Livraison de courses à domicile: Un décret en préparation pour encadrer les «dark stores»

Premier adjoint au maire de Paris, Emmanuel Grégoire (Photo, AFP).
Premier adjoint au maire de Paris, Emmanuel Grégoire (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 août 2022

Livraison de courses à domicile: Un décret en préparation pour encadrer les «dark stores»

  • Ces «dark stores» sont considérés par la mairie comme des entrepôts
  • Un «concertation» est en cours «depuis six semaines»

PARIS: La mairie de Paris a dit samedi son "inquiétude" face à un projet d'arrêté concernant les "dark stores", un texte qui n'est "pas définitif" et fait l'objet d'une "concertation", a-t-on assuré du côté du ministre chargé de la Ville et du Logement.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint PS à la mairie de Paris, chargé de l'urbanisme, a tweeté samedi son "inquiétude" et son "incompréhension" à propos d'"un projet d'arrêté (...) qui légalise de fait les darkstores."

La capitale hausse le ton depuis plusieurs mois contre ces lieux ouverts par les acteurs de la livraison rapide de courses à domicile, considérant qu'ils ne respectent pas les règlementations en matière d'urbanisme.

Ces "dark stores" sont considérés par la mairie comme des entrepôts, alors que les locaux dans lesquels ils ont été installés sont le plus souvent des locaux commerciaux. Entrepôts et commerces n'ont pas les mêmes impacts en termes de nuisance et d'animation de quartier.

Les riverains se plaignent notamment des nuisances générées, notamment par le va-et-vient des livreurs.

Désormais, "un simple point de collecte suffira pour être considéré comme un commerce", a assuré l'élu, joint par l'AFP, et demande "au gouvernement de suspendre ce projet et de convoquer une réunion de travail spécifique sur ce sujet avec France Urbaine et les grandes villes concernées".

Interrogé par l'AFP, le ministère délégué auprès du ministre de la Transition écologique, chargé de la Ville et du Logement, a confirmé qu'un projet de décret et un projet d'arrêté étaient "en cours d'élaboration", notamment pour "mieux encadrer le développement des dark stores, dark kitchen" et "clarifier le statut de ces locaux".

Un "concertation" est en cours "depuis six semaines", a précisé cette source.

Le projet "a été soumis en juillet à la consultation des différentes parties prenantes (collectivités locales et professionnels concernés). Cette consultation a permis de recueillir les premiers retours et les différentes propositions des parties prenantes sur le texte", selon la même source.

"Dans les prochaines semaines, le travail d'adaptation du texte et de concertation des acteurs concernés va se poursuivre afin de concilier au mieux les différents enjeux", a-t-on ajouté.

En juin, la mairie de Paris a annoncé vouloir infliger, d'ici début juillet, les premières pénalités financières aux "grands acteurs" de la livraison de courses rapides à domicile.

La capitale compterait désormais, selon M. Grégoire, une centaine de ces commerces, en plein essor depuis les restrictions de déplacement destinées à endiguer l'épidémie de Covid-19.


Le ministre des Finances britannique défend son mini-budget malgré le chaos financier

Le chancelier de l'Échiquier britannique, Kwasi Kwarteng, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement. (AFP).
Le chancelier de l'Échiquier britannique, Kwasi Kwarteng, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement. (AFP).
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  • Le gouvernement a dévoilé le 23 septembre une série de mesures budgétaires mêlant aides massives aux factures énergétiques et baisses d'impôts ciblant les plus aisés, dont le coût vertigineux a affolé les marchés financiers
  • Après l'annonce du «mini-budget», la livre sterling a atteint un plus bas historique lundi, le Fonds monétaire international a demandé au Royaume-Uni de revoir sa copie et la banque centrale est même intervenue en urgence pour tenter de calmer le jeu

LONDRES :Après une semaine de chaos sur les marchés financiers, le ministre des Finances britannique Kwasi Kwarteng a défendu son "mini-budget" à base de baisses d'impôts massives, affirmant qu'il n'y avait "pas d'autre choix" au moment où l'inflation bat des records au Royaume-Uni.

Le gouvernement a dévoilé le 23 septembre une série de mesures budgétaires mêlant aides massives aux factures énergétiques et baisses d'impôts ciblant les plus aisés, dont le coût vertigineux a affolé les marchés financiers.

"Bien sûr qu'il s'agit d'une intervention onéreuse, mais quel choix avions-nous? Imaginez le prix pour l'économie britannique du chômage de masse, un effondrement de la consommation et des entreprises qui mettent la clé sous la porte", a tenté de se défendre le chancelier de l'Echiquier dans les colonnes du Telegraph vendredi soir. "Ne rien faire n'était pas une option. Le prix de l'inaction aurait été bien plus grand que le coût de ce plan."

