La Syrie risque de faire face à une guerre interminable et à la pauvreté

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths. (Reuters)
Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths. (Reuters)
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Publié le Jeudi 15 septembre 2022

La Syrie risque de faire face à une guerre interminable et à la pauvreté

  • Martin Griffiths, a averti que plusieurs facteurs ont conduit à une crise dans le nord-est de la Syrie qui nécessite une intervention urgente de la part des partenaires humanitaires
  • Cette année, 4,4 milliards de dollars (1 dollar = 1 euro) sont nécessaires pour financer de manière adéquate des projets humanitaires critiques en Syrie

LONDRES: Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, a averti que plusieurs facteurs, en particulier les faibles niveaux d’eau de l’Euphrate, d’autres pénuries d’eau et des épidémies de choléra, ont conduit à une crise dans le nord-est de la Syrie qui nécessite une intervention urgente de la part des partenaires humanitaires.

Cette mise en garde intervient dans le cadre d’une réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue mercredi dernier et qui avait pour but d’évoquer les derniers événements survenus dans ce pays ravagé par la guerre. Outre les membres du conseil, des représentants de la Turquie et de l’Iran étaient également présents.

Cependant, M. Griffiths souligne que l’objectif à long terme du conseil est de «réduire le besoin d’assistance en promouvant les efforts de renforcement de la résilience».

Cette année, 4,4 milliards de dollars (1 dollar = 1 euro) sont nécessaires pour financer de manière adéquate des projets humanitaires critiques en Syrie, indique M. Griffiths, rappelant qu’un quart de cet objectif n’avait été atteint seulement. «Nous ne réaliserons peut-être pas la moitié», prévient-il.

Le secrétaire général adjoint souligne l’importance du financement. Il note que, en Syrie, plus de quatre millions de personnes ont bénéficié des efforts de redressement rapide et de résilience. Il ajoute que l’ONU «continue de faire tout son possible» pour élargir la portée des convois d’aide transfrontaliers dans le but d’approvisionner le pays en fournitures urgentes.

L’envoyée spéciale adjointe du secrétaire général pour la Syrie, Najat Rochdi, fait savoir au Conseil que «tant de souffrances infligées à tant de Syriens» ont engendré une situation qui nécessite une aide humanitaire urgente ainsi que des négociations pour y remédier.

L’un des objectifs à long terme des acteurs humanitaires, parmi lesquels l’ONU, est d’obtenir un cessez-le-feu et de garantir la sûreté et la sécurité dont les civils syriens ont tant besoin.

Toutefois, les parties belligérantes ont du mal à faire des compromis, ajoute-t-elle, appelant à un «processus parallèle» pour accroître la stabilité politique.

Le conflit se poursuit et les civils sont «tués, mutilés, détenus, déplacés et incapables de rentrer chez eux», affirme-t-elle, mettant en garde contre la récente escalade de la violence dans le pays, en particulier des échanges de roquettes et d’artillerie – en plus des frappes aériennes et par drones.

Des informations récentes qui font état de frappes aériennes israéliennes contre l’aéroport d'Alep ont également suscité l’inquiétude. En effet, il s’est avéré que l’aide fournie par le Service aérien d’aide humanitaire des nations unies au camp de réfugiés d’Al-Hol avait été interrompue en raison des infrastructures endommagées.

Une autre préoccupation à long terme des groupes humanitaires et de la société civile est le recours continu à la détention et à l’emprisonnement arbitraires par le régime syrien, avec «des dizaines de milliers» de citoyens du pays toujours en prison.

L’envoyée spéciale adjointe appelle à la création d’une entité internationale pour traiter la question des Syriens disparus et s’attaquer aux problèmes de la société civile, de la famille et des femmes.

Elle met en lumière la souffrance des femmes en Syrie, avertissant que ces dernières portent un «fardeau particulier» à cause du conflit. Toute résolution doit tenir spécifiquement compte des problèmes des femmes et devrait leur accorder un rôle actif. Nombreuses sont celles qui «assurent la cohésion des familles et des communautés» tout en étant incapables de trouver un emploi en raison des difficultés économiques dont souffre le pays.

L’appel de l’envoyée a été relayé par Mazen Darwish, directeur général du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression. Il déclare que les violations des droits de l’homme par le régime constituent un obstacle majeur à la paix, dans la mesure où les réfugiés syriens du monde entier se trouvent dans l’impossibilité de rentrer chez eux.

