Un terroriste déclenche sa veste explosive alors que les forces de sécurité saoudiennes tentent de l’arrêter

Abdallah ben Zayed Abdelrahman al-Bakri al-Shehri figure depuis sept ans sur la liste des personnes recherchées par les autorités du Royaume. Photo fournie.
Abdallah ben Zayed Abdelrahman al-Bakri al-Shehri figure depuis sept ans sur la liste des personnes recherchées par les autorités du Royaume. Photo fournie.
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Publié le Samedi 13 août 2022

Un terroriste déclenche sa veste explosive alors que les forces de sécurité saoudiennes tentent de l’arrêter

  • Abdallah ben Zayed Abdelrahman al-Bakri al-Shehri figure depuis sept ans sur la liste des personnes recherchées par les autorités du Royaume
  • Les forces de sécurité avaient localisé le terroriste et lancé une opération pour l'arrêter lorsqu'il a déclenché sa veste explosive

DJEDDAH : La liste des neuf individus recherchés impliqués dans une opération terroriste ciblant une mosquée des forces spéciales d’urgence de l’Arabie saoudite dans la région d’Asir (sud-ouest) en 2015 a été réduite, après que la présidence de la Sécurité de l’État a annoncé la mort d’Abdallah al-Shehri, qui était le numéro quatre sur cette liste.

Le terroriste a activé son gilet explosif lorsque les forces de sécurité ont tenté de l'arrêter à Djeddah vendredi.

Le porte-parole de la présidence de la Sécurité d'État a précisé qu’en plus du communiqué publié en février 2016 concernant la liste de neuf personnes recherchées par les autorités de sécurité – et dans le prolongement du suivi sécuritaire existant –, les forces de sécurité ont pu localiser le numéro quatre, Abdallah ben Zayed Abdelrahman al-Bakri al-Shehri, lors d’une opération de sécurité. Ce dernier a été approché par des agents de sécurité mercredi à 22 h dans le quartier d’Al-Samer à Djeddah. Il est mort sur place. Un résident pakistanais et trois agents de sécurité ont été blessés dans l’explosion et transportés à l’hôpital pour y recevoir les soins nécessaires.

Al-Shehri figurait sur la liste des personnes recherchées par les autorités du Royaume depuis sept ans, selon le communiqué. Les forces de sécurité avaient localisé le terroriste et lancé une opération pour l'arrêter lorsqu'il a déclenché sa veste explosive.

Avec cette annonce, il ne reste qu’une personne recherchée sur la liste, Majed ben Zayed al-Bakri al-Shehri, qui est toujours caché.

La liste comprenait :

1- Saïd Aaidh al-Dair al-Shahrani, tué lors d’un raid à La Mecque en mai 2016.

2- Taya Salem Eslam al-Saiari, tué lors d’une perquisition de son domicile dans le quartier d’Al-Yasmeen à Riyad en 2017.

3- Mouti’ Salem Eslam al-Saiari, tué par une organisation terroriste. On pense que la sœur de Taya l’a décapité dans une maison du quartier d’Al-Harazat à Djeddah, suivant les ordres des dirigeants de Daech, après avoir douté de son intention de se rendre aux forces de sécurité en novembre 2016.

4- Abdelaziz Ahmed Mohammed al-Bakri al-Shehri, tué avec un autre homme recherché lors d’un siège dans la région de Barah, dans le gouvernorat de Bicha, en avril 2016.

5- Aqab Moajab Fazaan al-Otaibi, arrêté à Bicha en mai 2016.

6- Mohammed Suleiman Rahyane al-Saqri al-Anzi, tué lors d’un raid à Wadi Numan, à La Mecque, en mai 2016.

7- Moubarak Abdallah Fahad al-Dosari, tué lors d’un raid à Wadi Numan, à La Mecque, en mai 2016.

8- Majed ben Zayed al-Bakri al-Shehri, toujours caché.

Les neuf terroristes affiliés à Daech ont été impliqués dans une attaque terroriste ciblant les fidèles de la mosquée du commandement des forces spéciales d’urgence à Asir le 6 août, qui a entraîné la mort de onze agents de sécurité et de quatre travailleurs bangladais sur le site. Trente-trois autres personnes ont été blessées.

