Sommet Afrique-Japon à Tunis pour un développement mené par les Africains «eux-mêmes»

Le président tunisien Kais Saied et le ministre japonais des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi lors de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), à Tunis, le 27 août 2022. (Photo, AFP)
Le président tunisien Kais Saied et le ministre japonais des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi lors de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), à Tunis, le 27 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 août 2022

Sommet Afrique-Japon à Tunis pour un développement mené par les Africains «eux-mêmes»

Le président tunisien Kais Saied et le ministre japonais des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi lors de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), à Tunis, le 27 août 2022. (Photo, AFP)
  • Environ 30 chefs d'Etat et de gouvernement y participent ainsi que 5 000 personnes conviées aussi à un forum d'entrepreneurs et à des évènements parallèles, sous le signe notamment de l'innovation
  • Il s'agit de la première Ticad - un forum qui se tient tous les trois ans, alternativement au Japon et en Afrique -- depuis le début de l'épidémie de Covid

TUNIS: Le Japon a donné le coup d'envoi samedi à Tunis d'un sommet avec l'Afrique où il cherche à contrecarrer l'influence de la Chine et à favoriser un développement « mené par les Africains eux-mêmes ». 

Environ 30 chefs d'Etat et de gouvernement y participent ainsi que 5 000 personnes conviées aussi à un forum d'entrepreneurs et à des évènements parallèles, sous le signe notamment de l'innovation. 

Le président tunisien Kais Saied, hôte du sommet, a accueilli chaque chef de délégations avant la photo de famille au Palais des congrès de Tunis. 

L'organisation de ce sommet, qui dure jusqu'à dimanche, est importante pour la Tunisie et son président, élu démocratiquement en 2019 mais auteur il y a un an d'un coup de force par lequel il s'est arrogé tous les pouvoirs, arguant d'une ingouvernabilité du pays. 

Outre la crise politique, la Tunisie traverse depuis 10 ans de graves difficultés économiques, accrues par l'épidémie de Covid et plus récemment l'invasion de l'Ukraine par la Russie, dont elle dépend pour ses importations de blé. 

Pour l'occasion, les autorités ont rafraîchi des façades et illuminé des monuments, dans une ville où les principaux axes seront bouclés pendant tout le week-end pour faire passer les délégations, provoquant d'énormes embouteillages. 

Avant son démarrage, le sommet a connu un accroc diplomatique avec le départ de la délégation marocaine et le rappel de l'ambassadeur à Tunis, en réaction à l'accueil réservé par M. Saied au chef du Front Polisario, qui réclame l'indépendance du territoire du Sahara occidental. 

M. Saied l'a salué au pied de son avion comme il l'a fait pour les présidents et Premiers ministres. Brahim Ghali est le président de la République arabe saharouie et démocratique (RASD), autoproclamée par le Polisario. 

Des difficultés d'accès aux principaux évènements du sommet pour les médias internationaux ont également terni les derniers préparatifs. 

Le syndicat des journalistes tunisiens SNJT a dénoncé des entraves au travail des journalistes « tunisiens et étrangers », notamment pour suivre vendredi « une rencontre entre le ministre (des Affaires étrangères tunisien) et son homologue japonais ». 

Influence chinoise 

La 8eme Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l'Afrique (TICAD8) est organisée alors que la Chine n'a cessé d'accroître ces dernières années son influence dans la région via notamment son ambitieux projet des « Routes de la soie ». 

Lors de la précédente Ticad en 2019, l'ancien Premier ministre Shinzo Abe, assassiné pendant un évènement électoral le mois dernier, avait mis en garde l'Afrique contre le danger d'accumuler des dettes « excessives », une allusion à la Chine. 

Le Japon « entend fortement soutenir un développement mené par les Africains eux-mêmes », indique le ministère des Affaires étrangères sur son site présentant le sommet, en soulignant les avantages de l'exemple japonais: « une croissance de qualité » et « l'accent mis sur la population ». 

Il s'agit de la première Ticad - un forum qui se tient tous les trois ans, alternativement au Japon et en Afrique -- depuis le début de l'épidémie de Covid. 

Le Premier ministre japonais, positif à la Covid-19, fera ses interventions à distance et la délégation japonaise est menée par le chef de la diplomatie Yoshimasa Hayashi. 

Depuis leurs créations en 1993, les sommets Ticad, co-organisés avec les Nations unies, la Banque mondiale et l'Union africaine, ont généré 26 projets de développement dans 20 pays d'Afrique, pour la plupart gérés par l'agence de coopération nippone JICA. 

Les trois axes du sommet seront l'économie avec « un accroissement prévu des investissements japonais en Afrique », dans les starts-ups et l'économie verte et pour « renforcer la sécurité alimentaire ». 

Deuxième priorité: « construire un environnement durable » à travers des programmes d'aide au développement dans la santé et l'hygiène, l'éducation et l'environnement, notamment la prévention des catastrophes naturelles. 

Troisième thématique: soutenir « la consolidation de la démocratie, l'Etat de droit, la prévention des conflits et les médiations », notamment au Sahel et dans la Corne de l'Afrique. 

La Tunisie espère profiter de la tenue du sommet chez elle pour attirer des investisseurs sur environ 80 projets d'une valeur de 2,7 milliards de dollars dans la santé, l'automobile, le spatial et les énergies renouvelables, censés créer 35 700 emplois.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.