L'école, un moyen pour les enfants traumatisés par la guerre de «sortir du chaos»

Yasmine Sherif, directrice de l'agence des Nations unies Education Cannot Wait (ECW), pose lors d'une interview avec l'AFP au siège de l'ECW à New York, le 9 septembre 2022. (AFP).
Yasmine Sherif, directrice de l'agence des Nations unies Education Cannot Wait (ECW), pose lors d'une interview avec l'AFP au siège de l'ECW à New York, le 9 septembre 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 18 septembre 2022

L'école, un moyen pour les enfants traumatisés par la guerre de «sortir du chaos»

  • 222 millions d'enfants vivant dans des pays en guerre ou frappés par des désastres climatiques subissent une perturbation importante de leur éducation
  • «Si vous voulez changer le monde, atteindre les objectifs (de développement), il faut investir dans l'éducation pour tous ceux qui sont laissés pour compte»

NATIONS UNIES : "Une tente et de l'eau, c'est tout ce qu'on a à leur offrir?": aux enfants qui ont tout perdu dans les conflits ou les catastrophes, la patronne d'Education Cannot Wait voudrait leur donner une chance de "sortir du chaos" grâce à l'école.

Du Pakistan à l'Ukraine, du Mali au Venezuela ou à travers l'Afrique subsaharienne, ce fonds des Nations unies - spécialisé dans l'éducation en zone de crise - estime que 222 millions d'enfants vivant dans des pays en guerre ou frappés par des désastres climatiques subissent une perturbation importante de leur éducation. Près de 80 millions d'entre eux ne mettent jamais un pied à l'école.

"C'est horrible, c'est difficile à imaginer", lance Yasmine Sherif lors d'un entretien à l'AFP avant un sommet sur l'éducation organisé lundi dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

"Ils ont tout perdu et en plus de ça, ils ont perdu leur accès à une éducation de qualité".

Pire, au lieu d'apprendre à lire et à compter, ils se retrouvent dans les rues, "exposés à la violence, les garçons facilement recrutés par des groupes armés, les filles menacées par le trafic d'être humains, les enlèvements, les mariages forcés".

Depuis 2016, Education Cannot Wait a donc mobilisé un peu plus d'un milliard de dollars pour financer la construction d'écoles, l'achat de matériel scolaire, mais aussi un repas quotidien ou des services de soutien psychosocial, permettant d'aider près de 7 millions de garçons et de filles dans 32 pays.

Mais "si nous voulons répondre aux besoins, nous devons penser en termes totalement différents pour ce qui est des financements nécessaires. On parle de milliards ici, pas de millions", explique Yasmine Sherif, qui prévoit en février 2023 à Genève une conférence pour lever 1,5 milliard de dollars pour atteindre 20 millions d'enfants supplémentaires. Un nombre encore loin des 222 millions.

«Emancipation»

"Dans les pays européens, occidentaux, l'investissement pour la scolarisation d'un enfant représente en moyenne 10 000 dollars par an. Nous tournons autour de 150 dollars par an et par enfant, le fossé est extrême".

Pourtant "si vous voulez changer le monde, atteindre les objectifs (de développement), il faut investir dans l'éducation pour tous ceux qui sont laissés pour compte", plaide la Suédoise.

"Parce qu'au-delà des traumatismes et des souffrances, ils ont une incroyable résilience", assure-t-elle.

"Imaginez 222 millions d'enfants ayant vécu le pire du pire recevoir une bonne éducation? Ils feront des choses que l'humanité n'a jamais vues. J'ai tellement foi en eux".

"Ce que nous offrons c'est un outil, un espoir, une émancipation (...) Pour sortir du chaos et devenir un exemple pour le monde", insiste-t-elle.

Et selon elle, cet outil est aussi nécessaire qu'un toit et de quoi manger.

"Bien sûr, l'eau est vitale. Et oui, avoir un abri est important. Mais est-ce que c'est tout ce qu'on a à offrir à 222 millions d'enfants? Une tente et de l'eau? Si c'est tout ce qu'on a à leur offrir, sans leur donner les moyens de s'émanciper, alors nous sommes sur la mauvaise voie", plaide-t-elle avec ferveur.

"Ils ont vu leurs villages incendiés, leurs parents exécutés, ils ont subi des violences. La seule chose qui leur reste c'est de se dire +si je peux avoir une éducation, je peux me sortir de là et changer ma vie+", souligne-t-elle.

"Nous leur enlevons ce dernier petit espoir si nous ne leur permettons pas d'avoir une éducation".

Alors la directrice d'Education Cannot Wait dénonce ceux qui privent ces enfants de leur droit: "Les systèmes éducatifs sont soumis à de graves attaques dans des conflits armés actifs où les parties en guerre bombardent des écoles, utilisent des écoles pour stocker des armes, ce qui est interdit selon le droit humanitaire international".

"Ce sont des crimes de guerre", insiste-t-elle.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.