La présidence de la Sécurité de l’État a déclaré que l'opération confirme la détermination du Royaume à sévir contre les terroristes et à assurer la sécurité de tous les citoyens et résidents.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Des soldats retraités tentent de prendre d’assaut le Parlement libanais

Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement (Photo, Ani).
Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement (Photo, Ani).
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  • «Nous gagnons à peine 1 200 000 livres libanaises chaque mois, ce qui est tout juste suffisant pour un ou deux jours au mieux»
  • La monnaie nationale libanaise a vu sa valeur fondre de près de 90 % depuis 2019

BEYROUTH: Alors que le Parlement libanais commençait sa séance par une minute de silence en hommage aux victimes du «bateau de la mort» de Tripoli, c’est une tout autre atmosphère qui régnait place de l’Étoile à Beyrouth. Des soldats retraités tentaient en effet au même moment de prendre d'assaut le Parlement libanais où se tient ce matin une session pour discuter et approuver la loi de finances de l'État 2022, ont rapporté aujourd’hui les médias d’État.

Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement, rapporte l’agence officielle libanaise Ani.

«Nous gagnons à peine 1 200 000 livres libanaises (1 livre libanaise = 0,00068 euro) chaque mois, ce qui est tout juste suffisant pour un ou deux jours au mieux.» «Je dois survivre vingt-huit jours encore...», déplore un soldat à la retraite interviewé par une émission télévisée quotidienne au milieu des manifestations.

Au Liban, les anciens soldats sont toujours payés au taux de change de 1 500 livres libanaises. Aujourd’hui, un salaire de 1 200 000 livres libanaises ne vaut plus que 32 dollars américains (1 dollar = 1,04 euro), selon le dernier taux de change rapporté aujourd’hui par les bureaux de change. La vraie valeur du dollar au Liban avoisine actuellement les 38 000 livres libanaises.

Le général de division à la retraite Jamil al-Sayed, également député et présent au Parlement lundi, a quitté la session de la Chambre pour rejoindre les militaires à la retraite, selon l’Ani. «Les soldats à la retraite se verront accorder dix jours comme délai par le gouvernement de Najib Mikati», avertit-il.

La monnaie nationale libanaise a vu sa valeur fondre de près de 90 % depuis 2019. Le salaire minimum mensuel, de 675 000 livres libanaises, n’équivaut à guère plus de 18 dollars au marché noir. Quelque 80 % de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté, selon l'Organisation des nations unies (ONU).

À la suite de l'effondrement économique du Liban, des réfugiés syriens et palestiniens ainsi que des Libanais ont tenté de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune pour se rendre vers des pays européens, notamment l'île de Chypre, située à 175 km des côtes libanaises.

Selon l'ONU, au moins 38 bateaux transportant plus de 1 500 personnes ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer, entre janvier et novembre 2021.


Le grand mufti du Liban prône l'unité à la veille de l'élection d'un nouveau président

Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
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  • Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite
  • Il a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes

BEYROUTH: Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite.

«Notre pays se transforme rapidement en un État défaillant; les nations arabes ainsi que le reste des pays du monde ne tarderont pas à ignorer le Liban en tant qu'État en raison de sa mauvaise gestion politique à tous les niveaux», a-t-il prévenu.

«Il est nécessaire d'élire un nouveau président et les députés sont responsables de cela. Sinon, notre pays connaîtra une vacance présidentielle.»

Le mufti Deriane avait convoqué les députés sunnites à l’occasion d’une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats.

Vingt-sept députés sunnites appartenant à tous les courants politiques ont participé à cette réunion dont un député affilié au Hezbollah, ainsi que des députés réformateurs et indépendants.  

Deux députés réformistes, Ibrahim Mneimneh et Halimé el-Kaakour, et le député indépendant Oussama Saad n'ont pas été présents.

L'objectif de la réunion était d'unir le bloc sunnite au Parlement pour lui conférer un poids significatif dans les élections présidentielles, selon une source de Dar Al-Fatwa.

