Un dirigeant yéménite en Allemagne pour solliciter de l'aide

Le président yéménite du Conseil présidentiel de direction, Rashad al-Alimi, arrivant à la chancellerie de Berlin pour des entretiens avec le chancelier allemand, le 13 septembre 2022. (AFP)
Le président yéménite du Conseil présidentiel de direction, Rashad al-Alimi, arrivant à la chancellerie de Berlin pour des entretiens avec le chancelier allemand, le 13 septembre 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Un dirigeant yéménite en Allemagne pour solliciter de l'aide

Le président yéménite du Conseil présidentiel de direction, Rashad al-Alimi, arrivant à la chancellerie de Berlin pour des entretiens avec le chancelier allemand, le 13 septembre 2022. (AFP)
  • L'Allemagne dispose d'organismes de développement bien établis qui ont suspendu la plupart de leurs activités au Yémen
  • Le nouveau dirigeant s'est déjà rendu à Riyad et à Abu Dhabi à la recherche d’une aide économique

AL-MUKALLA: Le président Rashad Al-Alimi s'est rendu à Berlin pour obtenir un soutien financier et humanitaire, alors que son pays déchiré par la guerre est confronté à une crise économique.

Son bureau a déclaré à Arab News qu'il était arrivé mardi pour tenter de convaincre les donateurs internationaux, dont l'Allemagne, de relancer leur aide au Yémen. Il devrait rencontrer le chancelier Olaf Scholz et le président Frank-Walter Steinmeier.

«Après les États-Unis et la Commission européenne, l'Allemagne est le troisième plus grand donateur d'aide humanitaire», précise son bureau.

«L’Allemagne mène également de façon régulière des échanges parallèles sur la crise yéménite. Les dirigeants souhaitent renforcer le rôle de l'Allemagne dans la gestion de la crise humanitaire.

Le bureau du président a affirmé qu'il discutera également des violations par les Houthis de la trêve convenue au niveau international, qui en est maintenant à son sixième mois, et de la répression du groupe contre les libertés dans les zones sous son contrôle.

«L'Allemagne possède des organismes de développement bien établis qui ont suspendu la plupart de leurs activités au Yémen, mais il y a un grand espoir qu’ils reprennent leur participation», a affirmé le bureau.

Al-Alimi préside un conseil de huit hommes qui est en charge du Yémen depuis la démission en avril dernier de l'ancien président Abed Rabbo Mansour Hadi.

Le nouveau dirigeant s'était déjà rendu à Riyad et à Abu Dhabi à la recherche d’une aide économique, alors que le Yémen souffre de la détérioration des services publics, de l'aggravation des coupures de courant et d'une crise monétaire.

Par ailleurs, le gouvernement yéménite a salué mardi les critiques du Conseil de sécurité de l'ONU concernant une offensive meurtrière commise par les Houthis à Taïz à la fin du mois dernier, et les modifications des règles portuaires par le groupe qui ont affecté l'approvisionnement en carburant dans les zones sous son contrôle.

Abdel Baset al-Qaedi, sous-secrétaire au ministère yéménite de l'Information, a affirmé que les Houthis bloquaient intentionnellement des navires pétroliers dans le port de Hodeïda.

«Les Houthis ont créé la dernière crise du carburant pour permettre à leurs commerçants d'importer du carburant sans l'autorisation préalable du gouvernement», a-t-il précisé.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a indiqué dans sa mise à jour de lundi que la trêve au Yémen avait permis une réduction de 60% du nombre de victimes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attentat contre une synagogue à Jérusalem-Est: sept morts, l'assaillant abattu

Le personnel des services d'urgence israéliens transporte des blessés sur le site d'une attaque signalée dans un quartier de colons de Jérusalem-Est annexée par Israël, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP).
Le personnel des services d'urgence israéliens transporte des blessés sur le site d'une attaque signalée dans un quartier de colons de Jérusalem-Est annexée par Israël, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP).
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  • Selon la police, l'auteur de la fusillade, un Palestinien résident de Jérusalem-Est âgé de 21 ans, a été abattu par des policiers après avoir pris la fuite à bord d'une voiture
  • L'attentat, qui survient dans un contexte de nouvel accès de violence entre Israéliens et Palestiniens depuis 36 heures, a été immédiatement condamné par Washington

JERUSALEM: Sept personnes ont été tuées vendredi par un homme armé ayant ouvert le feu près d'une synagogue à Jérusalem-Est pendant les prières du début du shabbat avant d'être lui-même abattu, dernière épisode d'un nouvel accès de violence meurtrière entre Israéliens et Palestiniens.

