Pourquoi l’accord sur les céréales ukrainiennes ne mettra pas fin à la crise de la sécurité alimentaire au Moyen-Orient

Une cargaison spéciale de céréales ukrainiennes atteint la Turquie en août après un accord entre la Russie et l'Ukraine. (AFP)
Une cargaison spéciale de céréales ukrainiennes atteint la Turquie en août après un accord entre la Russie et l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Samedi 08 octobre 2022

Pourquoi l’accord sur les céréales ukrainiennes ne mettra pas fin à la crise de la sécurité alimentaire au Moyen-Orient

  • L'initiative céréalière de la mer Noire a libéré les exportations ukrainiennes bloquées, mais les prix des denrées alimentaires restent obstinément élevés
  • L'augmentation de la valeur du dollar américain a entraîné une hausse du coût des importations de nourriture et de carburant dans les pays les plus pauvres

DUBAI : Alors que les ménages souffrant d'insécurité alimentaire au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie continuent de payer le prix fort pour une guerre qui fait rage à des milliers de kilomètres de chez eux, des forces qu’aucun gouvernement ni autorité internationale ne peuvent contrôler à eux seuls aggravent le problème.

À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février et du blocus des ports du sud de la mer Noire qui en a résulté, la montée en flèche des prix des denrées alimentaires a fait craindre une aggravation de la famine et de la malnutrition dans de nombreux pays.

Malgré un apaisement de cette crise à la suite d'un accord quadripartite conclu à Istanbul le 22 juillet, la hausse de l'inflation dans le monde et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement mondiale constituent désormais une nouvelle menace.

La Réserve fédérale a revu ses taux d'intérêt à la hausse à la mi-septembre dans le but de faire baisser le taux d'inflation aux États-Unis. Mais ce faisant, la valeur du dollar a grimpé en flèche, ce qui entraîne une hausse des prix des importations de denrées alimentaires et de carburant dans les pays moins riches dont les monnaies sont en chute libre.

Ces nouvelles pressions interviennent à un moment où les prix des denrées alimentaires étaient censés être maîtrisés, en partie grâce à un accord négocié par les Nations unies et la Turquie pour créer un couloir humanitaire maritime sécurisé à partir de trois ports ukrainiens.

Pour mettre en œuvre l'initiative céréalière de la mer Noire, un centre de coordination conjoint a été créé à Istanbul. Il comprend des hauts représentants de la Russie et de l'Ukraine, ainsi que des médiateurs de la Turquie et des Nations unies.

La mise en œuvre de l'accord visant à reprendre les exportations de céréales, de denrées alimentaires, d'engrais et d'autres produits de base en provenance du bassin de la mer Noire – souvent considéré comme le grenier de l'Europe – a été interrompue depuis sa signature en juillet.

Néanmoins, il a contribué à faire baisser les prix des produits de base tels que le pain et l'huile de cuisson dans les pays en développement qui s’étaient retrouvés au bord du défaut de paiement et de la famine.

« Dans le mois qui a suivi le déclenchement du conflit, le prix de la farine de blé a augmenté de 47 % au Liban, de 11 % au Yémen, de 15 % en Libye, de 14 % en Palestine et de 10 % en Syrie », explique à Arab News Abdel Mageed Yahia, directeur-pays du Programme alimentaire mondial aux Émirats arabes unis et représentant pour la région du CCG.

« Les fluctuations des prix à l'échelle mondiale ne réduiront pas immédiatement l'inflation nationale dans les pays confrontés à la combinaison fatale de la dégringolade de la monnaie locale et de l’inflation élevée. Bien qu'il n'existe pas de solution unique à la crise de la sécurité alimentaire dans ces pays et dans le monde entier, l’initiative céréalière de la mer Noire est un développement extrêmement positif et un pas dans la bonne direction ».

Des personnes faisant la queue devant une boulangerie pour acheter du pain dans la ville de Sidon (Saïda), dans le sud du Liban, le 22 juin 2022, alors que la pénurie de carburant et de blé s'aggrave. (AFP/File Photo)
Des personnes faisant la queue devant une boulangerie pour acheter du pain dans la ville de Sidon (Saïda), dans le sud du Liban, le 22 juin 2022, alors que la pénurie de carburant et de blé s'aggrave. (AFP/File Photo)

Étant donné que l'Ukraine était le cinquième exportateur mondial de blé avant le conflit, le blocus imposé à ses ports coûtait au pays des milliards de dollars en revenus perdus et, en parallèle, faisait grimper les prix alimentaires mondiaux à des niveaux alarmants.

