Afghanistan: des talibans dispersent en tirant en l'air une manifestation de soutien aux femmes iraniennes

Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
Les forces talibanes ont tiré des coups de feu en l'air jeudi pour disperser un rassemblement de femmes soutenant les protestations qui ont éclaté en Iran. (AFP)
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Publié le Jeudi 29 septembre 2022

Afghanistan: des talibans dispersent en tirant en l'air une manifestation de soutien aux femmes iraniennes

  • «L'Iran se soulève, maintenant c'est à notre tour», «De Kaboul à l'Iran, dites non à la dictature !», ont scandé les manifestantes, derrière des banderoles que les talibans leur ont arrachées des mains
  • Les femmes, dont certaines avaient dissimulé leur visage derrière des lunettes de soleil et des masques chirurgicaux, ont ramassé les débris de leurs bannières pour en faire des boules de papier et les jeter sur les talibans qui leur faisaient face

KABOUL : Les talibans ont dispersé en tirant en l'air jeudi un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Kaboul de femmes afghanes venues soutenir les manifestantes iraniennes, dont elles disent partager la lutte.

Aux cris de "Femme, Vie, Liberté", quelque 25 femmes, foulard sur la tête, ont manifesté pendant une quinzaine de minutes sur la route en face de l'ambassade iranienne, avant d'être dispersées par des coups de feu tirés en l'air par les talibans postés devant le bâtiment, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les talibans ont également tenté de frapper les manifestantes à coup de crosse, selon la même source.

"L'Iran se soulève, maintenant c'est à notre tour", "De Kaboul à l'Iran, dites non à la dictature !", ont scandé les manifestantes, derrière des banderoles que les talibans leur ont arrachées des mains.

Des manifestations ont lieu tous les soirs en Iran, depuis le 16 septembre, date à laquelle la jeune Mahsa Amini est morte à l'hôpital, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran, qui doivent se couvrir les cheveux en public. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées par la police pendant ces manifestations.

Dans la capitale afghane, les femmes, dont certaines avaient dissimulé leur visage derrière des lunettes de soleil et des masques chirurgicaux, ont ramassé les débris de leurs bannières pour en faire des boules de papier et les jeter sur les talibans qui leur faisaient face.

Ces derniers ont également ordonné à des journalistes d'effacer les vidéos et les photos de la manifestation.

"Nous devons apprendre des femmes iraniennes sans craindre d'être tuées ou emprisonnées, nous devons défendre nos droits", a témoigné sous couvert d'anonymat une manifestante auprès de l'AFP.

"Tant que ces deux gouvernements seront au pouvoir, nous ne pourrons jamais être libres (...) Ici aussi les gens sont fatigués des crimes des talibans. Nous sommes sûrs qu'un jour notre peuple se dressera de la même manière que le peuple iranien", a-t-elle ajouté.

Depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, plusieurs manifestations sporadiques de femmes ont été organisées dans la capitale et d'autres villes du pays, malgré leur interdiction, que ce soit contre la perte de leur emploi ou pour réclamer le droit de travailler.

Certaines d'entre elles ont été réprimées avec force et les militantes qui avaient appelé aux rassemblements arrêtées par les talibans.

«Prévention du vice»

Après 20 ans de guerre et le départ de l'armée américaine d'Afghanistan, les nouveaux dirigeants du pays ont en effet imposé des règles très strictes sur la conduite des femmes, notamment dans la vie publique, ordonnant aux femmes de porter un voile intégral en public, de préférence la burqa.

Le redouté ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, dont les agents vêtus d'une blouse blanche sillonnent la ville, a vite remplacé celui des Affaires féminines. Chargé de veiller au respect des règles, il a notamment ordonné la séparation des femmes et des hommes dans les parcs publics de Kaboul.

Les fondamentalistes islamistes ont également fermé les écoles secondaires pour filles dans la plupart des provinces.

Le 10 septembre, plusieurs dizaines de jeunes filles avaient manifesté dans l'Est de l'Afghanistan, à Gardez, après avoir constaté la fermeture de leurs écoles pourtant rouvertes une semaine plus tôt sous la pression des étudiantes et de chefs tribaux.

Mardi, un rapport des Nations unies a dénoncé ces "restrictions sévères" aux droits des femmes, notamment l'interdiction de l'enseignement secondaire, et a appelé les talibans à "revenir immédiatement sur cette décision".

La levée des restrictions sur les droits des femmes est une condition essentielle à la reconnaissance du gouvernement taliban, a insisté la communauté internationale. Jusqu'à présent, aucun pays n'a reconnu le gouvernement islamiste.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.