Pourquoi le complot qui visait à tuer John Bolton fait partie de l’ADN du régime iranien

John Bolton (à gauche), Mike Pompeo et Adel al-Joubeir sont les dernières cibles dans le viseur du Corps des gardiens de la révolution islamique. (AFP)
John Bolton (à gauche), Mike Pompeo et Adel al-Joubeir sont les dernières cibles dans le viseur du Corps des gardiens de la révolution islamique. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 12 août 2022

Pourquoi le complot qui visait à tuer John Bolton fait partie de l’ADN du régime iranien

  • Depuis 1979, des individus soupçonnés d’être affiliés au gouvernement iranien ont mené des attaques contre des dissidents et des personnalités de l’opposition dans plus d’une douzaine de pays
  • Les analystes avertissent que l’absence de conséquences graves pourrait être à l’origine des tentatives audacieuses de l’Iran d’assassiner des dissidents et des ennemis à l’étranger

KAMESHLI (Syrie)/DJEDDAH: Au cours de cette dernière année, et à l’insu des citoyens de Washington, un assassin aurait rôdé dans les rues de la capitale américaine à la recherche d’une cible principale: un ancien haut responsable américain, dont le meurtre allait secouer le monde et représenter un symbole de vengeance contre l’Occident.
Ce plan aurait été déjoué mercredi dernier, lorsque le ministère américain de la Justice a officiellement accusé un citoyen iranien d’avoir comploté pour tuer John Bolton, conseiller principal à la sécurité nationale sous les administrations Bush et Trump.
Shahram Poursafi est accusé d’avoir recouru à des installations commerciales interétatiques pour commettre un meurtre contre rémunération et d’avoir fourni – et tenté de fournir – un soutien matériel à des terroristes.

iran
L’avis de recherche émis par le FBI contre Shahram Poursafi. (AFP)

Selon l’acte d’accusation du ministère de la Justice, M. Poursafi a tenté d’embaucher des criminels aux États-Unis pour commettre le meurtre à Washington, D.C. ou dans le Maryland contre la somme de 300 000 dollars (1 dollar = 0,97 euro). M. Poursafi serait entré en contact avec une source confidentielle le 9 novembre dernier.
Le FBI affirme que M. Poursafi est membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui est désigné comme organisation terroriste par l’Arabie saoudite, Bahreïn et les États-Unis. Il agissait au nom de la force Al-Qods, branche d’élite du CGRI. M. Poursafi, qui est toujours en liberté, est armé et considéré comme dangereux.

 

Biographie

Nom: Shahram Poursafi
Lieu de naissance: Iran
Date de naissance: 21 septembre 1976
Affiliation: Force Al-Qods, Corps des gardiens de la révolution islamique
Accusations pénales: soutien matériel au terrorisme, tentative de meurtre d’un haut responsable américain en échange d’une rémunération
Statut: en liberté

Nasser Kanaani, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a vigoureusement nié que le gouvernement iranien prévoyait d’assassiner M. Bolton; il a soutenu que les accusations étaient «sans fondement». Mais le long passé du régime montre qu’il a l’habitude de prendre pour cible les critiques et les dissidents à l’étranger et rend peu crédible sa protestation d’innocence.
Depuis la révolution iranienne de 1979, Téhéran a perpétré des assassinats et des attaques contre des dissidents iraniens et des responsables étrangers dans le monde entier. C’est pour cette raison que le Dr Mohammed al-Sulami, expert en affaires iraniennes, n’est pas surpris par l’annonce de ce récent complot.
«L’Iran adopte cette stratégie depuis des décennies», explique M. Al-Sulami, fondateur et président de l’Institut international d’études iraniennes à Riyad (Rasanah) dans un entretien accordé à Arab News. «Plus de deux douzaines d’opérations d’assassinat réussies ont été menées par le régime iranien à travers le monde.»

iran
L’agent iranien Ali Vakili Rad (au centre) quitte la prison de Poissy, en France, le 18 mai 2010, après sa libération. Il est accusé du meurtre du dernier Premier ministre du chah, Chapour Bakhtiar. (AFP)