Avant l'invasion, l'Ukraine exportait environ 6 millions de tonnes de nourriture par mois. Ce chiffre était tombé à une moyenne de seulement 1 million de tonnes par mois avant l'entrée en vigueur de l'initiative céréalière de la mer Noire.

Par conséquent, de nombreux pays, tels que ceux du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, qui importent plus de 40 % de leur blé et près de 25 % de leur huile végétale de Russie et d'Ukraine, ont été confrontés à un double choc, sous la forme de pénuries alimentaires aiguës et de flambée des prix.

L'accord sur les céréales, décrit à l'époque par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres comme « une victoire de la diplomatie », vise à maintenir les exportations alimentaires ukrainiennes à 5 millions de tonnes par mois.

« Il n'y a pas de solution à la crise alimentaire mondiale sans garantir un accès mondial complet aux produits alimentaires de l'Ukraine et aux aliments et engrais russes », a déclaré Antonio Guterres lors d'une visite en Ukraine en août.

L'accord a certainement aidé des millions de personnes qui luttaient contre l'augmentation du coût de la vie, ainsi que les agriculteurs ukrainiens en difficulté. Mais selon les experts, il ne peut, à lui seul, résoudre les problèmes plus larges de la famine et de l'insécurité alimentaire, dont les causes sont beaucoup plus complexes et vont de la sécheresse et du changement climatique à la mauvaise gouvernance et à l'effondrement de l'État.

Un enfant assis à l'entrée d'un abri dans un camp de personnes déplacées endommagé par des pluies torrentielles dans le district de Jarrahi, dans la province occidentale de Hodeidah, au Yémen. (AFP)
Un enfant assis à l'entrée d'un abri dans un camp de personnes déplacées endommagé par des pluies torrentielles dans le district de Jarrahi, dans la province occidentale de Hodeidah, au Yémen. (AFP)

Plus de deux mois après la signature de l’initiative céréalière, la famine continue de sévir dans les régions du monde les plus touchées par l'insécurité alimentaire, notamment au Yémen et dans certaines parties de l'Afrique de l'Est, où les prix des produits de base restent obstinément élevés, où les opérations de lutte contre la faim sont perturbées et où la sécheresse touche tant les cultures que le bétail.

Les prix des biens importés et des produits de base ont augmenté dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord depuis le début de l'année 2021, en raison d'une demande croissante alors que les économies commençaient à peine à se remettre de la pandémie de COVID-19.

Les prix alimentaires à l’échelle nationale ont augmenté de plus de 15 % dans plus de 50 pays, tandis que l'inflation est à trois chiffres au Liban, au Venezuela, au Soudan et au Zimbabwe.

Selon l'indice des prix de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui mesure les variations mensuelles du coût d'un panier de produits alimentaires de base, les prix ont atteint un niveau record en mars de cette année. Fin avril, le prix international de certaines variétés de blé avait atteint 477 dollars la tonne, soit une augmentation de 53 % par rapport aux chiffres de 2021.

« Cette hausse des prix mondiaux s'est répercutée sur les économies locales, notamment dans les pays tributaires des importations et de l'aide, compromettant l'accès de populations déjà vulnérables à une alimentation abordable », déclare M. Yahia.

Un récent rapport de Deep Knowledge Analytics, intitulé Global Food Security Q2 2022, a révélé que 868 millions de personnes dans 25 pays sont dans « une situation de risque élevé qui menace de se détériorer » sur la base d'une évaluation de leurs systèmes alimentaires et de leur résilience économique.

QUELQUES CHIFFRES

  • 345 millions de personnes dans 82 pays sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë

 

  • 50 millions de personnes dans 45 pays sont au bord de la famine

 

Source : PAM

Parmi les pays les moins bien classés figurent la Syrie (148ème) et le Yémen (160ème), tous deux en proie à des crises multiples et imbriquées alimentées par la guerre.

Le rapport révèle également que l'invasion de l'Ukraine par la Russie a entraîné une augmentation de 25 % du nombre de pays ayant mis en place des restrictions sur les exportations alimentaires.

À la fin du mois de mars de cette année, quelque 53 nouvelles politiques affectant directement le commerce alimentaire avaient été adoptées au niveau mondial, dont 31 restreignant les exportations en général et neuf limitant spécifiquement les exportations de blé, ce qui a contribué à une nouvelle flambée des prix.