M. Darwish affirme que la plupart des Syriens «rêvent du jour» où un règlement politique sera conclu, tout en ajoutant: «Mon retour ne donnerait aux bourreaux qu’une seconde chance de me tuer.»

Il compare la situation que vit le pays à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Il se demande pour quelle raison l’ONU, qui a poursuivi l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic pour des motifs criminels, ne fait pas de même avec les membres du régime syrien.

Tout accord de paix «doit être basé sur la justice transitionnelle», renchérit-il. Il conclut par ces termes: «La seule vertu de la guerre est la fin de la guerre.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël annonce des frappes imminentes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
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  • "L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban"
  • L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région.

"L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban, en réponse aux tentatives interdites de cette organisation de reprendre ses opérations dans la région", a écrit sur X le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe, en appelant les habitants de deux villages, Kfar Tibnit et Ain Qana, à immédiatement quitter leur logement.

 


Un mort et des blessés lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban

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  • Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé
  • Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et plusieurs blessés dimanche, a indiqué le ministère de la Santé, l'armée israélienne affirmant avoir visé des cibles du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

Israël mène régulièrement des frappes au Liban malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le mouvement pro-iranien.

L'armée israélienne affirme viser principalement des membres du Hezbollah ou ses infrastructures, et maintient des troupes dans cinq zones frontalières du sud du Liban.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays.

Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un membre du Hezbollah près d'Abba, "en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah".

Plus tôt dimanche, le ministère libanais de la Santé avait fait état d'une frappe dans la région de Saïda, loin de la frontière israélienne, qui a blessé une personne.

D'après l'ANI, elle visait un bulldozer "alors qu'il s'efforçait de déblayer les décombres" du site d'une précédente frappe israélienne.

L'armée israélienne a, elle, dit avoir visé "plusieurs véhicules d'ingénierie du Hezbollah" utilisés "pour rétablir des sites d'infrastructure terroriste dans la région", précisant toutefois qu'ils se trouvaient dans une autre zone du sud du Liban que celle mentionnée par le ministère.

Toujours dimanche, l'ANI a indiqué que l'armée israélienne avait largué des tracts visant à intimider les habitants de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, près de la frontière. Elle a publié une photographie de l'un de ces tracts, qui comportait un avertissement aux habitants selon lequel des membres du Hezbollah utilisaient un hôpital de la ville.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné "avec la plus grande fermeté les menaces contre les hôpitaux du sud, et les considère comme une attaque grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales".

L'hôpital Salah Ghandour de Bint Jbeil, géré par le Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, a indiqué dans un communiqué que les tracts contenaient "une menace claire contre l'hôpital, fondée sur des prétextes fallacieux dépourvus de tout fondement", et a rejeté ce qu'il a décrit comme des tentatives de ternir l’image de l’établissement.

L'enceinte de l'hôpital Salah Ghandour et ses abords ont été frappés en 2024 lors des hostilités avec le Hezbollah.

Sous forte pression américaine et par crainte d'une intensification des frappes israéliennes, le Liban s'était engagé, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, à désarmer le Hezbollah et à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 ses structures militaires entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Israël a mis en doute l'efficacité de l'armée libanaise dans ce processus et accusé le Hezbollah de se réarmer, tandis que le mouvement chiite a rejeté les appels à abandonner ses armes.

Plus de 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais de la Santé.


La position de l'Arabie saoudite sur l'escalade régionale n'a pas changé, selon une source saoudienne à Asharq Al-Awsat

Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respectait la souveraineté de Téhéran
  • Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue

RIYAD: Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat.

La source a souligné au journal que l'Arabie saoudite soutient les efforts visant à trouver une solution pacifique par la diplomatie et le dialogue à tous les différends entre les États-Unis et l'Iran.

La source a également réitéré le rejet par le Royaume de l'utilisation de son espace aérien et de ses territoires dans toute opération militaire contre l'Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respecte la souveraineté de Téhéran et que le Royaume ne permettra pas que son espace aérien ou ses territoires soient utilisés dans toute opération militaire contre l'Iran.

Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue dans le but de soutenir la sécurité et la stabilité régionales.

M. Pezeshkian a déclaré que ses entretiens avec le prince héritier avaient porté sur l'évolution de la situation en Iran et sur le dossier nucléaire.

Il a exprimé sa gratitude à l'Arabie saoudite pour sa position ferme en matière de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Iran. Il a également salué le rôle et les efforts du prince Mohammed dans l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région.