La fonction publique, rêve de jeunes Irakiens, casse-tête pour le gouvernement

Des diplômés irakiens du gouvernorat de Dhi Qar manifestent dans sa grande ville de Nasiriyah (Photo, AFP).
Des diplômés irakiens du gouvernorat de Dhi Qar manifestent dans sa grande ville de Nasiriyah (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 02 octobre 2022

La fonction publique, rêve de jeunes Irakiens, casse-tête pour le gouvernement

  • Riche en hydrocarbures, dont il tire 90% de ses revenus, l'Irak marche sur une seule jambe: la fonction publique
  • La fonction publique a un coût, qui donne des maux de tête au Premier ministre Moustafa al-Kazim

BAGDAD: Salaires "corrects" et stabilité: la fonction publique fait saliver nombre de jeunes diplômés mais elle "épuise" les finances de l'Irak, pays embourbé dans des crises politique et économique où le secteur privé peine à séduire.

"On veut du travail!": la scène se reproduit quasi-quotidiennement depuis plusieurs années. A Nassiriyah (sud), de jeunes hommes fraîchement diplômés manifestent pour exiger des postes dans le secteur public, "un droit légitime", martèle Maïtham Mohammed Redha, 32 ans.

Las, dans le sud paupérisé comme dans le reste du pays, seul compte le piston, la "wasta".

Mais Maïtham n'a pas de "wasta", il interpelle donc directement le gouverneur de sa province pour trouver un poste, dans un pays de 42 millions d'habitants où l'Etat est, de loin, le premier employeur.

Riche en hydrocarbures, dont il tire 90% de ses revenus, l'Irak marche sur une seule jambe: la fonction publique. Les jeunes actifs, dont quatre sur dix sont au chômage, y voient un refuge face aux turbulences qui traversent leur pays.

Mohammed Al-Obeidi, fonctionnaire dans un ministère depuis 19 ans, en sait quelque chose. "Les salaires sont corrects", fait-il valoir. "Certains ministères ont de bonnes mutuelles" et le départ à la retraite est "autour de 55, 60 ans", ce qui permet de reprendre un travail dans le privé tout en touchant une pension.

Pratiques pourries
Mais la fonction publique a un coût, qui donne des maux de tête au Premier ministre Moustafa al-Kazimi.

Il affirmait cet été que "les gouvernements précédents (avaient) fait gonfler le nombre d'employés du secteur public dans un vain populisme qui a épuisé l'économie".

De 2004 --un an après le renversement de Saddam Hussein-- jusqu'à 2019, leur nombre "a augmenté de 400%", s'échauffait-il, notant que la fonction publique comptait pour "deux-tiers du budget de l'Etat" fédéral.

Un tissu économique difficilement tenable dans ce pays où "le secteur public emploie environ 3,3 millions de personnes, soit 37,9% de la population active, l'un des taux les plus élevés au monde", résume Maha Kattaa, cheffe de l'antenne irakienne de l'Organisation internationale du travail (OIT).

"C'est une pression énorme sur le gouvernement", relève-t-elle.

Moustafa al-Kazimi l'a reconnu lui-même: il n'a pas les "mains libres" pour réformer. Car sa survie à la tête du gouvernement dépend des tractations entre les caciques de la politique. Or, un an après les législatives d'octobre 2021, ils n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord sur un nouveau gouvernement.

Dans le secteur public, comme dans le privé, le recrutement se fait souvent par cooptation entre membres d'une même tribu ou d'un même parti politique. Les compétences et les diplômes importent peu.

Des "pratiques pourries qui annihilent la morale et les fondements matériels" de l'Irak, dénonçait en août l'ancien ministre des Finances Ali Allawi dans une lettre lue au Conseil des ministres le jour où il a démissionné avec fracas de son poste.

L'ancien ministre avait mis l'accent sur la corruption, "un cancer" selon lui, estimant que "l'Etat n'était pas parvenu à se libérer du contrôle de partis politiques et de groupes d'intérêts étrangers".

Améliorer les conditions
L'occasion pour le secteur privé de tirer son épingle du jeu?

Oui, estime Maha Kattaa de l'OIT, mais les entreprises doivent "améliorer les conditions de travail".

"Il y a l'assurance maladie à payer. Ensuite elles devront atteindre les mêmes niveaux de salaires que le public. C'est plus compliqué car, dans le privé, ce qui compte c'est le profit", dit-elle.

Pourtant, timidement, des entrepreneurs se lancent. Ils espèrent profiter d'une économie en pleine reconstruction après des décennies de guerre et qui devrait croître de 10% cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

A l'instar de Maïtham Saad. Cet Irakien de 41 ans a créé il y a trois ans Berhyah, une société qui commercialise des dattes du sud de l'Irak. Sa PME d'une trentaine de personnes a pourtant du mal à recruter, notamment des jeunes.

"Mais une fois qu'ils sont employés dans le privé et si leur patron est correct, ils sont sereins, ils peuvent négocier leur salaire (...) et font vraiment partie d'une famille", explique-t-il.


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.