Un autre objectif du bloc consiste à mettre un terme aux tentatives qui visent à manipuler l'accord de Taëf et à saper ses clauses relatives à la Constitution libanaise, ajoute la même source.

La réunion s'est concentrée sur les moyens pour préserver l'unité nationale et faire respecter les délais prévus par la Constitution dans la perspective de l'élection d'un nouveau président et de la formation d'un gouvernement susceptible de mener des réformes financières, monétaires et législatives, y compris le plan de redressement économique.

Lors de la réunion, le mufti Abdellatif Deriane a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes.

Le président est le défenseur de la Constitution et la présence d'un président chrétien au Liban symbolise la coexistence sur laquelle repose le système national, a-t-il affirmé.

Les pays arabes «sont volontaires et apprécient le système libanais» dans la mesure où le chef de l’État libanais reste le seul président chrétien du monde arabe, ajoute le cheikh Deriane.

Il a exhorté les députés à aider le président à assumer son rôle à l'intérieur et à l'extérieur du pays ainsi qu’à préserver son statut.

Le mufti Deriane a par ailleurs souligné que le nouveau président doit préserver les constantes de Taëf et de la Constitution, le vivre-ensemble et les lois libanaises, arabes et internationales.

Le nouveau président est appelé à mettre un terme aux disputes sectaires et à prôner une séparation des pouvoirs, conformément à la Constitution, a-t-il renchéri.

Le mufti a précisé que le président de la république qui sera élu devra «présenter les caractéristiques d'une personnalité de la sphère publique et politique et assumer la responsabilité de la mission qui lui est confiée».

Il a précisé que ce nouveau président doit disposer de la sagesse, du sens de la responsabilité nationale et de l'intégrité nécessaires. Il lui faudra en outre parvenir à rassembler tous les Libanais, employer ses pouvoirs à faire sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve et prévenir l'effondrement total du pays.

Le mufti Deriane a précisé: «Il est impératif d'élire un président doté de ces qualités; sinon, le régime et l'État s'effondreront sous nos yeux.»

Le mufti a par ailleurs appelé à préserver les prérogatives du Premier ministre et à aider dans sa mission le Premier ministre désigné.

«Tout le monde est appelé à assumer cette responsabilité commune. Nous espérons former un gouvernement dans les plus brefs délais, voire dans les prochains jours», a affirmé le cheikh Deriane. Selon lui, le Liban a besoin d'un gouvernement puissant, non d'un gouvernement intérimaire, pour faire face aux circonstances difficiles qu’il traverse.

Faute d'un consensus, le Liban ne peut survivre, affirme le cheikh Deriane. Le salut de notre pays passe inévitablement par l'unité, loin des tensions, des conflits sectaires et des incitations, ajoute-t-il.

Le président dont le Liban a besoin «ne peut pas faire partie du problème ni en être la cause».

Au terme de la réunion, les participants ont souligné les principes prônés par Dar el-Fatwa, notamment ceux qui sont relatifs au respect de l'accord de Taëf, de l'identité arabe du Liban et de l'unité nationale.

Ils ont par ailleurs dénoncé les abus qui ont porté atteinte – et continuent de le faire – aux principes de la réconciliation nationale et de la coexistence.

Les députés sunnites ont appelé à mettre fin aux souffrances qu’endure le Liban en raison de la mauvaise gestion et de la corruption endémique.

«Pour sauver le Liban, il convient de reconnaître les erreurs commises, de responsabiliser les coupables, quels qu'ils soient, et de coopérer de manière ouverte avec les différents partis libanais et arabes ainsi qu'avec la communauté internationale en vue de restaurer l’identité et la stature de ce pays», ont-ils déclaré.

Ils ont assuré qu'ils allaient collaborer avec les autres députés afin d'élire un nouveau président dans les délais prévus par la Constitution.

Selon eux, le nouveau président «doit se soumettre à la Constitution et faire preuve de loyauté envers le peuple libanais ainsi qu’envers ses intérêts».

Cette déclaration précise que l'ennemi du Liban reste l'armée israélienne, qui continue d’occuper certaines parties du pays.

Elle appelle à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des nations unies qui prévoient le retrait israélien des territoires palestiniens occupés et la reconnaissance de Jérusalem comme ville occupée.