Depuis 1979, des individus soupçonnés d’être affiliés au gouvernement iranien ont mené des attaques contre des dissidents et des personnalités de l’opposition dans plus d’une douzaine de pays, dont la France, les États-Unis, l’Autriche, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Albanie, la Thaïlande, le Danemark et la Turquie. Des individus liés au gouvernement iranien ont également détourné des avions et bombardé des bureaux gouvernementaux ainsi que des installations militaires dans le monde entier.
«Les évaluations de la menace mondiale, menées par la communauté du renseignement des États-Unis, avertissent depuis des années que l’Iran tente de développer des réseaux à l’intérieur des États-Unis pour la mise en œuvre de telles opérations», confie à Arab News Jason Brodsky, directeur des politiques chez United Against Nuclear Iran.
«Ces opérations sont choquantes, mais pas surprenantes. Elles remontent au début de la révolution islamique», précise-t-il en citant l’assassinat de l’exilé iranien et ancien attaché de presse auprès de l’ambassade d’Iran aux États-Unis, Ali Akbar Tabatabaei, dans le Maryland en 1980.

Les complots iraniens en chiffres

21 dissidents iraniens pris pour cible.
21 cibles arabes ou occidentales.
19 cibles israéliennes ou juives.

M. Brodsky souligne que, en 2011, le ministère américain de la Justice avait accusé deux citoyens iraniens, dont l’un était commandant de la force Al-Qods, d’avoir planifié un meurtre contre rémunération contre l’ambassadeur saoudien de l’époque, Adel al-Joubeir, dans un restaurant situé en plein cœur de la capitale américaine.
Les enquêtes du FBI révèlent que de l’argent avait été transféré à Mansour Arbabsiar, l’un des assassins potentiels, qui possède la double nationalité iranienne et américaine, à partir d’un compte bancaire connu de la force Al-Qods, et que les frais d’assassinat s’élevaient à 1,5 million de dollars.
La plainte pénale déposée en 2011 par le ministère de la Justice indique que «la force Al-Qods mène des opérations secrètes sensibles à l’étranger, y compris des attaques terroristes, des assassinats et des enlèvements. Par ailleurs, elle est soupçonnée de parrainer des attaques contre les forces de la coalition en Irak».
Eric Holder, procureur général des États-Unis à l’époque, ajoute: «La plainte pénale dévoilée aujourd’hui révèle un complot meurtrier dirigé par des factions du gouvernement iranien pour assassiner un ambassadeur étranger sur le sol américain au moyen d’explosifs.»

iran
Mansour Arbabsiar a été condamné par un tribunal américain en 2013 pour avoir fait partie d’un complot destiné à assassiner Adel al-Joubeir, alors ambassadeur du royaume d’Arabie saoudite aux États-Unis. (Photo Twitter)

Finalement, le complot, qui consistait à embaucher un cartel de la drogue au Mexique pour assassiner M. Al-Joubeir – aujourd’hui ministre d’État saoudien aux Affaires étrangères – a échoué en raison d’une mauvaise planification et du recours à des agents non compétents. M. Arbabsiar, qui travaillait comme vendeur de voitures d’occasion au Texas, a été condamné à vingt-cinq ans de prison en 2013.
«L’Iran a parrainé le terrorisme international hors de tout doute raisonnable», déclare à Arab News le Dr Hamdan al-Shehri, analyste politique saoudien et spécialiste des relations internationales.
«Le pays le fait par l’intermédiaire de ses agents et de ses mandataires, créant le chaos dans la région et ailleurs. Ils constituent désormais une menace non seulement pour la région, mais aussi pour les États-Unis, en attaquant des missions et des bases militaires américaines.»
De telles attaques imputées à l’Iran ne se limitent pas seulement aux personnalités politiques. Masih Alinejad, journaliste irano-américaine et militante des droits des femmes, a été la cible d’un complot d’enlèvement en juillet de l’année dernière. Le mois dernier, un homme armé d’un fusil AK-47 chargé a été arrêté devant son domicile, à New York.
M. Brodsky affirme que, dans le cadre du complot mené contre cette militante, ce sont des agents des renseignements iraniens qui sont directement impliqués, et non la force d’élite internationale Al-Qods.

