Liban-Israël: L'accord de démarcation des frontières maritimes menacé

Des navires de la marine israélienne au large de Rosh Hanikra, près de la frontière libanaise, dans le nord d'Israël, le 4 mai 2021 (Photo, Reuters).
Des navires de la marine israélienne au large de Rosh Hanikra, près de la frontière libanaise, dans le nord d'Israël, le 4 mai 2021 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 07 octobre 2022

Liban-Israël: L'accord de démarcation des frontières maritimes menacé

  • Michel Aoun a déclaré que les révisions garantissent les droits du Liban à explorer le pétrole et le gaz dans les champs spécifiés dans la zone économique exclusive
  • Israël a annoncé jeudi qu'il rejetait les amendements demandés par le Liban à la proposition américaine

BEYROUTH: Israël a rejeté jeudi les révisions demandées par le Liban à une proposition de démarcation des frontières négociée par les États-Unis, remettant en cause des années d'efforts diplomatiques pour permettre aux deux pays d'extraire du gaz dans une partie contestée de la Méditerranée.

Le président libanais, Michel Aoun, a déclaré que les révisions apportées par le Liban à l'accord avec Israël garantissent les droits du Liban à chercher du pétrole et du gaz dans les champs spécifiés dans la zone économique exclusive.

Il a ajouté que les révisions du Liban empêchent toute interprétation qui ne s'applique pas au cadre que le Liban a spécifié pour le processus de démarcation lors des négociations indirectes menées par le médiateur américain, Amos Hochstein, qui ont duré plusieurs mois.

Israël a annoncé jeudi qu'il rejetait les amendements demandés par le Liban à la proposition américaine.

Un responsable libanais a indiqué: «Le Liban va consulter Hochstein pour savoir si Israël a rejeté les amendements en totalité ou en partie, ou s'il a simplement ses propres commentaires sur la proposition.»

Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, qui suit les négociations avec Hochstein, a déclaré qu'il le contactait toutes les heures pour résoudre les questions en suspens.

Reuters a cité un responsable israélien ayant déclaré que le Premier ministre israélien, Yair Lapid, «a été informé des détails des modifications substantielles que le Liban cherche à apporter à l'accord et a demandé à l'équipe de négociation de les rejeter».

Selon les médias israéliens, Tel-Aviv ne renoncera pas à ses intérêts sécuritaires et économiques, même si cela signifie qu'il n'y aura pas d'accord prochainement.

«Israël produira du gaz à partir de la plate-forme de Karish dès qu'il sera possible de le faire. Si le Hezbollah ou quiconque tente d'endommager la plate-forme de Karish ou de nous menacer, les négociations sur la ligne maritime s'arrêteront immédiatement», a averti le responsable israélien, mentionnant: «Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, devra expliquer aux Libanais pourquoi ils n'ont pas de champ gazier et d'avenir économique.»

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a prévenu: «L'État libanais paiera un lourd tribut militaire en cas d'attaque du Hezbollah et l'accord de démarcation des frontières maritimes avec le Liban portera atteinte aux intérêts de l'Iran.»

Lapid et l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu se livrent une bataille politique féroce à l'approche des élections législatives israéliennes, prévues début novembre.

«La pression intense exercée par mes amis et moi, a fait que Lapid s'est retiré de l'accord qui aurait cédé les droits d'Israël au Liban», a signalé Netanyahu.

Les médias israéliens ont cité les propos de Netanyahu: «Israël a besoin d'un leadership différent, d'un Premier ministre expérimenté et fort qui résiste aux pressions», ajoutant: «Nous ne laisserons pas Israël se rendre à Nasrallah.»

La proposition américaine a d'abord été accueillie favorablement par Israël et le Liban, jusqu'à ce que ce dernier suggère quelques révisions lors d'une réunion lundi entre Aoun, le président du Parlement, Nabih Berri, et le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, et les remette à l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea.

Selon les médias israéliens, le principal point de friction portait sur la reconnaissance d'une ligne de bouées de démarcation qu'Israël a installée en mer à partir de ses côtes.

Le Liban a réaffirmé que la soi-disant ligne de bouées n'a aucun sens et n'existe pas.

Les médias libanais ont rapporté que le Liban a demandé «de barrer l'expression “Ligne bleue” lorsqu'il est question des frontières, et de souligner que le Liban adhère à ses frontières internationales».

Le Liban a également suggéré de renommer le «possible réservoir de Sidon sud» en «champ de Sidon-Cana», et a précisé que ce champ sera «développé par le Liban et au profit du Liban».

Au sujet des sociétés qui opéreront dans les champs offshore, la proposition américaine stipule qu'elles «ne seront pas soumises aux sanctions américaines», mais le Liban a demandé de remplacer cette phrase par «être soumises aux sanctions internationales».

La proposition américaine stipulait également qu'«Israël ne s'oppose pas aux mesures prises dans le champ de Cana du côté situé au-delà de la ligne 23». Le Liban a demandé que la phrase soit modifiée en «Israël ne s'oppose pas et ne s'opposera pas» comme garantie future.