"Sept civils" ont été tués par un assaillant armé ayant ouvert le feu vers 20H15 (18H15 GMT) dans la rue à proximité de cette synagogue à Neve Yaacov, quartier de colonisation juive à Jérusalem-Est, partie de la Ville sainte annexée par Israël, selon un communiqué de la police israélienne.

Il s'agit "d'une des pires attaques de ces dernières années" contre des Israéliens, a déclaré à la télévision israélienne Kobi Shabtai, le chef de la police.

Selon la police, l'auteur de la fusillade, un Palestinien résident de Jérusalem-Est âgé de 21 ans, a été abattu par des policiers après avoir pris la fuite à bord d'une voiture.

L'attentat, qui survient dans un contexte de nouvel accès de violence entre Israéliens et Palestiniens depuis 36 heures, a été immédiatement condamné par Washington.

"C'est absolument épouvantable", a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du département d'Etat, Vedant Patel.

"Nous condamnons cette apparente attaque terroriste dans les termes les plus forts", a-t-il ajouté en précisant qu'il n'y avait aucun changement dans le programme du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, qui doit se rendre à partir de dimanche en Egypte puis lundi et mardi à Jérusalem et Ramallah.

Il y discutera "de mesures à prendre pour une désescalade des tensions", a-t-il ajouté.

Le Magen David Adom (MDA), équivalent israélien de la Croix-Rouge, a dit avoir recensé au total dix victimes touchées par balles, parmi lesquelles un homme de 70 ans et un adolescent de 14 ans.

Désamorcer l'escalade? 

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu sur les lieux de l'attaque, où des journalistes de l'AFP ont pu voir trois cadavres étendus dans la rue.

"J'ai entendu beaucoup de tirs de balles", a déclaré à l'AFP Matanel Almalem, un étudiant de 18 ans vivant à côté de la  synagogue.

La fusillade intervient au lendemain de la mort de neuf Palestiniens dans un raid des forces armées israéliennes dans le camp de Jénine, ville du nord de la Cisjordanie occupée.

Le raid, qui a également fait des dizaines de blessés, ciblait le groupe Jihad islamique qui planifiait une attaque en Israël, d'après des sources israéliennes.

Un dixième Palestinien a été tué jeudi par des tirs israéliens à Al-Ram, près de Ramallah, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les Nations unies n'ont pas recensé un bilan aussi élevé en une seule opération israélienne en Cisjordanie depuis qu'elles ont commencé à comptabiliser en 2005 les victimes du conflit israélo-palestinien.

En représailles, des roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza, sous le contrôle du mouvement du Hamas.

Israël a répliqué dans la foulée par des frappes contre le micro-territoire palestinien. Aucune victime n'a été recensée dans cette passe d'armes.

En réaction au raid israélien à Jénine, l'Autorité palestinienne a décidé de mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, une première depuis 2020.

La France a exhorté Israël et les Palestiniens "à s'abstenir d'alimenter l'escalade" et les Etats-Unis se sont dits "profondément préoccupés par l'escalade de violence".

De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré jeudi dans un communiqué que son pays "ne cherchait pas l'escalade" mais se préparait "à tous les scénarios".


Syrie: l'ONU met en garde contre un risque de famine inégalé

Le 14 janvier 2016,, un convoi d'une cinquantaine de camions d'aide quitte Damas pour la ville syrienne de Madaya, frappée par la faim, où 40 000 habitants ont subi un siège gouvernemental paralysant qui a suscité une vive condamnation de l'ONU. (Photo de Louai BESHARA / AFP)
Le 14 janvier 2016,, un convoi d'une cinquantaine de camions d'aide quitte Damas pour la ville syrienne de Madaya, frappée par la faim, où 40 000 habitants ont subi un siège gouvernemental paralysant qui a suscité une vive condamnation de l'ONU. (Photo de Louai BESHARA / AFP)
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  • «La faim a atteint un niveau inégalé depuis 12 ans en Syrie», a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué
  • Selon l'ONU, plus de 90% de la population syrienne vit sous le seuil de la pauvreté depuis le début, en 2011, d'un conflit sanglant ayant tué près d'un demi-million de personnes et dévasté les infrastructures du pays

BEYROUTH : Le nombre de Syriens souffrant de la faim a atteint un nouveau record après 12 ans de guerre civile, a averti vendredi l'ONU qui a mis en garde contre «une nouvelle vague d'émigration de masse».