iran
La journaliste irano-américaine et militante des droits des femmes, Masih Alinejad, a été la cible d’une tentative d’enlèvement à Téhéran l’année dernière. (AFP)

«La force Al-Qods du CGRI n’est pas la seule à mener des opérations pour nuire à des citoyens américains aux États-Unis. Le ministère iranien du Renseignement a également entrepris des opérations similaires», poursuit-il. «Cela montre que nous avons différentes parties du système iranien qui essaient toutes de pénétrer aux États-Unis, ce qui, bien sûr, constitue une source de préoccupation.»
Des sources proches de Mike Pompeo, l’ancien secrétaire d’État américain, ont déclaré à CNN que M. Bolton n’était pas la seule cible du dernier complot iranien. M. Pompeo aurait été l’une des deux personnes que M. Poursafi avait cherché à assassiner par l’intermédiaire d’un tiers. La récompense aurait été fixée à un million de dollars.

 

Principaux complots terroristes iraniens sur le sol étranger

7 décembre 1979: un assassin tue Shahriar Shafiq, neveu de l’ancien chah, devant son domicile à Paris.
13 juillet 1989: des agents iraniens tuent le chef du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, Abdelrahmane Ghassemlou, à Vienne.
24 avril 1990: Kazem Radjavi, universitaire et opposant iranien, est abattu dans sa voiture aux environs de Genève.
6 août 1991: des agents tuent l’ancien Premier ministre iranien, Chapour Bakhtiar, à son domicile, près de Paris, où il s’était réfugié après la révolution de 1979.
24 juillet 1992: le Royaume-Uni ordonne à trois Iraniens de quitter le pays après avoir découvert leur implication dans un complot qui visait à éliminer le romancier Salman Rushdie.
8 août 1992: le chanteur et artiste iranien Fereydoun Farrokhzad est retrouvé mort dans son appartement à Bonn.
17 septembre 1992: trois dirigeants irano-kurdes sont tués dans un restaurant grec de Berlin lors d’une attaque à la mitrailleuse surnommée «les assassinats du restaurant Mykonos».
20 février 1996: Zahra Rajabi, éminente membre de l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien, basée en Turquie, est abattue dans son appartement d’Istanbul.
11 octobre 2011: des responsables américains découvrent un complot iranien qui a pour but à tuer Adel al-Joubeir, ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis. Le ressortissant iranien Mansour Arbabsiar est coupable d’avoir planifié l’attentat.
30 juin 2018: un complot terroriste vise un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne à Paris. Les procureurs accusent le diplomate iranien Assadolah Assadi et trois autres personnes d’avoir planifié l’attaque.
14 novembre 2019: le scientifique et dissident iranien Masoud Molavi Vardanjani est abattu dans une rue d’Istanbul par des agents iraniens.
Juillet 2020: l’Iran déclare avoir capturé Jamshid Sharmahd, un membre de l’opposition, qui résidait aux États-Unis. Les détails de sa détention et de son expulsion ultérieure vers l’Iran demeurent un mystère.
Juillet 2021: des responsables américains affirment que des agents iraniens envisagent de kidnapper la journaliste et critique iranienne Masih Alinejad, qui habite à New York, ainsi que quatre autres personnes au Canada et au Royaume-Uni.

