Somalie: La sécheresse et la crise alimentaire imminente nécessitent une réponse innovante

Une mère donne de l'eau à son enfant dans un camp de personnes déplacées à Baidoa, en Somalie (Photo, AFP).
Une mère donne de l'eau à son enfant dans un camp de personnes déplacées à Baidoa, en Somalie (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 21 septembre 2022

Somalie: La sécheresse et la crise alimentaire imminente nécessitent une réponse innovante

  • L'envoyé présidentiel pour la lutte contre la sécheresse déclare à Arab News que «la famine pourrait survenir dès le mois d'octobre»
  • Abderrahmane Abdichakour déclare que «l'aide humanitaire est vitale mais ne peut oas être une solution permanente»

NEW YORK: Il y a quelques mois à peine, la Somalie était promise à une nouvelle ère. Après un vote pacifique et un transfert de pouvoir tout aussi pacifique, beaucoup espéraient que les décennies de divisions claniques, de politiques factieuses, de tensions accrues entre Mogadiscio et les régions, et d'une présence extrémiste persistante, étaient de l’histoire ancienne.

Ces dernières années, la Somalie a également enregistré une croissance économique encourageante, renforçant les espoirs de la communauté internationale. Jusqu'à ce qu'une tempête parfaite, mêlant la pandémie de coronavirus, une invasion de criquets et des inondations, ne frappe le pays, réduisant à néant les progrès réalisés.

Un nouveau président, dont l'élection avait couronné une période d'espoir marquée par la rédaction d'une nouvelle constitution provisoire, la mise en place d'un gouvernement fédéral et la formation ultérieure de cinq nouveaux États membres, avait promis de se concentrer sur la réconciliation nationale et sur la poursuite des réformes politiques et financières.

James Swan, le représentant spécial de l'ONU en Somalie, avait déclaré au Conseil de sécurité que la présidence d'Hassan Cheikh Mahmoud offrait une «occasion tant attendue de faire avancer les priorités nationales urgentes».

Pourtant, ce n'est pas en raison de ces progrès que la Somalie sera au cœur de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies cette année. Une fois de plus, le pays se trouve confronté à un état d'urgence alarmant résultant de crises multiples et simultanées.

Selon l'Organisation météorologique mondiale des Nations unies, la Corne de l'Afrique devrait connaître une cinquième saison des pluies défaillante consécutive d'octobre à décembre. La Somalie est l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique et elle est mal équipée pour faire face à cette sécheresse, la pire qu'elle ait connue depuis quarante ans.

Beaucoup d’experts déclarent qu'il n'y a pas de fin en vue. Cinq années de sécheresse ont épuisé les niveaux d'eau du pays, entraînant de mauvaises récoltes, avec une production agricole inférieure de 70% à la moyenne. Plus de 3 millions de têtes de bétail ont péri. Les animaux qui sont restés sont maintenant émaciés.

L'acheminement de l'aide aux personnes dans le besoin reste un énorme défi. Certaines zones sont difficiles à atteindre à cause de l'insuffisance des infrastructures routières. D'autres sont sous le contrôle d'Al-Chabab, un groupe intransigeant et impopulaire ayant des liens avec Al-Qaeda.

Abderrahmane Abdichakour, l'envoyé spécial du président somalien, a appelé à une réponse mondiale immédiate à la crise alimentaire du pays (Photo fournie).

L'insurrection meurtrière d'Al-Chabab contre le gouvernement fédéral a entraîné l'attaque de convois d'aide humanitaire. Dans un cercle vicieux, la pénurie, aggravée par Al-Chabab, résulte à son tour en un plus grand nombre de jeunes Somaliens vulnérables au recrutement.

Puis vint la guerre en Ukraine, dont les répercussions ont été profondément ressenties dans la Corne de l'Afrique. La flambée des prix mondiaux des céréales qui en a résulté a poussé des millions de Somaliens à quitter leur foyer à la recherche de nourriture, transportant des enfants affamés et mal nourris.

Cependant, seuls ceux physiquement capables de partir ont entrepris ce voyage. Quant aux plus vulnérables, les enfants, la nouvelle génération de Somaliens, ils sont en train de périr.

«L'insécurité alimentaire est un problème mondial», a déclaré à Arab News Abderrahmane Abdichakour, envoyé spécial du président somalien pour la lutte contre la sécheresse.

«Le monde entier a été affecté par les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales en céréales, engrais et carburant, résultant du conflit en Ukraine. Tout comme le reste du monde, la Somalie a également été touchée.

«La différence pour la Somalie est que cette crise vient s'ajouter à de nombreuses autres dont le pays souffre depuis des décennies», a-t-il ajouté.

Selon les rapports de l'ONU, certaines communautés, notamment les populations agro-pastorales des régions de Baidoa et Burhakaba et les personnes déplacées dans la ville de Baidoa, dans la région de Bay, connaîtront la famine à partir d'octobre si l'aide n'est pas immédiatement renforcée.

Abdichakour est à New York pour faire du lobbying et exhorter les donateurs, la communauté internationale et la diaspora somalienne à soutenir la réponse à la sécheresse «avant qu'il ne soit trop tard».

Plusieurs organismes des Nations unies, dont l'Unicef, le Programme alimentaire mondial et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ont averti à maintes reprises que la situation d'urgence ne semblait pas s'améliorer.

La FAO a déclaré dans un communiqué que «sans action, la famine sévira dans les semaines à venir», ajoutant que des décès liés à la sécheresse avaient déjà été enregistrés et que le bilan pourrait être bien plus lourd dans les zones rurales difficiles à atteindre par rapport au nombre enregistré dans les camps de familles déplacées.