Le Liban s'est opposé à l'expression «compensation financière» et a déclaré que s'il y a un règlement financier entre la société d'exploitation et Israël, alors «le Liban n'est pas intéressé».

Parmi les autres demandes du Liban figurait la modification de la phrase «les États-Unis contribueront à faciliter le travail des sociétés d'extraction de gaz après l'accord», demandant aux États-Unis de faciliter le travail des sociétés d'extraction de gaz «directement et rapidement» une fois qu'un accord avec Israël aura été conclu.

Il n'y a pas eu de réponse immédiate du Hezbollah sur la nouvelle position israélienne. Nasrallah avait déclaré au cours du week-end que le Hezbollah soutenait la position officielle libanaise sur la question des frontières maritimes et des droits pétroliers et gaziers.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ministère saoudien des AE: La décision d'Israël sur la Cisjordanie sape les efforts déployés pour la paix et la stabilité

Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
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  • Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant
  • Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto"

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné la décision d'Israël de prendre le contrôle de certaines parties de la Cisjordanie, avertissant que cette décision saperait les efforts pour parvenir à la paix et à la stabilité, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères le X.

"Le ministère des Affaires étrangères exprime la condamnation du Royaume d'Arabie saoudite de la décision des autorités d'occupation israéliennes de renommer la Cisjordanie "terres d'État", affiliées aux autorités d'occupation, dans le cadre de plans visant à imposer une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, et à saper les efforts en cours pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région", a déclaré le ministère des Affaires étrangères lundi.

Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant.

Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto". Cette mesure a été largement critiquée par les pays arabes, notamment le Qatar, l'Égypte et la Jordanie.


Nucléaire: le chef de la diplomatie iranienne à Genève pour négocier avec Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
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  • "Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne
  • "Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable"

GENEVE: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne.

Ce nouveau volet de discussions "indirectes" doit débuter mardi, selon Téhéran, après que l'Iran et les Etats-Unis ont renoué le dialogue début février à Oman dans un contexte de menace d'intervention militaire américaine.

"Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne.

"Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable".

M. Araghchi a également annoncé qu'il rencontrera lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, "pour une discussion technique approfondie", puis son homologue omanais mardi.

De son côté, la Maison Blanche a confirmé dimanche que son émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, se rendraient à Genève cette semaine pour ces pourparlers.

Ils doivent également y participer à des discussions avec la Russie et l'Ukraine.

Après la répression meurtrière d'un important mouvement de contestation en janvier par les autorités iraniennes, le président Donald Trump a multiplié les menaces d'une intervention militaire, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, portant notamment sur le programme nucléaire iranien.

Une première session de négociation s'est ouverte le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, plusieurs mois après l'échec de précédentes discussions.

Ces dernières avaient été interrompues en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.

Les Etats-Unis avaient alors également bombardé des sites nucléaires iraniens.

Soupçons 

Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé Téhéran de conséquences "traumatisantes" et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.

Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.

Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone. Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs nouvelles discussions.

L'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.

Sur l'aspect nucléaire, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué que "la première condition" pour qu'un accord soit conclu entre les Etats-Unis et l'Iran, "est que tout le matériel enrichi doit quitter l'Iran".

Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à Téhéran de prendre en charge ce stock.

"La seconde condition est qu'il ne doit y avoir aucune capacité d'enrichissement, il ne s'agit pas simplement d'arrêter le processus d'enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d'enrichir l'uranium", a ajouté Benjamin Netanyahu.

Dans une interview à la BBC publiée dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne.

Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, soit bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances.

L'uranium enrichi à un taux très élevé (90%) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.


La Syrie annonce avoir pris le contrôle d'une autre base américaine

 Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
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  • Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom
  • Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier

DAMAS: Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne.

"Les forces de l'armée arabe syrienne ont pris le contrôle de la base militaire d'al-Chaddadi dans la campagne de Hassaké après coordination avec la partie américaine", indique un communiqué du ministère.

Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom.

Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier.

Cette annonce intervient après la confirmation par Washington, jeudi, du retrait de ses forces de la base d'al-Tanf, près des frontières syriennes avec la Jordanie et l'Irak, qui constituait un point d'appui stratégique pour les Etats-Unis.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont été un partenaire majeur de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'EI et ont joué un rôle central dans la défaite du groupe en Syrie en 2019.

Mais après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis se sont rapprochés du nouveau pouvoir de Damas, estimant récemment que la nécessité de leur alliance avec les forces kurdes s'était largement estompée.

Malgré sa défaite territoriale, l'EI demeure actif en Syrie.

Samedi, le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir frappé plus de 30 cibles de l'organisation en Syrie depuis le début du mois.

Les frappes aériennes menées entre le 3 et le 12 février ont visé des infrastructures et des dépôts d'armes du groupe, selon un communiqué du Centcom.