Les talibans rejettent les accusations de l'ONU et assurent employer des «milliers» de femmes

Une femme a raconté qu'elle n'était pas autorisée à entrer dans son ancien bureau et qu'elle devait signer un registre une fois par semaine dans un parking, pour toucher 10 000 afghanis (environ 110 euros) par mois, soit moins d'un tiers de son ancien salaire. (Photo, AFP)
Une femme a raconté qu'elle n'était pas autorisée à entrer dans son ancien bureau et qu'elle devait signer un registre une fois par semaine dans un parking, pour toucher 10 000 afghanis (environ 110 euros) par mois, soit moins d'un tiers de son ancien salaire. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 13 septembre 2022

Les talibans rejettent les accusations de l'ONU et assurent employer des «milliers» de femmes

Une femme a raconté qu'elle n'était pas autorisée à entrer dans son ancien bureau et qu'elle devait signer un registre une fois par semaine dans un parking, pour toucher 10 000 afghanis (environ 110 euros) par mois, soit moins d'un tiers de son ancien salaire. (Photo, AFP)
  • «Des femmes et hommes travaillant ensemble dans un bureau, ce n'est pas possible dans notre système islamique», a justifié le chef de cabinet du ministre du Travail et des Affaires sociales, Sharafuddin Sharaf.
  • Lundi, un rapporteur spécial de l'ONU a notamment dénoncé «l'important recul des droits des femmes et des filles» depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021

KABOUL: Les talibans ont rejeté mardi les accusations de l'ONU selon lesquelles les droits des femmes en Afghanistan ont "reculé" depuis leur retour au pouvoir et assuré que des "milliers" d'Afghanes occupaient des emplois publics, mais pour certaines "à domicile". 

Les fondamentalistes islamistes ont expliqué que les employées de plusieurs ministères et services publics n'étaient pas autorisées à aller à leur bureau, pour ne pas contrevenir à l'interprétation talibane des règles islamiques sur la séparation des sexes, mais qu'elles continuaient "à être payées" en restant à leur domicile. 

"Des femmes et hommes travaillant ensemble dans un bureau, ce n'est pas possible dans notre système islamique", a justifié le chef de cabinet du ministre du Travail et des Affaires sociales, Sharafuddin Sharaf. 

Lundi, un rapporteur spécial de l'ONU a notamment dénoncé "l'important recul des droits des femmes et des filles" depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021. 

La Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a également accusé lundi les autorités talibanes d'intimider et de harceler son personnel féminin travaillant dans le pays, notamment après la détention "temporaire" de trois employées pour les interroger. 

Le rapport des Nations Unies est "biaisé et loin de représenter la réalité", a réagi dans un communiqué le porte-parole du régime, Zabihullah Mujahid. 

"Des milliers de femmes travaillent dans l'éducation, les études supérieures, la santé (...)", a-t-il assuré. 

Selon Sharafuddin Sharaf, "pas une seule femme" fonctionnaire n'a été renvoyée depuis que les talibans ont repris le pouvoir. 

Néanmoins, a-t-il expliqué, les employées de plusieurs ministères et services publics où les mesures de ségrégation entre sexes n'ont pas encore été mises en place ne sont pas autorisées à se rendre à leur bureau. 

Là où "elles ne sont pas nécessaires", leurs collègues masculins ont la "responsabilité d'assurer leur travail", a ajouté M. Sharaf. 

Une femme a raconté qu'elle n'était pas autorisée à entrer dans son ancien bureau et qu'elle devait signer un registre une fois par semaine dans un parking, pour toucher 10 000 afghanis (environ 110 euros) par mois, soit moins d'un tiers de son ancien salaire. 

"La plupart du temps, ils nous insultent et nous humilient", a déclaré Nasria Tamkeen. "Nous ne pouvons pas appeler cela un salaire, car cela ne peut pas financer les besoins d'une famille", a-t-elle déploré. 

Dans la plupart des ministères cependant, "là où on a besoin d'elles, les femmes travaillent", a assuré M. Sharaf sans pouvoir donner le nombre total de femmes fonctionnaires. 

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont imposé des règles très strictes sur la conduite des femmes, notamment dans la vie publique. 

Les fondamentalistes islamistes ont fermé les écoles secondaires pour filles dans la plupart des provinces. Ils ont également ordonné aux femmes de se couvrir entièrement en public, idéalement avec une burqa. 

Les femmes ont manifesté à plusieurs reprises pour protester contre la perte de leur emploi et réclamer le droit de travailler, et certaines d'entre elles ont été réprimées avec force par les talibans. 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Short Url
  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Short Url
  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

 

 


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Short Url
  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".