La Guadeloupe confrontée aux dégâts de la tempête Fiona

La tempête tropicale Fiona, devenue depuis un ouragan de catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson, a éprouvé la Guadeloupe pendant le weekend, avec des vents violents, des pluies diluviennes et des inondations qui ont fait un mort (Photo, AFP).
La tempête tropicale Fiona, devenue depuis un ouragan de catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson, a éprouvé la Guadeloupe pendant le weekend, avec des vents violents, des pluies diluviennes et des inondations qui ont fait un mort (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

La Guadeloupe confrontée aux dégâts de la tempête Fiona

  • Mercredi, près de 60 000 clients (particuliers ou entreprises) y étaient toujours privés d'eau en raison des dégâts importants sur des installations du réseau
  • Un avion et 40 renforts apportant «une machine capable de potabiliser l'eau des rivières» doivent arriver mercredi soir en Guadeloupe

POINTE-À-PITRE:Le ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco, arrivé mercredi en Guadeloupe, a promis un arrêté de catastrophe naturelle "avant samedi" et une aide d'urgence, entre autres pour potabiliser l'eau des rivières, quatre jours après le passage de la tempête Fiona qui fait subir de sérieux dégâts à l'île et tué une personne.

A Pointe-à-Pitre, M. Carenco a assuré devant la presse être venu "en signe du soutien du gouvernement" et pour exprimer "publiquement l'affection de la Nation au moment où la Guadeloupe souffre".

La tempête tropicale Fiona, devenue depuis un ouragan de catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson, a éprouvé la Guadeloupe pendant le weekend, avec des vents violents, des pluies diluviennes et des inondations qui ont fait un mort.

Le président du département, Guy Losbar, a appelé dans un communiqué à un "grand plan de reconstruction" de la Guadeloupe, chiffré à "plus d'un milliard d'euros".

Mercredi, près de 60 000 clients (particuliers ou entreprises) y étaient toujours privés d'eau en raison des dégâts importants sur des installations du réseau. Tel le Centre Hospitalier de Basse-Terre, qui a fait savoir que cela compromettait son bon fonctionnement et la continuité des soins.

"De très gros travaux sont à prévoir" pour la remise en service du réseau d'eau, a indiqué le Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG), évoquant au minimum "plusieurs semaines" avant un retour à la normale.

Un avion et 40 renforts apportant "une machine capable de potabiliser l'eau des rivières" doivent arriver mercredi soir en Guadeloupe afin de pallier les manques dans les zones les plus touchées, a annoncé M. Carenco.

Le ministre a également promis que l'arrêté de catastrophe naturelle serait publié "avant samedi".

Le dispositif Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) Eau potable a été mis en œuvre "dès la fin de l'événement et reste mobilisé", a par ailleurs assuré le ministre dans un courrier adressé au député de Guadeloupe Olivier Serra, qui avait réclamé le déclenchement de ce dispositif.

En Guadeloupe, de nombreux militants demandent de longue date l'instauration de ce plan de manière durable, du fait de la situation critique des réseaux d'eaux sur l'île, vétustes et qui n'assurent pas la distribution en eau potable pour tous.

«Plus rien»

La visite ministérielle s'est poursuivie dans la commune de Goyave. Partout la boue est encore là. Sur les murs, parfois sur un mètre de haut dans les maisons, dépouillées. Les débris ont été sortis dans la rue, où des pelleteuses déblaient la boue et les détritus.

Dans certains endroits, le débordement des égouts, mêlé à la boue, répand une odeur pestilentielle. Partout les habitants s'hébergent, s'entraident, en attendant des solutions plus durables, dont personne ne sait quand elles arriveront.

La commune n'a pas fini de recenser les dégâts. Le maire Ferdy Louisy évoque 200 logements et plus de 1.000 personnes sinistrés pour la zone de logements sociaux de l'Aiguille.

"Je dormais, je me suis réveillée dans le noir quand le compteur a disjoncté et je me suis aperçue que j'avais de l'eau à la taille" raconte au ministre Julie Di Omede, 52 ans.

"Je n'ai pas les moyens de racheter tout ce que j'ai perdu : mon frigo, mon matelas, la nourriture, mes vêtements. Je n'ai même plus mes papiers", poursuit-t-elle.

Plus loin, Lydie Loudac, 64 ans, raconte avoir manqué de se faire emporter par les flots déchaînés. Un homme, le pantalon encore boueux, s'inquiète lui pour les enfants, très nombreux dans la cité.

"Ils n'ont plus rien, plus de livres d'école, plus de fournitures scolaires, et puis, ils n'ont plus d'école", affirme Yohan Fetama, 38 ans.

Les élus tentent de rassurer : "On a recensé avec le rectorat les besoins, on collecte des dons, ça s'organise".

Le réseau routier de l'archipel a souffert du passage de la tempête. "Une quinzaine de ponts sont fragilisés", a indiqué le préfet, Alexandre Rochatte, lors du même point presse.

Mercredi, à Capesterre-Belle-Eau (sud-est de l'île de Basse-Terre), commune touristique ayant été très affectée par les crues des rivières, le maire a pris des arrêtés pour interdire le passage par certains ponts "compte tenu du risque d'effondrement".


