Bill Gates sonne l’alarme sur la famine qui menace le monde

Un enfant yéménite souffrant de malnutrition est vu dans un centre de traitement de la province de Hajjah, au nord du Yémen, le 5 juillet 2020 (Photo, AFP).
Un enfant yéménite souffrant de malnutrition est vu dans un centre de traitement de la province de Hajjah, au nord du Yémen, le 5 juillet 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Bill Gates sonne l’alarme sur la famine qui menace le monde

  • La Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF) est une organisation philanthropique humaniste américaine fondée en janvier 2000
  • En 2020, la Fondation Bill et Melinda Gates a contribué à hauteur de 10 millions de dollars pour aider à la lutte contre les criquets pèlerins dans la région de l'Afrique de l'Est

PARIS : La guerre en Ukraine montre que la faim ne peut être déterminée par la seule aide humanitaire, écrit Bill Gates sur le site officiel de sa Fondation. Une telle alerte demande un accroissement des investissements dans la recherche et le développement en agriculture, affirme-t-il.

La Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF) est une organisation philanthropique humaniste américaine fondée en janvier 2000. Ses principaux objectifs dans le monde sont d'accroître l'accès aux soins de santé et de réduire la pauvreté, bien que les priorités de la fondation aux États-Unis soient l'accès à l'éducation et aux technologies de l'information.

Une deuxième catastrophe humanitaire a éclaté en février à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui a interrompu le flux de céréales de l'Europe vers l'Afrique. La moitié du blé consommé par 14 pays africains provenait de Russie et d'Ukraine. À la suite de l'annulation de ces expéditions, le prix du blé de remplacement a atteint son plus haut niveau en 40 ans.

En mai, les prix ont finalement commencé à baisser, mais entre-temps, sont apparus les signes d'une famine moderne. Les dirigeants mondiaux ont sonné l'alarme et exigé une avalanche immédiate de secours. De son côté, le président américain Joe Biden a annoncé une nouvelle aide de 2,9 milliards de dollars pour lutter contre la famine.

«Même avant la guerre en Ukraine, les aides alimentaires sont monté en flèche, et continueront à augmenter jusqu'à la fin de la décennie», écrit Bill Gates. « Mais pourquoi une crise en Europe de l'Est a-t-elle menacé d'affamer des millions de personnes à six mille kilomètres de là ? » interroge Gates.

Depuis les années 1960, la productivité agricole a augmenté partout dans le monde. Les agriculteurs ont vu leurs récoltes croître, mais de manière asymétrique. En Chine et au Brésil par exemple, les récoltes ont explosé, tandis que la productivité dans de nombreux pays d'Asie du Sud-Est, comme le Laos et le Cambodge, était inférieure à la moyenne mondiale. En Afrique subsaharienne, les récoltes ont augmenté beaucoup plus lentement que partout ailleurs dans le monde, et pas assez vite pour nourrir la population nationale.

En 2020, la Fondation Bill et Melinda Gates a contribué à hauteur de 10 millions de dollars pour aider à la lutte contre les criquets pèlerins dans la région de l'Afrique de l'Est.

Le conflit en Ukraine a causé d'importantes perturbations de l'approvisionnement alimentaire mondial, mais le changement climatique est un problème beaucoup plus important. La question climatique constitue la plus grande menace pour la production alimentaire depuis le développement de l'agriculture, surtout en Afrique.

Les «graines magiques»

« Il y a quatorze ans, notre fondation a commencé à soutenir un groupe de chercheurs africains sur les cultures. Leur objectif était de développer un nouveau type de maïs, ce que j'ai commencé à appeler des ‘graines magiques’», écrit Bill Gates. « Bien sûr, les graines n'étaient pas vraiment magiques, mais en retenant des variétés sélectionnées de la culture, les chercheurs pensaient qu'ils pourraient produire un maïs hybride qui serait plus résistant aux climats plus chauds et plus secs. Ils y ont réussi de manière extraordinaire. »

« Des innovations comme le maïs DroughtTEGO et le riz de courte durée me donnent beaucoup d'espoir que la productivité agricole puisse encore augmenter malgré le changement climatique. Mais je souhaite que ces nouvelles graines soient adoptées plus rapidement, » ajoute-t-il. « L'investissement dans la recherche et le développement en agriculture est encore beaucoup trop faible, » regrette Gates.

« Les agriculteurs ont besoin de soutien de différentes manières, comme le micro-financement pour pouvoir se permettre d'acheter des engrais, ou des infrastructures rurales comme de nouvelles routes pour que leurs récoltes puissent être facilement transportées vers le marché. Même les ‘graines magiques’ ont besoin d'investissements adjacents pour pouvoir continuer à fonctionner comme par magie », lance Gates.

« Personne ne peut raisonnablement promettre que les huit milliards d'êtres humains de la planète auront toujours assez à manger. Mais s'assurer que l'Afrique subsaharienne et les autres régions à faible revenu puissent nourrir leur propre population reste un défi tout à fait réalisable, tant que le monde change sa façon d'aborder les crises alimentaires », conclut-il.

L’ONU sonne l’alarme

Un rapport d'experts de l'ONU a dénoncé le recours à la famine en Afrique, notamment en Ethiopie, comme une arme de guerre, en bloquant l’accès des services de base à cette région, où 90% de la population a un besoin urgent d'assistance humanitaire.

Dans un communiqué, l’ONU regrette que près d'un million de personnes dans le monde, surtout en Somalie, en Afghanistan et au Yémen, sont menacées par une "famine catastrophique" et risquent la mort dans les mois à venir en l'absence d'aide humanitaire, un chiffre record dû notamment à la sécheresse dévastatrice dans la Corne de l'Afrique.

 

Avec gatesfoundation.org 


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.