«La faim a atteint un niveau inégalé depuis 12 ans en Syrie», a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué.

«Douze millions de personnes ne savent pas comment elles se procureront leur prochain repas», a ajouté le PAM, auxquelles s'ajoutent «2,9 millions de personnes qui risquent de souffrir de la faim».

Selon l'ONU, plus de 90% de la population syrienne vit sous le seuil de la pauvreté depuis le début, en 2011, d'un conflit sanglant ayant tué près d'un demi-million de personnes et dévasté les infrastructures du pays.

La Syrie, dont l'économie s'est effondrée, est désormais au sixième rang des pays comptant le plus de personnes menacées d'insécurité alimentaire.

Les prix des denrées alimentaires ont été multipliés par 12 au cours des trois dernières années dans ce pays frappé en outre par la sécheresse, le choléra et le Covid-19.

La malnutrition infantile et des mères «augmente également à une vitesse sans précédent», selon le communiqué.

Si la communauté internationale n'intervient pas pour aider la Syrie, le pays risque d'être confronté à «une autre vague de d'émigration massive», a déclaré le directeur du PAM, David Beasley, lors d'une visite en Syrie cette semaine.

«Est-ce ce que veut la communauté internationale?», a-t-il ajouté, exhortant les pays donateurs à redoubler d'efforts pour «éviter cette catastrophe imminente».

Déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a également provoqué le déplacement de millions de personnes.

Au cours de la «crise migratoire» de 2015, l'Europe avait vu arriver sur son sol 1,2 million de personnes, dont de nombreux Syriens fuyant la guerre.


Liban: deux députés indépendants poursuivent leur sit-in au Parlement

Cette photo fournie par le bureau de presse du Parlement libanais le 19 janvier 2023 montre les parlementaires Melhem Khalaf (à gauche) et Najat Saliba faisant une déclaration à la presse à la fin d'une session dans le bâtiment du Parlement, dans le quartier du centre-ville de la capitale Beyrouth. (Photo par Stringer / Parlement Libanais / AFP)
Cette photo fournie par le bureau de presse du Parlement libanais le 19 janvier 2023 montre les parlementaires Melhem Khalaf (à gauche) et Najat Saliba faisant une déclaration à la presse à la fin d'une session dans le bâtiment du Parlement, dans le quartier du centre-ville de la capitale Beyrouth. (Photo par Stringer / Parlement Libanais / AFP)
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  • «L'Etat se délite complètement, nous voulons préserver ce qu'il en reste, à savoir le Parlement», a ajouté la députée qui dit dormir dans un salon de l'hémicycle, comme son collègue
  • La décision lundi du juge indépendant Tarek Bitar de reprendre l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth en 2020 a déclenché une véritable guerre au sein de la justice

BEYROUTH : Une élue indépendante a promis vendredi à Beyrouth de poursuivre son sit-in au Parlement jusqu'à ce que les députés élisent un chef de l'Etat au Liban, pays sans président depuis près de trois mois et où la crise socio-économique s'aggrave.

Cette députée, l'écologiste Najat Saliba, et un collègue, l'ancien bâtonnier de Beyrouth Melhem Khalaf, entament vendredi leur deuxième semaine de sit-in pour protester contre les profonds différends politiques empêchant l'élection d'un successeur à Michel Aoun.

A l'issue d'une onzième session du Parlement le 19 janvier, qui a échoué à élire un chef de l'Etat, ils étaient restés dans l'hémicycle.

«Nous restons ici, que personne ne pense que nous allons partir» avant l'élection d'un président, a déclaré vendredi à l'AFP Najat Saliba.

«L'Etat se délite complètement, nous voulons préserver ce qu'il en reste, à savoir le Parlement», a ajouté la députée qui dit dormir dans un salon de l'hémicycle, comme son collègue.

«Nous sommes sans gouvernement, sans système financier et sans justice», a encore déploré Mme Saliba.

Parallèlement à la crise politique et économique, la décision lundi du juge indépendant Tarek Bitar de reprendre l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth en 2020 a déclenché une véritable guerre au sein de la justice.

Le mandat du président Michel Aoun a expiré le 31 octobre et les députés, profondément divisés entre le camp du puissant Hezbollah pro-iranien et celui de leurs adversaires, n'arrivent pas à désigner un successeur.

Aucun camp ne dispose d'une claire majorité pour imposer un candidat dans un pays où l'élection d'un président prend souvent des mois.