«Hair Uncovered» ou la lutte d’une artiste iranienne pour la liberté

«Hair Uncovered» devrait sortir en décembre (Photo fournie).
«Hair Uncovered» devrait sortir en décembre (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 07 octobre 2022

«Hair Uncovered» ou la lutte d’une artiste iranienne pour la liberté

  • Le court métrage fait le récit d’une artiste obligée de quitter son pays par le régime
  • «Hair Uncovered», mis en scène par Cathey Heffernan, sera projeté dans le cadre du Festival du film Aesthetica, qui se tiendra à York du 1er au 6 novembre

LONDRES: Une artiste iranienne s’est filmée en train de lutter pour contrôler son propre corps, alors que des milliers de personnes manifestent contre le régime dans un pays qui lui est désormais interdit d’accès.

Mim, qui a été forcée de se réfugier au Royaume-Uni en raison de ses œuvres d'art, et qui est également sourde, est la protagoniste de «Hair Uncovered» (Cheveux découverts), un court métrage qui décrit son «rapport amour-haine» avec ses cheveux ainsi que son combat pour la liberté d’expression.

Le film est réalisé dans un contexte de manifestations généralisées en Iran contre la mort de Mahsa Amini, âgée de 22 ans et décédée à Téhéran après avoir été battue par la police iranienne des mœurs pour avoir prétendument enfreint une loi ordonnant aux femmes de se couvrir la tête.

Mim, qui est d’abord arrivée au Royaume-Uni pour y étudier, utilise ses propres cheveux pour créer des broches qui symbolisent sa liberté personnelle, loin de l'Iran. Cependant, le contenu de son travail a suscité la colère du régime.

«Je n’ai pas choisi de devenir demandeuse d’asile», dit-elle dans la bande-annonce du film. «J'ai beaucoup perdu en chemin, mais j’ai finalement gagné ma liberté.»

Selon l’artiste, le film ne représente qu’une «infime partie de la vie d’une femme en Iran, sachant que de nombreuses histoires de femmes iraniennes n'ont pas été entendues.»

Abigale Borsberry, réalisatrice du film, dit qu’elle s’est rendu compte de l’importance que revêt l'histoire de Mim au moment où elles se sont rencontrées.

«Sa capacité à partager ses expériences avec ses propres mots et à tisser son art est absolument fascinante. Maintenant plus que jamais, l'histoire et le parcours de Mim doivent être partagés avec le monde entier», poursuit-elle.

«Hair Uncovered», mis en scène par Cathey Heffernan, sera projeté dans le cadre du Festival du film Aesthetica, qui se tiendra à York du 1er au 6 novembre.

Le film devrait sortir en décembre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mediawan s'offre la société de production de Brad Pitt et part à la conquête d'Hollywood

L'acteur américain Brad Pitt (Photo, AFP).
L'acteur américain Brad Pitt (Photo, AFP).
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  • Le groupe Mediawan est présent dans la production, la distribution et la diffusion de films, séries et programmes de flux
  • «Le cinéma s’internationalise, pour nos futurs projets, il faut regarder en dehors des États-Unis»

PARIS: Mediawan a pris le contrôle de la maison de production hollywoodienne Plan B Entertainment, co-fondée et présidée par la star américaine Brad Pitt, a indiqué vendredi soir le groupe français à l'AFP.

"Cette prise de participation majoritaire est réalisée en partie en titres Mediawan, conduisant ainsi les trois co-présidents de Plan B, Brad Pitt, Dede Gardner et Jeremy Kleiner, à devenir également actionnaires de Mediawan", indique le groupe dans un communiqué.

Selon Mediawan, ce "partenariat inédit" réalisé entre deux producteurs en Europe et aux Etats-Unis "marque le déploiement de Mediawan sur le marché américain".

Le groupe, qui a créé en septembre la société de production Blue Morning Pictures avec le réalisateur Florian Zeller, va rassembler ses activités outre-Atlantique dans une nouvelle entité dédiée.

"C’est une chance exceptionnelle de pouvoir développer Mediawan aux côtés de Plan B, la plus belle société de production indépendante aux US", a commenté le PDG de Mediawan, Pierre-Antoine Capton, cité dans le communiqué.

