Brésil: à J-7 de la présidentielle, une victoire de Lula au 1er tour possible

Luiz Inacio Lula da Silva, candidat présidentiel du Brésil pour le Parti des travailleurs (Photo, AFP).
Luiz Inacio Lula da Silva, candidat présidentiel du Brésil pour le Parti des travailleurs (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 26 septembre 2022

Brésil: à J-7 de la présidentielle, une victoire de Lula au 1er tour possible

  • C'est avec constance que les enquêtes d'opinion accordent depuis des mois un troisième mandat pour diriger la première puissance d'Amérique latine à Lula
  • Si 11 candidats s'alignent au départ, c'est la lutte entre l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva et Jair Bolsonaro qui accapare l'attention

RIO DE JANEIRO: A une semaine de la présidentielle, le Brésil entre dans la dernière ligne droite d'une campagne électorale ultra-polarisée se résumant à un duel sans merci entre Jair Bolsonaro et Lula, dont l'élection dès le premier tour paraît possible.

Si 11 candidats s'alignent au départ, c'est la lutte entre l'ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (47% des intentions de vote selon le dernier sondage Datafolha) et le président d'extrême droite Jair Bolsonaro (33%) qui accapare l'attention.

"Nous devons parler aux indécis et à ceux qui envisagent de ne pas aller voter", a déclaré Lula lors d'un meeting dimanche devant des milliers de soutiens à l'école de samba Portela, à Rio.

C'est avec constance que les enquêtes d'opinion accordent depuis des mois un troisième mandat pour diriger la première puissance d'Amérique latine à Lula, président de 2003 à 2010 et chef de file du Parti des Travailleurs (PT, gauche).

"Le gouvernement de Lula a été très bon: mes enfants ont pu avoir leur diplôme à l'université, j'ai pu moi-même acheter une voiture. Je veux son retour car je voudrais que tout redevienne comme avant", dit à l'AFP Sandra Chaves, une femme de couleur de 60 ans venue dimanche entendre Lula à l'école de samba Portela.

Ralliements à Lula
L'ancien métallo avait quitté le pouvoir sur des taux d'approbation stratosphériques (87%), avant de connaître la disgrâce de la prison pour corruption (2018-2019) et d'être empêché de se représenter. Son élection, à 76 ans, marquerait un come-back remarquable.

Il bénéficie d'une dynamique. "Les sondages disent qu'il y a une réelle possibilité que Lula gagne dès le premier tour" du 2 octobre, note Fernanda Magnotta, analyste à la fondation FAAP, à Sao Paulo.

Lula pourrait bénéficier du "vote utile" si "les électeurs de candidats moins compétitifs tel Ciro Gomes migrent vers lui", explique-t-elle, au sujet du candidat de centre gauche, 3e dans les sondages (7%) devant Simone Tebet (centre droit, 5%).

Le "vote utile", qui fait beaucoup parler de lui, est devenu le thème dominant de la campagne de Lula.

Ces derniers jours, Lula a surfé sur une vague de soutiens: l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) a demandé aux Brésiliens de voter "pour la démocratie", son ex-ministre de l'Environnement Marina Silva s'est ralliée à lui après une longue brouille.

Des hommes politiques et des intellectuels de gauche d'Amérique latine ont demandé à Ciro Gomes de se retirer pour faciliter la victoire de Lula.

Mais vendredi, Jair Bolsonaro, 67 ans, du Parti libéral (PL), assurait lors d'un meeting dans le Minas Gerais (sud-est): "Nous allons vaincre au 1er tour".

Fraude électorale
"Si Dieu le veut, nous gagnerons dès le premier tour", a-t-il répété dimanche en direct sur les réseaux sociaux. "L'autre camp ne réunit pas le peuple dans la rue, comment gagnerait-il dès le premier tour? Ca me paraît difficile... non: impossible. Point final", a ajouté le président sortant.

Sur Telegram, les réseaux bolsonaristes mènent campagne pour expliquer que si leur champion n'est pas élu dès le 2 octobre, c'est que l'élection aura été frauduleuse.

La crainte d'un remake brésilien de l'assaut du Capitole est dans tous les esprits.

"Ca peut être dangereux", dit Mme Magnotta, "Bolsonaro va très probablement invoquer la fraude électorale, comme Donald Trump, cela va galvaniser ses soutiens".

Car l'ex-capitaine de l'Armée peut compter sur des bataillons de partisans prêts à tout. Lui-même a plusieurs fois attaqué violemment les institutions de la jeune démocratie brésilienne, telle la Cour suprême, et mené une virulente campagne contre les urnes électroniques, qui favoriseraient selon lui "la fraude".

Mais baissant soudainement le ton, ce président imprévisible a aussi déclaré que s'il perdait, il se retirerait de la politique.

Impossible donc de prévoir la suite des événements au soir du premier tour.

«Voleur», «incompétent»
La campagne de Bolsonaro et Lula a été plus marquée par des attaques personnelles -- "voleur", "incompétent" -- que par la présentation de programmes.

Le quotidien O Globo appelait samedi Lula à proposer "un projet économique cohérent", car "s'il gagne, personne ne sait comment il va gouverner".

Les candidats ont sillonné le gigantesque Brésil et tenu d'innombrables meetings en gilet pare-balles.

Le thème de l'environnement et du climat, dans ce pays abritant l'Amazonie, est passé à la trappe, contrairement à la faim, l'inflation ou la corruption, préoccupations de la majorité des 214 millions de Brésiliens.

Pour ratisser large, Lula a tenté de séduire les évangéliques qui constituent le socle de l'électorat de Jair Bolsonaro avec l'agronégoce et les pro-armes.

Il s'est aussi choisi pour colistier le très modéré ex-gouverneur de Sao Paulo Geraldo Alckmin, du centre droit, afin de rassurer les marchés qui voient avec appréhension son élection.

M. Bolsonaro tente de son côté de séduire sans succès un électorat féminin qui majoritairement le fuit pour ses propos sexistes et a labouré le Nordeste, fief de Lula, sans beaucoup d'effet non plus, selon les sondages.

Les fausses informations déferlent comme jamais sur les réseaux sociaux. Elles sont aussi abondamment relayées par les présidentiables eux-mêmes, à la télévision, et jusqu'à la tribune de l'ONU mardi dernier par Jair Bolsonaro.

La semaine qui s'ouvre va voir les ennemis jurés jeter leurs dernières forces dans la bataille, avec de gros meetings et, jeudi, un débat télévisé très attendu, où, contrairement à samedi, Lula devrait être présent.


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.