Après l'annonce du "mini-budget", la livre sterling a atteint un plus bas historique lundi, le Fonds monétaire international a demandé au Royaume-Uni de revoir sa copie et la banque centrale est même intervenue en urgence pour tenter de calmer le jeu.

Dernière déconvenue en date pour le gouvernement en poste depuis à peine trois semaines : l'agence de notation Standard and Poor's a revu à la baisse vendredi sa prévision pour la dette souveraine britannique, passant de "stable à "négative" la perspective de conserver la note "AA".

"Nous ne devons pas perdre de vue notre engagement à des finances publiques viables", a voulu rassurer Kwasi Kwarteng, assurant qu'il présenterait le 23 novembre "un plan crédible pour faire baisser la dette" avec "un engagement à la discipline en matière de dépenses".

De son côté, la Première ministre Liz Truss, plus impopulaire que jamais, a concédé qu'il y avait eu des "perturbations" mais a exclu une marche arrière. "Ça va être un hiver difficile mais je suis déterminée à faire tout ce qu'il faut pour aider les familles et l'économie", a-t-elle affirmé vendredi.

Les ménages britanniques sont étranglés par une inflation à près de 10% et s'inquiètent de savoir s'ils pourront se chauffer ou rembourser leur prêt immobilier cet hiver. Malgré l'annonce d'un gel du plafond des prix de l'énergie, ces derniers ont quand même doublé en un an. Et les baisses d'impôts annoncées vont d'abord bénéficier aux plus riches.


Mobileye, la filiale de technologies de conduite autonome d'Intel, veut entrer en Bourse

Amnon Shashua, fondateur et patron de Mobileye. (AFP)
Amnon Shashua, fondateur et patron de Mobileye. (AFP)
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  • Dans le document déposé vendredi auprès de la SEC, le gendarme des marchés financiers, Mobileye n'indique ni le nombre d'actions qui seront mises en circulation ni leur prix
  • Fondée en 1999, et rachetée par Intel pour 15,3 milliards de dollars en 2017, la société israélienne a mis au point des équipements et logiciels de conduite autonomes

SAN FRANCISCO: Intel veut faire entrer en Bourse Mobileye, sa filiale israélienne spécialisée dans les technologies de conduite autonome, pour se recentrer sur ses activités principales sans perdre le contrôle stratégique de l'entreprise.

Dans le document déposé vendredi auprès de la SEC, le gendarme des marchés financiers, Mobileye n'indique ni le nombre d'actions qui seront mises en circulation ni leur prix.

Elle précise en revanche qu'Intel, le géant américain des puces électroniques, gardera les actions de classe B, qui donnent dix fois plus de pouvoir lors des votes.

Fondée en 1999, et rachetée par Intel pour 15,3 milliards de dollars en 2017, la société israélienne a mis au point des équipements et logiciels de conduite autonomes.

Grâce à ses partenariats avec des dizaines de constructeurs (dont Audi, BMW, Volkswagen, General Motors et Ford), ses technologies d'assistance à la conduite sont utilisées sur plus de 800 modèles différents, relate Amnon Shashua, le fondateur et patron de Mobileye, dans sa lettre de présentation.

Il y explique avoir fondé sa société par "foi" dans l'idée que les technologies d'intelligence artificielle et de vision par ordinateur pouvaient "empêcher des accidents de la route et sauver des vies".

"D'ici 2030 nous prévoyons que nos systèmes d'assistance à la conduite seront déployés sur 266 millions de véhicules", en plus des 113 millions déjà équipés, ajoute-t-il.

Mobileye a réalisé 1,4 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2021, soit 43% de croissance sur un an. Et l'entreprise a réduit ses pertes nettes à 75 millions l'année dernière, contre 328 millions en 2019, et 196 millions en 2020.

Intel lance cette opération alors que l'appétit pour les entrées en Bourse s'est largement réduit face à la volatilité sur les marchés, l'inflation, les incertitudes macroéconomiques et le durcissement monétaire.

Le groupe cherche à se recentrer sur son cœur de métier. Le Congrès américain a adopté cet été une loi pour subventionner la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis et financer la recherche et le développement dans le secteur.

Mais Intel souffre des difficultés sur la chaîne d'approvisionnement et du ralentissement de l'activité mondiale.

La société est tombée dans le rouge au deuxième trimestre et a dû revoir à la baisse ses prévisions pour l'année, évoquant des "problèmes d'exécution".


