Pollution alarmante dans les villes de Méditerranée orientale

Vue de la Méditerranée Orientale. (AFP)
Vue de la Méditerranée Orientale. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 novembre 2020

Pollution alarmante dans les villes de Méditerranée orientale

  • La pollution à l'ozone et aux particules fines, les deux grandes familles de polluants atmosphériques, s'avère particulièrement marquée dans cette partie du globe, avec des niveaux bien plus marqués à l'est qu'à l'ouest de cette latitude
  • Pendant 10 ans, les équipes internationales, coordonnées par le CNRS, ont suivi en continu la qualité de l'air dans l'Est méditerranéen, où les observations « faisaient défaut »

PARIS : Des niveaux très élevés de pollution de l'air ont été relevés au cours des dix dernières années dans les grandes villes de Méditerranée orientale, notamment Beyrouth et Le Caire, avec des conséquences sanitaires importantes, selon les résultats d'un programme de recherche sur l'environnement méditerranéen.

La pollution à l'ozone et aux particules fines, les deux grandes familles de polluants atmosphériques, s'avère particulièrement marquée dans cette partie du globe, avec des niveaux bien plus marqués à l'est qu'à l'ouest de cette latitude, a détaillé Agnès Borbon, chercheuse CNRS au laboratoire de météorologie physique (CNRS/UCA), lors d'une conférence de presse.

Ces travaux s'inscrivent dans le programme « Mistrals », lancé en mars 2010 avec plus de 1.000 scientifiques de 23 pays qui ont étudié l'environnement autour de la mer Méditerranée, et dont les premiers résultats sont dévoilés cette semaine.

Pendant 10 ans, les équipes internationales, coordonnées par le CNRS, ont suivi en continu la qualité de l'air dans l'Est méditerranéen, où les observations « faisaient défaut », selon Agnès Borbon.

Elles ont concentré leurs recherches sur Beyrouth et les deux grandes mégalopoles de la région, Istanbul et Le Caire. 

Leurs analyses montrent un niveau élevé de pollution gazeuse, avec des quantités de composés organiques volatils (COV) - l'un des précurseurs de la formation de l'ozone - en augmentation très nette à mesure que l'on glisse vers l'est de la Méditerranée: de Marseille, la limite à l'Ouest, à Beyrouth, la limite à l'Est, le niveau de contamination de l'air en COV est multiplié par 3. 

En cause? Majoritairement les émissions du trafic automobile, associées à l'évaporation des carburants (comme le chauffage domestique en hiver à Athènes). Une règlementation de ces émissions « moins restrictive » à l'Est qu'à l'Ouest pourrait expliquer la différence de niveaux, avance la chercheuse.

Ces concentrations en COV sont en outre deux à trois fois plus élevées dans la capitale libanaise qu’à Paris ou Los Angeles, deux mégalopoles des moyennes latitudes nord, pourtant plus peuplées.

La pollution aux particules très fines, au diamètre inférieur à 10 micro-mètres (PM10), atteint également des niveaux inquiétants: dans l’air du Caire, les relevés fournis par 18 stations de mesure ont montré des concentrations moyennes (188 µg/m3) presque huit fois supérieures à la valeur guide fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est de 20 µg/m3.

Ces mêmes PM10 dépassent également largement ce seuil à Istanbul (100 µg/m3) et Beyrouth (51,3).

Les scientifiques ont estimé la mortalité liée à l'exposition chronique à la pollution de l'air. Dans la capitale égyptienne, 11 % de la mortalité non accidentelle chez les plus de 30 ans est ainsi due aux particules fines et 8 % au dioxyde d’azote. Soit une mortalité de 62 pour 100.000 habitants - en comparaison, la valeur donnée par l’OMS pour la France est de 25 pour 100.000 habitants, rappelle le CNRS.

 


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com