Affaire Pogba: les investigations confiées à deux juges d'instruction

Sur cette photo prise le 29 décembre 2019, le joueur de l’équipe de France Paul Pogba s’adresse aux spectateurs avant un match de football entre All Star France et la Guinée au stade de la Vallée du Cher à Tours, dans le centre de la France, dans le cadre de l’événement caritatif « 48h for Guinea » (AFP)
Sur cette photo prise le 29 décembre 2019, le joueur de l’équipe de France Paul Pogba s’adresse aux spectateurs avant un match de football entre All Star France et la Guinée au stade de la Vallée du Cher à Tours, dans le centre de la France, dans le cadre de l’événement caritatif « 48h for Guinea » (AFP)
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Publié le Vendredi 02 septembre 2022

Affaire Pogba: les investigations confiées à deux juges d'instruction

  • Outre Paul Pogba, plusieurs personnes, dont la mère du joueur, ont été entendues par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ)
  • Le milieu de terrain a dénoncé des tentatives d'extorsion se chiffrant en millions d'euros

PARIS: L'affaire Pogba est désormais entre les mains de deux juges d'instruction: le parquet de Paris a ouvert vendredi une information judiciaire sur les extorsions dénoncées par la star de l'équipe de France de football et de la Juventus Turin.

Un mois après l'ouverture d'une enquête préliminaire à Paris sur cette rocambolesque affaire, initiée à la suite d'une plainte déposée par Paul Pogba le 16 juillet auprès du parquet de Turin, les investigations ont été confiées à deux magistrats instructeurs, a annoncé la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué.

Les deux juges, dont les prérogatives en matière d'enquête sont plus larges, sont désormais chargés d'une information judiciaire contre X pour "extorsion avec arme en bande organisée, enlèvement ou séquestration avec libération avant le septième jour en bande organisée pour préparer ou faciliter la commission d'un crime ou d'un délit et participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime".

Ils devront faire la lumière sur différents faits dont le champion du monde 2018 aurait été victime "entre mars et juillet 2022", selon le communiqué.

Dans cette histoire qui secoue le football français deux mois avant la Coupe du monde 2022 au Qatar, le milieu de terrain a dénoncé des tentatives d'extorsion se chiffrant en millions d'euros.

 Vidéo énigmatique 

L'affaire est révélée au grand jour après la publication samedi dernier d'une vidéo énigmatique de Mathias Pogba, frère aîné du joueur et lui-même footballeur professionnel, qui promet des "révélations" sur le joueur de la Juventus Turin.

"Tout cela risque d'être explosif", déclare-t-il dans une vidéo diffusée en quatre langues (français, italien, anglais et espagnol).

Dimanche, Paul Pogba, revenu cet été à la Juventus Turin après un premier passage entre 2012 et 2016, et six saisons à Manchester United, contre-attaque via un communiqué signé de ses avocats et de son agente Rafaela Pimenta, qui vient de prendre la tête de la société de Mino Raiola, l'agent-star récemment décédé.

"Les déclarations récentes de Mathias Pogba sur les réseaux sociaux ne sont malheureusement pas une surprise. Elles s'ajoutent à des menaces et des tentatives d'extorsion en bande organisée contre Paul Pogba", indique le communiqué.

 "Maîtres chanteurs" et "marabout" 

Dans cette affaire, le nom de la star du football français Kylian Mbappé apparaît aussi, à son corps défendant: Paul Pogba a expliqué aux enquêteurs que "ses maîtres chanteurs voulaient le discréditer en diffusant des messages dans lequel il aurait demandé à un marabout de son entourage familial de jeter un sort" à l'attaquant du PSG, ce que le joueur de la Juve dément.

Selon une source proche du dossier, outre Paul Pogba, plusieurs personnes, dont la mère du joueur, ont été entendues par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Selon des informations de franceinfo confirmées à l'AFP par une source proche du dossier, Paul Pogba a confié aux enquêteurs avoir été piégé par des amis d'enfance et deux hommes encagoulés, armés de fusils d'assaut, lui reprochant de ne pas les avoir aidés financièrement. Une somme de 13 millions d'euros lui aurait été réclamée, et la "Pioche" assure avoir versé 100.000 euros.

Parmi les suspects, il affirme avoir reconnu son frère aîné Mathias.

De son côté, Mathias Pogba a publié mardi soir sur son compte Twitter une nouvelle vidéo assortie d'une chaîne de messages dans lesquels il accuse son frère et ses soutiens d'avoir cherché à "traîner (s)on nom dans la boue".


Moyen-Orient: Macron annonce des renforts militaires dont le Charles de Gaulle

Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
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  • "J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée"
  • Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée.

"J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée", a affirmé le président dans une allocution télévisée. Il a aussi annoncé l'envoi dans la région d'avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radar aéroporté, qui ont été déployés "ces dernières heures", ainsi que l'envoi à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.

Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran, et que deux bases françaises avaient subi dans ce conflit des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels".

 


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

belleville

Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".