Elon Musk présente l'ambitieux robot humanoïde de Tesla

Le multimilliardaire avait présenté en 2021 ce projet d'un robot pouvant accomplir les tâches répétitives à la place des humains. (AFP)
Le multimilliardaire avait présenté en 2021 ce projet d'un robot pouvant accomplir les tâches répétitives à la place des humains. (AFP)
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  • «Bumble C», une première version du robot, est arrivé en marchant précautionneusement sur la scène californienne où avait lieu la conférence annuelle «Tesla AI Day»
  • Le robot a esquissé un salut de la main et une vidéo l'a montré apportant un colis à un employé et arrosant des plantes

SAN FRANCISCO: Elon Musk a présenté vendredi deux prototypes du robot humanoïde Optimus, que son entreprise Tesla espère produire un jour par "millions" pour "transformer la civilisation" et bâtir un "avenir d'abondance" où la pauvreté aura disparu.

"Bumble C", une première version du robot, est arrivé en marchant précautionneusement sur la scène californienne où avait lieu la conférence annuelle "Tesla AI Day" sur les progrès en intelligence artificielle du fabricant de voitures électriques.

Le robot a esquissé un salut de la main et une vidéo l'a montré apportant un colis à un employé et arrosant des plantes.

Des employés ont aussi amené sur des roulettes un prototype plus avancé d'Optimus, avec moins de câbles apparents mais encore incapable de marcher tout seul.

Elon Musk a reconnu que d'autres organisations ont conçu des robots plus sophistiqués, mais "il leur manque un cerveau et ils n'ont pas l'intelligence nécessaire pour se mouvoir d'eux-mêmes (...) Et ils sont très chers", a-t-il affirmé.

Le patron de Tesla ambitionne un robot qui, à terme, coûtera "probablement moins de 20 000 dollars", et sera conçu pour être répliqué en "millions d'unités". Il parie sur des premières livraisons d'ici trois à cinq ans.

La conférence doit servir à recruter plus d'ingénieurs pour atteindre cet objectif, et ainsi "transformer fondamentalement la civilisation".

«Obligation morale»

Le multimilliardaire avait présenté en 2021 ce projet d'un robot pouvant accomplir les tâches répétitives à la place des humains.

"Cela signifie un avenir d'abondance, un avenir où il n'y a pas de pauvreté, où les gens auront ce qu'ils veulent en termes de produits et de services", a détaillé le patron de SpaceX (fusées) et Neuralink (implants cérébraux), jamais avare en prédictions extraordinaires.

"Beaucoup de gens pensent que nous sommes juste un constructeur cool", mais Tesla est aussi "le leader de l'intelligence artificielle", a assuré Elon Musk.

Depuis l'annonce du robot humanoïde, "Musk fait face aux sceptiques", a noté l'analyste Dan Ives de Wedbush Securities. "Le marché est concentré sur l'amélioration des batteries, sur les capacités de production des nouvelles usines (Berlin, Austin) et sur la concurrence de tous les côtés pour les voitures électriques. Pas sur les robots humanoïdes".

Le patron divise aussi sur les véhicules autonomes, qu'il promet pour très bientôt depuis des années. Une agence californienne a ainsi porté plainte en août contre Tesla, l'accusant de mentir sur ces technologies.

Mais Elon Musk estime avoir les meilleurs scores en tests de sécurité. "Vous avez l'obligation morale de déployer (un système d'autonomie) s'il réduit le nombre d'accidents et de morts", a-t-il assené vendredi.

"Même si vous allez avoir des procès et des critiques, parce que les gens dont vous avez sauvé la vie ne le savent pas, alors que quand des personnes meurent occasionnellement ou sont blessées, les Etats sont au courant s'il y a eu un problème avec l'autopilote".

«Version catgirl»

Elon Musk prévoit de tester Optimus dans l'usine californienne du groupe pour prouver son utilité. Il espère que le robot sera un jour "amical" et que discuter avec lui semblera "naturel". Il a aussi promis des fonctionnalités de sécurité, pour éviter un "scénario à la Terminator".

"Naturellement il y aura une version +catgirl+ de notre robot Optimus", a tweeté le fantasque entrepreneur pendant la conférence, avec la photo d’une silhouette feminine de dos, campée devant une file de robots métalliques.

Il a par ailleurs déclaré, à deux reprises, qu'il était "essentiel" que l'entreprise construisant ce robot soit cotée en Bourse, "parce que si le public n'aime pas ce que fait Tesla, le public peut acheter des actions et voter différemment".

"C'est très important que je ne puisse pas juste faire ce que je veux", a-t-il ajouté en riant.

Ce commentaire ne passera pas inaperçu dans le contexte du conflit qui l'oppose à Twitter, et doit déboucher sur un procès à gros enjeux mi-octobre.

L'homme le plus riche au monde a signé au printemps un contrat de rachat du réseau social, avant de revenir sur sa décision en juillet. La plateforme le poursuit en justice pour le forcer à honorer son engagement.

Elon Musk avait dit vouloir faire de Twitter une entreprise privée (non cotée en Bourse), qui échapperait donc à tout contrôle extérieur.