Fondée au début des années 2000 à Beverly Hills (Californie), Plan B a produit plusieurs films à succès parmi lesquels "Les Infiltrés" de Martin Scorsese, "The Tree of Life" de Terrence Malick, ou encore "The Big Short" d'Adam McKay, et a été nommé 8 fois pour l'Oscar du meilleur film ces 10 dernières années.

"Le cinéma s’internationalise. Des talents émergent partout dans le monde. Pour nos futurs projets, il faut regarder en dehors des États-Unis", a expliqué Brad Pitt dans un entretien au Parisien.

Avec Mediawan, "nous avons la même conception de la manière de produire des films et des séries", a ajouté la star.

L'opération, à laquelle prennent part les actionnaires de Mediawan (KKR, Bpifrance, MACSF et la Société Générale) via une augmentation de capital, valorise Plan B Entertainment à plus de 300 millions de dollars et sera réalisée en plusieurs fois, selon le Financial Times.

Fondé en 2015 par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, le groupe Mediawan est présent dans la production, la distribution et la diffusion de films, séries et programmes de flux. Il regroupe désormais plus de 60 labels de production, rachetés progressivement en France et en Europe.

Le groupe derrière les succès du film "Bac Nord" et la série "Dix pour cent" emploie désormais 1.500 collaborateurs, pour un chiffre d'affaires d'environ un milliard d'euros


Studio 1932 et Pressman Film s'associent pour la production de films en Arabie Saoudite

Fondée en 1969, Pressman Film a produit plus de 80 films de niveau international qui ont donné le coup d’envoi à la carrière de plusieurs des plus grandes figures de l'industrie cinématographique (Photo, Twitter/Fichier).
Fondée en 1969, Pressman Film a produit plus de 80 films de niveau international qui ont donné le coup d’envoi à la carrière de plusieurs des plus grandes figures de l'industrie cinématographique (Photo, Twitter/Fichier).
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  • Les compagnies signent un accord pour créer un long métrage se déroulant dans l'ancienne Arabie
  • Selon les deux compagnies, cette collaboration a été possible grâce au soutien de la Saudi Film Commission

LONDRES: Studio 1932 d'Arabie saoudite et Pressman Film d'Hollywood ont annoncé vendredi un nouveau partenariat pour la création d'un long métrage qui sera tourné dans le Royaume.

La maison de production américaine a annoncé la signature d’un accord avec Studio 1932 pour filmer un long métrage d'action dramatique situé dans l'ancienne Arabie.

«Nous sommes ravis de nous associer à Studio 1932 pour la création de films et de programmes télévisés qui seront réalisés en Arabie saoudite pour un public international. La détermination de l'Arabie saoudite concernant le cinéma est actuellement l'une des évolutions les plus intéressantes sur le marché mondial des médias», selon le réalisateur Edward Pressman.

«Nous sommes fiers d'apporter plus de cinquante ans d'expérience dans ce secteur et de partager nos liens dans les sphères créatives et techniques de la production avec le contexte évolutif des médias saoudiens.»

Ce nouveau partenariat représente la dernière contribution à un secteur cinématographique florissant dans le pays et sera l'occasion de présenter non seulement le savoir-faire de l'industrie cinématographique saoudienne, mais aussi de mettre en valeur la diversité des paysages, des régions, de l'Histoire et des traditions du Royaume à travers l'objectif de la caméra.

Cette collaboration de valeur culturelle et créative a été possible grâce au soutien de la Saudi Film Commission et à l'engagement envers la Vision 2030 du Royaume d'Arabie saoudite, ont également souligné les deux compagnies.

Fondée en 1969, Pressman Film a produit plus de 80 films de niveau international qui ont donné le coup d’envoi à la carrière de plusieurs de plus grandes figures de l'industrie cinématographique.

Les célèbres productions de Pressman incluent «Conan le Barbare», «American Psycho», «The Crow», «Thank You for Smoking» et «Le Loup de Wall Street», réalisés par Oliver Stone, président du jury international du Red Sea Film Festival 2022.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La lave coule à Reykjavik dans un spectacle plus vrai que nature

