Communauté politique européenne: Turquie et Royaume-Uni devraient être invités

La Turquie et le Royaume-Uni «devraient être invités» à la première réunion de la Communauté politique européenne, qui doit rassembler le 6 octobre à Prague les dirigeants des Vingt-Sept et ceux de pays candidats à l'adhésion ou voisins du bloc. (AFP)
La Turquie et le Royaume-Uni «devraient être invités» à la première réunion de la Communauté politique européenne, qui doit rassembler le 6 octobre à Prague les dirigeants des Vingt-Sept et ceux de pays candidats à l'adhésion ou voisins du bloc. (AFP)
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

Communauté politique européenne: Turquie et Royaume-Uni devraient être invités

  • Ce projet de plateforme de dialogue politique et de coopération a été lancé par le président français Emmanuel Macron et endossé en juin au cours d'un sommet de l'UE
  • Le chancelier allemand Olaf Scholz a réaffirmé fin août son soutien à l'initiative

BRUXELLES: La Turquie et le Royaume-Uni "devraient être invités" à la première réunion de la Communauté politique européenne, qui doit rassembler le 6 octobre à Prague les dirigeants des Vingt-Sept et ceux de pays candidats à l'adhésion ou voisins du bloc, a-t-on appris mercredi de sources européennes.

Outre les Etats membres de l'UE, les dirigeants des six pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro et Serbie), du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suisse, de l'Ukraine, de la Moldavie, de l'Islande, de la Géorgie, de la Turquie, de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et du Liechtenstein devraient "bientôt" recevoir une invitation, selon l'une de ces sources.

"Cette liste est définitive", a précisé un diplomate européen. Une autre source diplomatique disait plus prudemment que des "consultations se poursuivaient".

Ce projet de plateforme de dialogue politique et de coopération a été lancé par le président français Emmanuel Macron et endossé en juin au cours d'un sommet de l'UE. Le chancelier allemand Olaf Scholz a réaffirmé fin août son soutien à l'initiative.

La première réunion aura lieu au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement le 6 octobre en République tchèque, le pays qui assure la présidence tournante du Conseil de l'UE, à la veille d'un sommet des Vingt-Sept.

Elle devrait permettre "une discussion politique sur les questions stratégiques d'intérêt commun pour le continent européen", "principalement la guerre de la Russie contre l'Ukraine, la crise de l'énergie et la situation économique", souligne-t-on de source européenne.

Elle doit consister en une session plénière, des tables rondes, des rencontres bilatérales et un dîner de clôture. Cette Communauté politique européenne ne constitue pas une solution alternative à l'élargissement de l'UE, insiste-t-on de même source.

Dans son discours aux ambassadeurs de France le 1er septembre, Emmanuel Macron avait expliqué que la Communauté politique européenne avait vocation à se réunir tous les six mois.

La question de la participation de la Turquie -que de vifs différends frontaliers opposent à la Grèce et à Chypre- "est posée par beaucoup d'autres membres, elle sera débattue, et la France n'a pas de veto à mettre", avait-il dit.

Pour le Royaume-Uni, qui a quitté l'UE, l'invitation au forum devrait être envoyée à la nouvelle Première ministre Liz Truss.


Le prince William et Kate aux Etats-Unis sur fond d'incident raciste à Buckingham

Le prince et la princesse de Galles, William et Kate, assistent à un événement pour lancer officiellement la deuxième édition du prix «Earthshot» au City Hall Plaza à Boston, Massachusetts, le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le prince et la princesse de Galles, William et Kate, assistent à un événement pour lancer officiellement la deuxième édition du prix «Earthshot» au City Hall Plaza à Boston, Massachusetts, le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • William et Kate ont été chaleureusement accueillis par la maire de Boston Michelle Wu, première Américaine d'origine asiatique à diriger la ville
  • La Maison Blanche a annoncé que le président Joe Biden irait vendredi "saluer le prince et la princesse de Galles" à Boston

BOSTON: Le prince et la princesse de Galles, William et Kate, ont lancé mercredi leur première visite aux Etats-Unis depuis huit ans, à Boston, au moment même où une polémique a éclaté au Royaume-Uni à propos d'un incident raciste survenu au palais de Buckingham.

Une ancienne assistante de la reine Elizabeth II a démissionné mercredi après avoir posé des questions insistantes sur ses origines à une militante féministe noire lors d'une réception à Buckingham, provoquant un scandale qui assombrit le déplacement du couple princier britannique, leur premier à l'étranger depuis la mort de la reine le 8 septembre.

"Le racisme n'a pas de place dans notre société", avait aussitôt déclaré à Boston le porte-parole de William, avant même l'arrivée de William et Kate, dont la visite est l'occasion de faire briller la Couronne britannique aux Etats-Unis.

Signe de l'importance de ce voyage pour la monarchie du Royaume-Uni et son ancienne colonie américaine, la Maison Blanche a annoncé que le président Joe Biden irait vendredi "saluer le prince et la princesse de Galles" à Boston, capitale de la Nouvelle-Angleterre et cité historique symbole du colonialisme britannique avant la Révolution et l'indépendance américaine à la fin du 18e siècle.

