Nucléaire iranien: Washington estime la réponse de Téhéran «pas constructive»

Pour Washington, il faudrait d'autres avancées dans les négociations pour accepter l'accord sur le nucléaire iranien (Photo, AFP).
Pour Washington, il faudrait d'autres avancées dans les négociations pour accepter l'accord sur le nucléaire iranien (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 septembre 2022

Nucléaire iranien: Washington estime la réponse de Téhéran «pas constructive»

  • L'Iran et les Etats-Unis ont répondu en proposant une série de changements. Mais selon Washington donc, la réponse de Téhéran est insuffisante
  • L'UE a présenté le 8 août ce qu'elle a appelé un texte final pour restaurer l'accord historique de 2015

WASHINGTON: La réponse de Téhéran dans les négociations concernant l'accord sur le nucléaire iranien n'est "pas constructive", ont affirmé jeudi les Etats-Unis, faisant reculer la perspective d'un prochain retour à l'accord historique conclu en 2015.

"Nous pouvons confirmer que nous avons reçu la réponse de l'Iran à travers l'Union européenne", a déclaré Vedant Patel, porte-parole adjoint du département d'Etat. "Nous l'étudions, et répondrons par le biais de l'Union européenne, mais malheureusement, elle n'est pas constructive", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait pourtant dit mercredi espérer un accord "dans les jours à venir".

L'UE a présenté le 8 août ce qu'elle a appelé un texte final pour restaurer l'accord historique de 2015, qui avait été enterré par l'ancien président américain Donald Trump.

L'Iran y a proposé des changements - globalement acceptés par les Européens - et auxquels les Etats-Unis ont répondu via les médiateurs.

Le porte-parle du ministère des Affaires étrangères iranien Nasser Karani avait déclaré plus tôt jeudi que Téhéran avait envoyé une nouvelle réponse après celle des Etats-Unis, selon l'agence officielle iranienne Irna.

Les négociations sur le nucléaire iranien, engagées depuis déjà 16 mois mais qui avaient été suspendues puis reprises début août, ont pour but de relancer cet accord conclu en 2015 avec Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l'Allemagne.

Allègement des sanctions

Joe Biden a promis de longue date de restaurer l'accord, estimant qu'il s'agissait du meilleur moyen de limiter le programme nucléaire iranien, et que le retrait américain n'avait fait qu'inciter Téhéran à accélérer son projet.

Selon la nouvelle proposition, l'Iran bénéficierait d'un allègement des sanctions et pourrait à nouveau vendre son pétrole en échange de restrictions strictes sur son programme nucléaire.

L'Iran et les Etats-Unis ont répondu en proposant une série de changements. Mais selon Washington donc, la réponse de Téhéran est insuffisante.

Lors d'un entretien mercredi avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, farouche opposant de l'accord, Joe Biden avait "souligné l'engagement des Etats-Unis à ne jamais permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire".

Ce sujet des inspections reste toutefois ultra-sensible de part et d'autre.

Téhéran a ainsi récemment demandé la clôture d'une enquête de l'AIEA concernant des traces d'uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés, ce que le patron de l'Agence, Rafael Grossi, refuse.

Le gendarme onusien du nucléaire avait lui déploré l'absence de réponses "crédibles" de Téhéran concernant ces traces.

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.