Le Liban doit encore former un gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle

Une vue de la section nord nouvellement effondrée des silos à grains qui ont partiellement été détruits par l’explosion du port Beyrouth en 2020 (Photo, AFP).
Une vue de la section nord nouvellement effondrée des silos à grains qui ont partiellement été détruits par l’explosion du port Beyrouth en 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Le Liban doit encore former un gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle

  • Créer une nouvelle administration est désormais «un besoin urgent», selon le législateur Michel Moussa
  • Les spéculations augmentent quant au sort des pouvoirs du président et à la possibilité qu’un gouvernement intérimaire prenne le relais ou que le dirigeant en place reste en fonction

BEYROUTH: Une réunion entre le président libanais, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Najib Mikati, s’est achevée mercredi sans que rien n’indique qu’un nouveau gouvernement pourrait bientôt être formé.

Le mandat d’Aoun prend fin le 1er octobre et le délai constitutionnel pour l’élection de son successeur commence le 1er septembre. Mais comme son successeur n’a pas encore été désigné, des inquiétudes montent quant à la possibilité d’un vide présidentiel.

Les discussions en vue de former un gouvernement sont suspendues depuis plusieurs semaines en raison des tensions entre Mikati et le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, au sujet de la sélection des ministres et leur affiliation politique, et de la demande du CPL d’un «tiers de blocage» au gouvernement.

«Former un gouvernement est un besoin urgent pour rattraper toutes les questions en suspens, comme la démarcation de la frontière maritime et l’accord avec le FMI», a déclaré le législateur libanais Michel Moussa.

«Tous les partis doivent faire des concessions et former un gouvernement indépendamment de la proximité de l’élection présidentielle, afin d’éviter tout problème ou jurisprudence constitutionnelle contradictoire.»

Un observateur politique, qui a préféré rester anonyme, a déclaré que les forces concernées ne prenaient pas la question de la formation d’un gouvernement au sérieux.

«Ils agissent comme s’ils avaient le luxe du temps, ce qui n’est pas le cas ici. Le conflit entre Mikati et le CPL s’aggrave. Ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord ces dernières semaines, il n’y a donc aucune chance qu’ils parviennent à un accord de dernière minute et qu’ils aient suffisamment de temps pour former un gouvernement et obtenir le vote de confiance du Parlement avant que ce dernier ne se transforme en organe électoral», a-t-il expliqué.

Les spéculations augmentent quant au sort des pouvoirs du président et à la possibilité qu’un gouvernement intérimaire prenne le relais ou que le dirigeant en place reste en fonction.

La constitution libanaise stipule: «En cas de vacance de la présidence pour quelque raison que ce soit, le gouvernement exerce les pouvoirs du président par délégation.»

Le Liban a connu une vacance du pouvoir similaire en 1988, à la fois à la fin du mandat du président Amin Gemayel et du gouvernement du Premier ministre Salim al-Hoss. La situation d’un gouvernement démissionnaire reprenant les pouvoirs du président est ainsi apparue et le pays s’est retrouvé avec deux groupes au pouvoir, l’un dirigé par Aoun et l’autre par Al-Hoss.

Le juriste Edmond Rabat avait alors déclaré que le gouvernement démissionnaire restait en mode intérimaire et pouvait, dans des circonstances exceptionnelles, reprendre le pouvoir.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.