Londres subventionnera à grands frais les factures d'énergie cet hiver

La Première ministre britannique Liz Truss traverse le siège des Nations Unies à New York, le 20 septembre 2022. (Photo, AFP)
La Première ministre britannique Liz Truss traverse le siège des Nations Unies à New York, le 20 septembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 septembre 2022

Londres subventionnera à grands frais les factures d'énergie cet hiver

La Première ministre britannique Liz Truss traverse le siège des Nations Unies à New York, le 20 septembre 2022. (Photo, AFP)
  • «Le gouvernement a fixé un prix de gros subventionné» pour six mois, qui devrait représenter «moins de la moitié des prix de gros prévus cet hiver» pour les entreprises, ONG et établissements publics visés par la mesure
  • Face aux craintes de récession, le gouvernement britannique compte en effet doper la croissance grâce à des réductions de taxes tous azimuts, qui ont tendance à favoriser les plus aisés, qui paient l'impôt, comparé aux plus défavorisés

LONDRES: Après le gel des factures énergétiques déjà promis aux ménages, le gouvernement britannique de la nouvelle Première ministre Liz Truss paiera aussi, à grands frais, la moitié des coûts de l'énergie des entreprises cet hiver pour amortir l'envolée des prix. 

"Le gouvernement a fixé un prix de gros subventionné" pour six mois, qui devrait représenter "moins de la moitié des prix de gros prévus cet hiver" pour les entreprises, ONG et établissements publics visés par la mesure, selon un communiqué mercredi du ministère de l'Énergie et des Entreprises. 

Le soutien "sera équivalent" à celui déjà annoncé pour les particuliers – qui plafonne pour deux ans les prix de l'énergie pour un ménage moyen à 2 500 livres par an, soit une ristourne de quelque 1 000 livres – et il comprend la suppression de certains prélèvements écologiques, précise l'exécutif. 

Si la somme qui sera prise en charge dépendra in fine de la situation et des contrats de chaque établissement, elle pourra se traduire par une réduction de plus de 40% de la facture pour un pub ou une école, selon des exemples fournis par le gouvernement. 

Le mécanisme pourrait à terme être prolongé et davantage ciblé, ou remplacé par un soutien focalisé sur les entreprises ou les établissements les plus vulnérables. 

La flambée des prix de l'énergie est l'un des principaux facteurs dopant une inflation au plus haut depuis 40 ans outre-Manche, à 9,9% sur un an en août, et l'exécutif compte mettre un coup d'arrêt à ces hausses de prix qui frappent ménages et entreprises. 

Le monde des affaires applaudit. "Cela permettra à de nombreuses entreprises qui risquaient de fermer, licencier du personnel ou réduire leur production, de passer l'hiver", commente Shevaun Haviland, directrice générale des Chambres de commerce britanniques. 

Mais certaines "auront tout de même du mal à honorer leurs factures" et "six mois d'accompagnement ne suffisent pas pour faire des plans d'avenir", et notamment pour investir, prévient-elle. 

« Ça n'a jamais fonctionné » 

Mme Truss défend mercredi à New York, où elle participe à l'Assemblée générale de l'ONU, son plan pour une économie "plus compétitive", "qui attire la croissance en récompensant l'innovation, en défendant l'investissement et l'entreprise" et qui repose surtout sur des baisses d'impôts. 

Une approche critiquée indirectement par le président américain Joe Biden avant même leur rencontre bilatérale, qui s'est lui dit "fatigué de cette économie du ruissellement" (la richesse redescendant jusqu'aux plus modestes). "Ça n'a jamais fonctionné", a-t-il lâché dans un tweet. 

Face aux craintes de récession, le gouvernement britannique compte en effet doper la croissance grâce à des réductions de taxes tous azimuts, qui ont tendance à favoriser les plus aisés, qui paient l'impôt, comparé aux plus défavorisés. 

Le quotidien The Times évoque une baisse de la taxe sur les transactions immobilières, en plus de celles déjà annoncées des contributions sociales, et de l'impôt sur les sociétés. 

La suppression des limites aux bonus des banquiers, une législation héritée de l'UE, serait aussi envisagée, selon la presse britannique. 

Le gouvernement doit présenter vendredi un "mini-budget" pour détailler le financement de ces mesures, qui devrait dépasser 100 milliards de livres. 

Entre les baisses d'impôts et les subventions énergétiques, les économistes de Barclays l'ont même chiffré mardi à plus de 200 milliards de livres. 

Ce plan doit être financé par l'emprunt, faisant craindre un dérapage des finances publiques. 

L'ampleur du soutien ressemble "presque à une réaction de panique", a commenté mercredi le directeur du centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS), Paul Johnson, sur la BBC. Mais de telles mesures "étaient inévitables" face à l'envolée des prix, selon lui. 

Si l'emprunt public a baissé sur un an en août, après les sommets atteints avec les aides liées à la pandémie, il reste très élevé à 11,8 milliards de livres, selon des données publiées mercredi. La dette publique s'élève 96,6% du PIB. 

Pour autant, juge de son côté Martin Beck, économiste de EY Item Club, "la baisse significative des prix de gros de l'énergie récemment indique que le gel des factures pourrait s'avérer moins coûteux que ne le laissaient présager les premières estimations".


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.