En parallèle, le prix des engrais a augmenté de 30 % depuis le début de l'année, ce qui a contribué à réduire le rendement des cultures dans le monde entier.

Malgré tous ces problèmes d'approvisionnement, il y a au moins des signes que l'offre de céréales de la mer Noire se stabilise.

« Depuis le 1er août, plus de 4,3 millions de tonnes de nourriture ont été transportées vers 29 pays sur trois continents », affirme à Arab News Amir Abdulla, coordinateur des Nations unies pour l'initiative céréalière de la mer Noire.

Actuellement, l'initiative facilite les exportations à partir de trois ports ukrainiens, alimentant ainsi le marché alimentaire mondial tout en libérant les silos du pays pour accueillir la prochaine récolte.

« Bien que la guerre ait eu un impact sur la production agricole, il y a encore beaucoup de céréales, d'autres denrées alimentaires et d'ammoniac à exporter dans les mois à venir », rassure M. Abdulla.

En Éthiopie, la valeur des repas scolaires équivaut à environ 10 % du revenu des ménages. Lorsque plusieurs enfants sont inscrits à l'école, la fourniture de repas scolaires peut se traduire par des économies substantielles. (AFP)
En Éthiopie, la valeur des repas scolaires équivaut à environ 10 % du revenu des ménages. Lorsque plusieurs enfants sont inscrits à l'école, la fourniture de repas scolaires peut se traduire par des économies substantielles. (AFP)

Les silos à grains ukrainiens contenaient environ 20 millions de tonnes de céréales en août de cette année. Une quantité supplémentaire de 19,5 millions de tonnes de blé récolté était attendue pour le reste de l'été et 38,2 millions de tonnes de céréales sont attendues à l'automne.

« Cela signifie que les entrepôts et les silos doivent être vidés d'urgence de la récolte de l'année dernière », précise M. Abdulla.

L'initiative céréalière permet aux agriculteurs ukrainiens de retrouver un accès aux marchés d'exportation à des prix compétitifs et les incite à planifier la récolte de 2023, qui sera essentielle pour éviter une nouvelle pénurie mondiale de céréales.

À la mi-septembre, environ 140 navires avaient quitté les ports ukrainiens avec, à leur bord, plus de 3 millions de tonnes de denrées alimentaires, notamment des céréales essentielles telles que le blé, le maïs et l'orge, le tournesol et d'autres produits oléagineux, ainsi que le soja.

Parmi eux se trouvaient quatre navires affrétés par le PAM pour transporter environ 128 000 tonnes de céréales destinées à l'Afghanistan, au Yémen et à la Corne de l'Afrique.

Vu que le PAM s'approvisionnait en Ukraine pour 40 % de son blé d'urgence, sa réponse humanitaire a été gravement perturbée par l'invasion russe.

Il est donc compréhensible que le « PAM ait soutenu l'initiative céréalière de la mer Noire, en fournissant des conseils d'experts sur l'expédition et la logistique pendant les négociations », assure M. Yahia.

Des Yéménites affamés et déplacés par le conflit reçoivent une aide alimentaire. (AFP)
Des Yéménites affamés et déplacés par le conflit reçoivent une aide alimentaire. (AFP)

Le MV Brave Commander a été le premier navire affrété par le PAM dans le cadre de cette initiative. Il a transporté environ 30 000 tonnes de blé – de quoi nourrir 1,5 million de personnes pendant un mois – en Éthiopie, où une sécheresse prolongée et un conflit civil ont plongé des millions de personnes dans une insécurité alimentaire aiguë.

« Au total, le PAM a déjà acheté quelque 300 000 tonnes de blé auprès de fournisseurs ukrainiens depuis la signature de l'initiative de la mer Noire », précise Yahia.

Si l'initiative a apporté un répit bien nécessaire, la plupart des indicateurs suggèrent que l'objectif de développement durable des Nations unies visant à éradiquer la famine ne sera pas atteint d'ici la fin de la décennie.

En fait, les experts affirment que la plupart des progrès réalisés dans ce domaine au cours des dernières décennies sont réduits à néant par des revers et des crises imprévus.

Soulignant ce point, Yahia a déclaré à Arab News : « Le monde s'éloigne de son objectif d'éliminer la famine, l'insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes d'ici 2030.

« Et la crise n'a peut-être pas encore atteint son apogée ; 2023 pourrait être pire si nous ne prenons pas les devants ».


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.