Ce texte est un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: Après la démocratie représentative, la démocratie participative?

Le président de l'Autorité indépendante pour les élections, Farouk Bouasker, donne une conférence de presse sur le résultat final du référendum sur un projet de constitution présenté par le président du pays, à Tunis le 26 juillet 2022. (AFP).
Le président de l'Autorité indépendante pour les élections, Farouk Bouasker, donne une conférence de presse sur le résultat final du référendum sur un projet de constitution présenté par le président du pays, à Tunis le 26 juillet 2022. (AFP).
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  • Le 18 août 2022 marque un tournant dans la vie politique tunisienne; ce jour-là, le plus petit pays maghrébin s’est officiellement doté d’une nouvelle Constitution marquant une rupture – la deuxième en onze ans.
  • Sghaier Zakraoui, professeur de droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, considère que Kaïs Saïed «ne croit pas à la démocratie représentative et encore moins à la démocratie participative»

TUNIS: La Tunisie a tourné le dos au parlementarisme pratiqué dans le pays depuis 2014. D’après Sghaier Zakraoui, professeur de droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, la nouvelle Constitution va instaurer un régime dirigé par un hyperprésident, qui serait une sorte de mélange entre l’imamat à l’iranienne et la jamahiriya («république des masses») de Mouammar Kadhafi.

Le 18 août 2022 marque un tournant dans la vie politique tunisienne. Ce jour-là, le plus petit pays maghrébin s’est officiellement doté d’une nouvelle Constitution marquant une rupture – la deuxième en onze ans.

Soixante-six ans après son indépendance, la Tunisie continue donc à chercher sa voie autant sur le plan constitutionnel que politique. Pendant cinquante-cinq ans, elle a vécu avec ses deux premiers présidents – Habib Bourguiba (1956-1987) et Zine el-Abidine ben Ali (1987-2011) – sous un régime hyperprésidentiel, dans lequel les pouvoirs législatif et judiciaire étaient totalement contrôlés par l’exécutif.

La Constitution adoptée en janvier 2014, trois ans après la chute du régime Ben Ali le 14 janvier 2011, a instauré un régime parlementaire mixte, dans lequel le chef du gouvernement, qui détient l’essentiel du pouvoir exécutif, est responsable devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ce système est tenu pour responsable par bon nombre de Tunisiens – dont le président Kaïs Saïed – de tous les maux du pays. Pourquoi le parlementarisme a-t-il échoué? Est-ce parce qu’il a été mal appliqué ou parce qu’il n’est pas adapté à la Tunisie?

M. Zakraoui est convaincu que «le régime hybride consacré par la Constitution de 2014 et dans lequel le pouvoir est réparti entre le président de la république, le chef du gouvernement et l’ARP aurait pu fonctionner si la cour constitutionnelle avait été mise en place». D’autres conditions devaient aussi être réunies, mais ne l’ont pas été: «Des partis politiques disciplinés et bien ancrés dans le pays» et «un système électoral juste et équitable qui fasse émerger une majorité stable capable de gouverner le pays dans les moments de turbulence».

Où va donc la Tunisie? Sghaier Zakraoui considère que Kaïs Saïed «ne croit pas à la démocratie représentative et encore moins à la démocratie participative». Il prône «une nouvelle démarche, celle de “la construction par la base” et dont les principaux jalons ont été posés par la nouvelle Constitution, taillée sur mesure, dont notamment le mandat révocable, le bicaméralisme, en attendant tout ce que va apporter la loi électorale à l’édifice».

D’après ce juriste, le chef de l’État tunisien veut instaurer un «régime hyperprésidentialiste», une sorte de mix entre la jamahiriya de Mouammar Kadhafi, et l’imamat en vigueur chez les chiites (velayat-e faqih) dans lequel l’imam «bénéficie d’une immunité absolue».

Selon M. Zakraoui, le salut de la Tunisie résiderait dans «un régime présidentiel qui conviendrait au pays, soit un régime qui repose sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs: un exécutif bicéphale et un Parlement disposant de compétences réelles et pouvant contrôler cet exécutif».