De la vraie lave en fusion provenant du téphra et qui a éclaté en 1918 du volcan Katla dans le sud de l'Islande, se refroidit sur la structure de basalte du showroom Lava Show dans le centre-ville de Reykjavik, en Islande, le 1er décembre 2022. (Photo, AFP)
De la vraie lave en fusion provenant du téphra et qui a éclaté en 1918 du volcan Katla dans le sud de l'Islande, se refroidit sur la structure de basalte du showroom Lava Show dans le centre-ville de Reykjavik, en Islande, le 1er décembre 2022. (Photo, AFP)
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  • La lave incandescente dévale une pente d'acier entourée de sable noir et illumine la salle tel un lever de soleil. C'est la fournaise, obligeant les spectateurs à tomber la veste
  • Bien que l'odeur caractéristique de la lave soit présente lors du spectacle, ses multiples réchauffements l'ont débarrassée de ses gaz toxiques, permettant au public de s'approcher plus près que dans la réalité

REYKJAVÍK: C'est une expérience unique au monde: les visiteurs peuvent approcher une véritable coulée de lave en fusion dans une salle de spectacle en centre-ville de la capitale islandaise.

Au milieu d'un auditorium agencé à la façon d'une salle de cinéma avec des fauteuils rétractables, se dresse une structure bardée de colonnes de basalte rappelant les orgues de Reynisfjara, une plage de sable noir très populaire du sud de l'Islande.

Une quarantaine de visiteurs, dont une écrasante majorité de touristes, s'installent.

"C'est le spectacle où vous faites l'expérience de la vraie lave en fusion coulant à l'intérieur d'un bâtiment, de manière intentionnelle", débute le présentateur écossais du show, Iain MacKinnon.

Après quelques minutes sur la genèse du projet et la volcanologie islandaise, un documentaire retrace les éruptions volcaniques les plus marquantes depuis la colonisation de l'île à la fin du IXe siècle.

Puis vient l'annonce tant attendue: "cela fait presque 5.000 ans que la lave n'a pas coulé à Reykjavik… Jusqu'à maintenant".

Spectateurs hypnotisés

La lave incandescente dévale alors une pente d'acier entourée de sable noir et illumine la salle tel un lever de soleil. C'est la fournaise, obligeant les spectateurs à tomber la veste. En fin de course, le liquide en fusion grésille au toucher de blocs de glace et crépite dans un bruit de verre brisé à mesure qu'il refroidit.

"C'était vraiment beau", confie à l'AFP Jasmine Luong, une Australienne de 28 ans débarquée de Melbourne. "Je comprends pourquoi beaucoup de gens seraient attirés par une éruption, mais évidemment, on ne pourrait pas s'en approcher si près dans un cadre naturel normal, alors qu'ici c'est beaucoup plus sûr".

Si des centaines de milliers de curieux ont pu assister au spectacle hypnotisant des coulées bouillonnantes aux abords du Mont Fagradalsfjall en août dernier et l'année précédente à une quarantaine de kilomètres de Reykjavik, toutes les éruptions volcaniques islandaises ne sont pas si paisibles.

Bien que l'odeur caractéristique de la lave soit présente lors du spectacle, ses multiples réchauffements l'ont débarrassée de ses gaz toxiques, permettant au public de s'approcher plus près que dans la réalité.

"Les gens qui vont sur le site d'une éruption, lorsqu'ils y arrivent pour la première fois et qu'ils le découvrent, il y a un +effet wow+. Nous avons le même effet ici", indique M. MacKinnon.

Pour que de la véritable lave se déverse dans la salle, 600 kilogrammes de téphra, ces fragments de roche éjectés lors d'une éruption, ont été récupérés près du Katla, l'un des volcans les plus dangereux d'Islande (sud) dont le dernier réveil remonte à 1918.

"Nous le chauffons jusqu'à son point de fusion, qui est d’environ 1.100 degrés Celsius. Puis ça fond. Et on le verse dans la salle", explique Júlíus Jónsson, co-fondateur avec son épouse du Lava Show, qui attirait depuis 2018 les curieux à Vik, bourgade architouristique au sud de l'île, avant de s'installer aussi dans la capitale du pays.

Un immense fourneau utilisé pour fondre du métal, modifié pour les besoins du spectacle, est attenant à la salle et alimenté avec du méthane.

L'idée de ces représentations est venue au sommet d'un glacier, en observant les effusions de lave à Fimmvörduháls, la douce éruption qui a précédé celle, plus violente, de l'Eyjafjallajökull en 2010, qui avait paralysé le trafic aérien.

L'île nord-atlantique est l'une des régions volcaniques terrestres les plus actives et les plus productives et compte une éruption en moyenne tous les cinq ans.

"Nous pensions que ce serait merveilleux pour l'Islande si la lave coulait tout le temps", rêve son créateur.