Retraites: Mélenchon appelle Macron à devenir «raisonnable»

Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, s'adresse aux médias lorsqu'il participe à une assemblée générale des travailleurs ferroviaires avant le début du troisième jour des manifestations contre une réforme des retraites largement impopulaire à la gare de Lyon à Paris, le 7 février 2023. (Photo, AFP)
Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, s'adresse aux médias lorsqu'il participe à une assemblée générale des travailleurs ferroviaires avant le début du troisième jour des manifestations contre une réforme des retraites largement impopulaire à la gare de Lyon à Paris, le 7 février 2023. (Photo, AFP)
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  • Emmanuel Macron «essaie de commencer son nouveau quinquennat par un coup de force en montrant que c'est lui le patron», a assuré Mélenchon
  • Le débat sur le projet de réforme des retraites a débuté lundi à l'Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose pas d'une majorité absolue

PARIS: Les macronistes "sont de plus en plus seuls et nous sommes des millions", ont clamé les dirigeants de la Nupes mardi au départ de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, tandis que le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé Emmanuel Macron à devenir "raisonnable".

"Sauf s'il est devenu totalement autoritaire, dans une démocratie, à un moment donné, il faut bien que quelqu'un soit raisonnable et c'est forcément lui qui doit le devenir puisque c'est lui qui a la responsabilité d'avoir créé de toutes pièces ce conflit", a déclaré M. Mélenchon à la presse sur un piquet de grève à la gare de Lyon, à Paris.

Emmanuel Macron "essaie de commencer son nouveau quinquennat par un coup de force en montrant que c'est lui le patron", a-t-il assuré, accusant le président d'entreprendre la réforme des retraites pour des "raisons totalement artificielles".

Pour M. Mélenchon, cette semaine sera "la grande semaine", "puisque se combinent la mobilisation de rue (...) avec la bataille parlementaire".

Le débat sur le projet de réforme des retraites a débuté lundi à l'Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose pas d'une majorité absolue.

Les dirigeants de la coalition de gauche Nupes se sont retrouvés en début d'après-midi au départ de la manifestation parisienne, place de l'Opéra. Les macronistes "sont de plus en plus seuls et nous, nous sommes des millions, ça se voit aujourd’hui", a jugé la cheffe d'EELV Marine Tondelier.

"Ce qu’ils veulent faire, c’est nous faire payer à tous les économies et les cadeaux aux grandes entreprises", a abondé la présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain.

"On va continuer de se battre jusqu’à la victoire parce que l’on a le sentiment que la victoire est à portée de main", a déclaré le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

Pour le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Boris Vallaud, "les Français en ont ras-le-bol de passer à la caisse, que ce soit toujours dans les poches vides que l’on cherche l’argent qui manque et jamais dans les poches pleines".

Le député LFI de la Somme François Ruffin a prévenu: "Nous utiliserons tous les moyens possibles pour que cette réforme ne passe pas."


En images: Le 3e round dans la rue contre la réforme des retraites

Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
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  • Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle
  • De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille

PARIS: Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle, tandis que les syndicats se montrent déterminés à poursuivre l'épreuve de force.

De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille.

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Avant le départ, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à durcir le mouvement par des grèves "plus dures, plus massives, plus nombreuses", car "si le gouvernement persiste à ne pas écouter, forcément il faudra monter d'un cran". (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)

 

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Un graffiti réclamant l'âge de la retraite à 60 ans est pulvérisé sur une statue à l'extérieur de la place du Palais Bourbon, devant l'Assemblée nationale lors de manifestations de militants de l'association ATTAC. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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Les manifestants se rassemblent place de l'Opéra avant le début de la manifestation, à Paris. (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)
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Le cortège à Montpellier, dans le sud de la France. (Photo Pascal GUYOT / AFP)
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Un manifestant lance un projectile de gaz lacrymogène lors de la manifestation à Nantes, dans l'ouest de la France, le 7 février 2023. (Photo LOIC VENANCE / AFP)
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Dans le cortège à Bordeaux. (Photo by THIBAUD MORITZ / AFP)
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Le cortège au Vieux Port de Marseille, dans le sud de la France. (Photo CHRISTOPHE SIMON / AFP)

 

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Le cortège à Nantes. (Photo LOIC VENANCE / AFP)

 

 


Passage à tabac mortel diffusé sur TikTok: deux interpellations à Lyon

Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Les enquêteurs ont trouvé «le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante»
  • Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi

LYON : La police lyonnaise a arrêté deux hommes suspectés d'avoir passé à tabac un homme de 54 ans retrouvé mort dans un appartement, des violences filmées et diffusées sur le réseau social TikTok, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Lyon.

Vendredi dernier, la plateforme Pharos, sur laquelle le grand public peut signaler les comportements et contenus illicites, a alerté sur la diffusion d'une vidéo "représentant une scène de violence impliquant un homme gisant au sol, partiellement dénudé et victime de coups", a expliqué le parquet .

La vidéo, prise dans l'après-midi de vendredi, laisse apparaître deux agresseurs.

Une enquête de flagrance a été immédiatement ouverte et confiée à la police judiciaire pour "actes de torture et de barbarie en bande organisée et séquestration en bande organisée".

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'enquête a permis de localiser un appartement situé dans le centre de Lyon, "susceptible d'être le lieu de commission des faits", comme l'écrit le parquet.

Dans le salon du logement, les enquêteurs ont trouvé "le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante".

Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi.

L'enquête se poursuit "du chef de meurtre en bande organisée" afin de déterminer les circonstances et le mobile des faits.