«Optimistes»

Pour "notre première visite à l'étranger depuis la mort de ma grand-mère, je voudrais remercier la population du Massachusetts, et Boston en particulier, pour leurs nombreux hommages rendus à la reine disparue. Elle se souvenait avec une grande affection de sa visite pour le bicentenaire (de la Révolution) en 1976", a déclaré William à l'aéroport de Boston.

Le voyage devait culminer vendredi avec la deuxième édition du prix "Earthshot" créé par le prince William en 2020 pour soutenir des solutions innovantes visant à régénérer la planète. Cinq prix d'un million de livres chacun (1,16 million d'euros) seront décernés dans cinq catégories.

Une myriade de stars sont attendues au MGM Music Hall de Boston, parmi lesquelles la chanteuse Billie Eilish et l'acteur Rami Malek.

William et Kate ont été chaleureusement accueillis par la maire de Boston Michelle Wu, première Américaine d'origine asiatique à diriger la ville et par la future gouverneure du Massachusetts Maura Healey.

Devant une foule souriante et enthousiaste, le prince de Galles a dit vouloir "apprendre comment les habitants du Massachusetts luttent contre le changement climatique de manière innovante", dans une ville qui, comme New York, est menacée par la montée des eaux de l'Atlantique.

«Pas de place»

C'est le premier voyage à l'étranger de William depuis qu'il est devenu l'héritier de la Couronne après l'accession au trône de son père, le roi Charles III, à la mort d'Elizabeth II le 8 septembre.

Âgés de 40 ans, parents de trois enfants de 4 à 9 ans, ils s'appliquent à projeter une image plus moderne et accessible de la monarchie, mais aussi un sens du devoir irréprochable.

Mais le déplacement souffre déjà d'une nouvelle polémique sur le racisme au Royaume-Uni.

Une ancienne dame d'honneur de 83 ans, proche d'Elizabeth II pendant plus de 60 ans et marraine du prince William, a démissionné mercredi des questions qu'elle a posées à une féministe noire lors d'une réception à Buckingham mardi soir.

Le palais a dit prendre l'affaire "extrêmement au sérieux" et dénoncé "des commentaires inacceptables et vraiment regrettables".

Ni Harry ni Meghan

Aucune rencontre n'est programmée entre William et son frère Harry, qui vit en Californie avec son épouse Meghan Markle et leurs deux jeunes enfants. Les deux couples sont notoirement en froid, notamment depuis l'interview télévisée de Harry et de Meghan (connus comme les Sussex) aux Etats-Unis en mars 2021, qui avaient accusé la famille royale de racisme.

Le décès de la reine Elizabeth après 70 ans de règne ne les a pas rapprochés. Après sa mort, ils n'ont concédé qu'une seule apparition à quatre, glaciale, au château de Windsor pour admirer les fleurs déposées en hommage à la souveraine.

William et Kate devront durant leur visite composer avec l'ombre des Sussex, plus populaires aux Etats-Unis qu'ils ne le sont au Royaume-Uni.

Le 6 décembre, Harry et Meghan doivent ainsi recevoir un prix lors d'un gala à New York, saluant leur engagement humanitaire, par la fondation Robert Kennedy. En décembre est aussi attendu leur documentaire sur Netflix. Et la sortie mondiale des mémoires du prince Harry, "Le Suppléant", est prévue le 10 janvier: un livre "d'une honnêteté brute" selon l'éditeur, que la famille royale britannique attend avec appréhension.


Attentats de 2016 à Bruxelles: Première journée marathon pour désigner le jury

L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon
  • Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés

BRUXELLES: Six ans et demi après les faits, le procès des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles s'est ouvert mercredi dans la capitale belge par la formation d'un jury de cour d'assises exceptionnellement fourni pour affronter de longs mois de débats.

Neuf hommes accusés de crimes terroristes, dont Salah Abdeslam, un millier de parties civiles, 36 jurés dont 24 suppléants pour pallier d'éventuelles absences chez les titulaires: ce procès est celui de la démesure à plusieurs titres.

La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon de plus de douze heures, suspendue peu après 23H15 (22H15 GMT).

Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés. Les 36 appelés à siéger n'ont été tirés au sort qu'après un long défilé à la barre pour que chaque dispensé se justifie.

Après ce passage obligé du procès d'assises, les débats commenceront lundi. La semaine sera marquée par la lecture prévue sur plusieurs jours de l'acte d'accusation, un document d'environ 500 pages. Le procès doit durer jusqu'en juin.

Le matin du 22 mars 2016, deux djihadistes s'étaient fait exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une grosse heure plus tard dans une station de métro de la capitale belge, causant 32 morts et plusieurs centaines de blessés.

Ces attentats-suicides, revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), ont été perpétrés par la cellule djihadistes déjà à l'origine des attaques du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

Ils surviennent quatre jours après l'arrestation - le 18 mars dans la commune bruxelloise de Molenbeek - de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 Novembre. Une interpellation qui précipite ce nouveau passage à l'acte du groupe.