Les complots de l’Iran contre des responsables et des citoyens américains surviennent après la frappe du 1er janvier 2020 qui a tué Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods. Après cette action, les responsables politiques et militaires iraniens ont juré de venger la mort de Soleimani.
Cependant, selon M. Al-Sulami, le régime a complètement échoué en termes de vengeance et il a terni son image auprès des partisans de la région, et au-delà.
«Soleimani n’est pas un commandant militaire remplaçable en termes de gestion des milices du CGRI en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen; c’est une grande perte au niveau de la gestion du dossier régional de l’Iran», déclare à Arab News M. Al-Sulami. Ce dernier ajoute que l’Iran a eu recours aux assassinats lorsqu’il a pris conscience du fait que sa propagande n’avait pas réussi à convaincre les Iraniens ni les milices soutenues par l’Iran qu’il avait vengé la mort de Soleimani.

iran
Feu le général Qassem Soleimani, ancien commandant de la célèbre force iranienne Al-Qods. (AFP)

Au mois de janvier dernier, deux ans après le meurtre de Soleimani, le président iranien, Ebrahim Raïssi, a juré de se venger des responsables si le président américain Donald Trump n’était pas jugé pour avoir ordonné la frappe.
M. Pompeo occupait le poste de secrétaire d’État au moment du meurtre de Soleimani et M. Bolton avait incité à la fois au changement de régime en Iran et au retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.
M. Al-Shehri explique que la dernière révélation conduit à se demander comment les relations américano-iraniennes seront affectées, le cas échéant. «Depuis que l’ayatollah Khomeini a dénoncé les États-Unis comme le “grand Satan” et qu’il a approuvé la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, en novembre 1979, les États-Unis traitent l’Iran comme l’un des gouvernements les plus extrêmes, les plus irrationnels et les plus dangereux au monde», affirme-t-il à Arab News.

iran
Sur cette photo du 7 février 2019, le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton (à gauche) et le secrétaire d’État Mike Pompeo (à droite) écoutent le discours du président Donald Trump à Washington, D.C. (Images Getty via l’AFP)

 

Après l’attentat contre MM. Bolton et Pompeo, il s’interroge: «Les États-Unis permettront-ils toujours à l’Iran de poursuivre son programme d’enrichissement? Permettront-ils à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire?»
Avec la découverte du complot présumé, les commentateurs politiques se sont tournés vers les réseaux sociaux pour critiquer l’approche de l’administration Biden en matière de relations avec l’Iran.
«L’intention d’assassiner un ancien haut responsable américain ne suffit pas à dissuader cette administration de négocier avec l’Iran», publie quant à elle sur Twitter Simone Ledeen, ancienne sous-secrétaire adjointe à la défense pour le Moyen-Orient.
Réagissant sur Twitter, Morgan Ortagus, un ancien porte-parole du département d’État, écrit: «Il est clair que le régime iranien fera tout pour tuer Mike Pompeo. Le coup de grâce dont l’administration Biden a apparemment besoin pour repousser l’Iran ne devrait pas faire de nombreuses victimes, parmi lesquelles notre ancien secrétaire d’État.»

Les analystes avertissent que l’absence de conséquences graves pourrait être à l’origine des tentatives audacieuses de l’Iran d’assassiner des dissidents et des ennemis à l’étranger. M. Brodsky estime que pour l’Iran, les récompenses potentielles associées à l’assassinat d’un haut responsable américain l’emportent largement sur les risques, en partie en raison du manque de mobilisation de la part des États-Unis.
«Au niveau de leur politique envers le régime iranien, les États-Unis affirment qu’il y aura de graves conséquences en cas d’attentat contre des responsables américains. Mais qu’en est-il d’une tentative d’attentat? Il s’agit d'une tentative d’assassinat d’un ancien conseiller américain à  la sécurité nationale et secrétaire d’État. C’est quelque chose d’énorme», insiste-t-il.
«Par conséquent, s’il n’y a pas de conséquences lorsqu’il y a une tentative d’attentat, les Iraniens poursuivront leurs manœuvres.»
Se tournant vers l’avenir, M. Al-Sulami déclare: «Le système politique iranien continuera de cibler d’autres pays de la région et au-delà, ainsi que des responsables des États-Unis et d’Arabie saoudite en particulier, à moins que les négociations politiques et sécuritaires, ainsi que les engagements avec Téhéran, ne s'attaquent à ce comportement belliqueux et terroriste.»
«Dans le cas contraire, l’Iran poursuivra sa politique d’assassinats qui consiste à prendre pour cible des responsables américains et arabes.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Short Url
  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Short Url
  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.