitaux était atteinte.

« Les autorités ont vu un besoin sérieux et considérable, et nous avions la possibilité de faire sortir des patients non-atteints de Covid-19 pour libérer la capacité des soins aigus, faisant ainsi de la place pour les patients atteints si nécessaire », mentionne M. Podolsky.

Cette coopération entre Cambridge et les autorités médicales des Émirats arabes unis se poursuit depuis la première vague du virus. Les deux centres de M. Podolsky à Abou Dhabi et à Al-Ain admettent des patients post-Covid qui ne sont plus contagieux mais qui ont toujours besoin de ventilation ou qui suivent un traitement de rééducation respiratoire, ce qui est l’une des spécialités de Cambridge.

« De nombreux patients n’ont plus besoin d’être en soins intensifs mais ont toujours besoin de traitement. Toute notre équipe est éduquée et formée sur la science et la technologie de la rééducation respiratoire de transition. Ce traitement peut prendre des mois, voire des années. Nous pouvons les incorporer dans nos services de rééducation à long terme », souligne-t-il.

Cambridge est le seul fournisseur de soins post-aigus de longue durée aux Émirats, offrant des services aux patients hospitalisés à travers ses 106 lits dans la capitale et ses 90 lits à Al-Ain, ainsi que des services de consultations externes et à domicile.

L’année dernière, Cambridge a vu un vide dans le marché en Arabie saoudite et a ouvert ses portes à Dhahran, la maison de Saudi Aramco, où il entretenait déjà des relations avec le partenaire médical de longue date de la compagnie pétrolière, Johns Hopkins.

« L’Arabie saoudite était un choix logique pour nous », affirme M. Podolosky. Non seulement le plus grand nombre d’habitants par rapport aux Émirats en faisait un marché riche en potentiel, mais elle était aussi relativement mal desservie en termes de soins post-aigus et de centres de rééducation. « Il était donc logique pour nous d’étudier la possibilité de développer une plateforme de soins de longue durée dans le Royaume », ajoute-t-il.

Cambridge a construit un centre de 60 lits à Dhahran qui reçoit des références provenant non seulement de Johns Hopkins, mais également d'autres parties du système de santé saoudien.

« Il y a un grand manque de lits dans les soins post-aigus saoudiens, et nous cherchons des opportunités ailleurs, autour des grands centres de population de Riyad et de Djeddah », a déclaré M. Podolsky. Cambridge pourrait chercher à acquérir un centre potentiel, ainsi qu'à construire un centre de « friche ».

Le secteur médical est l'un des domaines destinés à une grande expansion dans le cadre de la Vision 2030 du Royaume pour diversifier l'économie, et les hôpitaux, cliniques et centres médicaux pourraient être privatisés dans le cadre de la Vision.

M. Podolsky était médecin avant d’étudier le droit et le commerce aux États-Unis. Il a ensuite travaillé à SEHA, l’autorité sanitaire d’Abou Dhabi.

En 2014, Cambridge a été lancé aux Émirats arabes unis avec le soutien d'investisseurs en capital-investissement dirigés par TVM Capital Healthcare, le grand groupe mondial d'investissement dans le secteur de la santé. Comme pour la plupart des opérations médicales de la région, il s'agit d'une opération commerciale, et M. Podolsky a déclaré que la crise du Covid-19 avait — dans l'ensemble — été bonne pour les affaires.

« Nous avions déjà beaucoup de patients, mais la crise a été positive pour nous. Contrairement à certains établissements médicaux dans les régions, nous n'avons jamais été dépendants du fait qu'un patient prenne une décision concernant un traitement de santé facultatif », a-t-il indiqué.

Les activités non liées à la Covid-19 — qu'il s'agisse d'accidents vasculaires cérébraux ou de soins post-traumatiques à la suite d’accidents de la route — se sont poursuivies pendant la pandémie. « La vie ne s'arrête pas parce qu'il y a une pandémie », lance-t-il.

Il a récemment été annoncé que TVM souhaitait se retirer de son investissement à Cambridge, probablement via une vente de ses actions à un autre hôpital. M. Podolsky est conscient de cette possibilité.

« Les actionnaires sont toujours à la recherche d'opportunités. Notre objectif est de créer de la valeur pour tous les intéressés, investisseurs, clients et patients », affirme-t-il.
Est-ce le bon moment pour vendre un établissement médical au milieu de la plus grande menace pour la santé mondiale depuis un siècle ?