«Électromécanicien»

"Abdeslam Salah, 33 ans, électromécanicien": le djihadiste français, pull noir et barbe fournie, s'est contenté de décliner poliment son identité à la cour, à l'ouverture de l'audience mercredi matin.

Une attitude qui contrastait avec celle de septembre 2021 au lancement du procès du 13-Novembre à Paris. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", avait alors asséné Abdeslam, condamné en juin à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français.

Mercredi matin, les neuf accusés attendus étaient tous présents, sept dans le box dont Abdeslam et deux comparaissant libres. Une dixième homme, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, est jugé par défaut (comme à Paris) car il est présumé mort en Syrie.

Un seul accusé, le Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, a refusé de se lever lors de l'appel et de prononcer le moindre mot à l'adresse de la cour.

Pendant de longues heures, face à des accusés impassibles, bavardant parfois l'un avec l'autre dans le box collectif, des dizaines de femmes et d'hommes, candidats-jurés, se sont succédé devant la cour pour appuyer leur demande de dispense.

"Je vais être opéré en mars", "je dois allaiter mon bébé de 8 mois", "j'ai déjà réservé mes vacances en Thaïlande": la plupart ont fait valoir des raisons médicales, familiales, parfois professionnelles.

Certains ont avancé des liens personnels avec tel avocat ou telle victime des attentats risquant d'affecter leur impartialité. Le cinéaste Joachim Lafosse a ainsi été dispensé. Même chose pour l'athlète Kevin Borlée.

Après "339" dispenses accordées avant le procès la présidente de la cour Laurence Massart en a délivré 200 autres mercredi.

«Abandonnées à leur sort»

A l'inverse de la France où ils sont soumis à une cour d'assises spéciale (uniquement composée de magistrats), les crimes "terroristes" sont encore jugés en Belgique par 12 citoyens tirés au sort pour assister trois magistrats professionnels.

Situation inédite en Belgique, permise par une loi récente: 36 sièges seront occupés dans leurs rangs, pour 12 jurés titulaires et 24 suppléants amenés à remplacer au pied levé toute absence.

Selon un calendrier prévisionnel, les accusés sont censés être interrogés sur les faits à partir du 19 décembre, les premiers témoignages de victimes étant attendus à la mi-janvier.

Proches de victimes décédées, personnes blessées ou souffrant de séquelles psychologiques: un millier de personnes se sont constituées parties civiles au procès pour réclamer la réparation d'un préjudice.

Plusieurs rescapés et témoins interrogés par l'AFP ont aussi décrit leur pénible combat pour obtenir des assurances la prise en charge des soins médicaux.

"Les victimes ont été abandonnées à leur sort par l'Etat belge", a dénoncé un collectif représentant près de 300 parties civiles.


La Ligue islamique mondiale et l’université de Columbia lancent un laboratoire de recherche sur la coexistence interconfessionnelles

Des responsables assistent à la cérémonie de signature du Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles. (Photo, SPA)
Des responsables assistent à la cérémonie de signature du Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles. (Photo, SPA)
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  • Le projet permettra de mettre au point des programmes de formation pour lutter contre les préjugés dans les communautés et les salles de classe, et de prévenir la discrimination et l'extrémisme
  • «La Ligue islamique mondiale se consacre à la lutte contre les discours de haine et l’intolérance sous toutes ses formes», a déclaré son secrétaire général

NEW YORK: La Ligue islamique mondiale (LIM), en partenariat avec le Teachers College de l’université de Columbia à New York, a lancé mercredi le Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles.

Selon ses fondateurs, le laboratoire se veut un centre d’excellence pour la recherche, le leadership et la formation visant à lutter contre toutes les formes de haine et de radicalisation fondées sur la religion, la race ou l’ethnicité.

La LIM a accordé une subvention pour soutenir les travaux du laboratoire. Celui-ci se chargera d’élaborer des programmes de formation novateurs et fondés sur des données probantes afin de lutter contre les préjugés dans les communautés et dans les salles de classe. Il permettra également de faire avancer la recherche pour la promotion et l’amélioration de la coexistence et de la collaboration interconfessionnelles.

Parmi les personnalités qui ont assisté à la cérémonie de signature du projet mercredi figurent le secrétaire général de la LIM, Mohammed al-Issa, le président du Teachers College, Thomas Bailey, l’archevêque de New York, Timothy Cardinal Dolan, le grand rabbin de la synagogue de Park East, Arthur Schneier, ainsi que des membres du Congrès américain.

«La LIM se consacre à la lutte contre les discours de haine et l’intolérance sous toutes ses formes», a déclaré M. Al-Issa.

«Nous sommes honorés de soutenir le nouveau laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles, car il permettra de poursuivre cette bataille et, grâce à la formation et à la recherche, il contribuera à éliminer la discrimination et l’extrémisme avant qu’ils ne prennent racine chez les jeunes enfants.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com