Pendant la famine de 2011, 340 000 enfants somaliens ont eu besoin d'un traitement contre la malnutrition aiguë sévère, a expliqué James Elder, porte-parole de l'Unicef, à Genève, en Suisse. «Aujourd'hui, ce nombre s’élève à 513 000. C'est un cauchemar en suspens que nous n'avons pas vu au cours de ce siècle.»

Selon la FAO, environ 6,7 millions de personnes en Somalie seront probablement confrontés à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë entre octobre et décembre de cette année, dont plus de 300 000 laissés «les mains vides» par la triple urgence du pays et qui devraient succomber à la famine.

Un enfant dort dans une tente de fortune au camp de Muuri à Baidoa, l'un des 500 camps de personnes déplacées (Photo, AFP).

Abdichakour a averti: «Les besoins ont augmenté, et les fonds restent inférieurs à ce qui est nécessaire. La communauté internationale n'a plus de temps à perdre. Si le monde n’intensifie pas son aide, la famine pourrait s'installer dès le mois d'octobre.»

Bien que ces prévisions catastrophiques aient placé la Somalie sous les projecteurs, les prévisions de famine remontent en fait au mois de mars.

«De nombreux gouvernements ont augmenté leur financement au cours de la sécheresse, et nous leur en sommes très reconnaissants. Cependant, le besoin de niveaux de financement adéquats afin de contenir l'urgence initiale n'a pas été atteint, permettant ainsi à la situation de se détériorer pour se transformer en la crise que nous connaissons aujourd'hui», a-t-il ajouté.

Aujourd'hui, Abdichakour lance un appel à une réponse humanitaire plus agressive à la crise afin de sauver autant de vies que possible.

«La gravité même de la situation exige une réaction plus agressive, plus innovante et plus concrète de la part de la communauté internationale», a-t-il affirmé. Il a appelé la communauté internationale à «se rallier à l'esprit de la diplomatie humanitaire» et à augmenter ses contributions «avant qu'il ne soit trop tard».

«Personne ne devrait mourir de faim en 2022. Dans ce monde de richesses, de compétences et de connaissances stupéfiantes, il devrait y avoir suffisamment de soutien pour tous», a ajouté Abdichakour.

Ce n'est ni la première ni même la dixième fois qu'un appel d'urgence est lancé pour la Somalie aux pays donateurs, et Abdichakour a fait remarquer que ce ne serait pas la dernière si la même approche continuait à être adoptée chaque année par le gouvernement somalien ou la communauté internationale.

Il a souligné: «Je ne veux pas frapper aux portes de nouveau dans cinq ans ou jamais. Environ un milliard d’euros sont dépensés chaque année pour l'aide accordée à notre pays et pourtant les besoins ne cessent d'augmenter. L'aide humanitaire est vitale pendant une crise, mais elle ne peut pas être une solution permanente.»

Les Somaliens sont conscients des progrès qu'ils avaient commencé à percevoir, mais ils craignent désormais que le potentiel de leur pays ne soit pas pleinement atteint.

Selon les experts, si ce potentiel avait été utilisé, la Somalie aurait pu contribuer à la sécurité alimentaire et à la production d'énergie durable dans la Corne de l'Afrique et dans le monde.

En tant qu'envoyé du président pour la lutte contre la sécheresse, Abdichakour préconise une nouvelle méthode de travail visant à mettre un terme au cycle de la faim et de la souffrance, qui se concentre sur l'adaptation à long terme au changement climatique et l'atténuation de ses effets.

Outre les fonds urgents nécessaires pour sauver des vies, il a appelé à des investissements axés sur la lutte contre l'insécurité alimentaire, la promotion des moyens de subsistance et la construction d'infrastructures, notamment de routes.

Il a révélé qu'entre 20 et 40% des produits agricoles en Somalie sont perdus dans le transport en raison du mauvais état des routes.

EN BREF

*Une famine est un épisode aigu de manque extrême de nourriture caractérisé par la faim, des décès généralisés, la misère et des niveaux extrêmement critiques de malnutrition aiguë.

«La Somalie a besoin de partenariats qui permettent à ses habitants de prospérer en continuant à vivre selon leur mode de vie traditionnel, tout en ajoutant quelques pratiques d'adaptation au climat et d'atténuation de ses effets», a indiqué Abdichakour.

«La Somalie a des ressources. Nous avons des minéraux, des rivières, du vent et du gaz naturel. Nous avons le plus long littoral d'Afrique. Nous avons une population agropastorale importante qui vit d'amples pâturages et exporte du bétail vers les marchés mondiaux lorsque la sécheresse ne ronge pas nos terres.

«Pour sortir des crises récurrentes, nous avons besoin que la communauté internationale comprenne l'importance de renforcer la résilience de nos populations face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires.

«En plus de sauver des vies de toute urgence, l'engagement international en Somalie doit contribuer aux moyens de subsistance, développer des infrastructures modernes et vitales comme les routes et les canaux d'irrigation, et aider les familles à s'adapter à une nouvelle réalité climatique», a-t-il expliqué.

Se tournant vers l'avenir, Abdichakour a insisté: «Nous savons que notre gouvernement a un long chemin à parcourir, mais nous sommes déterminés à mettre fin à cette crise et à arrêter le cycle, notamment en améliorant notre mode de fonctionnement, notre transparence et notre prise de responsabilité.»

«Nous demandons à la communauté internationale, et à tout groupe disposant d'une expertise et de ressources pertinentes, de travailler avec notre gouvernement afin de sauver d'urgence des vies aujourd'hui et de faire des investissements durables dans la Somalie de demain.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.