Le Liban dénonce l'utilisation de son espace aérien pour bombarder la Syrie

Des avions de chasse F-16 israéliens lors d’un spectacle aérien au-dessus de la plage de la ville côtière israélienne de Tel Aviv, le 5 mai 2022 (Photo, AFP).
Des avions de chasse F-16 israéliens lors d’un spectacle aérien au-dessus de la plage de la ville côtière israélienne de Tel Aviv, le 5 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 16 août 2022

Le Liban dénonce l'utilisation de son espace aérien pour bombarder la Syrie

  • Les avions de guerre israéliens ont ciblé dimanche des sites dans la campagne de Damas et dans le gouvernorat côtier de Tartous
  • Le ministère libanais des Affaires étrangères a déclaré qu'il déposera une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies

BEYROUTH: Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné lundi «la récente attaque israélienne contre la Syrie, et l'utilisation par l'ennemi israélien de l'espace aérien libanais pour bombarder le territoire syrien».

«Des avions israéliens ont bombardé des sites dans la campagne de Damas et dans le gouvernorat côtier de Tartous, via l'espace aérien libanais» rapportait la veille au soir l'agence de presse arabe syrienne.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a mis en garde contre «les conséquences de ce comportement agressif et de la violation continue de la souveraineté libanaise, en flagrante violation du droit et des traités internationaux». Il a ajouté qu'il «déposera une plainte auprès du Conseil de sécurité (des Nations unies)».

Des jets de l'armée de l'air israélienne ont survolé Beyrouth alors que les membres du parlement libanais étaient réunis dans le centre-ville de Beyrouth pour élire un nouveau président (Photo, AFP).

Le 12 août a marqué le 16e anniversaire de l'approbation de la résolution 1701 de l'ONU, qui visait à mettre fin aux hostilités après l'agression israélienne contre le Liban en 2006.

Pour Fouad Siniora, Premier ministre libanais de l'époque, «la résolution 1701 a protégé le Liban et réglé la question de la souveraineté dans le sud en faveur de l'État libanais face aux agressions et aux ambitions de l'ennemi israélien».

«L’application de la résolution 1701, il y a 16 ans, a mis fin à l'agression israélienne contre le Liban, précédée par la décision unanime adoptée par le gouvernement libanais sur la base du document de l’entente nationale, de la constitution et du document de sept points concernant le déploiement de l'armée libanaise dans tout le sud, après son interdiction pendant plus de 30 ans.»

Siniora a ajouté que la résolution 1701 «a confirmé la résolution 1559 en empêchant la présence d'armes illégales sur le sol libanais, et la résolution 1680 appelant à la démarcation des frontières du Liban».

Il a rappelé l’important soutien que son pays avait reçu à l'époque du Conseil de coopération du Golfe, dirigé par l'Arabie saoudite, pour aider à reconstruire en un temps record les infrastructures et les équipements publics détruits par Israël.

M. Siniora a également accusé le Hezbollah, sans le nommer explicitement, de «chercher à causer davantage de problèmes aux Libanais et à l'État, notamment en impliquant le Liban dans des confrontations militaires et des risques que le Liban ne peut affronter ou supporter».

La condamnation par les autorités libanaises de l'attaque israélienne de dimanche a coïncidé avec la visite en Syrie, lundi, d'Issam Charafeddine, le ministre libanais sortant des Déplacés. Il conduisait une délégation du ministère dans le cadre de discussions avec les autorités syriennes sur le rapatriement des réfugiés qui vivent au Liban depuis le début de la guerre civile.

Il a rencontré un nombre de responsables syriens, dont le ministre de l'Administration locale et de l'Environnement, Hussein Makhlouf, et le ministre de l'Intérieur, Mohammed Khalid al-Rahmoun. Les deux parties auraient discuté d'un plan pour le retour des réfugiés syriens dans leur pays d'origine de manière «sûre et digne».

 «Les portes de la Syrie sont ouvertes pour le retour des réfugiés et l'État est prêt à leur fournir tout ce dont ils ont besoin, du transport à l'hospitalisation et à l'éducation. Les autorités syriennes assureront l'approvisionnement en eau et en électricité des zones libérées et fourniront des abris à ceux dont les maisons n'ont pas encore été reconstruites», a expliqué M. Makhlouf.

Les autorités libanaises souhaitent que 15 000 réfugiés syriens rentrent chez eux chaque mois, un objectif qui nécessitera la coopération du gouvernement syrien. Le gouvernement libanais estime qu'il y a environ 1,5 million de réfugiés syriens au Liban, dont 880 000 sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ainsi que d'autres qui sont entrés dans le pays, légalement ou illégalement, pour travailler.

Le gouvernement libanais s'est plaint de la «faiblesse» de l'aide financière fournie par l'ONU par rapport aux besoins du pays, compte tenu de la grave crise économique qu’il traverse depuis plus de trois ans.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.