« Cela dépend de quel genre d’établissement il s’agit. Si c’est un établissement qui dépend des décisions facultatives et discrétionnaires des patients, peut-être pas. Mais nous faisons partie intégrante de l'écosystème des soins de santé dans la région, et nous nous y sommes intégrés », déclare M. Podolsky.

L'autre facteur qui a compliqué la scène médicale aux Émirats est le scandale de NMC Healthcare, société fondée à Abou Dhabi qui a fait faillite avec des milliards de dollars de dettes et a été accusée de vol, de fraude et de contrefaçon. Existe-t-il une « remise NMC » appliquée au secteur médical dans la région ?

« Les organisations de soins de santé ne devraient pas être décrites de manière généralisée. Nous sommes fondés sur l'intégrité et la gouvernance, et TVM se concentre sur cela en tant que pratique commerciale éthique et responsable », dit M. Podolsky.

En 2015, l’un des établissements de NMC, ProVita International Medical Centre, a été acheté par des investisseurs, dont TVM, et opère de manière similaire à Cambridge. On pense que de nombreux secteurs de l’activité de NMC sont mis en vente dans le cadre d’une stratégie visant à réduire son endettement élevé.

« Nous évaluerons les opportunités au fur et à mesure qu'elles pourraient devenir disponibles ou non », poursuit-il.

En tant que médecin, M. Podolsky a parlé davantage de la trajectoire de la pandémie de Covid-19 et de la possibilité d’un vaccin pour arrêter la propagation d'un virus qui est actuellement dans une « deuxième vague » violente dans de nombreuses régions du monde. Il est « prudemment optimiste ».

« J’espère que nous pourrons voir plusieurs vaccins sûrs et efficaces d'ici la fin de l'année, mais le défi sera de les faire livrer. N'oubliez pas que nous parlons d'un vaccin pour plus de 7 milliards de personnes, peut-être avec deux injections ».

« Mais je pense que la Covid-19 va rester. Elle ne disparaîtra pas et ne sera pas éradiquée comme la polio. Je crois que, pour un certain temps, l’épidémie refera quelques petites apparitions et elle fera partie de l’écosystème de santé publique. Nous devrons vivre avec, comme nous vivons avec la grippe », estime-t-il.

 Une partie de « vivre avec » signifie plus de tests, ce qui justifierait, selon lui, la forte augmentation des cas dans certains pays qui ont intensifié leurs efforts de dépistage.

Les Émirats arabes unis offrent un vaccin chinois aux agents de santé en première ligne, tout en coopérant également avec des fabricants d'autres pays, mais M. Podolsky n'a pas le temps pour le « nationalisme vaccinal » selon lequel les pays essaient d'être les premiers avec un remède ou des traitements de réserve pour leurs propres populations. « Il est regrettable que nous ayons des problèmes politiques liés à la santé publique et aux pandémies. Nous devons suivre la science et être transparents, ouverts et honnêtes », dit-il.

Ce qui l’a également rassuré est la baisse des taux de mortalité due à la maladie, qu'il a attribuée à de meilleurs traitements et thérapies. « Nous sommes devenus plus intelligents dans la façon dont nous traitons les patients pour les aider à surmonter les infections et les problèmes de réponse immunitaire. À mesure que nous nous améliorerons, nous verrons moins de décès », affirme-t-il.

En ce qui concerne le débat selon lequel le monde devrait poursuivre son activité économique en dépit de la menace sanitaire sur les plus vulnérables, il insiste que « Ce n’est pas un choix binaire. Nous devons protéger les plus vulnérables — les personnes âgées, obèses et autres personnes à risque — et prendre des mesures simples pour cibler les personnes à risque, telles que la distanciation sociale, le port des masques, et le lavage des mains ».

BIO

NAISSANCE : Toronto, Canada 1965

ÉDUCATION

Diplômé de la Buffalo School of Medical Science

Diplômé de la St Louis University School of Law

MBA de la Washington University School of St Louis

CARRIÈRE

Plusieurs postes de direction dans des institutions de santé américaines

Secrétaire

Directeur de cabinet, SEHA Abou Dhabi

Cadre en résidence, TVM Operations

Président directeur général, Cambridge Medical and Rehabilitation Centre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite annonce un nouveau soutien financier au gouvernement yéménite

Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
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  • Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi
  • Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires

RIYAD: L'ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur du programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume, sous les directives de ses dirigeants, a fourni un nouveau soutien au budget du gouvernement yéménite, visant à payer les salaires des employés de l'État dans tous les secteurs.

Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi. Ce paquet comprend la fourniture des dérivés du pétrole nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, ce qui contribuera à améliorer le niveau de vie des habitants du Yémen et à alléger leur fardeau quotidien.

Le poste d'Al-Jaber a souligné, en particulier, que tous les salaires des forces militaires et de sécurité liées au comité militaire supérieur lié à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite seront payés à partir de dimanche.

Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires en guise de moyen de pression. M. Al-Zubaidi est recherché par le gouvernement yéménite pour haute trahison et corruption.

L'ambassadeur a souligné que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre du soutien aux efforts déployés par le gouvernement yéménite pour mettre en œuvre le programme de réforme économique, qui vise à assurer la stabilité financière et économique et à renforcer la capacité de l'État à s'acquitter de ses obligations fondamentales.


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.

 


Syrie: l'armée accorde un nouveau délai aux civils pour fuir une zone sous contrôle kurde

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  • Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée
  • Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT

ALEP: L'armée syrienne a accordé un nouveau délai expirant vendredi soir aux civils pour fuir une zone du nord du pays qu'elle a l'intention de reprendre aux combattants kurdes, après les avoir délogés de la ville d'Alep.

Les forces syriennes ont massé d'importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, et sommé les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'évacuer un secteur entre cette région et l'Euphrate, plus à l'est.

Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée, selon les correspondants de l'AFP sur place.

Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT.

L'armée avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, avant de bombarder les quartiers tenus par les Kurdes.

Après des combats pour en déloger les derniers combattants, le pouvoir islamiste syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a pris dimanche le contrôle de l'ensemble d'Alep, principale ville du nord de la Syrie.

"Nouvelle guerre" 

Nadima Loueis, une femme de 54 ans, a emprunté avec son frère et sa nièce un pont branlant. "C'était difficile", témoigne-t-elle. "Nous étions encerclés à Deir Hafer, je vais chez mon frère à Alep".

"Beaucoup de gens veulent fuir", déclare à l'AFP Mahmoud al-Moussa, 30 ans, affirmant que les forces kurdes "ne laissent pas les gens partir et veulent les utiliser comme boucliers humains".

Les autorités syriennes ont aussi accusé les FDS d'empêcher les civils de partir, des affirmations rejetées comme "sans fondement" par leur porte-parole Farhad Shami.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie - incluant champs pétroliers et gaziers - après avoir défait le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.

Dans une interview télévisée, le président Ahmad al-Chareh a souligné que les Kurdes "contrôlent près du quart du territoire syrien", mais que les habitants de ces régions sont en majorité "des tribus arabes" alors que les Kurdes "ne constituent que 12 à 15% de leur population".

Cette poussée de tension intervient alors que l'application d'un accord conclu en mars 2025 pour intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien est bloquée en raison des exigences contradictoires des deux parties.

Jeudi, l'autorité autonome kurde a affirmé qu'elle restait prête au "dialogue" tout en appelant la communauté internationale à empêcher "une nouvelle guerre".

"Pression soutenue" 

Les FDS ont pour leur part prévenu que "'l'escalade militaire pourrait mener à une instabilité générale, menaçant la sécurité des prisons où sont détenus des membres de l'EI".

Plus de six ans après la défaite de l'EI, les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde abritent encore des dizaines de milliers de personnes ayant des liens présumés avec l'organisation jihadiste, dont un grand nombre d'étrangers que leurs pays, notamment européens, rechignent la plupart du temps à reprendre.

De son côté, le président syrien a affirmé dans l'interview accordée dimanche à la chaîne kurde irakienne Al-Chams, qu'elle a choisi de ne pas diffuser mais dont la télévision officielle syrienne a publié des extraits, que "la balle est dans le camp de Mazloum Abdi", le chef des puissantes FDS soutenues par les Etats-Unis.

Il a appelé les Kurdes à "oeuvrer main dans la main avec nous pour reconstruire la Syrie", tout en soulignant que l'accord de mars ne prévoyait "ni fédéralisme ni administration autonome".

Contrairement aux quartiers kurdes d'Alep, "une enclave isolée", les territoires contrôlés par les FDS sont "continus, riches en ressources et accueillent des forces américaines", explique l'analyste Nanar Hawach, de l'International Crisis Group.

"Damas ne peut pas y reproduire une offensive d'envergure" comme à Alep, selon lui, mais "peut exercer une pression soutenue" afin "d'affaiblir la position de négociation des FDS sans déclencher une confrontation totale".