Manque d'action «choquant» des gouvernements face aux inégalités, selon Oxfam

Le logo d'Oxfam (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 11 octobre 2022

Manque d'action «choquant» des gouvernements face aux inégalités, selon Oxfam

  • La Norvège, meilleure élève, arrive en haut du classement
  • L'ONG avertit que 263 millions de personnes supplémentaires auront basculé dans l’extrême pauvreté d'ici à la fin de l'année

LONDRES: L'inaction des gouvernements face à des inégalités qui se sont fortement aggravées depuis la pandémie est "choquante", dénonce l'ONG Oxfam dans un rapport publié mardi.

Elles montrent que "les plus pauvres et vulnérables ont été les plus durement touchés par la maladie et ses profondes répercussions économiques", selon un communiqué accompagnant le rapport.

La version 2022 de l'indice sur l'engagement de réduction des inégalités (ERI, qui mesure les efforts des différents pays dans le monde), publié tous les deux ans, "montre clairement que la plupart des gouvernements n'ont pas pris de mesures concrètes d’envergure pour atténuer cette dangereuse augmentation des inégalités".

Pire : "alors qu’il s’agit de la pire urgence sanitaire que le monde ait connue depuis un siècle, la moitié des pays à revenu faible et intermédiaire ont réduit leurs dépenses de santé pendant la pandémie", et 70% leurs dépenses dans l'éducation, dénonce Oxfam.

En outre, "malgré les énormes manques à gagner fiscaux et l'augmentation considérable de la fortune des personnes et des entreprises les plus fortunées pendant la pandémie, 143 pays sur 161 n’ont pas augmenté l’imposition des personnes les plus riches et 11 pays ont même réduit les impôts visant les plus favorisés", poursuit Oxfam.

La Norvège, meilleure élève, arrive en haut du classement, suivie par l'Allemagne, l'Australie, la Belgique et le Canada.

La France a perdu cinq places en deux ans et se retrouve 12e, après avoir réduit les taux d'imposition des sociétés et sabré son impôt sur la fortune en 2019, devant le Luxembourg et le Royaume-Uni.

Les pays les mieux classés sont tous des pays développés, qui ont plus de moyens à consacrer aux politiques publiques de réduction des inégalités, fait valoir Oxfam.

A l'inverse, les "mauvais élèves" sont des pays à faible revenu, largement touchés par des conflits armés et une instabilité politique, à l'instar du Soudan du Sud, dernier du classement, ou du Nigeria, avant-dernier.

"Parmi les pays en progression, on trouve un pays à faible revenu (le Tadjikistan, grâce à une forte augmentation de la collecte de l’impôt sur le revenu des personnes physiques) et quatre pays à revenu intermédiaire", notamment la Moldavie, détaille Oxfam.

Les pays affichant la plus forte dégradation comprennent les Seychelles et le territoire d'Hong Kong en Chine. "Huit des dix pays affichant la plus forte dégradation ont connu un effondrement des recettes fiscales, principalement en raison de la pandémie", remarque Oxfam.

L'ONG avertit que 263 millions de personnes supplémentaires auront basculé dans l’extrême pauvreté d'ici à la fin de l'année.

L'ONG relève aussi le poids du service de la dette pour les pays pauvres, ce qui les entrave dans la lutte contre les inégalités.

Elle appelle les gouvernements à agir d'urgence au risque de perdre une décennie d'efforts de réduction des écarts de richesse.

Oxfam recommande notamment aux gouvernements "d'augmenter les dépenses sociales, pas les réduire", de "protéger les droits des travailleurs et leur assurer des salaires leur permettant de vivre" au-dessus du seuil de pauvreté.

"Plus que tout, ils doivent augmenter notablement les impôts payés par les plus riches", entreprises comme individus, conclut Oxfam.

Le Royaume-Uni a ainsi été épinglé par le Fonds monétaire international (FMI) pour les dernières mesures présentées par le gouvernement conservateur de Liz Truss, accusé d'aggraver les inégalités à travers des baisses d'impôts ciblant les plus aisés.

La semaine dernière, le patron de Shell avait appelé à taxer plus les entreprises énergétiques comme solution face à la crise du coût de la vie déclenchée par l'envolée des coûts de l'énergie depuis le début de la guerre en Ukraine.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com