Ethereum tente une mutation risquée pour verdir la cryptomonnaie

Cette photo d'archive prise le 26 janvier 2020 montre une imitation physique d'une crypto-monnaie Ethereum à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne. (Photo par Ina Fassbender / AFP)
Cette photo d'archive prise le 26 janvier 2020 montre une imitation physique d'une crypto-monnaie Ethereum à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne. (Photo par Ina Fassbender / AFP)
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Publié le Vendredi 26 août 2022

Ethereum tente une mutation risquée pour verdir la cryptomonnaie

  • Comment un changement technique qui a permis à Ethereum de freiner le plongeon des prix des cryptomonnaies, pourrait-il faire plonger la demande d'électricité ?
  • Le Bitcoin, première des cryptomonnaies, a été imaginé en 2008, dans le sillage de la crise financière, pour pouvoir se passer des banques

LONDRES : La deuxième plus grande cryptomonnaie, Ethereum, prévoit de changer mi-septembre le fonctionnement de sa "blockchain" pour diminuer drastiquement sa consommation énergétique, une révolution pour le réseau dont dépendent une grande partie des NFT (jetons numériques non fongibles) ou d'autres cryptoactifs.

Comment ce changement technique qui a permis à Ethereum de freiner le plongeon des prix des cryptomonnaies, pourrait-il faire plonger la demande d'électricité, et pourquoi est-il controversé?

-Pourquoi les cryptomonnaies consomment tant?-

Le Bitcoin, première des cryptomonnaies, a été imaginé en 2008, dans le sillage de la crise financière, pour pouvoir se passer des banques.

Pour valider les transactions, le Bitcoin passe par une "blockchain", un registre décentralisé.

Les acteurs du réseau prouvent leur participation en "minant", un mécanisme appelé "Proof of Work" ou PoW : "ils tentent de deviner un nombre aléatoire" et sont récompensés en Bitcoins, explique Lennart Ante, chercheur du Blockchain Research Lab.

Avec l'envol des cryptomonnaies - malgré un plongeon depuis le début de l'année, l'ensemble du secteur représente encore 1.000 milliards de dollars - l'activité devient lucrative, et s'effectue depuis des entrepôts remplis de serveurs à travers le monde, souvent près de sources d'électricité peu chère.

Bilan électrique du bitcoin: environ 95 térawattheure (TWh) par an, selon un indice de l'Université de Cambridge, presque équivalant à la consommation annuelle du Pakistan. Selon les chiffres cités par les créateurs d'Ethereum, la deuxième cryptomonnaie consommerait autour de 45 TWh par an.

-Pourquoi Ethereum veut changer?-

Avec un système décentralisé, difficile d'évaluer l'empreinte carbone des différentes blockchains puisque les sources d'électricité ne sont pas toujours identifiées, mais ce mode de fonctionnement est "destructeur pour l'environnement, coûteux, et peu efficace", estime Eswar Prasad, de l'université Cornell.

Ethereum est différent de Bitcoin: sa blockchain permet de valider les transactions en Ether, sa cryptomonnaie, mais aussi d'émettre des "smart contracts", c'est-à-dire des lignes de code.

Cela permet à certains "stablecoins", ces cryptomonnaies arrimées au dollar, d'utiliser la blockchain Ethereum, comme une grande partie des émetteurs de NFT, ces jetons numériques qui représentent par exemple des oeuvres d'art.

En dehors du Bitcoin, "tout repose sur Ethereum" dans le monde des cryptomonnaies, résume M. Ante: "il y a d'autres plateformes similaires, mais aucune avec autant de projets et de développeurs".

Or, l'empreinte carbone de la blockchain pousse certains artistes et industriels à la boycotter.

Le créateur d'Ethereum Vitalik Buterin et sa communauté défendent donc une évolution de la cryptomonnaie vers un système de Proof of Stake (PoS ou Preuve d'enjeu): la participation au réseau n'est plus prouvée par l'utilisation d'électricité mais par le placement d'une mise en Ether.

-Avantages et inconvénients?-

En éliminant les "mineurs de la blockchain", on pourrait faire baisser "99%" la consommation d'électricité d'Ethereum, estime M. Ante: "il ne reste plus aucune infrastructure, juste des logiciels", explique-t-il.

En outre, ce processus pourrait augmenter la rapidité des transactions.

"Le Proof of Stake n'est pas parfait non plus", fait observer M. Prasad: "La liquidité sur le marché est réduite, car certains utilisateurs préfèrent utiliser leurs actifs comme mise plutôt que de les vendre".

Mais surtout, "il pourrait y avoir un problème de gouvernance, avec un petit nombre d'utilisateurs qui déposeraient des mises importantes pour modifier les règles à leur avantage", prévient-il.

- Quelles étapes à franchir? -

La transition d'Ethereum a commencé depuis décembre 2020, avec des blockchains d'essai. C'est pour cela que les acteurs du marché parlent de "la fusion" ("The Merge" en anglais) : le réseau principal d'Ethereum devrait être incorporé à la version test le 15 septembre.

Une telle mise à jour, qui demande à des utilisateurs décentralisés de marcher au pas sans arrêter les transactions, n'est pas sans risque: certains observateurs comparent l'exercice à celui consistant à remplacer un moteur diesel par un moteur électrique sur un véhicule en marche.

Les investisseurs, en tout cas, ont pour l'instant bien accueilli le projet: le cours de l'Ether résiste mieux que celui du Bitcoin au choc qui secoue le marché des cryptomonnaies.

A 1.650 dollars l'Ether pour une capitalisation de plus de 200 milliards de dollars, l'Ethereum représente près de 20% du marché des cryptomonnaies, ce qui reste moitié moins que le Bitcoin.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.